‹ Histoire de la race française aux États-Unis [microforme]Chapitre 36 sur 73 · QU 27 PER · texte numérisé non relu

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Cette carte à té mise à ma disposition par ta Maison Gabalita,

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espagnoles de la Floride. Une ligne assez indécise qui aboutil à une faible distance de Pensacola nous indique la limite des possessions francaises de ce côté. Suivons maintenant le golfe du Mexique sur une distance d'à peu près deux cents lieues jusqu'à la rivière Sabine, puis remontons vers le nordouest au poste de Natsoo, lout à fait en haut de la rivière Rouge ; arrivés là, allons-y hardiment et prenons notre essor en droite ligne jusqu'aux Montagnes Rocheuses, jusqu'au Pacifique ! Ce pays, deux fois grand comme l'Europe, qui nous reste vers le nord, défalcation faite des possessions anglaises et espagnoles : c'est la Louisiane, c'est le Canada, en un mot, la Nouvelle-France de 1555 !

Et n'allons pas croire que cet immense empire fût désert ou peuplé seulement par ses sauvages habitants. Nous \ avons suivi, dans le cours de cette histoire, les progrès continus de l'élément français. Nous avons vu les pionniers de celle race vigoureuse, hardie, entreprenante, ouvrir, à la suite des apôtres de l'Évangile, la marche de la civilisation en des régions presque inexpugnables de la barbarie, faire des alliances avec les indigènes, et prendre bel et bien possession du pays par des établissements nomoreux.

Dans le seul pays de l'Illinois, il y avait, en 1951, six Colonies prospères avec leurs villages respectifs : Cahokia, Saint-Philippe, le fort de Chartres, Kaskaskia, Prairie-du- Rocher et Sainte-Geneviève.

Kaskaskia à lui seul, d’après Monette, comptait, à celte époque, une population de deux à trois mille habitants (1). L'on sait également que, non seulement par ses forts disséminés du cap Breton à l'Assiniboine, du nord du lac Supérieur au golfe du Mexique, mais encore, par ses colons et ses traiteurs, la France avait envahi les nombreux tributaires du Mississipi, l'Ohio, le Missouri, et toutes les contrées situées au sud des grands Lacs.

Cette espèce d'inventaire que nous venons de faire du patrimoine des Français de 1555 en Amérique, montre avec ‘\idence combien ceux-ci devaient avoir à cœur de le conserver et à quelles glorieuses perspectives il leur fallut dire ‘dieu quand sonna l'heure de la défaite. Elle montre de plus

@) Valley of Mississipi, vol. 1, p. 167.

que ce vaste pays, connu maintenant sous le nom d'États- Unis, fat en définitive, à ses débuts, une colonie francaise.

C'est pourquoi les descendants des Français de l'Amérique, fixés dans la République américaine, se considèrent avec raison comme chez eux, tout en conservant leurs traditions nationales dans ce pays qui fut, dans sa plus grande partie, celui de leurs pères. Pourraient-ils y être étrangers, quand les ossements de leurs ancêtres reposent quelque part dans un coin de l'Illinois, de l'Ohio, du Wisconsin, du Maine, ou dans quelques-uns des nombreux États qui firent partie de la Nouvelle-France ou de la Louisiane ? Etrangers aux États-Unis? Le Pourraient-ils être, quand ils retrouvent partout, dans les quatre cinquièmes du territoire américain. les traces glorieuses de leur race

Nous éprouvons une douloureuse surprise, quand nous entendons sortir de la bouche de certains Américains fraichement débarqués d'Irlande ou d'ailleurs, le mot foreigners à l'adresse des franco-américains. L'outrecuidance de ces nouveaux venus qui prétendent incarner, en moins d'une génération, le sentiment national dans ce pays, au point de laisser entendre qu'ils sont exclusivement l'Amérique du passé, du présent et de l'avenir, dénote une grande ignoance de l'histoire et une soif d'arrivisme qui fait peu d'honneur à leur pays d'origine,

Mais, laissons cette digression peu agréable que nous suggère un état de choses sur lequel nous reviendrons plus tard el retournons à la période épique de notre histoire. dont nous pouvons déjà pressentir le dénouement, Pendant qu'on s'amusait à discuter la délimitation des frontières entre les colonies francaises et anglaises d'Amérique, que l'on apportait, à l'appui de ses prétentions réciproques, des études élaborées sur la découverte et l'occupation des territoires contestés l'Angleterre, dont le droit se résumait, à cette époque, en une flotte formidable, brusqua la situation et commença le: hostilités par la prise du Lys, de l'Alcide et de trois cents navires marchands francais qui parcouraient les mers sur l: foi des traités. A la suite de ces actes de piraterie, jugé: très sévèrement par les puissances neutres, le Cabinet di Versailles dut rappeler de Londres son ambassadeur € déclarer la guerre à l'Angleterre.

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