‹ Histoire de la râevolution franðcaiseChapitre 133 sur 156 · MONTMORIN · texte numérisé non relu

MONTMORIN

le Dauphin. Quels changements ! Mais cela même fut d'un poids bien léger dans vos terribles balances , ô Révolution idomptable !

Une chose qui émeut le cœur d'un sentiment de compasion, c'est le spectacle de la vie intérieur de Louis XVI aux

Tuileries, après ces journées d'octobre si pleines d'avertissements sombres. A quoi passait-il son temps, ce monarque dont la destinée flottait dans un continuel orage? Après avoir donné à des actes de dévotion les premiers instants de

son lever, il descendait au rez-de-chaussée, visitait son fher-

racmètre, recevait le bonjour de sa femme et de ses enfants, déjeunait. Le déjeuner fini, venaient, jusqu'à l'heure de la messe, les lettres à écrire et le travail des affaires, travail auquel il se dérobait volontiers pour aller donner quelques coups de lime. Puis, afin de suppléer à l'exercice de la chasse qui lui manquait, il se mettait à marcher à grands pas le long de ses appartements , recevait quelques - uns de ceux dont l'entretien lui plaisait et gagnait ainsi l'heure du dîner. La lecture, des amusements avec les enfants, avec le Dauphin surtout, remplissaient son après-midi. Le soir, il allait au salon de compagnie, regardait jouer, entrait à la salle de billard, faisait quelques parties , tantôt avec l'un , tantôt avec l'autre, souvent avec la reine.

Tel est, tracé par une main fidèle et amie, le tableau de la vie domestique de Louis XVI aux Tuileries, pendant que la Révolution, au dehors, grandissait et grondait. Que d'heures perdues, dans un moment où chaque minute contenait tant d'événements ! Et pourquoi le destin de Louis XVI fut-il d'être roi, puisque son destin fut de se plaire toujours à l'oublier ?

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