‹ Histoire de la râevolution franðcaise (volume 4)Chapitre 17 sur 100 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

RENVERSEMENT DE LA ROYAUTE

E 10 août eut tous les caractères de la fatalité.

Rien n'y fut donné à la surprise ou au hasard.

Départ et d'autre, on s'y prépara, lentement,

solennellement, au grand jour, comme à une

bataille inévitable et décisive.

Presque à la veille de l'insurrection, des pétitionnaires du Champ de Mars allaient l'annoncer en ces termes à l'Assemblée : 1 La patrie est en danger, cela signifie : Nous sommes trahis.... Il faut du fer, des piques, im appareil menaçant, partout où respirent des ennemis de l'égalité. Que les plus puissants soient atteints les premiers, et le reste épars retourne au néant. »

Et ceux qui parlaient ce terriljle langage s'étaient présentés, précédés d'un bâton que surmontait un bonnet rouge, avec cet écriteau : Suppression du pouvoir persécutif.

De leur côté, les défenseurs du trône tenaient tête au péril avec une hardiesse qui n'était pas dénuée d'espoir. La section de l'Arsenal protesta contre la dernière adresse lue par Pétion ; la ville de Nancy se déclara d'une manière formelle pour les constitutionnels, contre les Jacobins ; plusieurs conseils généraux de département se prononcèrent dans le même sens, celui de la Meuse, par exemple; celui de l'Isère, celui de la Seine-Inférieure ; enfin un événement auquel personne ne s'attendait vint prouver qu'au nombre de ses appuis la royauté pourrait compter, au besoin.... l'Assemblée, oui, l'Assemblée elle-même. Le 8 août, le décret d'accusation contre Lafayette, combattu par Vaublanc et demandé par Brissot, fut rejeté par 406 voix contre 224.

Cette énorme majorité, accordée, au milieu du déchaînement des esprits, à un général que l'Hôtel de Ville, les faubourgs, les clubs s'accordaient à dénoncer comme un traître, annonçait assez de quelle confiance les ennemis des Jacobins se sentaient encore animés. Des cris de rage, partis des tribunes, furent répétés avec un farouche délire par la foule qui enviroimait la salle et en inondait les abords. A leur sortie de l'Assemblée, plusieurs députés du côté droit se virent assaillis d'injures. Dumolard, Vaublanc, Daverhoidt, ÏVoudière durent chercher refuge dans le corps de garde de la cour du Palais-Royal, et n'échappèrent aux fureurs de la multitude qu'en s' évadant par une fenêtre. Mathieu Dumas fut attaqué par des femmes de la halle, foulé aux pieds, et courut risque de la vie. Une belle parole vengea les Feuillants de l'humiliation de ces outrages : un d'eux, Girardin, se plaignant à l'Assemblée d'avoir été frappé, et entendant une voix

RENVERSEMENT DE LA ROYAUTE

qui lui criait ironi([uempnt : « Où? » répondit : « Par (,1errière. Est-ce que les assussins frappent autrement? »

Mais cette ferme attitude de quelques-uns des contre-révolutionnaires ne faisant qu'enflammer la colère de leurs ennemis, tout Paris s'agita convulsivement. Le long de la rue Saint-Honoré, vous eussiez vu défiler, avec une solennité sombre, des milliers de citoyens se tenant deux à deux et ne dissimulant pas qu'ils allaient chercher au faubourg Saint- Antoine le mot d'ordre de la patrie en danger. Les Jacobins, de leur côté, s'étaient réunis dans leur salle. Chabot, selon ses propres expressions, courut y sonner le tocsin, et promit d'aller le sonner le lendemain au soir dans les faubourgs.

Le lendemain était le 9 août. Pour mettre à couvert la responsabilité de Pétion, les meneurs avaient résolu de le consigner chez lui. Carra l'en avait prévenu, et Rarliaroux avait dit à la femme du maire de Paris : « Si nous enchaînons jamais votre époux, ce sera auprès de vous et avec des rubans tricolores. » Mais cette mesure n'ayant pas encore été prise, Pétion, accablé de son rôle de magistrat populaire, se montrait un pied dans le mouvement et un pied dehors. Liformé de ce qui s'était passé aux Jacobins, il mande au Comité de sûreté générale le capucin Chabot ; et là, en présence de Merlin de Thionville et de Bazire, les deux autres membres du trio cordelicr : « Eh bien, lui dit-il, vous aurez donc toujours une mauvaise tête? La Gironde et Brissot m'ont promis la déchéance. Je ne veux pas de mouvement. Il faut attendre que l'Assemblée se prononce. » Chabot répondit : « Vous êtes dupe de ces intrigants. L'Assemblée ne peut pas sauver le peuple, et je crois que vos amis ne le veulent pas. Ainsi, le tocsin sonnera ce soir au faubourg. — Je vous arrêterai. — Vous serez arrêté vous-même. » Ils se séparèrent, et Chabot se hâta d'aller prévenir le comité secret des dispositions de Pétion.

Encore quelques heures, et le sort de la monarchie allait être décidé. Le dimanche précédent, les personnes de la Cour avaient remarqué que, le roi et la reine assistant aux vêpres dans la chapelle des Tuileries, les musiciens s'étaient mis à tripler le son de leur voix d'une manière effrayante à ce verset du Magnificat : Deposuit patentes de sede; mais, depuis, que d'avertissements plus directs et d'une précision plus terrible! Le roi était instruit heure par heure, presque minute par minute, des préparatifs du coralmt. Il savait que c'était pour le lendemain. Et comment l'aurait-il ignoré? Le 10 août n'eut rien d'un complot, ce fut une vraie bataille De là les avis que se faisaient passer, d'un camp à l'autre, les ennemis qui s'aimaient. Un de ceux qui devaient commander l'attaque lit prévenir Peltier de prendre garde à lui, qu'elle serait sanglante ; et Camille Desmoulins offrit un refuge à Suleau, auquel le liaient des souvenirs d'enfance.

De toutes les dames du palais, pas une n'osa y paraître dans la journée du 9. Seule avec sa belle-sœur et ses enfants, la reine ne reçut d'autre visite que celle de lady Sutherland, femme de l'ambassadeur d'Angleterre.

Les abords du château n'étaient point, à cette époque, ce que nous les voyons aujourd'hui. Cette vaste, cette immense place qu'on nomme le Carrousel ne comprenait pas dans ce temps-là la huitième partie du terrain qu'elle occupe de nos jours. Le Carrousel se trouvait obstrué d'une multitude de maisons plus ou moins élevées, formant des rues avec divers détours, lesquelles pouvaient être considérées comme autant de chemins couverts, par où il était facile d'arriver sans péril jusqu'à portée de pistolet de l'enceinte des bâtiments et des cours. Mais là, en cas d'atta(|ue, le danger commençait. Car, avant d'a+,^' ndre le palais, les assaillants avaient à s'ergouf-

frer dans d'étroits espaces où il suffisait de quelques canons tirés à mitraille sur une masse serrée pour joncher le pavé de cadavres. Au lieu d'une seule cour divisée par des bornes et des chaînes de fer, il y en avait trois de dimension à peu près égale. La plus grande, celle du milieu, s'appelait la cour Roxjale; on y entrait, du côté du Carrousel, par une porte cochère confiée à un Suisse nommé Brown, qui tenait un restaurant: A gauche, en face du pavillon de Flore, était la cour des Princes^ et en face du pavillon Marsan, à droite, la cour des Suisses. Or, ce qui était de nature à rendre l'accès des Tuileries, dans un jour de combat, extrêmement meurtrier, c'était la triple ligne des bâtiments à un étage qui divisaient les trois cours, bâtiments où logeaient les personnes attachées au château, mais qui pouvaient aisément se transformer en redoutes. Du côté du jardin, les arcades des galeries inférieures qui longent la terrasse, à droite et à gauche de l'entrée du vestibule, étaient l'ermées dans presque toute leur hauteur par des barreaux de fer, supprimés depuis pour faire place à des statues. A la place des grilles qui bordent la terrasse des Feuillants, il y avait, d'un bout à l'autre, un mur peu élevé servant de séparation entre cette terrasse et la cour du Manège, aujourd'hui la rue de Rivoli. La salle où s'assemblaient les députés occupait le fond de cette cour, à une portée de fusil de la rue du Dauphin. Pour aller du pavillon Marsan à la salle de l'Assemblée nationale, on traversait la cour des Écuries, puis la cour du Manège., d'où l'on pénétrait sur la terrasse des Feuillants par une porte latérale qui touchait au café Hollot, rendez-vous habituel des agitateurs. Du côté des Champs-Elysées, le jardin des Tuileries était défendu par un pont qui tournait sur un fossé profond, le Pont-Tournant. De sorte que le château des Tuileries se hérissait, au centre delà capitale, comme une forteresse; et la royauté, pour peu ([u'elle eût envie de recourir à la dernière raison des rois, ne pouvait être abattue que dans des flots de sang.

Les mesures de défense furent calculées de manière à rendre la lutte fatale. Mandat, constitutionnel zélé, était à la tête de la garde nationale : il donna ordre à seize bataillons de choix de se tenir prêts à marcher, et, dès six heures du soir, tous les postes du château furent triplés. Le commandement de la 17' division était échu à M. de Boissieux, maréchal de camp, qui avait sous ses ordres la gendarmerie à pied et la gendarmerie à cheval. Un détachement du premier de ces deux corps fut posté dans la cour des Princes, au bas du petit escaHer; un autre, de cent cinquante hommes, eut pour destination de protéger l'hôtel de Toulouse, la caisse de l'extraordinaire, la caisse d'escompte et le trésor ; on consigna le reste. Quant à la gendarmerie à cheval, commandée par MM. de Rhulière et de Verdière, elle se trouvait, aux approches de la nuit, rangée en bataille sur la grande place du Louvre. Les bataillons appelés par Mandat à défendre le trône arrivèrent successivement, et, en première ligne, celui des Filles-Saint-Thomas, plein d'ardeur et de zèle. L'artillerie destinée à écraser les assaillants se composait de onze canons: l'on en plaça trois dans la cour Royale, devant la grande porte ; un dans la cour des Suisses, deux dans la cour des Princes, un devant le pavillon Marsan, un au Pont-Royal, trois vers le Pont' Tournant. Ce n'est pas tout, Mandat avait posté à l'arcade Saint- Jean une force considérable qui devaif lui répondre de l'Hôtel de Ville, et avait pour instruction de laisser passer ceux du fauJjourg Saint-Antoine, puis de les prendre en (jueue. De plus, il avait mis de l'artillerie au Pont- Neuf, de manière à empêcher la jor"*"on du fauborvg Saint- Antoine avec le faubourg Saint-Mar au.

Le roi devait naturellement compter pour sa défense sur les nol)les qui se trouvaient è Paris. Deux mille cartes d'entrée leur furent effectivemert distribuées par Ghampcenetz, gouverneur des Tuileries, et les portes du château restèrent ouvertes jusqu'après minuit pour les recevoir : c'est à peine s'il s'en présenta cent vingt I Encore s'ils étaient venus portant l'uniforme de la garde nitionale, de manière à se confondre dans ses rangs et à l'enc ourager par leur exemple ! Mais non : jaloux de bien marquer, jusque dans ce moment terrible, la distinction des rangs, si chère à leur vanité, ils parurent en habit brodé, veste de satin et bas de soie blancs. Quelques-uns avaient négligé d'apporter des armes, croyant en trouver dans le château ; les autres étaient armés d'espingoles, de pistolets et d'épées. Quelques-uns n'avaient que des cannes. Là évidemment ne pouvait être la force du trône! Sa vraie force, c'était le régiment des Suisses.

Ah! pitié, pitié pour eux! car leur âme fut intrépide et 11dèle. Esclaves aveugles mais loyaux de l'honneur du soldat, martyrs désignés d'une cause qui n'était point la leur, et, dans nos tragédies civiles, acteurs nécessaires et maudits, ils sentirent tout de suite l'horreur de leur situation. Mais, bien différents de ces lansquenets du moyen âge qui tuaient, qui mouraient pour le compte du plus offrant, ils crurent, eux, avoir engagé leur foi le jour où ils avaient vendu leur sang. Quand on leur dit que le moment était arrivé d'affronter la colère d'un peuple qu'ils auraient voulu pouvoir aimer, ils tombèrent dans une tristesse profonde. Ils se tinrent prêts cependant, et lorsque la mort les vint sommer de gagner leur salaire, elle les trouva aussi fermes que le granit des Alpes, leur pays.

Déjà, le k août, sur un ordre envoyé de Paris en toute hâte, ils avaient dû partir de Gourbevoie et de Rueil, après avoir enterré leurs drapeaux, et on les avait vus passer, marchant dans le plus grand silence, avec les mêmes précautions qu'on prend en temps de guerre en pays ennemi ! Mais cette nuit-là le château ayant été tranquille, ils étaient retournés à leurs casernes. Le 8, vers les dix heures du matin, d'Erlach, capitaine de garde, lerait à l'aide-major un ordre transmis par Mandat et conçu en ces termes : « M. le colonel ordonne que le régiment soit rendu demain, à trois heures du matin, aux Tuileries. » On fit, aux casernes, le partage des cartouches. Dans son récit, le colonel Pfyffer avance que « l'on ne put en distribuer que trente par homme. » Ceci est inexact. Après lo combat, il fut prouvé ({u'on avait trouvé dans les gibernes de plusieurs Suisses morts jusqu'à soixante cartouches, ce qui montre qu'ils devaient en avoir au moins quatrevingts chacun.

Le signal du départ donné, tout le monde marcha, voulut marcher : il ne resta aux casernes que les fourriers et les malades. A la Porte Maillot, une ordonnance, venant de Paris, remit au commandant un passe-port dont voici le texte : « Laissez passer les Suisses, pour renforcer les postes des Tuileries. Pétion, maire. » Arrivés au château, ces rudes soldats furent distribués partout oii le péril donnait rendezvous au courage. Leur nombre n'était ni de sept cent cinquante, comme l'ont assuré les uns, ni de treize cent trente, comme l'ont prétendu les autres ; neuf cent cinquante, tel est le chiffre vrai, le chiffre accusé par les procès-verbaux.

Il était midi, quand on acheva d'assigner aux Suisses les divers postes ([u'ils devaient occuper, et, pendant ce temps, suivi de la reine, de Madame Elisabeth, de Madame Royale, Louis XVI se icndait à la chapelle du château. On, remarqua son recueillement pendant toute la durée de la messe, et* qu'il tint constamment les yeux fixés sur son livre de prières.

Autour du palais, jusqu'au soir, la foule ne cessa de gronder. A deux Suisses en faction à la porte du Carrousel, un Marseillais, son sabre à la main, cria: « Misérables! voilà la dernière garde que vous montez; nous allons vous exterminer, a

Et dans cette même soirée du 9 août, la femme de Camille Desmoulins écrivait sur les feuillets d'un livre où, jour par jour, elle consignait ses impressions : « Qu'allons-nous devenir? Je n'en puis plus. Camille, ah! mon pauvre Camille, que vas-tu devenir? Je n'ai plus la force de respirer. C'est cette nuit, la nuit fatale. Mon Dieu, s'il est vrai cpie tu existes, sauve donc des hommes qui sont dignes de toi! Nous voulons être libres : ô Dieu ! qu'il en coûte ! Et pour comble de malheur, le courage m'abandonne. — Jeudi, 9 août. »

Quatre mois après, de sa plume touchante et naïve, Lucile retraçait ainsi sur ses tablettes ceux de ses souvenirs qui se rapportaient à la journée du 9 : « Le 9, j'eus des Marseillais à dîner; nous nous amusâmes assez. Après dîner, nous fûmes tous chez M. Danton. La mère pleurait, elle était on ne peut plus triste ; son petit avait l'air hébété ; Dajiton était résolu. Moi, je riais comme une folle. Ils craigna.ient que l'affaire n'eût pas lieu. Quoique je n'en fusse pas du tout sûre, je leur disais, comme si je le savais bien, cju'elle aurait lieu. Mais « peut-on rire ainsi? » me disait Mme Dauton. — « Hé- « las! lui dis-je, cela me présage que je verserai bien des lara mes peut-être ce soir. » Sur le soir, nous fûmes reconduire Mme Charpentier, parente de Danton. Il faisait beau, nous fîmes quelques tours dans la rue : il y avait assez de monde. Nous revînmes sur nos pas, et nous nous assîmes à côté du café — de la place de l'Odéon. — Plusieurs sans-culottes passèrent en criant vive la nation! Puis des troupes à cheval, enfin des foules immenses. La peur me prit. Je dis à Mme Danton : « Allons-nous-en. » Elle rit de ma peur; mais à force de lui en dire elle eut peur à son tour, et nous partîmes. Je dis à sa mère : « Adieu, vous ne tarderez pas à « entendre sonner le tocsin. » En arrivant chez Danton, j'y vois Mme Robert et bien d'autres. Danton était agité. Je courus à Mme Robert, et lui dis: » Sonnera-t-on le tocsin? « — Oui, me dit-elle, ce sera ce soir. » J'écoutai tout, et ne dis pas une parole. Rientôt, je vis chacun s'armer. Camille, mon cher Camille, arriva avec un fusil. 0 Dieu! je m'enfonçai dans l'alcôve, je me cachai la figure avec mes deux mains, et je me mis à pleurer. Cependant, ne voulant point montrer de faiblesse et dire tout haut à Camille que je ne voulais point qu'il se mêlât de tout cela, je guettai le moment où je pourrais lui parler sans être entendue et lui dis toutes mes craintes. Il me rassura en me disant qu'il ne quitterait pas Danton. J'ai su depuis qu'il s'était exposé. Fréron avait l'air d'être déterminé à périr. « Je suis las de la vie, disait-il, je ne a cherche qu'à mourir. » Chaque patrouille qui venait, je croyais les voir pour la dernière fois. J'allai me fourrer dans le salon, qui était sans lumière, afin de ne point voir tous ces apprêts. Personne dans la rue. Tout le monde était rentré. »

Comme elle est vive, comme elle est forte, cette peinture des incertitudes, des découragements, du trouble et des peurs qui, non moins que le palais du roi, assiégeaient le foyer de ces hommes qu'on représente si terribles! Ils avaient donc, eux aussi, à s'arracher à des étreintes caressantes, et à combattre le pouvoir de ces larmes de l'amour, plus irrésistibles que ses sourires ! Elle prouve, en outre, cette page charmante et triste, elle prouve combien peu les révolutionnaires étaient assurés de la victoire. Et pouvaient-ils l'être? N'avaient-ils pas contre eux une partie de la garde nationale

RENVERSEMENT DE LA ROYAUTÉ

et son chef? Savaient-ils au juste de quelles ressources la royauté était en mesure de s'entourer? Leur était-il possible de prévoir ces défections du lendemain qui furent la perte du trône et leur salut? De quoi s'agissait-il? De pousser ou plutôt de suivre à l'attacpie d'une vraie citadelle, facile à défendre et bien défendue, une multitude ingouvernable, par-

tagée entre mille passions et mille volontés contraires, sans plan arrêté, sans guides militaires , et dont le sort risquait d'être décidé par une panique. Non, non, il n'y avait rien de certain, rien, si ce n'est la Révolution croulante, en cas de défaite, et, sous ses ruines, un tombeau pour ses défenseurs. Voilà ce que comprenait Fréi-on, lorsqu'il se déclarait fatigué

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