‹ Histoire de la recherche, de la dâecouverte et de l'exploitation de la houille dans le Hainaut franðcais, dans la Flandre franðcaise et dans l'Artois, 1716-1791Chapitre 22 sur 70 · FREDERIC · texte numérisé non relu

FREDERIC

né lo 22 décembre 1789,

marié a une princesse

de Balm-Salm.

Emmanuel-Mario- Maxi-

milicn, né le 7 juillet 17G8.

marié à Adélaïde-Marie

Croy d'Havre.

Louis - Charles - Frédéric

François

né le 19 décembre 1769,

mort sans postérité en 1793

Charles-

Mauriec- Guillaumo ,

no

le 30 juillet

Guslave- Maximilien-

Justo, né le 27 septembre 1775.

Amédô-Louis Victor,

no le 7 mai 1777.

Augustc-

Josepfa .

néon 1709,

mort on 177-0

Adeluido-

Mario ,

née en 1-768,

mariée a Emmanuel.

Ferdinand - Philippc-

Touseant- Victorien no

le 31 octobre 1791 , marié

a Anne- Louise - Constance

do Croy-Solre.

Philippe-François-Bernard-

Viclorien, no le 20 novembre 1801 . marié à une princesse de Salm-Sakn

■ nie-Viclorine-Marie-

Alllio. née le 5 juin 1808.

mariée a un prince de Rolian - Rochofoii

Gustave

'"' le 12 mai- 1825.

Vnnc-Louise-Constance

néo on 1 7S9.

mariée au marquis

do Croy.

Amélie- Gabrielle-

Josépliine ,

néo en 1771,

mariée au

Marquis

de Coulions.

Aiméc-

Paulinc-

Joséphine ,

iée en 17 70.

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LE NOBLE CHARBONNIER

a poésie, que l'on dit fille du ciel, se prête admirablement à chanter les exploits des conquérans, c'est-à-dire la mort et le carnage. Ne saurait-elle consacrer ses accents à l'éloge d'exploits plus pacifiques, ne saurait-elle immortaliser, à l'égal des guerriers, les bienfaiteurs des hommes , ceux qui apportent , dans des pays naguère moissonnés par le fer des soldats, travail, aisance et bonheur ? Elle le pourrait sans doute, mais elle s'acquitte peu, il faut bien le dire, de cette noble tâche.

Thomas écrit une ode en l'honneur d'Hérault de Séchelles, qui fut Intendant du Hainaut. Il loue sa probité, ses vertus :

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Vous en fûtes témoins, provinces fortunées Que l'Escaut orgueilleux arrose dans son cours ! Sa noble intégrité, réglant vos destinées, D'Astréo ou de Thémis vous ramena les jours.

Plus loin, s'adressant à la Flandre :

Ce ministre zélé, réparant tes injures, De ton destin affreux adoucissait le poids ; De tes flancs déchirés les sanglantes blessures Soudain se refermaient à sa puisante voix (1).

Le poète oublie Fun des plus beaux litres de son héros à la reconnaissance publique. De Séchelles ne se borna pas à fermer les blessures du pays qu'il administrait; il aida à lui ouvrir une voie nouvelle de travail et de prospérité, il encouragea, stimula, par sa présence, nous Pavons dit ailleurs (2), la découverte de la houille d'Anzin.

On serait tenté de croire que le charbon, ce pain de f industrie, ne peut entrer dans un vers, quand on lit ce passage de Delille, où cependant sa place se trouvait en quelque sorte forcée, et où l'on se prend d'autant plus à regretter son absence:

Là, différens de poids, de forme , de figure Dans la dure épaisseur de leur matrice obscure , Se forment ces métaux qu'on tache d'arracher Aux veines de la terre, aux fentes du rocher: Le fer cultivateur et le bronze qui tonne Et ce métal docile uu l'onde l'emprisonne, L'étain, l'argent et l'or qui brillent sans rivaux (I).

Autre regret. On sait en quels vers Onésime Leroy fait passer en revue, à un personnage de Tune de ses comédies, les différentes professions parmi lesquelles il hésite à faire un choix :

(1) Oeuvres complètes, t. 5, p. 344.

(S) Voir t. 2, p. 45.

(3) Les trois règnes, chant 5e. Règne minéral.

Vous aimez le commerce?

oui, cerle, et quand je pense Qu'il peut de mon pays accroître la puissance, La splendeur, je me dis: l'homme dont les travaux Versent partout l'aisance en tarissant nos maux, Est grand, il fait le bien ; et sa noble industrie Le rend dans tous les temps l'homme de la patrie. Cet honorable état m'aurait déjà fixé (1)

Cependant, lorsqu'Onésime Leroy, poète et valenciennois, nous parle de nos mines de houille (2), il le fait en vile prose, comme disait Voltaire en parlant de la sienne.

En présence de ces faits, dont il ne nous appartient pas de rechercher la cause, ne doit-on pas savoir quelque gré à ceux qui convient les poètes à délaisser un instant les champs de bataille pour les champs du travail et de Tindustrie. — Ainsi fit, en 1812, l'Institut national, à l'occasion du généreux dévouement de Goffin, le mineur Liégeois. Alors Millevoie peignit en vers :

Le ténébreux séjour, où l'homme, s'exilant de la clarté du jour, Va puiser ces charbons dont l'utile bitume En des forges sans nombre incessammont s'allume, Et par qui l'industrie obtient d'un fer grostier Le glaive protecteur et le soc nourricier (5).

Alors Mollevault parla en poète, de l'ouvrier dont le travail

Ravit au gouffre avare un utile trésor (4).

En 1842, la Société d'agriculture sciences et arts de l'arrondissement de Valenciennes, indiqua entr'autres sujets de son concours de poésie : c< découverte

(1) L'Irrésolu, Comédie. Scène 7.

(2) Un parisien à quinze cents pieds sous terre. — Dans le livre des Cent et un.

(3) Goffin ou le héros liégeois.

(4) Eloge de Goffin ou les mines de Beaujonc.

du charbon dans le Hainaut français, par MM. Désandrouin, Taffin et Mathieu. Influence de cette découverte sur la situation du pays » (î).

M. Lequenne-Cousin de Cambrai, qui obtint une médaille d'argent pour la pièce de vers qu'il envoya à ce concours, ne s'est aucunement occupé de la partie historique de son sujet ; quelques vers seulement rappellent les noms des auteurs de la découverte; encore ne sont-ce pas les meilleurs (2). Après ces noms le poète ajoute :

Anzin, lu leur dois tout. . . Valenciennes sans eux,

Sentinelle placée au poste dangereux,

Mais honorable et beau de garder la frontière,

Aurait comme Douai, cette ville rentière,

Vu déserter ses murs, faute d'activité.

Cependant, cette partie historique du sujet avait été ébauchée; lorsqu'on 1830, M. Eugène de Pradel improvisateur français, était en notre ville, il y publia un petit poème ayant pour titre: Panorama de Valenciennes. On y trouve les vers suivans (3) :

Ma vue au loin parcourt la campagne animée. Le ciel semble aspirer des lorrens de fumée Qui, par de longs canaux, montent au soin des airs ; C'est Anzin. Dans les flancs de la terre enlr' ouverte Sont de riches filons, d'inépuisables mines , Qu'exploitent constamment les fécondes usines. Ces trésors existaient ; mais pour les arracher Aux profondeurs du sol, aux parois du rocher L'homme devait aux arts emprunter leur puissance. A travers les périls, risquant son existence, Mathieu, de l'Angleterre emporta les secrets. A peine ses crayons avaient surpris les traits De ces tubes ardens où l'onde évaporée

(1) Mémoires delasociété, t. 4. p. \8.

(2) Idem. t. i. p. 276.

(5) Panorama de Valenciennes, p. 7 et 8.

Prête à d'énormes poids sa force mesurée, Que de la pompe à feu les magiques ressorts Ont suppléé des bras les stériles efforts. Un nouveau combustible enrichit sa patrie ; Il crée , il établit une immense industrie , La fortune répond à ses heureux travaux ; Le souverain lui donne un rang sur ses égaux. Bienfaiteur du pays, il a pu sans faiblesse, Montrer à l'avenir ses titres de noblesse.

Tout en tenant compte à M. de Pradel de sa louable intention, nous n'en devons pas moins faire remarquer qu'il a complètement omis jusqu'au nom de Désandrouin et de Tanin. A Mathieu seul il fait honneur et de l'introduction de la machine à vapeur et de la découverte de la houille.

M. Désiré Tricot, plus tard, dans ses poésies (1), dit quelque chose du travail de nos mines. Nous demanderons la permission de citer quelques vers, bien que ce ne soit point de l'histoire, delà pièce intitulée: Anselme. — Anselme est le digne et bon pasteur d'un village où se fait l'extraction de la houille.

Voici comment M. Tricot dépeint les effets du feu grisou , aujourd'hui fort heureusement moins fréquens et moins terribles :

Hélas il vint enfin le jour, ce jour horrible, Qui devait éclairer un désastre terrible ! Soixanle-dix mineurs au labeur souterrain,

se livraient, quand soudain

Un long mugissement dont tressaille la terre, Eclate et roule sourd comme un lointain tonnerre. Trois fois, le sol tremblant bondit à ce fracas ; Trois fois, l'airain sacré senne un lugubre glas, Et bientôt, s'échappant par la bouche du gouffre, S'épandent dans les airs des tourbillons de souffre !

(1) Poésies d'un fantasque, p. 36.

0 ! désolation ! voyez par les chemins

Leurs tout petits enfants pleurant entre leurs mains,

Vers la mine accourir, pales, échevelées ;

Ces mères, l'œil hagard, ces fille-, désolées ;

Ces épouses en pleurs ; ces vieillards dont les yeux

Et les bras languissans se lovent vers les cieux ....

Mères, femmes, enfans, vieillards, foule en démence,

Tantôt morne, tantôt râlant un pleur immense,

Tantôt, sondant d'un œil stupide ot douloureux

Le cratère fumant du gouffre ténébreux !

Ici c'est un enfant, et là, c'est une mère

Qui réclame un époux, qui redemande un père. . . .

Sous mille aspects, l'effroi, le désespoir, le deuil

S'étalant sur les bords d'un immense cercueil I

Encor, si le sépulchre en ses brùlans abimes Dévorait en entier les corps de ses victimes ! Mais, horreur ! il les rend en informes débris, En lambeaux pantelans, en tronçons tout meurtris, Sanglants, crispés, tordus, broyés, noircis de poudre, Exhalant, chauds encor, les vapeurs de la foudre, Et n'offrant plus enfin aux regards éperdus Qu'un mélange sans nom de membres confondus !

Tous, hélas ! ont péri. C'est en vain qu'une élite

D'intrépides mineurs pour les sauver milite ;

En vain qu'Anselme en pleurs, le front contre le sol

Conjure le Seigneur d'arrêter en son vol

L'ange exterminateur au glaive inexorable. . . .

Pour la première fois, à la voix vénérabl ■

De son élu béni, du prêtre, son amour,

Dieu, dans les cieux émus, reste impassible et sourd,

On voit, par ces exemples, et Ton verra mieux encore, par le dernier que nous allons citer, que le sujet prête plus qu^n ne le croirait (Tabord aux inspirations de la poésie. M. Audenelle en a fourni la preuve dans son Noble charbonnier (1) . — Il est à regretter que Fauteur, au lieu d'un travail pure-

(1) Mémoires de la Société d'agriculture, sciences et arts de Valenciennes. t. 3. p. 255.

««sut; 79 §§§§§*•

ment d'imagination, d'un conte (comme il l'appelle) qui s'adapte à la découverte de la houille au Hainaut impérial presqu'autant qu'au llainaut français, il est à regretter, disons-nous, que Fauteur n1ait point appliqué son incontestable talent au fait spécial de la découverte par Désandrouin, Taffin et Mathieu, dont on ne trouve pas même les noms dans son œuvre. Quoiqu'il en soit, le poète est parfois historien sans l'avoir cherché ; le héros de son JSoble charbonnier est bien le vicomte Désandrouin. Si l'on retranche de ce petit poème les passages trop évidemment de pure imagination, on retrouve les traces historiques de ce drame industriel auquel il eut été facile à M. Audenelle d'ajouter au charme de la poésie le charme de la vérité.

LE NOBLE CHARBONNIER

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