PIERRE -JOSEPH LAURENT
Origine deP.-J.
Laurent.
ierre-joseph Laurent est ne le 12 décembre 171 3, à Aubercbicourt, arrondissement de Douai (2j; il était le troisième fils de Jacques Laurent, éclusier à Bouchait), mort en 1759, à Auberchicourt où il était né (3).
(1) Presque tous les renseignemens dont la source n'est point indiquée nous viennent de M. le marquis de Villedeuil, petit-fils de Laurent, à l' extrême obligeance de qui nous les devons. Nous en devons aussi quelques-uns à un parent collatéral, M. De Montmerqué . conseiller-doyen a la cent d'appel de Paris, membre de l'Institut. (Inscriptions et belles-lettres).
(2) Notes de M. de Villedeuil. — M. Dutilleul (Galerie des hommes remarquables de la ville de Douai.) le fait naître en 1714, apparemment d'après le préfet Dieudonné. (t. 3, p. 126;. La Biographie universelle le fait naitre à Bouchain en 1715. — A cela près, l'article de la galerie douaisienne (p. 212 et suiv.) est à peu près la répétition de celui de la Biographie universelle , que par celle raison nous n'avons plus besoin de citer.
(3) Notes de M. le marquis de Villedeuil. — Ces notes ne disent pas qu il fut entrepreneur des fortifications de Condé, comme le dit M. Duthilleuil.
Pierre-Joseph Laurent succéda d'abord à son père, comme éclusier à JJouebain. Mais bientôt, mécanicien sans les leçons de personne, il devint un • le nos plus habiles ingénieurs.
« Les dispositions qu'il montra pour la mécanique, se développèrent dès son bas-âge, car avant qu'il eut atteint sa dixième année, il construisit une machine hydraulique qui fut admirée du cardinal de Polignac.
il esi chargé o Chargé du dessèchement des marais de la Flandre Française et du Ilainaul, du desséche- •■ • , , , ■ „. ., , . ^ ..
men, il a considérablement améliore la navigation de la bearpe, et contribue a rendre
etde unavi- 'A 'a cu'u,re de grandes portions de terrains qui, avant lui, se trouvaient sous les gation |cs eaux. Il avait achevé ces imnorlans travaux à l'àçe de 21 ans: aussi lui
«lu Nord. . * °
valurent-ils alors la direction des canaux des mêmes provinces. » (1), bien qu'il n'ait jamais fait parti du corps des ingénieurs du gouvernement. — » Il a surtout des droits, dit le préfet Dieudonné, à l'admiration et à la reconnaissance du département du Nord, par les travaux imporlans qu'il a fait exécuter. Il y a opéré des dessèchements reconnus impraticables jusqu'alors. Chargé de la direction des canaux de ce pays, il a facilité la navigation de la Scarpe, et a construit sur les autres rivières des écluses plus commodes. Valenciennes lui est redevable d'une machine ingénieuse pour ses fortifications et sa défense « (2). En effet , « Laurent monta, pour la grille qui ferme la sortie de l'Escaut à Valenciennes, une machine au moyen de laquelle un homme peut la lever, tandis qu'auparavant il fallait 50 hommes et 24 heures » (3). Cette grille existe encore.
Fait
sa fortune
dans l'industrie.
Avant de s'associer au marquis de Cernay pour l'affaire de Raismes, Laurent avait fait une brillante fortune en dirigeant l'exploitation des mines de Pompeau. Dans un de ses mémoires, la compagnie de Cernay se vante de compter parmi ses membres le sieur Laurent, « le plus fameux artiste, le plus habile mécanicien qui ait encore paru, qui vient de dessécher les eaux de la mine de plomb de Pompeau.
(1) Duthilleuil. Galerie des hommes remarquables de la ville de Douai.
(2) Dieudonné, t. 3. p- 126.
(3) Duthilleuil. — Galerie des hommes remarquables de la ville de Douai.
en Bretagne, laquelle avait été abandonnée après une dépense de 2 millions pendant dix ans, et qu'il a rais en état de rapporter au roi des sommes immenses, en récompense de quoi S. M. vient (175G) de lui accorder des lettres de noblesse et le cordon de chevalier de St. -Michel. Le plus habile des Mathieu du Sr Désandrouin, associés à ses mines d'Anzin, avait été appelé au même endroit, il y a neuf ans, pour épuiser les eaux de cette mine ; il y a échoué , après y avoir fait des dépenses considérables » (1).
« Ces mines, dit M. de Tilly , étaient sur le point d'être abandonnées: elles avaient causé la ruine de plusieurs compagnies ; l'abondance des eaux qui les inondaient, fesait perdre l'espérance de pouvoir réussir aies épuiser. Une dépense de 2 millions était perdue sans ressource. M. Laurent, flamand de nation, le plus habile mécanicien qui ait encore paru, se transporte sur ces mines dont l'assiette est dans un marais traversé d'une petite rivière sujette à se déborder dans les tems pluvieux et qui noyait alors les fosses. Ce fameux ingénieur détourne alors celte rivière ; lui fait un lit profond ; se sert des mêmes eaux qui ruinaient auparavant les ouvrages, pour épuiser les fosses, et forme un étang qui sert de réservoir toutes les fois que cette rivière est à sec. Partout on voit le génie de la mécanique raisonnée, dans les machines qui servent à cet épuisement; les travaux sont repris, et l'espérance d'un succès prochain renaît » (2).
« Une statue de Louis XV, dit M. Dutilleuil, devait être amenée de Paris à
Valenciennes en 1757. » Cette statue était de Sally, sculpteur valenciennois.
Constïuit Laurent « fit construire à cet effet un chariot que deux hommes conduisirent, au
divers objets '
de lieu de cent chevaux qu'il eut fallu pour un chariot ordinaire » (3).
mécanique.
En 1758 et 1759, il fut entrepreneur des fourrages pour l'artillerie, entreprise à laquelle il associa son frère Jean -Baptiste.
(1 ) Second mémoire pour le marquis de Cernay contre Désandrouin, p. 15. — Il fut, dit M , Duthilleuil, « décoré du cordon de St. -Michel, annobli par lettres patentes du roi de 175G. s
(2) Mémoire sur l'utilité etc., du charbon minéral, par M. de Tilly p. 2 et 3. 1758.
(3) Duthilleuil.
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(( En 17G0, il ht pour un soldat un bras artificiel, à l'aide duquel cet invalide, quoiqu'il ne lui fut resté que 4 à 5 pouces du bras gauche, et rien du bras droit, put écrire en face du roi et lui présenter un placet. Le comte d'Auvet et le duc de la Vrillière eurent recours à lui pour se procurer des bras artificiels » (1 ).
Jonction « Au nombre de ses travaux hydrauliques, on cite la belle cascade de Brunoy,
de l'Escaut et , , . . . . . . ,
de la Somme, celle de Lhanteloup, etc » (2). — « Mais la plus grande comme la plus
cânai étonnante de ses entreprises , dit Dieudonné , que Voltaire, écrivant à Fauteur,
de appelait un chef-d'œuvre inoui , est la jonction de l'Escaut et de la Somme par
Si-Quentin. XY ' ' j
un canal souterrain de trois lieues d étendue » (3).
Dès le commencement du XVIII' siècle, on avait compris combien il serait important d'établir une grande ligne de communication entre le nord et le midi
(1) Duthilleuil. — Galerie des hommes remarquables de la ville de Douai.
(2) Idem.
(3) Dieudonné, t. 3. p. 126. — Cette lettre estdu 6 décembre 1771.