‹ Histoire de la râevolution franðcaise (volume 2)Chapitre 88 sur 146 · JUILLET · texte numérisé non relu

JUILLET

s ure d'avantages sur tous les ambitieux, sur tous les républicains à grandes et petites places ! C'est Là ma pierre de touche : car si, dans mon obscurité, je ne parle pas, je juge, et je juge sans partialité ni flatterie....

« Salut et fraternité,

« Durand-Maillane, député.

« Hue A'euve dp FÉgalitô, cour des Miracles. »

Autre lettre appartenant au dossier de la tyrannie de Robespierre, et écrite au nom des 73 députés, débris du parti de la Gironde, qu'il avait arrachés à la mort :

« Citoyen notre collègue, nous avons emporté du sein de la Convention et d^ notre captivité un sentiment profond de reconnaissance excité par l'opposition généreuse que tu foi le ' octobre, à l'accusation proposée contre non-

aura flétri notre cœur avant que cet acte de bienfaisance en soil effacé, etc.

« Hecquet, Quiennec, Ruault, Saint-Grix, Delamarre, Blad, Vincent. »

Parmi les lettres qu'on chercherait en vain dans le recueil des épîtres laudatives publiées par Courtois , après un triage auquel présidèrent les haines thermidoriennes , nous venons d'en donner deux seulement, faute de pouvoir tout citer, mais elles font deviner le reste.

En revanche, les ennemis de Robespierre le poursuivaient de lettres anonymes , toutes gonflées de colère et noires de menaces. « Robespierre! ah! Robespierre! je le vois, tu tends à la dictature.... Dis-moi, est-il dans l'histoire un tyran plus tyran que toi? Et tu ne périras pas! Et nous ne délivrerons pas notre patrie d'un tel monstre ! Nous mourrons tous, s'il le faut, mais tu n'échapperas pas Écoute,

lis l'arrêt de ton châtiment. J'ai attendu , j'attends encore que le peuple affamé sonne l'heure de ton trépas ; que, juste

dans sa fureur, il te traîne au supplice Si mon espoir était

vain, s'il était différé, écoute, lis, te dis-je : cette main qui trace ta sentence, et que tes yeux égarés cherchent à découvrir, cette main qui presse la tienne avec horreur, percera ton cœur inhumain. Tous les jours , je suis avec toi , je te vois tous les jours; à toute heure, mon bras levé cherche ta poitrine. 0 le plus scélérat des hommes, vis encore quelques jours pour penser à moi; dors, pour rêver de moi; que mon souvenir et ta frayeur soient le premier appareil de ton supplice. Adieu! Ce jour même, en te regardant, je vais jouirde ta terreur. »

Ces menaces répétées et leur caractère mystérieux provoquaient naturellement une surveillance active; mais, contre plusieurs députés, tels que Legendre, Thuriot, Bourdon (de l'Oise), Tallien, elle fut poussée jusqu'à l'espionnage, sans qu'on puisse, du reste, savoir au juste si cet espionnage fut commandé ou volontaire.

Quant à prétendre, comme certains historiens n'ont pas craint de le faire, que, dans ces jours suprêmes de messidor et thermidor, où chaque minute était comptée , Robespierre passait son temps à chercher les plaisirs de la table, et à faire des courses à Maisons- Alfort , suivi de Dumas , Coffinhal, Payan, Fleuriot, Henriot et autres, traversant les routes au galop, renversant tout ce qu'il rencontrait, et semant partout l'alarme; la calomnie est si grossière, si transparente, qu'elle vaut à peine qu'on s'arrête à la réfuter. Outre que rien au monde ne pouvait être inventé qui fût plus en contradiction avec la nature de Robespierre, avec ses goûts, avec ses habitudes et sa ligne de conduite, il résulte du témoignage de quelques-uns de ses ennemis , bien connus pour leur acharnement, que jamais il ne se montra plus réservé et ne veilla plus attentivement sur lui-même qu'en approchant de la mort. Et, par exemple, c'est une lettre de Fréron qui nous apprend que, quoique Robespierre aimât le vin et les liqueurs, il y avait renoncé, et ne but que de l'eau pendant les derniers mois de sa vie. On pouvait citer de lui, toutefois, un goût qu'il portai1 jusqu'à l'excès, mais celui là fort innocent : il aimait avec passion les oranges. « Chez Duplay, écrit Fréron, la place qu'il avait occupée à table était toujours mai quée par les monceaux d'écorces d'orange qui couvraient son assiette. » Fréron complète ces détails en assurant que Robespierre, vers la fin de sa carrière, s'exerçait tous les jours au pistolet dans sou jardin, et était devenu très-adroit à cet exercice ; mais des prétendues cavalcades sur la route de . ions-Alfort, pas un mol.

Ce que des renseignements puisés à des sources sûres permettent, au contraire, d'affirmer, c'est que l'hôte de Duplay se plaisait aux promenades solitaires. Souvent , sans autre compagnon qu'un grand chien nommé Brount, auquel il était singulièrement attaché, il prenait le chemin des Champs- Elysées et s'en allait rôder tout pensif du côté des jardins de Marbeuf, où il s'oubliait volontiers à entendre de petit- Savoyards jouer de la vielle et chanter quelque air des montagnes. Il leur parlait avec tant de bonté , et les traitait avec une munificence si assidue, qu'il était connu parmi eux sous ce nom : Le bon Monsieur.

Un autre lieu l'attirait , parce qu'il y rencontrait à chaque pas le souvenir de Jean-Jacques : c'était l'Ermitage, dans la vallée de Montmorency. Ses dernières inspirations lui vinrent de là.

On approchait d'une grande catastrophe; mais ceux' -là mêmes qui travaillaient à l'amener ne la voyaient pas venir sans un trouble profond. La division qui régnait maintenant sur la Montagne tendant à donner à ceux du Centre, dans la Convention, le pouvoir de faire pencher la balance, chacun se demandait avec anxiété ce qu'ils décideraient. Eux, paraissaient hésiter. « Pouvez -vous nous répondre du Ventre? » dit Billaud-Varenne à un des hommes que les circonstances y avaient placé. A quoi celui-ci répondit : « Oui, si vous êtes les plus forts. » Réponse cynique et terrible !

D'un autre côté, ni Billaud-Varenne, ni Collot-d'Herbois, ni Barère ne se dissimulaient qu'en renversant Robespierre ils risquaient de renverser la République, et que leur victoire pourrait bien n'être qu'un suicide. Le cri échappé à Ingrand, ils l'entendaient retentir au fond de leur cœur. Ils avaient beau appeler Robespierre un tyran, leur conscience les accusait de mensonge et leur annonçait comme inévitables les vengeances du remords. Lorsque, longtemps après, Barère se rappelait cette époque de sa vie, ce n'était jamais qu'avec un frémissement douloureux. Un jour, vieux et déjà un pied dans la tombe, il reçoit la visite de David (d'Angers). L'artiste républicain venait lui fane part d'un projet de couler en bronze le portrait des hommes les plus célèbres de la Révolution. Il lui nomme Danton. Parère , qui était couché, se lève brusquement sur son séant, et, le visage animé par la fièvre, s'écrie : « Vous n'oublierez point Robespierre, n'estce pas? Car c'était un homme intègre, un vrai républicain. Son irascible susceptibilité, son injuste défiance envers ses

collègues, le perdirent Ce fut un grand malheur!... »

Il s'arrêta très-ému, pencha sa tête sur sa poitrine, et demeura perdu dans ses pensées.

Les agitations de BÛlaud-Varenne, à la veille de ce combat sacrilège, ont été décrites par Saint-Just d'une manière saisissante : « Tout fut rattaché à un plan de terreur. Afin de pouvoir tout justifier et tout oser, il m'a paru qu'on préparait les Comités à recevoir et à goûter l'impression des calomnies. Billaud annonçait son dessein par des paroles entrecoupées; tantôt c'était le mot de Pisistrate qu'il prononçait, tantôt celui de dangers: il devenait hardi dans les moments où, ayant excité les passions, on paraissait écouter ses conseils, mais son dernier mot expira toujours sur ses lèvres; il s'irritait, il hésitait. il corrigeait ensuite ce qu'il avait dit hier ; il appelait tel homme absent Pisistrate; aujourd'hui présentai était son ami II était silencieux, pâle, l'œil fixe, arrangeant ses traits altérés. La vérité n a point ce caractère ni cette politique. »

Saint Just assistait à ce spectacle avec une impassibilité apparente, mais non sans y trouver matière à des pressentiments sinistres. Chargé de présenter un rapport sur la situation générale de la République, il laissa entrevoir ses préoe-

ROBESPIERRE VEUT ARRETER LA TERREUR

cupatioos au Comité de salut public, dans ce langage laconique, menaçant et lier, qui lui était propre. « Je ne puis épouser le mal, dit-il à ses collègues... Tout se déguise devant mes veux, mais j'étudierai tout ce qui se passe..., et ce qui ne ressemblera pas au pur amour du peuple et de la liberté aura ma haine. »

Le lendemain, 5 thermidor (23 juillet), incertains du résultat de la lutte, les deux Comités se réunissent, et, pour une dernière explication, mandent Robespierre. On s'aborda d'un air contraint, et, pendant quelque temps, chacun garda le silence. Enfin, Barère énonce les faits dont les Comités croyaient avoir à se plaindre, et dont la note avait été rédigée d'avance. Il y eut échange de récriminations amères. Saint- Just déclare tenir d'un officier suisse , fait prisonnier devant Maubeuge, que « les alliés attendent tout d'un parti qui renversera la forme terrible du gouvernement , » qu'un grand crédit militaire, la libre disposition des finances sont nécessaires à quiconque aspire à dominer, et que « ces choses ne sont point dans les mains de ceux contre qui l'on insinue des soupçons. » David appuya ce discours. Alors, se tournant vers Robespierre, Billaud-Varenne lui adresse ces paroles qui firent tressaillir Saint-Just, comme dictées par une dissimulation profonde, bien qu'elles ne témoignassent, peut-être, que des angoisses d'un cœur irrésolu ■ « Nous sommes tes amis, nous avons toujours marché ensemble. »

On peut juger de la portée d'une pareille tentative de conciliation par ce cri contre-révolutionnaire, échappé depuis au thermidorien Laurent Lecointre : « Cette paix, si elle eût été conclue, perdait à jamais la France »

Mais, au point où en étaient les choses, pouvait-elle être conclue? « Vous aspirez à former un triumvirat, » avait dit Elie Lacoste aux trois membres de la minorité; et, à part même les rivalités et les défiances personnelles , l'absence d'homogénéité dans les tendances n'était que trop réelle. Billaud-Varenne et Collot-d'Herbois ne voulaient point (pi' on parlât d'Etre suprême, d'immortalité de l'âme, de sagesse. De son côté, Saint-Just trouvait indigne qu'on eût l'air de « rougir de la Divinité.» Les conférences furent rompues, et tout se prépara pour un dénoûment tragique.

Il y avait à Paris quarante-huit compagnies de canonnicrs. appartenant aux quarante-huit sections, et composées d'ardents patriotes. Nul doute que, si une lutte s'engageait, les canonniers ne se rangeassent du parti de Robespierre. Billaud- Varenne, Collot-d'Herbois etCarnot, en ce moment maîtres des affaires, ordonnèrent donc au chef de la commission du gouvernement de faire successivement sortir de Paris un grand nombre de ces compagnies, s'autorisant en cela d'un décret qui ordonnait d'en laisser la moitié à Paris, mais permettait de déplacer l'autre moitié.... En même temps, ils envoyaient à trois mille élèves qui, sous le nom à' École de Mars, avaient été appelés à former l'établissement des Sablons, une quantité considérable de canons de gros calibre. Les Robespierristes ne se méprirent pas sur le but de ces mesures. Couthon courut les signaler aux Jacobins, déclarant fort extraordinaire l'idée de former trois mille élèves pour protéger une République qui avait besoin de douze cent mille soldats, et demandant bien haut pourquoi l'on s'appliquait à dégarnir Paris de ses plus fidèles, de ses plus intrépides défenseurs, les canonniers «'Il -en partira encore quatre mille demain! » s'écria Sijas. Ceci se passait le 6 thermidor

Ce jour-là fut pris par les deux Comités réunis un arrêté qui établissait, conformément à un décret rendu le 23 ventôse', quatre commissions populaires chargées de « juger prompteincnt les ennemis du peuple détenus dans toute l'é-

tendue de la République. » Les signataires furent : Barère, Dubarran, C. A. Prieur, Louis (du Bas-Rhin), Lavicomterie, Collot-d'Herbois, Carnot, Couthon, Robert Lindet , Saint- Just, Billaud-Varenne, Vouland, Vadier, Amar, Moyse Bayle.

Quoique ses amis Saint-Just et Couthon eussent signé. Robespierre ne signa pas, tant il était décidé à rompre avec un régime et des hommes que sa conscience condamna il !

Et certes, il ne résulta de son abstention aucun ralentissement dans l'action de la Terreur : loin de là, car, dans celle journée du 6, on tira des prisons, pour les livrer au Tribunal révolutionnaire, quarante-cinq détenus, dont sept furent acquittés, et trente-huit exécutés le lendemain. Parmi ces derniers figuraient deux poètes . Roucher et André Chénier.

On connaît le mot d'André Chénier, avant de mourir: « J'avais pourtant quelque chose là! » Et il se frappait le front. Ah! de tels souvenirs sont à vous briser le cœur! Mais il faut tout dire : les hommes qui firent mourir André Chénier avaient en lui un ennemi implacable, un ennemi dont la haine s'était exhalée en cris de rage. N'écrivit-il pas qu'il ne voulait point quitter ce monde j

Sans percer, sans fouler, sans traîner dans la fange, Ces bourreaux, barbouilleurs de lois;

et que, s'il désirait vivre, c'était

Pour cracher sur leurs noms, pour chanter leur SHpp]

En traçant ces lignes furieuses, André Chénier oubliait que son frère, Marie-Joseph, était un de ces « héros, barbouilleurs de lois ; » il oubliait que ceux qu'il brûlait de « percer, de fouler, de traîner dans la fange, » et de voir périr par un supplice qui pût fournir matière à ses chants, représentaient, après tout, la patrie luttant contre la ligue des rois, et avaient, au milieu de violences lamentables, accompli des choses immortelles.

Le 7 thermidor (25 juillet), une députation de la Société des Jacobins parut à la barre. Dans une pétition où l'on retrouve toutes les idées de Robespierre et jusqu'à son style, les Jacobins signalaient la main de l'étranger au fond des machinations intérieures; ils protestaient contre les eff.rts tentés pour briser l'union des représentants entre eux et de la représentation nationale avec le peuple; ils déclaraient infâme la proposition de punir de mort les jurements désignés comme blasphématoires, et d'ensanglanter de la sorte les pages de la philosophie ; ils se plaignaient de voir dégrader le décret contre l'athéisme et l'immoralité, par l'appellation de « piètres et de prophètes » donnée à ceux par qui ce décret avait été rendu; ils manifestaient de vives inquiétudes sur les ténèbres dont s'environnait le commissaire du mouvement des armées ; ils invoquaient en faveur des patriotes opprimés et contre les conspirateurs convaincus... la justice; ils demandaient qu'on fit trembler les traîtres, mais qu'on rassurât les gens de bien; enfin, ils annonçaient que le peuple ^ placerait son devoir et sa gloire à respecter, à défendre ses représentants jusqu'à la mort. »

Rien de plus remarquable que ce document; rien de plus frappant que cette démarche. Comment prétendre sans impudeur, en présence d'une déclaration aussi précise et aussi so lennelle, que Robespierre animait les Jacobins contre l'Assemblée nationale; qu'il les poussait à un second 31 mai; que sa fête de l'Etre suprême était un pas hors du domaine de la philosophie, et qu'il aspirait à asseoir sa dictature sur les ruines de la Convention? Mais qu'importe tout cela à ceux qui ne l'appelaient tyran que parce qu'ils le voulaient mort? La question pour eux était, non de le juger, mais de le tuer

Toutefois, comme sa popularité était immense, ils n'eurenl garde de se prononcer avant l'heure. Après quelques vives paroles de Dubois-Crancé sur les soupçons injustes qui l'enveloppaient et le dur traitement qu'il avait subi , Barère vint faire 1 éloge de Robespierre, de « ce représentant du peuple, qui jouissait d'une réputation patriotique méritée par cinq années de travaux, et par des principes imperturbables d'indépendance et de liberté. » Avait-on dit réellement . « Il faut faire un 31 mai? » Barère assura que « quelques citoyens » avaient, en effet, tenu ce propos et qu'on l'avait répété dans les groupes; mais ce qu'il ne pouvait nier et ce qu'il reconnut, c'est que Robespierre avait combattu avec chaleur toute idée d'attenter à la représentation nationale, disant, dans le club des Jacobins, que c'était bien mériter de la patrie que d'arrêter les citoyens qui tiendraient de pareils discours.

C'est ainsi que Barère flétrissait lui-même d'avance le rôle qu'il allait jouer le 9 thermidor. Et quand on lui reprocha, plus tard, cette conduite artificieuse, quelle fut sa réponse? Sa réponse fut digne de sa conduite; la voici : « Robespierre s'était fait une réputation colossale avec des discours patriotiques et des manœuvres secrètes.... Il avait bâti son piédestal sur des bases populaires.... Il fallait donc dissimuler avec le tyran empourpré de popularisme. »

Mais si les meneurs des Comités dissimulaient, pour mieux abattre Robespierre, Tallien, Fréron, Rovère, dissimulaient, de leur côté, pour abattre, quand l'heure serait venue, les meneurs des Comités, leurs alliés du moment. Il existe, à cet égard, un aveu de Laurent Lecointre, qui mérite d'être médité. Lecointre, nature emportée, inintelligente, facile à égarer, mais sincère, ne voyait pas bien pourquoi, en attaquant Robespierre, on n'attaquait pas aussi Billaud-Varenne, ColIot-d'Herbois, Barère, Vadier, c'est-à-dire ceux qui alors exerçaient réellement le pouvoir. Il s'en ouvrit à deux de ses collègues qui, dans l'Assemblée, faisaient partie de la conjuration; et c'est lui-même qui a raconté ce qui suit : « A celle époque, l'acte d'accusation que je préparais était achevé. Fré ron, qui m'a aidé de ses lumières, Barras, Rovère, Thirion, Courtois, Garnier (de l'Aube), Guffroy et Tallien m'ont conseillé de l'attaquer seul, afin que le succès fût plus certain. Les rôles étaient partagés. Plusieurs avaient des discours préparés pour appuyer mon opinion et combattre avec force les sophismes de Robespierre; mais ils furent d'avis qu'il fallait que le mémoire fût imprimé et distribué une heure avant d être lu à la Convention. Guffroy s'était chargé de le raire imprimer, et il fut fait par nous le serment solennel que, si la vérité succombait, nous immolerions le tyran en plein sénat. »

Or, pendant que, de leur propre aveu, les ennemis de Robespierre faisaient entrer dans leurs chances de succès la dissimulation, l'hypocrisie et l'assassinat, lui, le tyran, repoussait l'emploi de la violence, enchaînait l'énergie de ses .unis les plus fougueux, allait s'inspirer à l'Ermitage du souvenir de cet infortuné, de ce grand Jean-Jacques, et, ne comptant, pour son triomphe, que sur la raison, se préparait au combat en s' armant.... d'un discours!

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