CHAPITRE VI
TRIOMPHE DE MARAT
usqu'alors Pétion n'avait fait que côtoyer le parti de la Gironde, dont les qualités, plus brillantes que m solides, ne semblaient pas faites pour gagner un homr/jjff me de sa trempe Mais les tempêtes populaires l'ayant 2^ toujours un peu effrayé, même a 1 époque où ii mî était donné de les conduire, il avait fini par pencher décidément à droite; et c'est ce que ne lui pardonnait pas Robespierre, si longtemps son émule et son ami.
Le 1 z avril, Pétion ayant réclamé la censure d'un membre de la Montagne pour un motii futile : « Et moi, s'écria Robespierre, je demande la censure de ceux qui protègent les traîtres. «
Pétion, s'élançant à la tribune : a Je demanderai en effet que les traîtres et les conspirateurs soient punis. »
Robespierre : « Et leurs complices ! »
Pétion : « Oui, leurs complices, et vous-même. Il est temps que toutes ces infamies finissent ; il est temps que les traîties et les calomniateurs portent leurs tètes sur l'échafaud, et je prends ici l'engagement de les poursuivre jusqu'à la mort. »
Robespierre : « Réponds aux faits. »
Pétion : « C'est toi que je poursuivrai. »
Rien de plus violent que les natures contenues, lorsqu'il leur arrive d être emportées liors de leur sphère , Pétion se déchaîna avec tant de fureur contre ces mêmes Jacobins dont il avait été lidole, que Narat, dans son compte rendu de la séance, put écrire : « Le bonhomme était dans les convulsions depuis cinq quarts d'heures; je m'approche.... Il avait les yeux hagards, la face livide, la bouche couverte d'écume. » Marat, il est vrai, était un de ceux que Pétion avait attaqués avec le plus de virulence, l'appelant « un vil scélérat, » et ajoutant : «Je me suis honoré de ses calomnies; il n'avilit que ce qu'il touche . »
Guadet prit ensuite la parole pour se laver personnellement des imputations de Robespierre, ce qu'il fit dans ce style âpre et provoquant qui lui était propre, jusqu'à ce qu'enfin, passant du rôle d'accusé à celui d'accusateur, il s'égara jusqu'à apostropher Robespierre en ces termes : « Le complice de Cobourg, c'est toi ! » Rappelant, comme l'avait fait Vergniaud, mais avec beaucoup moins de réserve, que le décret du bannissement de tous les Bourbons avait été proposé par la Gironde et repoussé par la Montagne, il renvoya aux Jacobins l'accusation de complicité avec le duc d'Orléans; et quant à Duraouriez, à côté de qui l'avait on vu, lors de son passage à Paris, aller se montrer dans les spectacles? Ici, le nom de Danton étant tombé des lèvres de l'orateur, une voix tonnante l'interrompit : « Ahl ta m'accuses, moi!... Tu ne connais pas ma force !... » Sans s'émouvoir, il continue, attaque Fabre-d'Églantine , attaque Santerre, et, arrivant à Marat, donne lecture d'un document signé de ÏAmi du peuple et émané du club des Jacobins. C'était un sombre appel fait à leurs frères des départements. On y désignait la Convention comme le siège d'une « cabale vendue à la cour d'Angleterre.... » Marat cria de sa place : » C'est vrai. » A ces mots, les trois quarts de l'Assemblée se lèvent spontanément : « A l'Abbaye!... Qu'il soit décrété d'accusation!... » Le tumulte était à son comble. Marat, d'un air dédaigneux • « Pourquoi ce vain batelage. et à quoi bon? On cherche à jeter au' milieu de vous une consiiration chimérique, afin d'étouffer une conspiration malheureusement trop réelle » Le reste fut sur ce ton. Kt les galeries d'applaudir, tandis que, sur leurs bancs, les Girondins s'agitaient, outrés de tant d'insolence. Leur parti était pris de frapper Marat. En vain Danton essaya de détourner le coup, et prononça cette parole profonde : « N'enianiez pas la Convention !... » En vain Marat lui-même voulut bien condescendre à expliquer qu'il n'avait signé l'écrit en question que comme président de la société des Jacobins, et sans l'avoir lu, il fut décrété, sur un vif discours de Fonfrède, que Marat serait envoyé à l'Abbaye, et qu'un rapport serait présenté dès le lendemain, touchant le décret d'accusation à fulminer contre lui .
Ainsi fut donné par ceux-là mêmes qu'on allait proscrire le signal des proscriptions! Marat, au sortir de la séance, fut tellement entouré et protégé par la foule, qu'il n'eut pys de peine à gagner un asile sûr.
A cette nouvelle, la Commune s'indigna, les sections })ii-
TRIOMPHE DE MARAT
reut feu, les faubourgs grondèrent. La signification du précédent que les Girondins venaient d'établir n'était que trop claire : une fois la Convention cn'nmée, qui pouvait dire où l'on s'arrêterait? De Marat à Robespierre, de Robespierre à Danton, de Danton aux autres Montagnards, la pente paraissait singulièrement gbssante. Les plus ardents révolutionnaires tiemblèrent pour eux mêmes ; mais ne se liant qu'à leur audace du soin de leur salut, ce fut en chassant de l'Assemblée les Girondins, qu'ils résolurent d'empêcher qu'on en chassât la Montagne. L'effervescence fut donc extrême. C'est ce que Marat avait prévu, et c'est ce qu'il avait orgueiUeusement annoncé, lorsqu'au moment du vote, il avait demandé que, si on le frappait, on le fit accompagner par deux gendarmes au club des Jacobins, afin qu'il y prêchât la paix.
Le fait est qu'une insurrection eût peut-être éclaté alors, si des voix influentes n'eussent conjuré le péril, et si Robespierre, entre tous, n'eût calmé l'entraînement des esprits. Il comprit fort bien que lier l'origine d'une révolte populaire au nom de Marat, ce serait fouinir aux imputations de la Gironde un semblant de vérité et aux préventions des départements un aliment dangereux. Il se présente aux Jacobins, leur signale les inconvénients d'une politique violente, et obtient d eux qu'ils se répandront dans les sections pour y recommander le calme.
Le lendemain, aussi ferme que modéré, il adjurait la Convention de rejeter sans la lire une proclamation récente de Cobourg, et faisait décréter peine de mort contre quiconque proposerait de négocier ou de traiter avec des puissances ennemies, tant qu'elles n'auraient pas préalablement reconnu d'une manière solennelle l'indépendance de la nation fran çaise, et la souveraineté, l'indivisibilité, l'unité de la Répubhque .
Danton avait appuyé cette motion, mais avec un déplorable appendice que l'Assemblée se laissa imposer par lui, et qui consistait à déclarer que la Convention nationale ne s'immiscerait en aucune manière dans le gouvernement des autres puissances Des lors que devenait le devoir de solidarité si noblement proclamé par la Convention, à l'heure de ses plus formidables dangers ? Que devenait l'héroïque décret du 15 décembre i792? Mais tel est le triste effet des dissensions intestines, qu'en absorbant 1 attention des partis, elles la détournent des grands intérêts de la patrie. Dans la circonstance dont il s'agit, par exemple, c'est à peine si l'on prit le temps d'examiner la motion que, d'une manière si soudaine, Danton venait de jeter dans l'Assemblée, tant l'affaire de Marat préoccupait ! Une lettre de lui avait été annoncée, et de toutes parts on demandait à en connaître le contenu Fonfrède en donna lecture. Jaraais assemblée n'avait été bravée à ce point. Marat déclarait qu'il ne se laisserait point arrêter, sa proscription n'étant que le résultat d un complot liberticide. Il ajoutait : « Avant d'appartenir à la Convention j'appartenais à la patrie; je me dois au pmjilr, dont je snU l'œil. » Rien de p.us piopre à précipiter le vote. Un curieux incident le retarda sans le conjurer. La veille, Guadet n'avait cité, de l'adresse reprochée à Marat, que les passages qui servaient le mieux la haine des Girondins ; mais quand on en fut venu à lire l'adresse tout entière, il se trouva qu'elle renfermait, à côté de phrases factieuses, des adjurations vraiment patriotiques : « Aux armes, républicains! volez à Paris, c'est le rendez-vous de la France : Paris doit être le quartier général de la République. Point de délai, ou la liberté est perdue Si nous sommes attaques avant votre arrivée, nous saurons combattre et mourir, et nous ne livrerons Paris que réduit en cendres. » Ces paroles
eurent dans l'âme des Montagnards le retentissement du tambour lorsqu'il bat le pas de charge. Dubois-Crancé s'écrie : « Si cette adresse est coupable, décrétez moi d'accusation, car je l'approuve; ■ et aussitôt les membres de l'extrémité gauche se lèvent d'un mouvement impétueux : « Nous l'approuvons tous! nous sommes prêts à la signer! » La salle retentissait de ces cris et des applaudissements des tribunes. Le peintre David, Thirion, Dubois Crancé, Camille Desmoulins, s'élancent vers le bureau, suivis d'une centaine de leurs collègues, et signent. A cetle vue, Granet propose l'envoi de l'adresse et des signatures aux départements, aux armées : proposition grave, qui pouvait conduire à la guerre civile. Un député, nommé Tavaux, en fit l'observation; mais l'idée de soumettre aux départements la décision de la querelle souriait naturellement aux Girondins. Gensonné lança, comme un défi mortel à la Montagne, la proposition de 1 appel au peuple. Alors un membre obscur, le député Vernier, eut une inspiration qui mérite sa place dans l'histoire des élans généreux. « Citoyens, s'écria-t-il pénétré de douleur, puisque nous sommes arrivés à un tel de^ré de discorde et de défiance réciproque, qu'il nous est impossible, au poste où nous sommes, de bien servir la patrie, que les deux partis montrent du civisme ; que les plus passionnés de part et d'autre, devenus simples soldats, se rendent à l'armée pour y donner l'exemple de la soumission et du courage. - Pendant ce temps, on voyait des membres de l'extrême gauche aller et venir du bureau à leurs places : c'étaient les signataires de l'adresse qui, avertis de l'imprudence de leur démarche par le discours de Gensonné, couraient un à un rayer leur signature. Un seul se fit honneur de ne pas retirer la sienne; ce fut Camille Desmoulins, car la fermeté hors de propos est un des traits qui marquent la légèreté d'esprit. Heureux encore s'il s'en fût tenu là; mais Rarbaroux n'eut que trop raison de flétrir comme une provoculion au meurlre ces cruelles paroles d'un homme qui, pourtant, était loin d'être cruel : a Les meneurs, — U désignait de la sorte les Girondins, — savent que les (juarante-huit sections de Paris doivent venir vous demander l'expulsion des vingt-deux royalistes complices de Dumouriez, et comme Us voient le vaisseau prêt à être submergé, ils se disent : Mettons le feu à la Sainte-Barbe,
et puisque nous allons périr dans deux ou trois jours " La
fin se perdit dans le tumulte.
La proposition de Gensonné ayant été ajournée au lundi suivant, et l'accusation reprise contie Marat, l'appel nominal, que ne cessèrent d'interrompre les applaudissements ou les murmures des tribunes, et qui dura toute la nuit, donna les résultats suivants :
Pour le décret d'accusation .
Contre
Pour l'ajournement. .
Chiffre des récusations. ,
Nombre total. . .
Une fête auguste et touchante vint reposer un peu du spectacle de ces convulsions les âmes qu'elles attristaient. L'entrée des Autrichiens dans Liège avait chassé de cette ville, si véritablement française par le cœur, tous ceux qui avaient concouru à la donner à la Révolution et à la France. Est-il besoin de dire avec quel amour Paris avait reçu les fuo^itifs ! Il leur fallait une salle pour tenir leurs assemblées ei conserver leurs archives : la ' ommune s'empressa de leur en offrir une dans l'enceinte môme de l'Hôtel de Ville, et leur installation donna Heu, le 14 avril, à la Fêle de r/iospi-
talité. La Porte Samt-Martia leur avait été désignée comme point de réunion. Des députations de tous les corps constitués allèrent les y chercher pour les conduire au siège de l'autorité municipale. Le cortège était immense. Nul ornement vain, pas d'étalage. Le chariot sur lequel on avait placé les archives de la mairie de Liège était simplement décoré des couleurs nationales. En tête le buste de Brutus, la statue de la Liberté, et, sur une bannière, ces mots .
■ Les tyrans passeront, Les peuples sont éternels.
Quand on fut arrivé à l'Hôtel de Ville, l'enthousiasme, jusque-là contenu avec peine, déborda Tous se précipitaient à l'envi, impatients de presser dans leurs bras les enfants adoptifs de la France ; on les appelait des noms les plus doux, on les embrassait en pleurant. Ghaumette trouva ce mot heureux . « Bientôt Paris sera dans Liège, il faut maintenant que Liège soit dans Paris » Un Liégeois, cité pour avoir échappé par miracle à l'échafaud dressé par les vainqueurs, était modestement caché dans la foule : on l'en fit sortir, et une couronne de chêne lui fut posée sur la tête. Le lendemain, on lisait dans le journal de Prudhomme « Le cœur a fait seul les frais de cette fête Les tyrans, avec tout leur or, n'en peuvent jamais donner de pareilles »
Cependant, la menace de Camille Desmoulins semblait au moment de se réaliser Sur quarante-huit sections , trentecinq venaient d'adopter une pétition qui concluait à l'expulsion des principaux Girondins Cette pétition fut approuvée par la Commune de Paris, et, le 14 avril, les commissaires chargés de lire le papier fatal parurent, le maire en tête, à la barre de l'Assemblée. Le langage des pétitionnaires, qui avaient choisi Rousselin pour organe, était à la fois terrible et mesuré. Pas un mot contre la majorité de la Convention : on la déclarait pure, au contraire, parce qu'elle » avait frappé le tyran » Toute intention anurchique était solennellement désavouée Mais « le temple de la liberté serait-il comme ces asiles de l'Italie, où les scélérats trouvaient l'impunité en y mettant le pied? « La question était donc d'examiner si la Convention ne renfermait pas de ces scélérats auxquels il faut refuser le droit d'asile ; et la pétition, parmi les membres de l'Assemblée, en comptait vingt-deux qu'elle disait coupables du crime de félonie envers le peuple souverain : Brissot, Guadet, Vergniaud, Gensonné, Grangeneuve, Buzot, Barba roux, Salles, Biroteau , Pontécoulant , Pétion, Lanjuinais, Valazé, Hardy, Lehardy, Louvet , Gorsas , Fauchet , Lanthénas, Lasource Valady, Chambon.
Le maire de Paris, Pache, sommé de faire connaître s'il entendait signer un document semblable, répondit aussitôt . « Je ne suis point du nombre des pétitionnaires. Le Conseil général m'a seulement chargé de les accompagner. Au reste, pour prévenir tout doute à cet égard , je vais signer. » Et il signa, aux applaudissements des tribunes
Fonfrède eut alors un mouvement admirable : « Si la modestie, s'écria-t-il, n'était pas un devoir, je m'offenserais de ce que mon nom n'a pas été inscrit sur la liste honorable qui vient de vous être présentée. » A ce trait, les trois quarts de l'Assemblée se levant : « Et nous aussi, tous, tous' »
Les pétitionnaires avaient subordonné l'expulsion des vingtdeux au vœu qu'émettrait à cet égard » la majorité des départements, » consultée : Fonfrède, s'emparant de cette conclusion avec beaucoup de hardiesse et d'habileté, rappela que la souveraineté du peuple ne se pouvait exprimer que par les Assemblées frimaires. Qu'on se hâtât de les invoquer, et
qu'on les interrogeât . il ne s'y opposait pas, quant à lui Que si la guerre civUe sortait de là, eh bien, la faute en serait aux pétitionnaires!
Avertis par cette adhésion inattendue de la faute qu'ils avaient commise en invoquant l'intervention de la province, les ennemis de la Gironde reculèrent. Le Montagnard Thirion enveloppa dans une âpre sortie contre la droite l'aveu que la pétition était mauvaise, et, le soir même, la Commune arrêta qu'une nouvelle députation serait envoyée à la Convention, pour bien expliquer que l'intention des sections avait été, non. d'en appeler aux Assemblées primaires, mais de provoquer le châtiment des traîtres ; ce qui revenait à ceci • a Point de jugement, mais l'exécution d'un jugement non rendu. »
Danton, quoique les Girondins n'eussent rien épargi'pour lui flétrir le cœur, s'inquiétait généreusement de i^uis périls Une sympathie dont il ne put jamais se défendre le portait à les protéger, et, d'autre part , il ne se pouvait résoudre à le faire ouvertement, tant ils avaient irrité son orgueil! Un moyen lui restait • pousser en avant ses amis ; et c'est celui qu'il employa A son instigation, — du moins le bruit en courut alors, — Phibppeaux, dans la séance du 16, proposa de déclarer par un décret que la Convention, voulant sauver la République , elle regarderait comme de mauvais citoyens ceux qui demanderaient sa dissolution en tout ou en partie : qu'en conséquence, elle improuvait l'adresse présentée au nom des sections de Paris. Il semble que les Girondins eussent pu se contenter d'une semblable victoire, que leur assurait le concours des amis de Danton unis aux membres du Marais. Mais eux se croyaient en droit d'exiger davantage, fiers qu'ils étaient de leur domination sur l'Assemblée, dont les derniers votes venaient d'élever Lasource à la présidence. et Lehardy, Chambon, Pontécoulant, à la qualité de secrétaires. Ils insistèrent donc, au risque d'embraser la France, pour que l'épuration de l'Assemblée eût lieu, au moyen des Assemblées primaires, mises en mouvement sur toute la surface du pays. En cette occasion décisive, un seul d'entre eux eut la force d'aimer sa patrie plus que son parti et que luimême, dans la séance du 20 avril, Vergniaud prononça ces paroles, qui honorent à jamais sa mémoire : a La convocation des Assemblées primaires est une mesure désastreuse. Elle peut perdre la Convention, la République, la hberté ; et s'il faut, ou décréter cette convocation, ou nous livrer aux vengeances de nos ennemis, si vous êtes réduits à cette alternative, citoyens, n'hésitez pas entre quelques hommes et la chose publique. Jetez-nous dans le gouffre et sauvez la patrie. » C était là plus qu'un beau mouvement, c'était un grand acte La Gironde garda un silence magnanime, et la question fut vidée par un décret ainsi conçu : « La Convention nationale iraprouve comme calomnieuse, la pétition qui lui a été présentée par trente-cinq sections de Paris, adoptée par le Conseil général de la Commune Le présent décret sera envoyé aux départements »
L'Assemblée ne s'en tint pas là Sachant que des arrêtés entachés d'usurpation avaient été pris par la Commune, elle mande, séance tenante, les officiers municipaux, et les somme de produire le registre de leurs délibérations • ceuxci obéirent, mais sans témoigner ni crainte ni embarras. On lut le registre ; les arrêtés portaient que le Conseil général de la Commune se considérerait en état de révolution tant que les subsistances ne seraient pas assurées; qu'on le frapperait tout entier en frappant pour opinion un de ses membres, ou un président de section , ou même un simple citoyen ; qu'un comité de correspondance avec les quarante-quatre mille municipalités, établi précédemment, serait mis en activité et
TRIOMPHE DE M AU AT
composé do neuf membres; enfin que la pétition prés-ntée le 15 avril et concluant à l'expulsion des vingt-deux serait tirée à douze mille exemplaires. Gomment en douter? La
Commune entendait, à l'égard de la Convention, se poser en pouvoir rival. Robespierre jeune se hâta de pallier l'audace de cette tentative , en invoquant la nécessité, et en protestant