‹ Histoire de la recherche, de la découverte et de l'exploitation de la houille dans le Hainaut français, dans la Flandre française et dans l'Artois, 1716-1791Chapitre 27 sur 104 · CD O · texte numérisé non relu

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des établissements dûs à son génie, à son courage, à smi étonnante persévérance.

Ses f

concessions Kn 1717, elle avait obtenu la concession des terrains situés entre l'Escaut et 1717-1736! la Searpe, Condé et Abscou (I). — En I 736 , elle y avait ajouté cens au-delà de la Searpe (2).

de la seconde. Eu 1751, la compagnie Willaume Turner, dont nous parlerons plus tard, avait demandé la concession de ces derniers terrains (3). — Six mois avaient été accordés à la compagnie Désandrouin pour y faire des recherches et y découvrir la houille (4), au grand regret de M. de Lucé , intendant de Flandre, qui considérait l'adjonction des terrains concédés en 1736 à la concession primitive de 1717 comme un excès de privilège (5). — Sur la demande des concessionnaires, qui n'avaient pu , dirent-ils , trouver un lieu praticable pour faire des travaux (6), un second délai de six mois avait été accordé (7), après quoi la concession avait été octroyée à la compagnie demanderesse (8).

établissements Deux ans après, M. de Cernay s'était fait concéder sa terre de Raismes et le droit de poursuivre ses travaux sur St.-Vasl et Anzin. La compagnie Désandrouin était exclue de St.-Yast, et les travaux de la nouvelle compagnie venaient se placer au milieu de ceux qu'elle avait sur Anzin.

(1) Voir ci-dessus, p. 25.

(2) Idem , p. 58.

(5) Voir plus bas.

(4) Correspondance de MM. de Séchelles, de Trudaine et de Machaux. 1751.

(5) Correspondance de MM. de Lucé, Désandrouin et Pierre Mathieu. 1751.

(6) Demande de ce délai a M. de Séchelles. Décembre 1751 ( même correspondance ).

(7) Puisque le délai entier fut d'un an. (Mémoire pour Désandrouin contre de Cernay, p. 54 ).

(8) Arrêt du 27 mars 1752 ( pièces justificatives). — Le Mémoire pour Désandrouin contre de Cernay. l'.'ii dit que l'on communiqua la requête des demandeurs en concession « aux anciens concessionnaires, à qui on accorda même une année pour délibérer: mais après avoir réfléchi que le surplus des terres concédées suffisait pour les occuper , ils consentirent cette distraction, t — D'où M Regnard conclut (Examen du droit des seigneurs, \>. 505 ; que « M. Désandrouin consentit immédiatement i cette distraction. » — Les citations ci-dessus prou\ eut que si la compagnie Désandrouin consentit, ce ne fut qu'après avoir épuisé les délais ; nous disons si elle consentit , car, dans le dossiei de cette suaire, au\ archives du département, nous n'avons trouvé aucune trace de consentement

menaces.

•«^ 122 rnzsz*

1756. Kd |756, M. de Croy se fesait concéder Fresnes et allait en exclure les

premiers concessionnaires.

désastreuses8 ^e ces 'mmenses terrains qui avaient été octroyés à la compagnie Désandrouin, que lui restait-il ? quelques parties divisées de la première concession , parties dont la richesse lui était inconnue , si ses recherches ne lui en avaient pas appris la stérilité. Là où elle avait découvert la houille, où elle avait placé ses établissements, on l'expulsait la loi féodale à la main , pour s'emparer des trésors dûs à son industrie. Irait-elle tenter fortune ailleurs?

Il lui restait bien encore son recours au conseil-d'état contre le marquis de Cernay; le procès n'était pas jugé en dernier ressort. Mais le temps de sa concession allait expirer. Lutterait-elle pour obtenir une prorogation de privilège comprenant son ancien périmètre , et contre le droit évident des seigneurs , et contre les hommes le plus haut placés. C'eût été le pot de terre contre le pot de fer ; il fallait subir la loi du plus fort.

Heureusement, pour réussir dans ces sortes d'entreprises, on savait qu'il ne suffisait pas d'obtenir une concession. — Le prince de Croy et le marquis de Cernay étaient de hauts et puissants seigneurs sans doute ; mais Désandrouin et Mathieu (Taffin était mort) étaient des hommes dont l'expérience valait bien un droit de haute-justice; d'ailleurs leurs établissements étaient organisés et prospères; il y avait donc intérêt réciproque à se rapprocher et à s'entendre.

Réunion des

trois compagnies

impagi l'Anzin

Ce fut le prince de Croy qui opéra la conciliation (1), à l'aide de messieurs trois Cordier et Moreau. Le premier, dont nous avons déjà parlé, était l'un des officiers du prince, son bailli de Condé. Le second était son conseil. Tous deux d'Anzfn"8 l'ayant essentiellement servi dans cette grande affaire, en furent récompensés par le don qu'il fit à chacun de G deniers , dans les 4 sols sur 24 qui lui furent alloués lors de la fixation des parts sociales (2). — Le don de G deniers au sieur Cordier fut, dit un mémoire déjà cité, une magnificence du duc de Croy qui a

'I) Histoire de Condé. p. 203.

(2) Mémoire pour Dupio contre Cordier, p. 29.

lait le plus grand celai , un monument de str satisfaction envers le sieur Cordicr comme bailli de ('onde (I). — Mais laissons au biographe du duc

de Groy le soin de raconter les détails de cette importante réunion :

« Ces difficultés (celles intervenues entre les compagnies Désandrouin et deCernav) avaient jeté le tronble dans bien des esprits et amené dans les exploitations une déplorable perturbation. Pour y mettre un terme et en prévenir le retour, le prince de Crov conçut le projet de rapprocher, de réunir les deux sociétés d'Anzin et de Haismes, cl de s'associer à elles*pour former une exploitation commune et « donner à cette grande affaire toute la solidité qu'elle

» méritait. » Il se mit à Poeuvre, se proposant de faire « entendre

» ce qui serait juste à ceux sur qui il pouvait avoir quelque crédit. » Il vit d'abord et « sonda MM. de Cernay et Désandrouin ; » ensuite « des pourparlers eurent )> lieu, par l'entremise de M. Cordier, bailli de Condé, et de M. Morcau, avocat » au parlement de Flandre , » investis tous les deux de la confiance du prince qui leur donnait ses instructions. Mais les négociations n'avançaient pas. « Il )> n'est pas facile, écrivait-il de Calais à M. Morcau, de décider une affaire >» pareille étant si éloigné et ayant mille autres affaires dans la tête. » — « Je » suis bien accablé des affaires des autres, disait-il ailleurs, pour pouvoir voir » tout cela dans un certain détail. » Les prétentions rivales ne se cédaient pas. Une rupture était à craindre. Le prince de Croy résolut de venir « faire un tour » à Condé pour y donner un jour entier, et plus s'il le fallait , à tout le monde, » cette affaire en valant la peine. » Il arriva « parla très-ferme, » et le 1 1 novembre l'arrangement fut entamé. Le 13, on arrêta les bases de répartition de la masse des intérêts entre les diverses compagnies associées. M. Désandrouin, qui avait été le plus « difficile à vaincre, » if était pas à cette réunion. Le jour même, le prince lui écrivait de Condé : « J'ai obtenu , Monsieur, la permission » devenir passer huit jours chez moi pour une affaire importante, parce que » je comptais que vous y seriez ; celle affaire était celle de nos fosses , et de » déterminer la société d'une manière qui puisse , en mettant lin à toutes les » discussions, assurer une société stable par une réunion totale Je nfen

(1) Mémoire pour Dupio contre Cordier, p. 4, 8 et 11.

» suis abouché aujourd'hui avec M. de Cemay et les principaux associés ^ j'ai

» vu qu'il n'y avait pas un moment à perdre pour parvenir à réunir tous les esprits

» qui s'écartaient tous les jours de plus en plus. J'ai soutenu vos intérêts comme

)> si vous y aviez été vous-même

» Je vous prie donc instamment , Monsieur, et même j'ose dire que j'exige » de votre amitié pour moi que vous signiez la minute d'acte que M. Cordier » vous présentera, et que vous lui donniez un plein pouvoir pour ratifier le tout » sur le même pied. . * . .

» Mais, sans entrer, Monsieur, dans un plus long détail , permettez-moi de » répéter que j'exige tout ceci de votre amitié pour moi et que j'y compte » absolument et sans délai, car il est de la dernière importance que tout l'essentiel » soit déterminé d'ici à six jours, temps de mon départ, après lequel il n'y aurait » plus à renouer.

» Rendez, en celte occasion comme en tout autre, justice au tendre altache- » ment avec lequel je suis, etc. »

i> M. Désandrouin obéit à l'ascendant de la raison , et, au bout des six jours assignés par le prince, le 19 du même mois de novembre 1757, fut fait et arrêté l'acte d'association constitutif de la compagnie (C Anzin , qui n'a cessé d'être en vigueur. « Je crois, Monsieur, écrivit immédiatement le prince à M. Désandrouin, » que vous auriez été content si vous aviez vu la manière dont chacun s'est porté )> à la raison. J'espère aussi que vous l'auriez été en voyant comment j'ai soutenu » vos intérêts. Tout le monde, ajoutait-il judicieusement, croit faire également » des sacrifices , ce qui prouve la justice avec laquelle la chose a été faite. La » voilà donc faite et conclue d'une manière solide , et vous êtes trop éclairé » en pareille matière pour n'en être pas satisfait. » Dans la lutte qu'ils avaient soutenue, le marquis de Cemay et le vicomte Désandrouin avaient échangé de blessantes personnalités. Le prince de Croy commanda l'oubli du pusse : •> Il a » été surtout convenu, disait-il à M. Désandrouin en terminant. , et promis » solennellement que l'on ne dira plus un mot du passé. » Cette promesse ne fut point l'objet d'un article spécial dans l'espèce de charte constitutionnelle qui venait d'être signée, mais elle ne fut jamais violée. »

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n Aussitôt après la conclusion de celle affaire, le prince de Croy repartit pour Calais, qui était le chef-lieu de son commandement » (I).

Contrat ^e contral <\u'] cimenta les arrangements convenus entre tous les intéressés,

d.- société. et m;a la célèbre compagnie d'Anzin , est donc , comme nous venons de le voir,

du 19 novembre 1 757 . — Il fut fait , sous seing privé , à \ H ermitage, château du prince de Croy, près de Condé; il ne contient que 19 articles.

Conditions ^ar ce contrat, les exploitations de Fresnes, Vieux-Condé , Anzin , Raismes,

e durée. St.-Yast et toutes les concessions et exploitations possédées ou à posséder par

chacun des associés lurent mises en commun sans aucune exception (2); — et,

pour que l'union fût complète et durable , Ton déclara la société indivisible tant

et si long-temps que des concessions subsisteraient et que Ton trouverait du

charbon (3) ; — on stipula aussi qu'aucun des associés ne pourrait être intéressé

Droits dans aucune autre exploitation en France (4). — Il est remarquable que les

«ignenrs. sejg0e|irs hauts-justiciers réservèrent leurs droits seigneuriaux qui , « convenus

ou à convenir, soit avec quelqu'un des intéressés ou autres, seront payés, dit

le contrat , suivant les conventions faites ou à faire sans égard aux parts des

intéressés, et supportés par toute la société » (5).

Règlement Les parts des intéressés furent réglées ainsi qu'il suit (G) :

des paris.

(1 Cornu. Notice historique sur le duc de Croy (Mémoires de la société d'agriculture, etc. , de Valenciennes, t. 7, p. 134 et suivantes ). — Les lettres dont M. Cornu donne ici des extraits sont signées prmee de Croy et de Solre.

[±i Contrat de société ( pièces justificatives ) , art. 4. ". Idem, an. 18.

(4) Idem, art. 13.

5 Idem, art. 15.

(6) Idem, art. 1. — Les détails qui suivent ne sont pas tous pris dans le contrat de société. Quelques-uns r-'int d'ju connus ; pour les autres, nous en indiquerons la source.

massât i26 m&&«

à M. le prince de Croy :

pour lui 3 sols » deniers

pour M. Cordier » G

pour M. Moreau » G

à M. le marquis de Cernay et sa compagnie :

pour MM. de Cernay, de Raulcourt , Laurent , Benoist, Mauroy, Renault, Ravcneau (I), Lelong , Lamoninary et Darlot , à partager entre eux , suivant leur société

à la compagnie Désandrouin et Taffin :

pour M. le vicomte Désandrouin (2) 3 sols 9 deniers

pour les héritiers de feu P. Taffin, par indivis (3), savoir: — M. Taffin, conseiller au parlement; — M. Taffin de Guœulzin ; — M. Taffin de Troisvillc; — M. Benazet pour sa femme. . . 3

pour M. Mathieu »

pour M. Bosquet »

pour Mme Reboul »

M. Mathieu , comme directeur de rétablissement d'Anzin , M. Bosquet, comme receveur de celui de Frcsnes , et Mmo Reboul, comme veuve d]un des principaux employés de la même compagnie (4).

à la compagnie Désandrouin et Cordier (f>) :

pour M. Désandrouin .' 2 sols » deniers

pour la famille Cordier 1 »

Total

4 sols.

24 sols.

I) Le contrat ne contient que ces nom-., mais nous avons \u i>lus haut qu'il y avait encore MM. Lelong, lamoninary cl Darlot.

i Mémoire pour Dupio contre Cordier, |>. T>!2. 3 Renseignements particuliers.

(4) Idem.

:< Mémoire pour Diipio contre Cordier , p. 3, Il et 7>t.

ClOI)

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kdmiuistn- L'entière administration de la société fut confiée à six régisseurs à vie, qui, non seulement ne doivent rendre aucun compte de leur gestion à leurs coassociés, mais encore sont investis du droit de remplacer ceux d'entre eux qui cessent leurs fonctions. La seule obligation qui leur soit imposée est de s'assembler au moins une fois par mois. — Le contrat désigne pour premiers régisseurs,

MM. Désandrouin et après lui son fils,

Cordier,

Moreau ou Bosquet ,

Benazet ou Taflîn de ïroisville ,

Laurent ,

Mauroy ,

sans compter MM. de Croy et de Cernay, et après eux leurs enfants, à qui il fut donné le droit d'assister aux réunions de la régie quand ils le voudraient, et même voix prépondérante en cas de partage entre les six régisseurs (I). — Les premières délibérations de la compagnie sont signées par MM. de Croy (2), de Cernay, Désandrouin , Moreau , Laurent , Mauroy, Cordier et Benazet , régisseurs (3). — P. Mathieu est resté directeur de rétablissement d'Anzin (4), et M. Bosquet receveur de rétablissement de Fresnes (5).

Quant aux autres intéressés, ils n1ont d'autres droits que de prendre copie du contrat de société (6), et « connaissance de l'arrêté des recettes et dépenses et de la division qui aura été faite du restant, afin que chacun puisse voir qu'il a tiré ce qui lui revient suivant son intérêt » (7).

(I) Contrat de société, art. 9 et 10.

J Le prince do Croy. dit M. Cornu , assista à rassemblée de la régie en janvier 1775. Il n'y avait point paru depuis le mois de mai 1758. ''Notice historique sur le duc de Croy. — Mémoires de la société d'agriculture, etc., de Valenciennes , t. 7, p. 147).

(3) Registre aux délibérations do la compagnie d'Anzin. 1 Voir la notice des Mathieu a la fin de l'ouvrage. '. Renseignements particuliers.

(6) Contrat de société, après les articles. - Idem art. 17.

r i-ôlitrai'1' Telle est la charte delà compagnie d'Anzin , comme elle-même l'appelle, charte qui a vu passer plus d'une constitution, et qui la régit encore (1). — Telle est l'organisation de cette société devenue si florissante depuis lors, et si puissante à partir de cette époque ; — organisation forte , mais éminemment aristocratique.

Objet Cette réunion était, et pour le pays et pour les associés, un fait capital qui est

Dl résultats de ,. , . , ' ,. , . ,

réunion, diversement apprécie. « En 1757, dit plus lard la compagnie dAnzin, des moyens isolés contrariaient le succès de ces entreprises particulières , tandis que leur mise en communauté leur donnait seule une énergie capable de résister à toutes les chances, de vaincre tous les obstacles.

» Cette réunion n'était pas un calcul mais une nécessité.

» C'est à elle que notre pays doit d'avoir conservé un établissement aussi ancien que celui d'Ànzin.

» C'est à elle que notre société doit la force qui l'a mise à même de lutter contre la rivalité étrangère, et d'affranchir nos provinces du Nord du tribut que leur imposaient les Pays-Bas.

» C'est aussi l'exemple de notre courage et de nos sacrifices qui a nationalisé en France l'art d'exploiter les mines , et qui a fait naître dans le Nord et dans le Midi ces nombreuses exploitations qui assurent la prospérité de notre industrie » (2).

Les lignes que nous venons de citer étaient en réponse à une observation de M. le préfet du Nord, alors M. Méchin (1830), lequel avait dit : « que la réunion des concessions de Raismes, Fresnes et Vieux-Condé à celle d'Anzin vers 1757, a enlevé à la concurrence l'avantage qu'eut procuré leur exploitation isolée ; que

I ) Mémoire pour de Villedeuil et consorts contre Audeval et autres. 1858, p 2.

(2) Réponse de la compagnie d'Anzin à lavis du préfet du Nord ( affaire Dumas) 2C avril 18~i0, p. 10 et -20.

cet avantage a été encore ajourné, pur l'addition <jue fil la société tTAnzin , en l'an 1810, de la concession de St.-Saulve » (I).

Qu'il nous soit permis de dire un mot sur ces deux opinions.

On ne peut certes nier les services qu'a rendu la compagnie d'Anzin ; ils sont considérables. Mais il est évident que sa création, par la réunion des diverses compagnies dont il vient d'être parlé , était plus dans l'intérêt de ■ bacane d'elles que dans l'intérêt du pays.

Il est vrai que la réunion de ces compagnies fut une nécessité , mais ce n'est pas parce que des moyens isolés contrariaient le succès de ces entreprises particulières. — Les seules exploitations en activité jusque-là étaient celles des auciens entrepreneurs. M. de Cernay venait à peine de trouver la houille à St.-Vasl , et M. de Croy n'avait de travaux nulle part.

La réunion n'eût donc ni pour objet , ni pour résultat , la cessation d'une concurrence que l'on prévoyait mais qui n'existait point encore.

La réunion eut évidemment pour objet : d'une part , pour la première compagnie , le besoin de terminer et de prévenir des procès longs et ruineux, de transiger sur des droits contestés et très-contestables. D'autre part , pour M. de Croy et la compagnie de Cernay, le désir d'échapper aux chances, aux dépenses, aux écueils inséparables de la création d'un établissement nouveau, et l'avantage de se trouver intéressés dans une entreprise toute créée et prospère.

La réunion eut pour résultats : — pour la compagnie nouvelle, de lui donner une puissance qui la rendit maîtresse du commerce de la houille dans le Hainaut Fiançais , puissance dont elle n'avait pas besoin pour lutter contre la rivalité étrangère, puisque, nous l'avons vu plus haut (2), la compagnie Désandrouin

1 Réponse de la compagnie dAnzin ' altaire Dumas ;, p. 18. i VoCr ci-dessus, p. (ï8.

seule avait établi et soutenu cette lutte avec avantage. — Enfin , quant au consommateur , s'il est vrai que la division devait faire espérer un abaissement du prix de la houille, il est également vrai de dire que la réunion ne fit point hausser ce prix, alors que Paugmenlation des droits sur le charbon belge semblait y pousser la compagnie ; les prix restèrent les mêmes , comme nous le verrons par la suite , ce qui est une véritable baisse, eu égard à la différence de la valeur de l'argent de 1757 à 1791 (1).

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(I ) Voir le chapitre suivant

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