CHAPITRE X
Les freres Perrault. — Poeme sur le siecle de Louis le Grand. —
Deux seances de reception a l’Acad^mie frangaise.
C’est une famille interessante que celle des Perrault. Ils ont tous un trait commun de ressemblance , la variete et l’ind6pendance de l’esprit; meme gout de la nouveaute, meme hainc de la routine qu’ils ne distinguent pas de la tradition, m6mes recberches des experiences a tenter et des aventures a courir. L’uri , Claude , g6nie createur dans l’art qu’il adopta definitivement, l’architecture, et m6me dans quelques sciences, au dire de Condorcet et des homines comp6tents,en anatomie et en pbysiologie; Nicolas, le docteur, caractere decide, qui se fit exclure de la Sorbonne a la suite du grand Arnauld ;
Pierre, le receveur general, qui porta le gout des experiences dans les finances, se ruina, et se consola de sa ruine en traduisantTassoni, en composant un traite sur lesfontaines et en defendant YAlcestefo Quinault; enfin, Charles, le controleur g6n6ral des batiments du roi, preludant, des le college, a ses combats futurs, par des discussions philosophiques avec son regent qui forcerenl l’ecolier a s’exiler de la maison, et cherchant longtemps sa voie entre le barreau, Padministration et la po6sie. Sauf Nicolas , que ses voeux ecclesiastiques preserverent de changement , mais qui eut aussi dans sa vie sa