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president Morinet, qui traduisait avec enthousiasme le morceau de Pindare: Lean est tres-bonne a la verite, devant la presidente qui se moquait delui. Perrault invoque avec plaisir le t6moignage des femmes , il les veut attirer dans son parti , et il affecte de les prendre pour juges, meme en mati6re d’erudition. En parlant de Platon , il ira jusqu’a faire dire au Chevalier : « Platon est juge ; il ne plait pas aux dames. » Perrault ne semble pas songer qu’il y a des sujets qui par leur nature sont en dehors, il serait malseant de dire au-dessus de Pesprit des femmes. Il croit que pour bien juger toutes les questions litt6raires , e’est assez du gout naturel , de Education ordinaire, de la politesse de l’esprit. Il n’aper- <;oit rien au dela. Il ne soupgonne pas qu’il soit besoin, pour comprendre la philosophic et l’antiquite, d’une education particuliere , d’un gout plus delicat et plus exerce que le gout de tout le monde, et e’est une premiere cause de la severite que, malgrd ses promesses de moderation , il montrerabientot contre les anciens.
Ce prejuge universel en faveur des anciens, dont il a cite des exemples, Perrault demande sur quoi il se fonde. Leurs livres sont-ils done des livres sacres? « A l’egard des livres sacres, dit PAbbe, j’ai une retenue, un respect et une vdn^ration qui n’ont pas de bornes, et de la vient sans doute que j’en ai moins pour les anciens auteurs profanes. La grande soumission ou je tiens mon esprit pour des ouvrages inspires de Dieu, le souci que j’ai de le faire renoncer sans cesse a ses propres lumieres et de le ranger sous le joug de la foi, fait que je lui donne ensuite toute liberte de penser et de juger ce qu’il lui plait de ces grands auteurs dont vous dites qu’il est si dangereux d’oser decider par soi-m6me 1. »
Ce passage est le seul des Paralleled ou paraisse l’idee religieuse, le seul ou Perrault reprenne des mains de Des-