Diet, de Moreri , art. Tassoni
ne pensait pas au progres, il ne se souvenait pas de Bacon qu’il n’avait jamais lu, il ne prevoyait ni Descartes, ni Pascal ; pour lui c’ etait une simple question de gout, quelquesuns meme pretendent une question de vanite. Ce personnage etait un abb6 de cour de beaucoup d’esprit, d’assez mauvaises mceurs , favori de Richelieu qu’il amusait parce qu’il etait de belle humeur et que, comme dit Voltaire :
Tous les gens gais ont le don precieux De mettre en train tous les gens serieux.
Il etait le bienvenu dans les ruelles parce qu’il causait agreablement , faisait bien les petits vers, maniait aisement l’epigramme , declamait a merveille, contrefaisait les gens de la fagon la plus plaisante du monde (on l’avait surnomme l’abbd Mondory). Il n’avait guere 6tudie les anciens que cliez Ninon, d’oii il ne sortait pas, et dont une robe, disait Mme Cornuel, lui servait de chasuble; ou au cabaret, avec ses amis Theophile, Saint-Amant, Farel et Sorel qui l’a peint tout au vif dans son roman de Francion; ou bien enfin dans ses prieures ou il menait joyeuse vie :
Je suis vers Chaumont arretd Au prieure de la Ferte.
Boisrobert, l’un des cinq auteurs des tragedies de Richelieu, avait compose pour son propre compte un grand nombre de pieces de theatre qui n’avaient pas eu pour reussir la meme raison d’Etat que Mirame, etne lui avaient pas fait beaucoup d’honneur, sauf peul-6tre la Belle Plaideuse ou, avant Moli^re, il avait mis en scene l’aventure c61ebre du president de Bercy et de son fils, se trouvant en t6te-a-tetc, l’un comme usurier, l’autre comme emprunteur. Boisrobert avait 6te introduit avec son ami Desmarets , un autre des cinq auteurs,