‹ Histoire de la recherche, de la découverte et de l'exploitation de la houille dans le Hainaut français, dans la Flandre française et dans l'Artois, 1716-1791Chapitre 19 sur 104 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

Recherche, découverte et exploitation de la houille à Vieux-Condé par la compagnie Désandrouin et Cordier. 1744-1756.

ompagnie

a découverte du charbon à Fresnes et à Anzin, le développement donné aux deux établissements qui, par suite, furent créés dans ces villages, la prospérité de la compagnie de Désandrouin et Taffin , devaient naturellement conduire à de nouvelles tentatives. — Dans l'historique que nous allons en faire, nous ne suivrons pas l'ordre chronologique ; nous croyons convenable de parler d'abord des recherches qui eurent un résultat heureux; nous parlerons plus tard de celles, qui ne produisirent rien,

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et dans lesquelles, comme cela s'est malheureusement renouvelé depuis, tant de fortunes ont été englouties a par l'aveuglement et la manie de trouver du charbon partout » (1).

Pendant la période de temps qui nous occupe ici , la houille fut découverte à Vieux-Condé et à St.-Vast. — Nous allons parler de la compagnie qui trouva la houille à Yieux-Condé. Mais d'abord disons un mot des tentatives qui précédèrent cette découverte.

Tentatives II parait qu'en 1732, une compagnie de Borins (Belges des environs de

B ,,,',''." t67s32 Mons) (2), entreprit une fosse dans le bois de Coudé, taille des Hurlies. Lorsque

Ton atteignit le tourtia, l'eau qui vint en abondance fit abandonner les travaux.

— Une source peut servir à indiquer encore remplacement de cette fosse (3).

Temative« Eu 1741 , le 12 septembre, Pierre Taffin fit ouvrir un puits sur Yieux-Condé, par îY'Tafri"' dépendance de la haute-justice de Condé , dans un terrein dont il était le propriétaire. Le fait fut constaté par procès-verbal du 27 septembre , et Taffin fut actionné par le prince de Croy, seigneur haut-justicier, devant le parlement, pour que , conformément aux chartes générales du Hainaut, il plût à la cour « déclarer que le dit sieur Taffin était sans droits d'extraycr terre au dit Vieux- Condé et y faire fosse pour en tirer charbon faire défense d'y travailler

davantage. » — Pierre Taffin commença par opposer un déclinatoire, soutenant querintendant delà province était seul compétent en cette matière. Mais ensuite il allégua que le puits n'avait pas pour but la recherche du charbon et le fit combler. — L'objet du procès n'existant plus, le parlement, par arrêt du 23 janvier 1 742, donna acte aux parties de leurs désistements respectifs (4).

(1) Histoire de l entreprise , par L. Mathieu.

(2) Voir ci-dessus, p. 16.

(5) Note de M.. Adolphe Castiau.

(4) Arrêt du parlement du 25 janvier 1712 (pièces justificatives). — Regnard { Examen du droit des seigneurs , p. 392 et suivantes ) , d'après les qualités de l'arrêt. — Cornu . Notice historique sur h dur de Croy Mémoires de la société d'agriculture, etc. , de Valenciennes , t. 7, p. 127). — Voir aussi ce que nous avons (lit, t. 1 , p. 2iG. — ■ (i Des qualités du dit arrêt, dont nous avons pris commun ici lion. dit M. Regnard, .... il résulterait que M. Taffin , ayant fait ouvrir un puits dans le ressort de la haute-

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;ié Jacques et Pierre Désandrouin, de leur côté, avaient, le 28 août 1741 , truite

etCordier. avoc ^* ^e Ci'ov l'° sos (n'°',s de liaiito-jnsticc sur Condé et Vieux-Condé. La cession avait eu lieu moyennant une redevance annuelle de 1,000 I., pour les six premières années à partir de la découverte, et de 2,000 1. pour les années suivantes (I). Celte dernière somme fut réduite à 1 ,500 1. on 1747 (2). — Le lendemain de la première convention, le 29 août 1 74 1 , Cordier, bailli de Condé, qui avait négocié cette affaire et signé la convention pour M. de Croy, Cordier reçut, en don , par acte passé entre Jacques Désandrouin et lui , h sols sur 20 dans l'entreprise des fosses à charbon de Vieux-Condé (3) , chauffait rs

justice de Vieux-Condé, M. ili> Croy aurait prétendu que ce puits aurait été creusé pour extraire du charbon, ce qui était défendu, suivant lui. ... En conséquence, M. de Croy, on sa qualité de seigneur haut-justicier de Vieux-Condé. s'adressait a la cour « pour qu il lui plût déclarer.. . . etc. »

M. Taflin commença par opposer un déclinatoire. ... » il « soutenait ensuite. . . . que le puits en que-tien n'avait pas été creusé pour extraire du charbon , et que chacun était libre de faire fouiller son héritage, « soit pour utilité, soit par curiosité, soit pour y faire enquête, soit pour quelqu antre ■ cause .... » il « disait en outre « que d'ailleurs, étant supposé faussement qu'il avait eu ce dessein

(d'extraire du charbon), il ne devait encore aucun droit seigneurial, n'étant point dû pour le dessein i et pour l'intention, mais bien pour la réalité, c'est-à-dire qu'il fallait réellement tirer du charbon , a ce qui n avait pa- été fait. »

(1] Convention du 28 août 17 il ( pièces justificatives ).

■2 Convention des 7 et 13 avril 1747 (pièces justificatives). — M. Cornu fait remarquer que « la première de ces conventions fut approuvée et ratifiée parle prince, au camp de Melin, près Liège , le 12 septembre 1741 . précisément le jour où M. Taflin « s'était avisé , de sa propre autorité, de faire » extrayer terre et fossoyer dans le Vieux-Condé pour en tirer charbon » (Notice historique sur le duc de Croy. — Mémoires de la societc d'agriculture, etc., de Valcnciennes , t. 7, p. 128).

"> Mémoire pour Dupio et L.-C.-D. Rubay d Esne , sa femme, contre Ch.-Auy .-Hyacinthe Cordier. p 2 et 32. — Ce mémoire, de 1771 ou 72 , a été publié dans les circonstances suivantes : — Lors de la réunion, dont nous parlerons dans un des chapitres suivants . des diverses compagnies houillères des environs de Valencienne* , les parts des associés furent fixées par un contrat de société. On y voi, figurer le vicomte Désandrouin pour o sols 9 deniers, les enfants du sieur Cordier, ancien bailli de Condé, pour 1 sol, et l'aine de ces enfants , bailli de Condé depuis la mort de son père, pour 6 denier- (voir le chapitre premier de la 3""' partie).

Le sieur Cordier, qui avait eu à part 6 deniers, épousa la dame d Esnes, qui, devenue veuve, épousa Charles-Joseph Dupio.

Dupio et sa femme furent actionnés en justice par les héritiers Cordier , pour voir dire que ces 6 deniers appartenaient à tous les enfants Cordier et non à l'aine seulement, qui se les serait appropriés par fraude. — Dupio explique comment les choses se sont passées, comment Jacques Désandrouin

Erreur su la compagnh

de Tournai et annexes , à laquelle la compagnie joignit plus tard l'entreprise «les fosses à charbon de Bemissart , de l'autre côté de la frontière (1).

Suivant un mémoire de la compagnie d'Aium, publié en Tan XIV et réimprimé de eu 1843, l'entreprise de Vieux-Condé aurait été faite par la compagnie de

J. Désandrouin cl P. Taffin, à laquelle 31. de Croy aurait été associé (2). — C'est une erreur. M. Regnard fait judicieusement observer que, dans le traité de 1737, pour Fresncs, J. Désandrouin stipulait pour sa compagnie, tandis que, dans le traité de 1741 , pour Vieux-Condé , il stipulait pour son frère et lui (3).

Et , eu effet , non-seulement ce n'est point la compagnie Désandrouin , ni Désandrouin pour sa compagnie qui traite du droit d'extraire la bouille , mais

a eu 2 sols pour son intérêt d;ms Vieux-Condé et la famille Cordier 1 sol ; comment l'alné des Cordier a eu 6 deniers à part, comme agent du prince de Croy.

(1) Voir la fin du chapitre suivaut.

(2) Mémoire pour MM. Désandrouin, etc., contre MM. Lasalle et compagnie, p. 5. — Quelque temps après, dit ce mémoire , Jacques Désandrouin et Pierre Taffin découvrirent de nouvelles veines de charbon dans les territoires de Condé et Vieux-Condé , dont M. de Croy était également seigneur haut-juslicicr, mais qui, étant situés au-delà de l'Escaut, n'étaient pas compris dans leur concession Ils en traitèrent avec M. de Croy le 28 août 1741 ....

« Mais M. do Croy ne tarda pas à se repentir d'avoir mis un prix aussi modique a l'abandon de son droit exclusif d'exploitation. 11 suscita de nouvelles difficultés à Jacques Désandrouin et Pierre Taffin . et les força enfin, de l associer à leur entreprise.

« A peine ce nouvel arrangement était-il terminé, que parut le règlement du conseil, du 14 janvier 1714 »

Cette assertion, ainsi formulée par la compagnie d'Anzin, et la conviction dans laquelle elle paraît être encore que le prince de Croy était l'auteur de l'établissement do Vieux-Condé (Mémoire contre les les trois sociétés réunies d' Escaupont , etc., 23 décembre 1843, p. 6), no nous aurait point permis le doute a cet égard si nous n'avions trouvé des preuves irrécusables du contraire dans le Mémoire '/c littpiu contre Cordier, et les Mémoires de Cernay contre Désandrouin, connue en le verra ci-après.

(5) Examen du droit des seigneurs, p. 398. — Les sociétés réunies de Thivencelles , etc., nient avec raison toute association de la compagnie Désandrouin et Taffin avec II. de Croy, antérieure à 17.'>7 (' Défense pour les sociétés réunies , décembre 1843, p. 8). — Mais elles ne nient pas, elles admettent, au contraire (Idem, p. 9), que ce fut M. de Croy qui créa l'établissement de Vieux-Condé — Cependant, l'observation de M. Regnard , que nous venons de citer, l'amène à dire que cette différence dans la stipulation faite par Désandrouin , en son nom propre , et celle faite au nom de sa compagnie . explique comment eut lieu le procès entre MM. de Croy et Taffin. — Mais M. Regnard ne complète pas sa pensée.

encore on voii Taffin faire une tentative séparée qu'il est forcé d'abandonner, alors qu'une compagnie est formée exclusivement entre les frères Désamlrouin et le bailli Cordier. — Les parts qui furent faites à chacun des intéressés lors de la réunion de 1757 (1), sont une preuve de cette exclusion.

La compagnie Désandrouin et Taffin se réunissant à la compagnie de Cernay dont nous allons parler (2) et à la compagnie « du vicomte Désandrouin et de la famille Cordiev pour le Fieux-Condé » (3), il fut alloué dans les 24 sols dont se composa l'association, savoir :

Au vicomte Désamlrouin 5 sols 9 deniers.

Aux héritiers de Taffin 3 9

A la famille Cordier 1 » (4) .

Si maintenant on cherche le motif de ces parts , on trouve : — que Jacques Désandrouin a eu 3 sols 9 deniers pour Anzin et Fresnes, dont il avait près de la moitié, et 2 sols pour Yieux-Condé dont il avait 4'5 ou 1 G sols sur 20 (5); — que la famille Cordier eut 1 sol pour les 4/20 dans Vieux-Condé, ce qui fit faire Tobservalion qu'elle fut bien traitée en comparaison de la part accordée au vicomte Désandrouin (2 sols pour 16/20) (G). — Qu'enfin, les enfants de P. Taffin , ayant eu 3 sols 9 deniers comme Désandrouin (7) pour sa part de

(1) Voir le chapitre premier de la ôm(' parlie.

(2) Voir le chapitre 4 ci-après.

(5) Mémoire pour Dupio contre Cordier, p. T..

(4) Contrat de société de la compagnie d'Anzin, art. 3 ( pièces justificatives ).

(5) Mémoire pour Dupio contre Cordier, p. 32. — Ce mémoire dit que Désandrouin avait 8 sols 1/2 dans l'entreprise de Fresnes et d'Anzin. Taffin devait avoir, comme nous allons le dire, une part égale, ce qui fesail pour eux deux 17 sols. — Quelle était la part de Mathieu qui était leur associé comme directeur de l'établissement d'Anzin ? quelles étaient les parts du directeur de ['établissement de Fresnes, Bosquet, et de Reboul, qui était, parait il, un autre employé supérieur de la compagnie? quel était le nombre de sols dont se composait le capital de l'affaire, depuis que J. Désandrouin et P. Taffin en étaient seuls chargés, c'est-à-dire depuis 1735 (arrêt du 29 mars ) ? Nous ne le savons point.

[6] Mémoire pour Dupio contre Cordier, p. 3, 11, 31 et 32.

1 Arrêt du 29 mars 1733. — Mémoire pour MM. Désandrouin etc., contre MM. Lasalle et i ompaijnie , p. 3. — Dans le même contrat , le directeur Mathieu , le directeur Bosquet et la vc Reboul ont 0 deniers. Mais cela n'infirme point l'assertion que Désandrouin et Taffin étaient seuls chargés de

menl des travaux

Fresnes et Anzin , ces 3 sols 9 deniers sont évidemment la représentation d'un intérêt égal dans cette entreprise dont, dès 1735, Désandrouin et Taffin se trouvaient seuls charges.

Nous pouvons donc dire, avec M. de Cernay, que J. Désandrouin était intéressé dans les mines de Yieux-Condé, à Yexclusion de P. Taffîn (l). Et avec la compagnie d'Auzin , dans un mémoire de la même époque que celui cité ci-dessus (an XIV), et fait pour la même cause, que « ce qui par-dessus tout est l'ait pour étonner, c'est de voir revendiquer pour M. de Croy la qualité de fondateur de rétablissement de Vieux-Condé » (2).

Commence- La compagnie Désandrouin et Cordicr commença ses travaux en 1741 (3). — La direction en fut confiée à Paul Casliau (h) , qui établit deux puits nommés Gaspart (5) , à droite de la chaussée qui va de Coudé à Bon- Travaux secours (6). — Ces puits lurent bientôt abandonnés sans résultat à 40 toises

inutiles. v ' l

I74t-i750. de profondeur (7).

l'entreprise. Mathieu avait dû, dans les premiers temps, épuiser sa petite fortune (voirie commencement du chapitre 2, Impartie), et avait pu rester intéressé pour son industrie jusqu'il la réunion de 1757, comme d'autres principaux employés de la compagnie.

(1) Second mémoire de Cernay contre Désandrouin, p. 5. — D'après ce mémoire, Désandrouin n'aurait eu que 14 sols dans l'entreprise de Vieux-Condé, mais il est évident que la famille Cordiei savait mieux que le marquis de Cernay les conditions do son association.

(2) Mémoire confirmatif des concessions , etc., pour Anzin contre la compagnie Lasalle, (manuscrit sans date. — Archives du royaume ). — M. Cornu cependant parle de rétablissement de Vieux-Condé comme étant à M. de Croy : il suivait, dit-il, l'exploitation de ces mines « non pas en amateur, ni en grand seigneur, mais comme un ingénieur. Il descendait dans les fosses, dressait des plans et traçait des ouvrages avec une précision qui attestait une connaissance exacte de la nature du terrain . du gisement houiller et de l' allure des veines de charbon » (Notice historique sur le duc de Croy. — Mémoires de la société d' 'agriculture, etc., de Valenciennes, t. 7, p. 22G et suivantes).

(5) Arrêt du 14 octobre 17 59 ( pièces justificatives ). (4; Note de M. Adolphe Casliau.

.V Tableau du nom de toutes les fosses.

(6) Note de M. Ad. Casliau.

7) Tableau du nom de toutes les fosses.

Eu 1742, on fit une nouvelle tentative parla fosse dite Bois-des-Hurlies (1); on y trouva du charbon invendable (2).

En 1 7 '* 3 , on lit inutilement la fosse Ilurbin , jusqu'à 30 toises (3).

En 1 746 , on fit la fosse Moitié que Ton abandonna en 1 748 à hO toises.

En 1 747, la fosse lluvelle, abandonnée en 1 75G également à 40 toises.

En 1749, une autre fosse, abandonnée en 1751, à 10 ou 12 toises dans le rocber.

Ces tentatives infructueuses avaient fait décider l'abandon des travaux ; mais le

directeur pria J. Désandrouin de lui permettre de placer une fosse comme il

l'entendrait (4). — On se porta alors plus au Nord (5), et Ton commença,

de la houille 1° ~> décembre 1750, les fosses Trois- Arbres , encore existantes (G), où Ton

"51 découvrit une veine dans la direction d'Hergnies en 1751 (7).

En 1 752, on fit le Gros-Caillou dont on se servit jusqu'en 1 787 (8) .

En 1753, on tenta VEcarlate , que Ton abandonna de suite à 10 toises.

L'année suivante Ton fit St. -Thomas.

I Tableau du nom de toutes les fosses.

(2) Xotede M. Ad. Castiau.

(3) Tableau du nom de toutes les fosses. — Ce qui suit est tiré du môme tableau

(4) Note de M. Ad. Castiau.

(5) Arrêt du 20 avril 1751 (pièces justificatives).

u Soir de M. Ad. Castiau. — Le Tableau du nom de toutes les fosses indique le môme nom et la même année.

7 Arrêt du 20 avril 1751. — Suivant le Mémoire pour MM. Désandrouin, etc. contre MM. Latsalle '•'. compagnie, p. 5, la découverte aurait eu lieu en 1741 ; mais c'est évidemment une erreur ; l'arrêt de 1751 en fait foi — Cependant il parait , d'après la Xole de M. Ad. Castiau , que l'on trouva de la houille avant 1751, comme nous l'avons dit ci-dessus. Mais ce fut de la houille inexploitable, comme on trouva (ires d'Anzin Z filons avant 1731. — M. de Bonnard (Journal des mines, 1809, t. 2G, p. 42" | fixe la découverte a 1750. Mais si l'on admet que la fosse fut commencée cette mémo année 1750, et plu- i ucore si Ion admet quelle le fut le 5 décembre, il faut nécessairement admettre que la découverte n eut lieu qu'en 1751. — Il faut dire toutefois que 1 arrêt n'indique pas de date. (8; Tableau.de toutes les fosses. — Ce qui suit est tiré du même tableau.

»mm. 82 mm*

État de L'on voit qu'en 1756 l'exploitation de Vieux-Gondé se réduisait à deux puits

d'extraction : Trois- Arbres et le Gros-Caillou, un puits d'aérage, et un puits commencé, S t. -Thomas (1). — Réunie, en 1757, à Frcsnes et Anzin, l'exploitation du Vieux- Condé n'avait pas rendu encore les avances qu'elle avait occasionnées; son état était loin d'être satisfaisant. Ce fut avec le produit des fosses de Fresnes et d' Anzin qui était considérable , comme nous l'avons vu , que que l'on mit l'exploitation du Vieux-Condé dans l'état florissant où il fut plus tard (2).

Nombre De 1 741 à 1 756, on avait ouvert 1 2 puits, savoir :

de puits.

r,SG- Inutilement 8

Servant à l'extraction en 175G 2

Servant à l'aérage 1

En voie d'exécution 1

Ensemble 12

Avertis par les exigences du prince de Croy relativement à la seigneurie de Fresnes, les frères Désandrouin ne s'étaient point adressés d'abord à l'autorité royale , mais directement au seigneur haut-justicier (3). — Cependant un arrêt du conseil du 14 janvier 1744 était venu défendre l'extraction de la houille sans la permission du contrôleur-général des finances , à toutes personnes , même aux seigneurs hauts-justiciers. — La nouvelle compagnie voulut alors , pendant qu'elle se livrait aux recherches dont nous venons de parler , se faire donner une concession royale que M. de Croy se chargea de solliciter lui-même (4).

(1) Lo plan joint au Second mémoire de Ceniay contre Désandrouin indhpie uVux fosses exploitantes ot une fosse nouvelle. On aura négligé la fosse d'aérage.

(2) Mémoire pour Dupio contre Cordier, p. r. et 51.

]îémoirepour lu compagnie propriétaire des mines d' Anzin, etc., contre tes trois socictes rèuniei d Escauponl , etc., 2ô décembre I8ir>, p. 5.

Mémoire pour MM. Désandrouin, etc.. contre MM. Lasalle cl compagnie, p. 5.

- nde À cet effet, le prinee présenta au conseil-d'élat une première requête dans \ ieux-Condé laquelle il exposa : que l'extraction qui se fesait aux environs de Valencicnnes

par J. Désandrouin et compagnie ne suffisait pas à la consommation ; que lui , prince de Crov, suivant les coutumes et chartes du pays, pouvait faire extraire du charboo de ses terres de Condé et Vieux-Condé ; qu'il en avait fait faire la recherche depuis 1741, ce qui l'avait exposé a une dépense prodigieuse. Mais que craignant d'être troublé dans son travail , attendu les dispositions du règlement de 17 A4, « il requerrait qu'en approuvant les ouvertures des fosses et les extractions de charbon qu'il avait fait faire dans ses terres de Condé et Vieux- Condé , il plût à S. M. lui permettre de les continuer, et , pour les soutenir par l'autorité et les bienfaits de S. M., déclarer commun pour l'établissement fait par le suppliant dans ses terres de Condé et Vieux-Condé , les exemptions et remises de droits qui ont été accordées aux entrepreneurs des mines de charbon de terre ouvertes près Condé et Valencicnnes. » — Et, par arrêt du 14 octobre 1749, le roi permit au prince de Croy, ses hoirs ou ayant-cause , de faire fouiller et exploiter, exclusivement à tous autres, les mines de charbon « dans l'étendue de ses terres de Coude et Vieux-Condé au-delà de V Escaut s » sans limitation de temps, et lui accorde, jusqu'au premier juillet 17G0, les mêmes exemptions que celles dont jouissait la compagnie Désandrouin et Taflin (1).

Concession Dans un seconde requête , le prince de Croy expose que , depuis l'arrêt de 175t. 1749, il a continué à faire travailler sans beaucoup de succès; qu'il a découvert une veine; mais que cette veine « prenant sa direction vers le village d'Hergnies qui est enclavé dans ses terres de Condé et Vieux-Condé , et qui est le seul terrait) restant sur la rive droite de l'Escaut , il craindrait , encore que ce lieu soit tout-à-fait hors des privilèges accordés au sieur Désandrouin et compagnie , d'être troublé dans son exploitation , sous le prétexte du défaut de dénomination dans l'arrêt du 4 octobre 1749 ; » en conséquence , il demanda le droit de tirer du charbon sur Hergnies avec les mêmes privilèges. Un arrêt du

1 Arrêt du 14 octobre 1749 ( pièces justificatives }.

20 avril 1751 lui accorda l'autorisation de fouiller et exploiter </a/i* tout le territoire du village d? Hergnies (I).

Pourquoi M. de Croy se posa-t-il dans ces requêtes comme ayant l'ait les recherches et la découverte à Vieux-Condé ? C'est ce que nous essaierons de dire dans le chapitre suivant, dans lequel nous déterminerons les limites si contestées de cette concession.

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(I) Arrêt du 20 avril 173! I pièces justificatives ).

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