LES MONARCHIES
Fondées par les capitales. — Elles résument le règne de la force. — Dominations intellectuelles à l'imitation des dominations politiques.
Si les conquêtes créent les capitales, celles-ci enfantent les monarchies. C'est déjà une monarchie que le règne de la force, car on ne conçoit nulle guerre sans capitaine, nulle bataille sans le droit de vie et de mort dans le chef qui commande. C'est encore une véritable monarchie que la domination d’une capitale sur les provinces; tout y est privilège, tout y conduit aux distinctions, et de loin le citoyen se voit déshérité, condamné à la dépendance, à l’obéissance, à l'ignorance. Dans l'impossibilité de connaître le gouvernement, n'est-il pas forcé d'accepter des révolutions inconnues, des ordres incompris, une humiliation continuelle? Mais dès que la capitale dirige la'gucrre permanente contre les voisins, la force des choses concentre le pouvoir, et les conditions mêmes de toute guerre, je veux dire le silence, la rapidité et la soudaineté des décisions exigent qu'on écarte la foule, qu’on se méfie du nombre et que tout tienne à la pensé» d'un chef. Aussi les grandes conquêtes sont-elles dues à, des rois; leurs armées partent d’une capitale sous une direction unique, et, quelle que soit la meilleure forme de gouvernement, la guerre choisit toujours la monarchie.
Que les républiques sont rares au milieu de la guerre