‹ Histoire de la râevolution franðcaiseChapitre 62 sur 156 · APPEL A LA FORGE · texte numérisé non relu

APPEL A LA FORGE

à force de croire au mal, cet implacable esprit en vint à acquérir une singulière clairvoyance. Si d'autres furent la pensée de la Révolution, si d'autres en furent la colère, Marat en fut le soupçon.

L'Assemblée nationale ne pouvait s'abstenir plus longtemps. Le 4 juillet, on venait de décider, après une longue discussion, que les députés de Saint-Domingue seraient admis au nombre de six, lorsque Dupont de Nemours, rapporteur du Comité des subsistances, se leva. La circonstance était solennelle. Dès son début, l'Assemblée trouvait à élever ses débats à de sublimes hauteurs. Que faire pour le peuple manquant de travail et de pain, ou, plutôt, crue faire pour qu'à l'avenir

le peuple ne lut pas exposé à manquer de pain et de travail? Grande question qui contenait tout ce qui aujourd'hui nous agite et nous divise, question suprême qui, moins tardivement abordée, eût épargnée l'Europe d'affreux déchirements, et que les sociétés modernes auront bientôt à résoudre, sous peine de mort! Mais la doctrine triomphante, au dix-huitième siècle, avait été celle de l'individualisme, celle de l'indifférence de l'État en matière d'industrie : il n'y parut que trop au rapport du Comité des subsistances. Droit au travail, vices inhérents au régime des salaires, dangers de la concurrence, moyens d'émanciper le prolétaire, rien de ce qui intéressait particulièrement le peuple ne fut indiqué , même

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