I. Boileau, t. Ill, p. 326. Ed. Berryat Saint- Prix
Une occasion solennelle s’offrit, le 1.5mai 1691, aux deux partis de se dessiner dans l’Academie. Fontenelle y entrait, aux grands applaudissements de Perrault el de ses partisans , et malgre les efforts de Boileau et de Racine. Dans le remerciinent tres-court que le recipiendaire prononca, il prit le temps d’inserer une phrase pen conrtoise qui dut blesser Racine et par suite Boileau : « J’ai prouve, disait-il, par ma conduite, que je connaissais tout ce que vaut l’honneur d’avoir place dans l’Academie francaise, et vous m’avez compte cette connaissance pour un merite; mais le m6rite d’autrui vous a encore plus fortemenl sollicites en ma faveur. Je tiens, par le bonheur de ma naissance, a un grand nom , qui, dans la plus noble espece des productions de l' esprit, efface tons les autres noms. »
Thomas Corneille, qui recevait son neveu, lui repondit par un discours touchant et sage, oil il lui donnait, avec les marques d’une vraie tendresse, des conseils excellents, et qui ne pouvaient offenser personne. Mais Perrault lut ensuite un fragment de ses Paralleles, et un ami de Perrault, dont Boileau s’est moque, l’abbe Lavau *, prononca un discours oil il loua Fontenelle avec une insistance et une vivacite d’admiration, visiblement hostiles a ses adversaires : « On peut dire