FERAUD
même, envers la génération future, s'il ne se hâte d'assurer sa subsistance et de ressaisir ses droits ;
« Considérant que le Gouvernement est usurpateur, injuste et tyrannique, quand il fait arrêter arbitrairement, transférer de cachots en cachots , de communes en communes , et massacrer dans les prisons ceux qui ont assez de courage et de vertu pour réclamer du pain et les droits communs ;
« Considérant qu'un Gouvernement usurpateur et tyrannique ne fonde ses espérances criminelles et sa force que sur la faiblesse, l'ignorance et la misère du peuple ;
« Considérant qu'un Gouvernement aussi atroce ne peut subsister qu'autant qu'on a la faiblesse de le craindre et de lui obéir;
« Considérant que la cavalerie que le Gouvernement a tirée de nos armées, pour les affaiblir, n'a pas voulu prêter serment
INSURRECTION DE LA FAIM
de fidélité à la tyrannie, mais au Peuple, qu'elle a juré de défendre ;
« Considérant que les républicains des départements et des armées ont les yeux fixés sur Paris, qui deviendrait devant eux responsable de tout retard ;
« Considérant que l'insurrection est pour tout un peuple et pour chaque portion d'un peuple opprimé le plus sacré des droits, le plus indispensable des devoirs, un besoin de première nécessité ;
« Considérant qu'il appartient à la portion du peuple la plus voisine des opprecseurs de les rappeler à leurs devoirs,
en ce que par sa position elle connaît mieux la source du mal;
« Le Peuple arrête ce qui suit :
« Article premier. Aujourd'hui, sans plus tarder, les citoyens et les citoyennes de Paris se porteront en masse à la Convention nationale pour lui demander :
« 1° Du pain;
« 2° L'abolition du gouvernement révolutionnaire, dont chaque faction abusa tour à tour pour ruiner, pour affamer et pour asservir le Peuple ;