‹ Histoire de la râevolution franðcaise (volume 2)Chapitre 35 sur 146 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

NECROLOGE

une sphère toute radieuse, il nous faut passera la région des ténèbres : nous voici comme à l'entrée des catacombes. Dieu! quelle foule confuse et mêlée de fantômes livides ! Vergniaud et ses amis, Adam Lux, le duc d'Orléans, le général Goustard, Mme Roland, Bailly! Quelle succession rapide de funérailles ! Que de partis divers dévorés à la fois ! Et quel spectacle que celui de Philippe-Égalité allant presque se rencontrer face à face avec Marie-Antoinette sur la planche de l'échafaud !

Dans cette séance du 5 septembre , dont nous avons déjà rendu compte et où furent prises des mesures si terribles, l'orateur de la députation des Jacobins avait dit : « Il est temps que l'égalité promène la faux sur toutes les têtes ; il est temps d'épouvanter tous les conspirateurs. » Ces mots désignaient les Girondins prisonniers.

On se rappelle avec quels égards ils furent traités immédiatement après le 31 mai : loin de songer alors à les immoler, leurs ennemis leur firent un genre de captivité qui ressemblait à une invitation de fuir. Non- seulement on leur permit de circuler dans Paris, accompagnés d'un seul gendarme, mais l'indemnité .de dix-huit francs par jour dont jouissaient les membres de la Convention leur fut continuée. Les invectives, naturelles si l'on veut, mais incessantes et furieuse.-, dont ils poursuivirent leurs vainqueurs; les lettres où ils traitaient publiquement les membres du Comité de salut public d'imposteurs et d'assassins; l'idée qu'ils donnèrent à la Montagne de la profondeur et du caractère inapaisable de leurs ressentiments; la guerre civile que leurs amis fugitifs coururent déchaîner d'un bout de la France à l'autre, et les preuves acquises de leur participation au projet de soulever les provinscontre la capitale : voilà ce qui les perdit.

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