CHAPITRE QUATRIÈME
Suite des travaux d'AnicIie. 1779-1784.
Exploitation. 1784-1791.
Supplément
de concession
Ès 1776, il avait été décidé que Ton demanderait une augmentation de concession (1). Après la découverte, le marquis de Trainel exposa au gouvernement que , malgré la réussite , les recherches faites démontraient que le terrain utile de la concession accordée était de peu d'étendue. Que, d'un autre côté, il craignait qu'une autre compagnie, profitant des découvertes faites par lui, pût tôt ou tard lui ravir le fruit de ses
(1) Délibération du 11 août 1776.
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travaux, en dirigeant ses ouvrages sur un point contigû à la limite actuelle de sa concession, et par là lui enlever son principal débouché et le seul par eau dont il puisse user immédiatement. Par ces motifs, le marquis de Trainel réclamait un supplément de concession (1), après toutefois avoir obtenu le consentement des états d1 Artois pour la partie qu'il demandait sur cette province (2).
Ce supplément fut accordé par arrêt du G août 1779, pour finir au temps fixé par l'arrêt de 1774; la concession ainsi augmentée, et prorogée de trente ans, par arrêt du 9 mars 1784 (3), fut délimitée comme suit : « A Test, par la chaussée de Marchiennes à Bouchain , et celle dudit Bouchain à Cambrai; au midi par le grand chemin de Cambrai à Arras jusques vers le village de Monchy-le-Preux; à l'ouest par une ligne droite à tirer dudit chemin de Cambrai à Arras, et à diriger sur les clochers dudit Monchy-lc-Preux et de Gravelle jusque la chaussée de Douai à Arras; au nord par la dite chaussée de Douai à Arras, depuis le village de Gravelle jusqu'au dit Douai , et par la Scarpe depuis cette dernière ville jusqu'à Marchiennes » (4). — Cet arrêt fut signifié , à la requête du marquis de Trainel, à la compagnie Havez et Lecellier, alors concessionnaire jusqu'en 1780, d'une partie du terrain accordé par ce nouvel arrêt (5) , et il fut décidé qu'un forage serait fait en Artois (6).
Au moment de la découverte (septembre 1 778), il n'y avait sur Aniche qu'une fosse (Ste. -Catherine). L'on avait délibéré d'en creuser une seconde qui fut placée plus au midi (7). On continua d'approfondir cette seconde fosse en même
(1) Arrêt du 6 août 1779 (pièces justificatives).
(2) Consentement des Etats d'Artois à l'obtention de la concession des terrains demandés par le marquis de Trainel, du 3 mai 1779 (pièces justificatives).
(5) Renseignements de M. Lefrançois, agent-général des mines d' Aniche.
(4) Arrêt du 6 août 1779.
(5) Voir ci-après 6e partie, chapitre 3.
(6) Délibération du 12 octobre 1779.
(7) On voit, par la délibération du 8 novembre 1778, que l'on va approfondir la fosse du Midi , et par celle du 13 décembre suivant qu'il est résolu d'approfondir la fosse du Midi; on ordonne en même temps de continuer la galerie de la fosse du Nord. Or, il ne pouvait pas y avoir de galerie le 8 novembre dans une fosse qui n'était pas encore ouverte en septembre, d'où il suit que la premièio fosse était celle placée au nord et la seconde celle placée au midi.
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Sixième
et septième
fosses.
Achat d'une
machine
à feu.
temps que Ton suivait « la galerie qui y conduit en partant de la fosse du Nord » (1).
En janvier 1779, la fosse du midi est arrêle'e. On continue à l'autre fosse la galerie allant au midi , où des veines ont été recoupées , afin de reconnaître remplacement d'une nouvelle fosse à ouvrir (2). Un mois après, il est « délibéré d'ouvrir une nouvelle fosse dans l'alignement du midi, en partant de celle qui existe à la distance de 54 toises, » et une autre dans l'alignement de la première proposée du levant au couchant , à 300 toises environ de la première (3). Ce furent les fosses St.-Mathias et Sle.-Thérèse (4).
En 1780, la première veine recoupée dans la fosse St.-Mathias se trouvant en faille , on se mit à la recherche des veines voisines et de la veine Maug rétout (veines exploitées à Anzin) , que l'on supposait devoir passer par cette fosse (5).
Entre temps, l'on avait fait venir de Paris Constantin Périer, pour rétablissement d'une machine à feu. Mais on se contenta de lui payer son voyage et une indemnité (6). — On convint ensuite avec Dorsé de Boussu pour la livraison d'une machine, au prix de 45,000 livres (7), Elle devait d'abord être placée sur la fosse St.-Mathias , mais on décida qu'on la placerait sur une fosse à ouvrir entre St.-Mathias et Ste. -Thérèse (8).
Il paraît qu'en 1781 l'on n'avait point encore de veine utilement exploitable. travaux en II est « délibéré qu'on ferait venir des connaisseurs de Charleroi pour inspecter les terrains » (9). — Sur ce, rapport de M. Drion de Gilly (près Charleroi)
(1) Délibérations du 8 novembre et 15 décembre 1778.
(2) Idem du 23 janvier 1779.
(3) Idem du 22 février 1779.
(4) Voir le plan p. 281.
(5) Délibération de février 1780.
(6) Idem du 10 août 1779.
(7) Idem des 6 juillet 1780 et 15 janvier 1781 . (8} Idem des 6 juillet et 8 août 1780.
(9) Idem du 22 mai 1781.
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duquel il résulte que toutes les veines découvertes sont droiteuses et remplies de failles ; il conseille de suspendre toute exploitation des veines droiteuses et les travaux d'avaleresse pour le placement de la machine à feu ; de pousser aussi loin que possible des reconnaissances au nord et au midi de St.-Mathias, et surtout celles du nord que doit indiquer le plat des veines. » Il est délibéré en ce sens (1). — Deux mois après, on décide l'abandon de Ste. -Thérèse , parce que Huitième la dépense excède le produit, et Ton enfonce la fosse déjà projetée (St.-Laurent) 178?. pour y placer la machine à feu (2). — En décembre , l'exploitation de Ste.- Thérèse est reprise à forfait pour six mois (3).
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On voit, dans un rapport de Duhamel, qu'en 1 782 , il y avait à Aniche quatre travaux de fosses bien boisées et cuvelées. Le directeur, le sieur Quincampoix, assurait qu'il
connaissait déjà cinq veines exploitables et quatre non-exploitables (4). — En décembre , la vieille fosse [Ste. -Catherine ) était profonde de 1 13 toises ; St.- Mathias de 1 1 5, la machine à feu {St. -Laurent) de 1 20 , et Ste.-Thérèse de 95. — On décide qu'elles seront encore approfondies (5).
En 1783 , on met en communication St.-Mathias , Ste.-Thérèse et St.- Laurent. On fait un accrochage à cette dernière où est la machine à feu (G).
En 1 784, on fait rétablir les galeries qui n'étaient pas assez solidement boisées (7).
En décembre 1785, on abandonne les galeries poussées à Ste.-Thérèse (8). En janvier 1786, le cuvelage de cette fosse étant reconnu tout-à-fait défec-
(1) Délibération du 30 mai 1781.
(2) Idem du 11 juillet 1781.
(3) Idem du 19 décembre 1781.
(4) Inspection de Duhamel. 1782.
(5) Délibération du 11 décembre 1782.
(6) Idem du 1er mai 1783.
(7) Idem du 19 avril 1784.
(8) Idem du 17 décembre 1785.
Exploitation
de 1184
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tueux, on ordonne de l'isoler, ainsi que Si.-Laurent , des autres fosses (1). — En février, le cuvelage de Ste. -Thérèse ne pouvant plus retenir les eaux , et la machine ne pouvant suffire à les tirer, les serrements nécessaires à l'isolement de ces deux fosses étant d'ailleurs opérés , on décida de les combler et d'en retirer les pompes (2). — En mars on bouche les fosses St.-Mathias et Ste. -Catherine dont on ne peut plus tirer les eaux (3).
En \ 784 et 85, les mines d'Aniche, nous dit Pajot-Descharmes, avaient deux puits d'extraction qui fournissaient abondamment (4). Mais le charbon, dit Dieudonné, « n'était pas très-pur, il renfermait des parties terreuses ; il se vendait avec peine, quoiqu'il fût offert à un prix bien inférieur à ceux d'Anzin. Il est probable qu'on en aurait trouvé d'une meilleure qualité en s'enfonçant davantage pour exploiter les veines inférieures ; mais , soit que l'ingénieur directeur des travaux ne réunît pas les connaissances nécessaires , soit qu'il y eut de la malveillance de sa part , il ne prit pas les précautions indispensables pour les garantir des eaux, et ces fosses furent abandonnées » (5).
Dès le mois de février de l'année 1 786, on allait ouvrir une fosse, Ste.-Barbe,
à la droite de la chaussée de Bouchain à Douai , à 1 5 toises de la ligne d'arbres
de la chaussée (6). — Mais, en mars , on se décide à boucher celte avaleresse
commencée et à percer deux nouvelles fosses (7). — On décide , en avril , que
Neuvième ces fosses seront établies à la droite de la chaussée de Bouchain à Douai , dans le
et dixième
fosse- champ qui fait l'angle droit en allant à la dite chaussée , vis-à-vis du chemin de traverse allant de la même chaussée à Auberchicourt (8). — On tentera de passer le niveau à celle des deux fosses seulement qui présentera le moins de difficulté (9).
(!) Délibération du 21 janvier 1786.
(2) Idem du 22 février 1786.
(5) Idem du 21 mars 1786.
(4) Pajot-Descharmes, p. 408.
(5) Dieudonné, t. 1, p. 172.
(6) Délibération du 22 février 1786.
(7) Idem du 21 mars 1786.
(8) Idem du 20 avril 1786.
(9) Idem du 14 mai 1786.
Ces deux fosses, nommées Sie.-Barbe et St.-Vast } servirent à l'extraction de la houille: Saint-Fast jusqu'en 1792, Sainte-Barbe jusqu'en 1841. Saint -Yast servit à l'épuisement, de 1792 à 1841, époque à la quelle Sainte- Barbe fut à sou tour employée à cet usage (l). « L'on y trouva , dit Dieudonné , du charbon de bonne qualité » (2).
Résume des travaux de 1774 à 1786.
En résumé, on avait fait , de 1 774 à 1 78G 2 avaleresses.
En 1774.
En 1777.
En 1778.
En 1779.
En 1781.
En178G.
1 puits d'extraction.
» 1 puits d'épuisement .
En tout 10 puits, dont G utiles et de plus 7 forages.
Exploitation. j)e 178G à 1791 il ne fut point creusé de nouvelles fosses. Mais plu-
de 1786 , r v
à i79i. sieurs fois les travaux et l'approfondissement des deux fosses existantes furent abandonnés et repris (3). \jà cuvelage défectueux dût être entièrement réparé (4).
En 1788, quatre veines étaient découvertes (5), elles donnaient 40,000 quintaux métriques annuellement, au dire de Dieudonné (6). On voit qu'en 1 789, on met en question si l'on continuera ou non la vente du produit de l'extraction,
(1) Diverses délibérations. — Dieudonné, t. 1, p. 172. — Renseignement de M. Lefrançois.
(2) Dieudonné, t. 1, p. 172.
(3) Délibération du 26 janvier 1787 et suivantes.
(4) Idem des 27 janvier et 1G juin 1788.
(5) Idem du 29 octobre 178G.
(6) Dieudonné, 1. 1, p. 17G.