INTRODUCTION
C'est un fait reconnu de nos jours, l'Amérique n'est pus à découvrir. Non seulement la terre désignée sous ce nom fut visitée par Colomb, mais la république qui, avec un sans-gène inconcevable, s’est permis d'usurper, en se l'appropriant, la dénomination continentale du Nouveau-Monde, n'est plus elle-même totalement ignorée.
Il existe maintenant sur ce pays, dans presque toutes les langues, un assez grand nombre d'œuvres littéraires sous les formes les plus variées. Grâce à ces publications, où l’on trouve des récits, des impressions, des analyses, des études, des croquis et beaucoup d'observations plus ou moins exactes, l'on est assez bien renseigné, mème en Europe, sur la merveilleuse fédération qui, depuis des années, fournit des oncles incomparables à tous les héros décavés de mélodrame ou de roman. Le temps est passé où les citoyens de Londres, de Paris ou de Rome s'enquéraient ingénument, auprès d'un Américain récemment débarqué, d'un cousin ou d'un frère émigré, depuis un quart de siècle, à Rio-Janeiro où au détroit de Magellan.
Seulement, si la renommée à publié, parfois au son de la trompe, les ressources de l'Union Américaine, l'activité, l'esprit d'entreprise, voire même l'excentricité de ses habitants, il n'en est pas moins vrai que les plus au courant ignorent plus ou moins l'histoire, ou mieux la genèse de sa merveilleuse prospérité. Il y à comme une espèce
de nuage qui plane sur les causes du développement extraordinaire de cette république qui, dans une période d'un peu plus d'un siècle, à parcouru toutes les phases qui séparent le berceau du complet épanouissement d'un peuple de premier ordre. La philosophie de l'histoire des États-Unis n'est pas encore fixée, et ses interprètes errent à qui mieux mieux dans les sentiers les plus divers.
Les uns, par des considérations profondes dans le domaine de l'ethnologie, se sont eflorcés de prouver que le développement rapide et la grandeur actuelle du pays de Jonathan se trouvaient contenus, comme en germe, dans les premiers settlers qui, un jour, émigrèrent d'un port anglais quelconque sur les bords occidentaux de l'Atlantique. Ces graves personnages, aux costumes sombres, portaient, c'est convenu, dans les plis de leurs manteaux, les bienfaits de la liberté qui devait ou devaient, non seulement aflranchir l'univers. mais encore créer dans la libre Amérique une espèce de pays de Cocagne où d’Eldorado.,
Inutile de le dire, plusieurs auteurs américains abondent dans ce sens. Ceux d'entre eux qui ont où croient avoir dans les veines quelques gouttes du sang des colons de Jamestown, de Plymouth ou de la Pennsylvanie, s'imaginent payer ainsi un tribut de reconnaissance et de piété liliale à leurs ancêtres. Il nya pas à les en blämer, Glorifier les aïeux n’a jamais, que nous sachions, fait de mal à personne,
D'autres, plus enclins à la contreverse, mettent en cause le sentiment religieux des pionniers de l'Union. la morale biblique, les vertus enfantées par la Réforme protestante, ete., ete. Tout cela. prenant corps peu à peu dans la vie publique, au sein de la future nation américaine, finit par ercer une race austère, énergique, entre-
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prenazte, qui, bien avant l'âge adulte, était déjà mûre pour l'indépendance et capable, après avoir vaincu les ‘institutions du moyen àge, de produire ce chef-d'œuvre de tous les temps, passés, présents et futurs : la constitution des États-Unis d'Amérique, C'est grâce à son admiable organisation sociale que la république a pu ensuite marcher à pas de géant dans la voie du progrès, et inviter tous les peuples du Vieux Monde à s'enrôler sous sa bannière étoilée.
Cette manière d'envisager la question nous rend perplexe. Nous ne voyons pas très clairement le lien ou la relation entre la cause et l'effet. Ces interprètes de l'histoire américaine nous semblent un peu trop mesurer les événements à leur aune et n'entrevoir qu'à travers des lunettes fortement teintées de protestantisme les origines de la prospérité yankee. Du reste, le champ est libre pour plusieurs hypothèses, car le problème est assez complexe.
D'autres entin, un peu plus terre à terre, n'ont voulu voir, dans la rapide expansion des États fédérés, que la résultante d'une situation géographique exceptionnelle, II est facile de s'enrichir et de prospérer quand on à sous la main tous les éléments de la production, Or, telle est la disposition du territoire américain que nul pays an monde, croyons-nous, ne peut rivaliser avec ses richesses naturelles. Qu'on en juge : en voici nn tableau en raccourci : des mines de houille inépuisables réparties un peu partout, mais surtout dans les États de l'Est et da Centre, plus aptes à l'industrie : du minerai de fer. presque sans alliage, jeté à la surface du sol en quanti prodigieuse ; le cuivre, en si grande abondance que s6.. extraction, si elle n’est limitée ou contrôlée, menace d'en déprécier la valeur : des forêts immenses, qu'une exploitation centenaire effrénée n'a pu totalement épuiser ; des
sources de pétrole, qui alimentent maintenant des canaux souterrains capables de fournir d'huiles et d'essences le monde entier ; des plaines, véritables océans de verdure, toutes prètes à recevoir d'innombrables bestiaux : des terrains d'une étonnarte {ertilité, propres à produire tout ee qui croit sous le soleil, et assez vastes pour nourrir une population de quelques centaines de millions d'habitants : enfin, des montagnes aux cimes neigeuses qui, non seulement étonnent et charment le regard par leurs masses altières, mais renferment de sombreux et riches filons de quartz aurifère,
Cette dernière explication ne laisse pas de paraitre plausible. Elle à du moins l'avantage de montrer que, aux États-Unis. pas plus qu'ailleurs, rien ne se fait de rien. Mais il faut avouer que la mise en valeur, dans une période relativement courte, d'un pays dont la superficie égale presque celle de l'Europe, ressemble passablement à un tour de force qui... nous étonne et. nous ramène tout simplement au problème dont nous cherchons la solution.
Ce n'est pas tout d'avoir un atelier, des ciseaux et un bloc de marbre de Carrare, il faut encore un Michel- Ange où un Canova pour enfanter des chefs-d'œuvre,
Mais alors”...
Cest bien simple, dira plus d'un lecteur, c'est le peuple américain lui-même qui, sans cesse accru par l'émigration européenne, aidé par les découvertes et les inventions modernes, devint peu à peu l'artiste de sa propre grandeur.
Malgré toute notre admiration pour ce groupement social en formation dans un monde nouveau, nous parlons des générations qui se sont succédé depuis deux siècles sur le sol américain, nous sommes forcé, à notre grand regret, de n'être pas tout à fait de ce dernier avis,
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Il y a, dans l'histoire de cette nation, un tel concours de circonstances heureuses, un tel déploiement d'influences favorables, bien qu'elles lui fussent étrangères, que nous hésitons à attribuer à ses seules forces, à sa seule iniliative, les étonnants succès qui on! marqué sa course dans la voie qui Fa conduite à la puissance et à la grandeur.
Qu'on nous permette de voir plutôt, au-dessus des hommes qui l'ont honorce et servie, un Etre souverain devant lequel les héros, les peuples et les rois ne sont que de misérables instru ments.
Dieu, dont nous ne c.nnaissons pas toujours les desseins, à voulu constituer dans le Nouveau-Monde un grand État, dont la valeur morale... — passons, elle ne s'est pas nettement affirmée jusqu'ici — et dont le sol servirait, probablement, en attendant mieux. de refuge el d'asile à Lous les persécutés.
Qu'il se soit servi, pour accomplir ses desseins, des qualités incontestables de la race américaine, nous en sommes convaireu. Toutefois, l'histoire atteste, il eut recours à d'au res moyens.
armi les instruments employés : l'érection de cet édilice social r ous voyons au premier rang deux grandes nalions, dont les luttes séculaires transportées en Amérique ont servi singulièrement ce jeune pays : l'Angleterre et la France,
Contrairement aux apparences, la premitre ne vient qu'en second lieu, quant à l'efficacité de son action. dans le développement du peuple américain.
Après lui avoir donné le jour. protégé ses premiers pes, conquis le Canada, assuré par là ses Premières conquêtes et favorisé, en un mot, sa vigoureuse adolescence. elle s'aliéna son amitié, combattit son émäancipalion et s'en éloigna, par la suite, comme d'un redoutable rival.
“a France, au contraire, commenca en ennemie et finit
en alliée. Elle créa un immense empire colonial qui semblait devoir étouffer au bercear !:s colonies britanniques.
Vaineue par sa puissante rivale anglo-saxonne, dépouillée du fruit d'un siècle et demi de sacrili-+s et d'efforts, elle n'eut plus qu'un désir, châtier cette dernière et Jui faire expier, par la perte de ses propres possessions, ses brigandages maritimes et les triomphes de son insatiable cupidité, C'est pourquoi elle prêta main-forte aux provinces américaines révoltées, mit à la disposition de la nouvelle république son or, son armée, sa flotte, et n'eût de repos que le jour où la métropole écrasée fut à la merci de ses colonies libres et victorieuses.
Ce triomphe, aussi complet qu'il semblait irréalisable au début, fat le noint de départ de la prospérité américaine. Non seulement les États fédérés devinrent, à ce moment, indépendants aux veux du monde entier ; mais ils sortirent de cette guerre, si heureusement terminée, considérablement agrandis.
Grâce aux dépouilles du lion britannique, leurs anciennes limites, qui étaient la chaine des Alleghanys, à l’ouest, furent reculées jusqu'aux rives du Mississipi et aux grands Lacs. <
Ces premiers succès, dus, sans doute, dans une large mesure, à l'énergie d'un peuple naissant, mais surtout à la puissante protection de la France, auraient pu tôt ou tard se changer en revers. L'Angleterre, nul ne l'ignore, n'aime pas à dormir sur une défaite: si elle semble se résigner parfois, c'est pour revenir à la charge en temps opportun et s'implanter définitivement aux lieux de ses convoilises, Heureusement pour la jeune république américaine, le génie de la guerre allait bientot se lever sur l'Europe.
Napoléon, dont le rêve fut l'abaissement de la Grande-
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Bretagne, continua contre elle les hostilités commencées sous la Révolution, et, par des luttes incessantes, ne lui laissa guère le loisir de s'occuper de ses colonies perdues.
Non seulement l'épopée nupoléonienne retarda Îles entreprises belliqueuses de l'Angleterre contre les États- Unis jusqu'en 1812; mais, plusieurs années avant que la guerre n'éclatàt, elle avait mis le complément à l'œuvre de la grandeur américaine par la cession de la Louisiane.
Cette donation, d'une prodigalité sans exemple, qui jaillit du cerveau de Bonaparte, dans un moment de dépit contre le cabinet de Saint-James, créait, de fait, puissance de première grandeur les États fédérés, qui, dés lors, purent se développer librement entre les deux océans qui baignent l'Amérique.
L'histoire de la race francaise aux États-Unis montre, par des faits indiscutables, sinon la cause adéquate des merveilleux progrès du premier peuple du Nouveau Monde, du moins l'un des principaux moyens dont la Providence s'est servie pour les réaliser.
Et n'allons pas croire que, semblable à ces échafaudages dont on se sert pour les constructions, l'influence de la Gaule chevaleresque se soit évanouie quand la forte charpente de l'Union américaine s'est enfin dressée dans les airs. La Fille ainée de l'Église, qui avait déjà évangélisé les vastes solitudes de l'Ouest, qui, durant les jours sombres de la Révolution, avait fourni des apôtres aux États-Unis, la France, dis-je, continua de favoriser léclosion de la foi dans ce pays par ses nombreux nussionnaires, voire même ses propres deniers. Elle fut, pour l'Église américaine, ce que son armée, sa flotte et son gouvernement avaient été pour la jeune république.
I y à plus encore, la généreuse patrie des Jogues, des
Marquette, des La Salle, des Rochambeau, des Cheverus, ete., s'est continuée, comme on sait, de l'autre côté des mers, dans une autre France qui est restée, en dépit de la violence, la digne héritière de ses plus pures traditions, Eh bien ! ie peuple minuscule qui la compose, dispersé à tous les vents du ciel par la politique coloniale de son ancienne métropole, devint lui aussi un des facteurs de la grandeur des États-Unis,
Non seulement il fut la race européenne primitive des grandes vallées qui forment le plateau central de la République, mais il devint, par ses pionniers et ses coureurs des bois, l'intermédiaire obligé du gouvernement de Washington auprès des Indiens, le fondateur de la plu. part des villes de l'Ouest et le guide attitré de toutes les races européennes à travers les solitudes de la barbarie.
Pendant ce temps. le Canada francais, l'âme toujours élevée vers l'idéal chrétien, fondait des séminaires, des congrégations religieuses, des maisons d'éducation, et devenait, pour l'Amérique du Nord, une source de vie surnaturelle et un foyer de lumière divine,
Évidemment, il y à une vocation pour les races comme pour les individus: bonne, indifférente où mauvaise, leur action s'exerce autour d'elles, dans la limite de leur influence, soit au profit, soit au détriment de l'humanité. Les unes ont promené le fer el la flamme à travers le monde ; les autres ont éclairé les intelligences par les sciences et les lettres ; d'autres encore, plus raffinées, ont développé le goût du beau jusqu'au sein de la barbarie : enfin, il en est, que nous connaissons, qui ont colporté sur toutes les plages de Funivers, en y joignant parfois les feuillets obscurs d'un livre divin, l'amour du lucre sous forme de commerce et d'industrie, C'est la gloire du nom français d'avoir été dans tous les pays, mais surtout en Amérique, le porte-flambeau de la foi.
AUX ÉTAlS-UNIS xuit
C'est donc an fait indéniable, la République et l'Église américaine doivent beaucoup à la race francaise. Cette dette sacrée que nul ne conteste, du moins parmi les aborigènes de race blanche, nous avons tenu à la mettre en évidence dans un ouvrage qui, depuis longtemps, attendait un auteur. Sans nous écarter des enseignements de l'histoire, par le simple exposé des événements, nous croyons avoir suffisamment réussi.
Mais, remarquons-le, en dressant ainsi le passif des obligations contractées par Îles États-Unis envers nos pères, nous n'avons que faiblement songé à la gloire qui en revient à l'élément francais. Malgré l'orgueil légitime qu'il est permis d'éprouver poar sa race, une autre préoeeupation nous hantait le cerveau, Nous avions devant les veux les nombreux rejetons de la France, actuellement fixés sur le territoire américain, dont l'existence nationale esten litige, Qu'importent à ces deux millions de Francais les trophées et les couronnes de leurs ancêtres, quand leur langue et leurs traditions sont vouces à l'oubli, à la disparition, par de puissantes et vénérables influences auxquelles il ne leur est pas permis de se soustraire !
Comme à Mardochée, le sauveur d'Assuérus, il leur servirait de peu d'être promenés en triomphateurs par d'autres Amans, si la sentence de mort décrétée continuait de planer sur leurs têtes.
Qui le croirait, pendant que le socialisme et Fanarechie se développent librement sur le sol des États-Unis, comp int chaque année de nouvelles conquêtes : pendant que des milliers de catholiques désertent les églises sous l'influence du matérialisme, victimes de cette contagion d'un milieu corrompu et corrupteur, le mur d'isolement élevé autour des nôtres par l'idiome et les usages conservés tombe peu à peu sous la pioche des démolisseurs. On
s'efforce, sous le coup de je ne sais quelle aberration, de
dénationaliser de pauvres Canadiens dont la foi cireule en quelque sorte dans les veines, et de leur faire faire le plongeon dans le goutlre fangeux de l'assimilation.
C'est en vain que les défenseurs de ces humbles persécutés évoquent les souvenirs du passé et montrent ce qui fut depuis deux siècles la sauvegarde de leur religion, les puissants de l'heure présente, qui se donnent des airs de prophèle:, ne veulent rien entendre et continuent de préconiser, par le fait encore plus que par la parole, un système d'unité de langage dans les diocèses américains, qui n'eut jamais rien à faire avec le sublime attribut de l'Église du Christ.
Le temps est venu, croyons-nous, de faire de respeclueuses remontrances à ces ennemis de notre race, bien intentionnés sans doute, mais plus redoutables mille fois que ne le furent jamais les Anglais de la conquête, — Que pouvaient, en effet, ces derniers corire nos pères retranchés dans leurs foyers et leurs églises? — Yous pourrions, pour cette fin, invoquer le droit naturel que lon n'est pas habitué à voir violer par ceux qui se réclament d'une religion qui a émancipé le monde; nous pourrions également faire valoir les motifs qui ont, dans le passé, déterminé l'Église à respecter les traditions nationales. les idiomes et jusqu'à ces exigences du sang et «4 la race qui veulent que pasteurs et brebis soient, au! nt que possible, de mème lignée : mais nous préférons laisser parler l'histoire, dont la voix grave trouvera un écho dans les cœurs sans préjugés.
Celle-ci, en évoquant les souvenirs du passé, en refaisant le tableau de l'héroïsme d'une race bienfaisante, suggerera, nous en avons lintime conviction, des sentiments de charité et de justice envers les nombreux descendants de la France aux États-Unis.
Nous souhaitons ardemment que la langue anglaise.
rompant avec ses traditions, devienne le véhicule de la foi catholique en Amérique et dans le monde entier : nous désirons que l'Église américaine répare les pertes douloureuses subies dans le passé et devienne, à brève échéance, la religion du peuple américain si digne de passer sous le joug du Christ: mais, en attendant, nous persistons à souhaiter à nos compatriotes, héritiers d'un nom si intimement lié à l'histoire de la grande République, de rester ce que la Providence les a faits. Leurs intérèts religieux lexigent et Fhonneur le leur come mande.
A l'heure où nous écrivons ces lignes, une délégation pari de Paris et s'en va, sur l'invitation des autorités de Washington, assister à l'érection d'une statue de Champlain surles bords du lue qui porte le nom du fondateur de Québec, Ces monuments de marbre ou de bronze, qui s'élèvent peu à peu en l'honneur de la France sur le ter: ritoire américain, sont digues des deux peuples dont ils symbolisent les alliances et les relations d'autrefois. Mais, pendant que l'on fait revivre la mémoire des héros disparus, convient-il que les rejetons de cette race qu'ils ont illustrée s'eflacent lâchement et cessent d'en être le souvenir vivant ?
Canadiens des États-Unis, vou. tous qui parlez, dans un pays qui doit tout à la France, une langue qui, sans jamais colporter Fhérésie, répandit la foi de FAMlantique au Pacilique, de la Baie d'Hudson au Golfe du Mexique, qui commanda l'attaque contre les flottes et les troupes anglaises de 1a baie de Chesapeake et consacra dans un traité la cession de la Louisiane, Canadie.s, dis-je, ralliez-vous, serrez vos rangs et, lout en demeurant ce que vous êtes, des chrétiens et des citoyens irréprochables, restez Francais au sein du grand pays que vous habitez. A quiconque voudrait vous conseiller la désertion et
xv! HISTOIRE DE LA RACE FRANÇAISE AUX ÉTATS-UNIS
l'apostasie nationale, répondez bravement : Fussionsnous sans passé dans l'histoire de notre pays adoptif, il nous répugnerait toujours de renier le sang qui coule dans nos veines et de priver ainsi nos enfants du support naturel de leur croyance; mais, comme Francais, nous ne voulons ni ne pouvons nous joindre aux transfuges ; car nous sommes en faction. Nous montons la garde auprès d'un double trésor, éminemment précieux pour lout Américain digne de ce nom : Le souvenir de la France. la libéatrice des États-Unis, et celui de l'Église qui à fourni à l'Amérique du Nord ses premiers missionnaires.
D. M. A. MAGNAN, Prètre D, D.