I. Voir Condorcet. tloge de Claude Perrault
•2. Elle a 6te trouvee par l’abbe Joly dans les Memoires manuscrits de Ph. de La Mare, et imprimee par lui pour la premiere et unique fois dans ses Remarques critiques sur le Dictionnaire de Bayle. (Pag. 632, C33.)
L’all6gorie continue : ce grand nid, c’est le Louvre.
Quoi done! dit-il avec furie,
Je ne saurai que croasser,
Que dechirer, mordre et pincer,
Aux passants dire des injures Et les plus vilaines ordures;
Et la cigogne en m6me temps,
Portant bonheur a sa patrie,
Et pieuse envers ses parents,
Des gens de bien sera cherie,
Saura garantir les maisons De tous venins, de tous poisons Et de tout autre malefice;
Guerira les maux les plus grands,
Saura vaincre, en fait d’edifice,
Les maitres les plus excellents!
Non, non, c’est se moquer des gens.
C’est un vice, mais tres-grand vice.
D’avoir ainsi tant de talents.
Ah! je veux en faire justice.
La se trouverent amasses Miile oiseaux de divers plumage,
Qui ne pouvaient louer assez Le nid dont la cigogne sage Embellissait le voisinage.
Voila le chef-d’oeuvre parfait Et du compas et de la regie;
Yoila, disaient-ils, en effet.
La digne demeure d’une aigle.
II est vrai, repart l'envieux,
Son architecture est divine.
Ce qu’elle fait charme les yeux ;
Mais elle ferait encor mieux D’abandonner la medecine,
Car l’ignorante, tous les jours,
Mille et mille gens assassine Au lieu de leur donner secours.
La cigogne ou'ft ce discours,
Et dit, sans en 6tre alarmde :
D’avoir bien fait je suis bl&mee.
Si l’os que deux fois j’ai tird,
Dans sa gorge flit demeure,
La m§me gorge enveniraee N’eut pas blesse ma renomm6e.
Mais quoi ! c’est un ingrat parfait :
D’un outrage il paye un bienfait!
L’apologue de Claude, encore moins mod6re et moins po^tique que les 6pigrammes de Boileau , paraitra peu modeste. Claude se reslituait int6gralement, et au dela, en mAdecine et en architecture, toutle m6rite dont l’avait frustrA Boileau. Ce fut son dernier exploit. II mourut en 1688, mais apres avoir vu son frere Charles accourir a sa defense, le venger par des hommages r^petes d’admiration , et entamer solennellement le debat.
Pour bien connaitre Charles Perrault et de bonne heure 6tudier les quality et les ddfauts qui ont fait de lui le chef de parti et le tribun accredits des id6es nouvelles, il estbon de lire les Memoires que Perrault nous a laiss6s sur la premiere partie de sa vie. Au college de Beauvais, oil il faisait ses 6tudes , il composait volontiers des vers, et en prAsentait de si bons a son regent, que le digne homme lui demandait, d’un air de connoisseur, qui les lui avait donnas. Ce regent-lA ne pr6voyait ni le poOme de Saint-Paulin ni le poeme sur le Si'ecle de Louis le Grand. « Cela prouve, dit d’Alembert ‘, que si la passion pour un art indique souvent des dispositions A s’y distinguer, elle n’en est pas toujours l’annonce infail— lible. » Le regent du college de Beauvais et Perrault s’y tromp&rent tous deux; mais Boileau ne s’y trompa pas, et ne prit jamais Perrault pour un pofite.
Le jeune faiseur de vers Atait en meme temps un grand philosophe. Il ne tarissait pas en arguments sp6cieux dans les discussions interminables qu’il provoquait entre ses camarades , quelquefois m6me entre ses inaitres et lui. 1 1 aimait