‹ Histoire de la râevolution franðcaise (volume 2)Chapitre 123 sur 146 · CADOUDAL · texte numérisé non relu

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les entraves qui avaient gêné jusqu'alors la liberté des communications. »

En réalité, c'était là le but que s'étaient proposé les chefs royalistes, dont la conduite, en cette circonstance, fut marquée au sceau de la plus noire hypocrisie, comme l'ont prouvé, depuis, leurs propres aveux,

Le 22 nivôse (12 mars), durant le cours des négociations Cormatin avait écrit au général Hoche : « Tant qu'il me restera une goutte de sang dans les veines, je serai le même. Vous avez ma parole , la Convention a ma signature, je ne puis vous en dire plus. Il serait indigne, infâme d'un homme d'honneur (sic) de chercher à tromper celui qu'il estime. »

Eh bien, le soir du jour où la paix fut conclue, Gormatin recevait des canonniers qu'il avait poussés à la désertion, les faisait conduire en cachette dans une chambre haute du château de la Prévalaye, ordonnait qu'on leur apportât du vin, et buvait avec eux, dans le même verre, à la santé du roi. »

Et cette détestable hypocrisie ne fut pas le crime de Cormatin seulement ; car, avant de se séparer, tous les autres signataires royalistes du traité dirent au chevalier de Tinténiac : « Soyez témoin du serment que nous faisons de poignarder le premier qui abandonnerait la cause de Dieu et des Bourbons. » Et, après avoir mandé cette circonstance à M. Windham, Tinténiac ajoutait : « Je vous assure, monsieur, que jamais serment ne fut fait plus sincèrement. »

Celui-là, oui ; mais l'autre !

Comment s'étonner, après cela, des désastres que la pacification engendra, à partir du jour même où elle fut conclue? Tinténiac, au sortir de la Prévalaye, avait parcouru tous les arrondissements « pour les maintenir dans leurs bonnes dispositions. » Le comte de Silz et les chefs du Morbihan se tenaient à leurs postes, prêts à seconder le débarquement des Anglais. D'autres chefs de Chouans, tels que Chantereau, Caqueray, Busnel, faisaient dire à Puisaye que « jamais cette partie (l'arrondissement des Côtes-du-Nord) n'avait été mieux disposée. » Et en effet, plus de cent compagnies furent organisées dans l'espace de quinze jours. La seule division du chevalier de Boisguy comptait trois mille hommes exercés. Ce chevalier de Boisguy, chef renommé parmi les royalistes, était un enfant de quinze ans.

Inutile de dire que ce mouvement s'appuyait sur l'Angleterre. Des communications actives, incessantes existaient entre Londres et Guernesey,Guernesey et les côtes de France. Le ministre anglais Windham correspondait avec les royalistes d'une manière suivie. Les secours fournis à ceux-ci consistèrent, d'abord en faux assignats , puis en louis d'or, puis en billets de la banque d'Angleterre. L'incendie , on le voit, ne manquait pas d'aliments !

Aussi, dès le lendemain de la conclusion du traité, le Comité de salut public fut-il assiégé de rapports qui, tous, en dénonçaient la violation. Laissons la parole aux documents officiels :

Le représentant Bouvet, au Comité de salut public :

« Si la paix doit produire les mêmes effets que la suspension d'armes qui l'a précédée, au lieu d'être un bien, c'est un véritable désastre. Vous frémiriez , si j'énumérais tous les crimes qu'ils ont commis. »

Le commissaire du tribunal de Dol, au Comité de législation :

« Les Chouans continuent de désarmer, d'assassiner les patriotes, ceux qui vont à la messe des prêtres assermentés, les fonctionnaires publics.... Le pillage est à l'ordre du jour. »

Le chef de l' état-major, Ghérin, au Comité de salut public :

« Les chefs chouans sont des parjures.... L'insurrection se propage.... »

L'administration de Rennes, au représentant Defermon :

« Les Chouans, malgré leur serment, organisent une armée, exercent leurs troupes, enlèvent les armes dans les campagnes,

défendent de vendre et de porter des vivres aux républicains. Les assignats n'ont point de valeur. »

Hoche, aux représentants du peuple :

« Partout les Chouans organisent la guerre; partout ils manquent de parole. »

Chartier, juge au tribunal du district de Craon, au Comité de salut public :

« La soumission de Rennes n'est pas de bonne foi. Aucun Chouan n'est rentré dans ses foyers. Ils restent en armes avec la cocarde blanche ; ils forcent les gens de la campagne à marcher avec eux. Les charrettes rompues, les essieux brisés, le transport des denrées défendu sous peine de mort, les bestiaux et les meubles des patriotes enlevés, leurs propriétés saisies, des contributions levées au nom de Louis XVlI, la défense de moudre pour les villes, les patriotes traités de terroristes et de buveurs de sang, les armes et les munitions enlevées à tout prix, tel est l'affligeant tableau de nos malheureuses contrées. »

L'administration de Vitré, au Comité de salut public :

« Dans ce district, et bien au loin, les Chouans ont plus volé, plus incendié et plus massacré de républicains qu'ils n'avaient fait auparavant. Juste ciel, quelle paix ! »

La justice défend de taire que, du côté des républicains, deux meurtres furent commis, au mépris de la foi jurée. Après la signature du traité, deux royalistes, nommés Geslin et Lhermite, furent rencontrés, comme ils revenaient du congrès de Rennes, par un détachement de soldats, et fusillés, quoiqu'ils eussent répondu au cri de qui vive? par celui de vive la paix! xnve Vunion! Mais ce que la justice défend aussi de passer sous silence, c'est que le Comité de salut public, instruit de ce crime, donna aussitôt l'ordre d'arrêter les coupables et de les juger.

A son tour, Cormatin fit, à l'usage des Chouans, un règlement de police qui déclarait infâmes et punissables selon les lois de la guerre, les habitants et soldats qui se porteraient aux vols, pillages et contributions forcées. Un autre article de ce règlement invitait les habitants c'u pays, enrôlés dans les compagnies royalistes, à rentrer au sein de leurs familles, pour les aider dans leurs travaux champêtres et faire refleurir l'agriculture.

Si Cormatin n'avait employé que pour des fins semblables le pouvoir qui lui avait été laissé, l'Histoire ne devrait que des éloges à sa mémoire. Malheureusement, le règlement de police dont il s'agit contenait, à côté de dispositions calmantes et sages, des prescriptions qui semblaient calculées de manière à en détruire l'effet, celle-ci, par exemple : « Jusqu'à ce que chacun retrouve sa famille, son existence et le bien-être dont il jouissait avant ces années de malheur et de proscription, les bandes royalistes ne doivent pas se dissoudre. » L'importance du règlement de police, signé Cormatin, Tranche-Montagne, Jambe-d' Argent, Sans-Regret, etc...., était tout entière dans cette recommandation, dont le reste paraissait n'avoir pour objet que de couvrir l'audace sinistre : Les bandes royalistes ne doivent pas se dissoudre.

Ce qui est certain, c'est que de toutes les clauses du règlement, cehVlà fut la seule que les Chouans observèrent. Les brigandages continuèrent de plus belle, et loin de songer à se dissoudre, les bandes royalistes ne songèrent qu'à se recruter. Les jeunes gens des campagnes furent enrôlés, publiquement exercés au maniement des armes, et obligés, sous peine de

CRIMES DES CHOUANS

mort, Je se rendre aux rassemblements. Une espèce de conseil royaliste s'établit au bourg de Grandchamp, à deux lieues de Vannes. Les prêtres réfractaires n'avaient jamais déployé plus de hardiesse. Dans le district de Sillé-le-Guillaume, un d'eux, nommé Lamarre, se mit à prêcher ouvertement le mépris de la Convention et du gouvernement républicain. « Pendant qu'il chantait la messe, un Chouan, le mousquet sur l'épaule et un panier sous le bras, criait aux assistants: N'oubliez pas les soldats du roi. »

L'impunité que la pacification assurait aux rebelles les encouragea au point que, bientôt, leur cri favori fut: Vivele Roi, l'Angleterre et Donckamp ! A Reaumont, ils allèrent jusqu'à proclamer le rétablissement de la royauté.

L'audace attire les hommages lorsqu'elle revêt les apparences de la force. Placés entre la révolte qui marchait tète levée, et un gouvernement qui semblait déserter son principe, beaucoup d'hommes à convictions peu fortes commencèrent à se demander de quel côté il était prudent de pencher. Hoche eut à réprimander sévèrement le général républicain Humbert, pour n'avoir pas rougi de se montrer sous l'uniforme de Chouan. Ce trait est caractéristique.

Cependant, Puisaye, à Londres, préparait tout pour une descente en Rretagne ; et la réalisation prévue de ce projet inspirait à ses rivaux, les hommes de la «faction espagnole,» une inquiétude jalouse. Ils voulaient bien la victoire du parti royaliste, mais seulement à condition qu'eux seuls seraient les vainqueurs. Pour faire avorter les desseins de Puisaye et ruiner ses espérances, ils imaginèrent le plan qu'on va lire, et que nous donnons tel que nous l'avons trouvé dans les Papiers de Puisaye lui-même, déposés au Rritish Muséum.

Il fut posé en principe par les royalistes appartenant à la faction espagnole, unis à certains membres du parti thermidorien, à demi gagnés, que le gouvernement anglais trompait les princes et les émigrés; que la Cour d'Espagne seule avait l'intention de placer le roi prétendu légitime sur le trône de France, et qu'elle en fournirait les moyens. Chose curieuse, et qui montre assez combien peu les auteurs du plan connaissaient les vrais sentiments de Hoche ! Ce fut en partie sur lui qu'ils comptèrent pour seconder les dispositions favorables de l'Espagne, et ils ne désespérèrent pas de l'amener à réunir aux forces royalistes celles qui avaient été placées sous ses ordres. A cet effet, les premières, organisées en bataillons sous le nom de gardes territoriales, devaient continuer de porter l'uniforme gris, que les chefs avaient adopté. Cormatin était désigné pour commander en chef toutes les gardes territoriales de la Rretagne, du Maine et du Haut-Anjou. Les autres chefs de ces provinces devaient conserver leur commandement dans cette nouvelle forme et sous les ordres de Cormatin. On ■se flattait de l'espoir de faire prévaloir le même arrangement dans les pays soumis à Charette et à Stofflet , en offrant à ces deux chefs les mêmes avantages, la direction suprême des deux armées étant, d'ailleurs, réservée à Hoche. Pour dégarnir l'intérieur, on devait travailler, par le moyen de ceux des thermidoriens influents qu'on croyait acquis ou qu'on espérait acquérir, à faire pénétrer l'armée de Rhin et Moselle et celle de Sambre-et-Meuse aussi avant que possible en Allemagne, tandis que les armées du Sud s'enfonceraient en Italie L'Espagne aurait fait tous les fonds nécessaires et tenté une descente dans la baie de Quiberon. Alors Louis XVII devait être proclamé, et l'armée royaliste, réunie à l'armée espagnole d'une part, et d'autre part aux soldats républicains défectionnaires, marchait sur Paris, hors d'état de recevoir des renforts, vu l'éloignement des troupes républicaines employées au Nord et au Midi. En môme temps, une armée commandée par les

officiers dont Hoche et ceux qui lui étaient dévoués redoutaient la surveillance, et composée de l'écume des partis, devait, sous le nom d'armée noire, tenter une descente en Angleterre, pour y donner de l'occupation au gouvernement et porter coup à ses finances en ébranlant son crédit.

Ce qu'un tel plan présente de chimérique, loin d'affaiblir l'autorité des affirmations de Puisaye, semble presque les confirmer, tant il était conforme aux habitudes du parti royaliste, à cette époque, de se nourrir de chimères.

Quoiqu'il en soit, le 1er prairial (20 mai), une assemblée de royalistes, convoquée à Grandchamp, était en train de délibérer sur les moyens de remplir les engagements pris par Puisaye avec l'Angleterre, lorsque parut un courrier dépêché de Paris par les «agents.» L'objet de ce message était d'offrir aux royalistes de la Rretagne l'appui du gouvernement espagnol, dans le cas où ils consentiraient à se soumettre à sa direction. Le commissaire d'Espagne prenait, au nom de son maître, l'engagement de fournir au parti royaliste «ne somme de quinze cent mille livres. « Heureusement, raconte Puisaye, d'Allègre était là. Il entrevit, le piège, en préserva ses amis, sans articuler un refus, et l'on s'en remit à moi pour la réponse à faire. »

Mais, mieux que l'habileté de Puisaye, un événement imprévu déjoua les projets de ses rivaux.

A partir du jour où la pacification avait été signée, Cormatin s'était cru un personnage important. Rientôt il trancha u petit souverain. Etabli à Rennes, où quelques royalistes lui composèrent une sorte de cour; « cajolé par les belles dames qui avaient mis l'uniforme chouan à la mode en le portant; » applaudi au spectacle, applaudi dans les rues; flatté et fêté par les siens outre mesure, l'orgueil lui monta tout d'un coup à la tête et le poussa aux imprudences les plus fatales. Dans une lettre à Aubert-Dubayet, il osa prendre le titre de général des Chouans. U se répandait en vanteries factieuses. Il ne se cachait pas pour dire que, s'il recommençait la guerre, il couperait toutes les communications et empêcherait les provisions d'arriver en ville. A l'entendre, il n'avait qu'à lever le doigt, et la Rretagne était à lui.

Hoche avait l'œil sur les menées de Cormatin, dont l'attitude et le langage l'irritaient profondément. Le 17 floréal (6 mai), il écrivit aux représentants du peuple :

« Cet homme n'a-t-il pas l'impudence de publier que, dans trois mois, le pays sera tranquille ? Mais comment l'entend-il ? Entend-il que les lois de la République seront mises en vigueur? Ou n'entend-il pas plutôt que la descente que vont faire les Anglais procurera la tranquillité au pays, en nous chassant? Et en effet, à qui sont destinés ces approvisionnements considérables faits par les Chouans et payés en numéraire? Pourquoi ces achats de chevaux et d'étoffes noires, ces confections d'habits uniformes antinationaux? Pourquoi ces embauchages? Pourquoi ces rassemblements de Chouans, dans lesquels ils se nomment des chefs qui les exercent au maniement des armes et à la marche? Pourquoi, sous ce prétexte de pacifier, Cormatin envoie-t-il des agents dans les chefs-lieux de district, à Dinan, Lamballe, Saint-Malo? Que signifie le «quartier général» de cet homme? Quelle est son autorité, pour commander ainsi qu'il fait? »

Quelques jours après, Hoche renouvelait ses plaintes:

« La conduite de Cormatin est abominable. Les propos qu'il tient sont d'un forcené. Il a, en vérité, perdu la tête et se croit le dictateur de la Rrelairne. »

L'impudence de Cormatin était grande effectivement, mais moins grande encore que son hypocrisie ; car voici ce qu'il écrivait à la Convention, ie 26 floréal (15 mai), à propos des dispositions que Hoche prenait pour la défense des côtes :

« Nous avons fait la paix, nous y avons donné l'adhésion la plus formelle; elle a été suivie de notre part des preuves les p!us convaincantes, et l'on ne cesse de nous traiter en ennemis. Des troupes considérahles s'avancent dans une province qui reconnaît la République, et qui lui a fait, par notre bouche, le serment de ne jamais porter les armes contre elle. »

Et, dans le même temps, de la même plume, ce misérable imposteur mandait au comte de Silz : « Envoyez-moi votre signature en blanc pour former un emprunt que j'autorise. Il y a quatre signatures . Roishardy, vous, Ghantreau et moi.... Nous avons besoin de fonds. »

Il mandait aussi aux memhres du conseil du Morbihan, conjointement avec Roishardy et Ghantreau, de prendre bien garde qu'ils n'étaient plus un parti isolé, mais qu'ils tenaient à tous les royalistes de France. Du reste, il leur conseillait d'empêcher les rassemblements, sur ce que le moment n'était pas encore venu de se battre; sur ce que leurs ressources n'étaient pas encore suffisantes; sur ce qu'il importait d'ôter, en attendant, tout motif de méfiance aux républicains; et il ajoutait : « Quelque douloureux qu'il soit de dissimuler, nous y sommes contraints, et la nécessité est partout une loi irrévocable. »

Mais cet art ignoble dont Cormatin recommandait si souvent la pratique, son extrême vanité l'empêcha de le pratiquer lui-mêmejusqu'au bout avec succès. Ses continuelles vanteries avaient fixé sur lui l'attention . sa manie de « dépêcher autant de courriers qu'un ministre » le perdit. Un de ces courriers ayant été arrêté, chargé de lettres secrètes de Cormatin pour le conseil du Morbihan, tout fut enfin découvert.

Rien ne donne une idée plus saisissante de la politique de lâcheté à laquelle le gouvernement thermidorien s'était condamné à l'égard des royalistes, en acceptant leur appui contre les Jacobins, que l'attitude du Comité de salut public en cette circonstance. Informé de ce qui venait d'avoir lieu parles représentants de Rrue, Guezno et Guermeur, qui s'exprimaient nettement sur la nécessité d'arrêter les chefs, le Comité de salut public répondit:

« Nous sentons la nécessité de prendre de fortes mesures pour arrêter les désordres qui se perpétuent. Le Comité n'ayant reçu que des copies de lettres, doit vous faire observer qu'il faut bien s'assurer si ces lettres sont en effet écrites et signées par les chefs. Au reste, il faut être en force avant de faire un éclat. »

Dans une lettre subséquente du Comité de salut public à Aubert-Dubayet, le même esprit d'hésitation et d'incertitude se révèle : « Nous croyons qu'il est prudent de temporiser encore sur les mesures que nous devons prendre à l'égard de cet homme (Cormatin; et des autres chefs. »

Mais les représentants du peuple qui étaient sur les lieux n'attendirent pas pour agir l'autorisation du Comité. Parmi les chefs des Chouans, huit furent arrêtés, savoir : Cormatin, Jarry (il y avait, on l'a vu, en Vendée, un autre Jarry, représentant du peuple), Gazey, Lanouraye, Solilhac, Dufour, Roisgontier, Delahaye ; et le 6 prairial (25 mai,1, les représentants en mission près les armées des côtes de Rrest et de Cherbourg annoncèrent la saisie des pièces trouvées sur le

courrier de Cormatin, dans une proclamation qui commençait en ces termes :

« Français républicains,

« Lisez ! lisez ! Voyez la bonne foi trompée, trahie, les serments violés, et la plus épouvantable hypocrisie, à l'ombre des douces paroles de paix, méditant la révolte et le massacre. »

C'en était fait : le voile était déchiré ! Le camp de la Prévalaye fut investi et dispersé. Les brigands, réunis en grand nombre dans le Morbihan, furent battus trois fois par le général Josnet. Telle était l'indignation des républicains, qu'un détachement de grenadiers ayant envahi la maison de campagne de Roishardy, les soldats ne se contentèrent pas de le massacrer, mais promenèrent sa tête au bout d'uue pique. Hoche, instruit de cet acte d'ignoble férocité, fit aussitôt arrêter les officiers du détachement qui s'en était rendu coupable, et marqua d'une flétrissure publique ce qu'il définissait avec raison « un crime envers l'honneur, l'humanité et la générosité française. »

Tel était l'état des choses en Rretagne, lorsque l'invasion de la France fut tentée par les royalistes émigrés, à la solde des Anglais. Mais, avant d'aborder le récit de cette expédition criminelle, voyons ce qui se passait au Temple.

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