‹ Histoire de la râevolution franðcaise (volume 2)Chapitre 115 sur 146 · CHAPITRE YI · texte numérisé non relu

CHAPITRE YI

F U R F U R S DE LA CD NTRE- REVOLUTI ON

es journées de prairial étaient le dernier effort de la Révolution agonisante : l'ère des fureurs contre-révolutionnaires s'ouvrit. JDès ce moment l'esprit de persécution ne connut plus de frein, et l'esprit de vengeance fit définitivement divorce avec tout sentiment de pudeur.

Le 22 germinal (11 avril), la Convention avait rapporté deux décrets affreux : celui du 17 mars 1792, qui mettait hors la loi les ennemis de la Révolution, et celui du 13 ventôse an II, qui ordonnait de punir comme complices des conspirateurs ceux qui leur auraient donné asile ou n'auraient point dénoncé leur retraite. Mais il devint bientôt manifeste que ce n'était pas aux vrais partisans de la Révolution que les Thermidoriens entendaient accorder le bénéfice de cette politique de modération et de justice dont la mesure précitée était un heureux symptôme. Le mouvement de prairial à peine étouffé, le règne de la mort commença. Organe des impatiences farouches du parti vainqueur, Gamon demanda l'é-

FUREURS DE LA CONTRE-RÉVOLUTION

tablissement d'une commission de neuf membres chargée de faire un rapport sur tous les représentants dénoncés ou prévenus de complicité avec les derniers tyrans de la France , parce que, dit-il, « la présence des assassins de la patrie dans le sein de la Convention déshonorait la représentation

nationale. » Dès le 4 prairial, une Commission militaire avait été instituée à Paris : Dubois Crancé fit décréter qu'elle serait autorisée à condamner, selon les délits, aux fers, à la détention, à la transportation, à la mort. Dès le 5, la guillotine était mise en mouvement. Ce jour-là furent condamnés

Page 1