‹ Histoire de la querelle des anciens et des modernes, par m. Hippolyte RigaultChapitre 28 sur 180 · Chap. xix. — 2. Chap. xv. — 3. Chap. xiv · texte numérisé non relu

Chap. xix. — 2. Chap. xv. — 3. Chap. xiv

nee cependant, n’a pas encore p6netre jusqu’a lui . A l’antiquit6 grecque et latine, l’ltalie du xvne siecle oppose l’ltalie. La France du meme temps opposera la France; et meme au siecle suivant, l’Angleterre, par la voix de ses modernes, n’opposera que FAngleterre. Chacun chez soi , cliacun pour soi , cette fameuse maxime prevaut, meme en litterature. Rien n’explique mieux la lenteur de l’idee de progres.

Le livre de Tassoni fut traduit en francais par Jean Baudoin , le traducteur infatigable de toutes les nouveaut^s italiennes, anglaises et espagnoles1. Baudoin, un des premiers membres de l’Academie francaise, y fut nomme des sa fondation avec Bautru, Silhon, Bourseys, Maynard, Colletet, Gomberville , etc. La traduction de Baudoin tit peu de bruit , car Pellisson ne la mentionne meme pas parmi les ouvrages de cet academicien , et les Pensees diverses , de Tassoni , semblent inconnues non-seulement a Charles Perrault, qui aurait pu s’ autoriser de ce nom illustre, mais meme a Pierre Perrault, son frere, le traducteur du Seau enleve. Rien d’etonnant toutefois que Boisrobert ait connu le livre de Tassoni par son confrere Baudoin, et qu’il y ait pris l’idee d’attaquer les anciens. Ce n’est qu’une conjecture, je l’avoue, que le defaut de documents ne me permet pas de changer en affirmation ; mais c’est une conjecture vraisemblable , quoique emise pour la premiere fois.

C’est Boisrobert qui le premier en France , au xvir siecle, commenca par une escarmouche la guerre si longue des anciens et des modernes. II arrive aux grandes pieces d’etre jouees par de petits acteurs, et c’est souvent un faquin, comme dit Balzac, qui parait sur la scene au lever du rideau. Boisrobert ne se 'doutait pas que la guerre qu’il allumait durerait plus d’un siecle, et qu’elle occuperait les plus grands esprits de l’Europe; il ne songeait pas davantage ala question philosophique, engagee dans la cause qu’il allait soutenir ; il

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