‹ Histoire de la Raison d'EtatChapitre 76 sur 112 · REVANCHE DES INDÉPENDANTS · texte numérisé non relu

REVANCHE DES INDÉPENDANTS

nous l'attribuons à un homme indépendant qui écrit aux derniers jours de la paix de YVestphalie et de l'école de Tacite. 11 y tient plutôt par les formes traditionnelles que par les idées, et s'emporte brusquement contre le pape qui l'irrite et contre les Espagnols qu’il veut expulser. 11 penche vers une monarchie élective, à l imitation de celles de Home et de Pologne, et s'il pille Castro ou d'autres écrivains moins avancés, loin d’admirer les turpitudes des Césars, il s’indigne franchement et déclare que lame avide des Romains a pa<sé dans le corps des Espagnols. « Ce sont les mêmes hommes, dit-il, les mêmes maximes, « les mêmes oppressions, les mêmes vols; et, chez les Fla- « mands aussi ce sont également les ligues, les insurrec- « tions, les séditions, les succès, qui donnaient la victoire « aux Bataves, sur les légions du Tibre. Rien n’a changé, ni « en France ni en Allemagne; chaque nation conserve ses « instincts, nil novi sub sole; vous lisez les avertisse- « ments de Guichardiu dans les livres de Salomon. » Les pages de cet anonyme fourmillent d’anecdotes sur les cours contemporaines, son style bouillonne comme la plèbe de Masaniello, et les idées françaises le gagnent tellement, qu'il quitte son ouvrage sans y donner la dernière main, comme s’il se reprochait de l’avoir commencé trop tard.

Tous les écrivains que nous venons de nommer mettent leur sagesse en tableaux; chacun de leurs préceptes se développe par un fait; leurs traits sont aussi vifs et aussi rapides que les scènes de l.opcz de Vcga. Ccccarcllo s'inquiète de savoir si Remus n’cùl pas fait un meilleur prince que Romulus, et si Tatius n'eùt pu être utile à la ville naissante. D'autres traitent longuement la discussion connue sur le sort d’Alexandre, s’il avait porté ses armes en

Occident; pas de minutie, pas d'extravagance qui ne soitlonguement analysée, mais tous ces écrivains se divisent dans les deux classes des apologistes de la vertu et du vice : les premiers, ingénieux, parfois brillants, se trompent et méritent d’ètre lus, parce qu'ils nous transmettent leur haine contre Madrid; les seconds, raisonnables et mille fois plus près de la vérité, sont complètement illisibles, parce qu'ils se bornent à mettre en prose le fait déjà trop prosaïque de la monarchie espagnole.

REVANCHE l»ES IlÉI'UUI.ICAINS

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