‹ Histoire de la querelle des anciens et des modernes, par m. Hippolyte RigaultChapitre 55 sur 180 · Memoires de Charles Perrault, liv. IV, p · texte numérisé non relu

Memoires de Charles Perrault, liv. IV, p

2. Lettres de Boileau, t. Ill, p. 126. Ed. Berryat Saint-Prix.

paraissant jouer le role de Philinte, il s’emporta contre l’Academie :

Eh quoi! vil complaisant, vous louez des sottises!

Boileau, dit Perrault, qui raconte cette petite comMie a la fin de ses Memoires, grondait tout bas, pendant que Huet, alors dveque de Soissons , qui siegeait a cote de lui , s’efforgait de le calmer, en lui representant « que s’il etait question de prendre le parti des anciens, cela lui conviendrait mieux qu’a lui; mais qu’ils n’etaient la que pour dcouter. » Ecouter! c’est a quoi se refusait Boileau, qui, d’impatience, se leva avant la fin du discours, en s’ecriant qu’une telle lecture 6tait une honte pour l’Academie1. Cependant La Fontaine, assis de l’autre cote de Huet, paraissait rever. Quelques jours apres, en portant a l’eveque de Soissons une traduction de Quintilien, par Orazio Toscanella 2, il lui offrit l’admirable 6pitre en l’honneur des anciens ou on lit ces beaux vers :

Quelques imitateurs, sot betail, je l’avoue,

Suivent en vrais moutons le pasteur de Mantoue.

J’en use d’autre sorte, et, me laissant guider,

Souvent a marcher seul j’ose me hasarder.

On me verra toujours pratiquec cet usage :

Mon imitation n’est pas un esclavage.

Je ne prends que l’idee, et les tours, et les lois Que nos maltres suivaient eux-m6mes autrefois.

Si d’ailleurs quelqu’endroit en eux plein d’excellence Peut entrer dans mes vers, sans nulle violence Je l’y transporte, et veux qu’il n’ait rien d’affectd,

Tachant de rendre mien cet air d’antiquite.

Je vois avec douleur ces routes meprisees.

Art et guides, tout est dans les Champs-filys6es;

J’ai beau les evoquer, j’ai beau vanter leurs trails,

On me laisse tout seul admirer leurs attrails.

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