DUMOURIEZ EN PRÉSENCE DE MARAT
comme dans toute la Savoie, les cœvirs vont au-devant de la Révolution et de la France. Allons, allons ! que Gustine se décide ! Mayence brûle de se donner. Ainsi parlent le professeur Rœhmer, un autre professeur de Strasbourg, nommé Doscb, le jeune Stamm, un des plus fervents patriotes du pays, et enfin le correspondant de Stamm, un des hommes désignés pour la défense de Mayence, le lieutenant-colonel du génie Eichenmeyer. Comment Custine aurait-il hésité? Le 19 octobre, il était devant Mayence; et, le 21, pressé par le vœu des habitants , dominé par Eichenmeyer, le baron de Gimmich, commandant de la place, capitulait.
Aussitôt, le général Neuwinger avec quinze cents hommes, et Houchard avec un corps de cavalerie, reçoivent ordre de passer le Rhin, et de se diriger, par deux routes différentes, sur la ville de Francfort, où ils entrèrent sans coup férir, musique en tête, le 22 octobre, c'est-à-dire le jour même où les Prussiens évacuaient Longwy.
Voilà comment la République en France signala son avènement. Elle n'avait pas encore un mois d'e.xistence, que déjà elle s'annonçait au monde étonné par des victoires aussi rapides que l'éclair, par des victoires où, bien plus que la force matérielle de la Révolution française, éclatait le prodige de son ascendant moral.
Dans une dépêche que, vers ce temps, le comte de Mercy- Argenteau adressait au Cabinet de Vienne, on lit :
« .... Il faut continuer la guerre, mais renoncer au fol espoir d'enchaîner une nation entière. Il faut abandonner et la
Contre- Révolution et les Émigrés, et pour le moment, le
projet de rétablir la monarchie en France.
« La monarchie, parce qu'elle ne renaîtra qu'après que l'anarchie aura fatigué tous les partis, et ce temps sera précédé par d'incalculables événements ;
« Les Emigrés, parce qu'ils sont la cause de nos fautes, de nos malheurs, de nos embarras ;
« La Contre-Révolution, parce qu'une fois tentée sans succès, elle est impossible, même sur de nouveaux plans et par de noi^veaux moyens ! » .