The Dunciad. Book the foorth
quand il composa YEssai sur la critique, son admiration pour Homere ne s’etait pas refroidie : « Que les ouvrages d’Homere soient votre 6tude et vos delices, lisez-les pendant le jour, lisez-les pendant la nuit. » Plus enthousiaste qu’Horace, Pope n’accorde pas meme qu’Homere puisse dormir : « Ce n’est point Homere qui dort, dit-il spirituellement, c’est le lecteur qui rfive1. »
On pouvait craindre que cette admiration ne conduisit au funatisme de l’antiquite, de la tradition, de la regie, un poete de vingt ans qui debutait par oil les poetes doivent finir, par un ouvrage didactique, et qui dogmatisait a Page ou Ton r£ve. Pope n’a pas eu de jeunesse; il est ne raisonnable, et la precocite de sa sagesse a fait a la fois la force et la faiblesse de son genie. Devant cette raison hative, l’imagination intimidee s’est envolee a tire-d’aile. Dans ce rare esprit les fruits, mhrissant avant la saison, ont fait trop vite tomber les fleurs. Mais, en revanche, cet 61oignement naturel de tout 6cart, et cette solidite d’equilibre, l’ont preserve de pencher a l’exces vers la regie elle-meme, et de tomber dans la servitude de la tradition. Ne pour la discipline plutdt que pour Penthousiasme, imitateur ingenieux plutdt qu’inventeur, il a dans sa poistique, congue non d’apres lui-m6me, comme il arrive si souvent, mais contre lui-m6me, prescrit la liberte, vante Pinvention, chante la gloire de Panliquite. Ce genie de Pimagination qui lui manque, il en fait, avec un bon sens ddsinteresse, le premier don du poete. Il relcgue Part au second rang. La seule loi du poete, dit-il, c’est la nature; Part n’est que la collection des procedes copies sur les oeuvres du genie. « La critique est la femme de chambre des Muses, el il n’y a que les petits espriis qui courtisent lasuivante, ne pouvant plaire a la maitresse2.
Que seront done pour nous les anciens? des modeles, mais
1 . Nor is Homer nods , but we that dream. (Essay on criticism , part. I.)