PROFONDEUR
àLarnbres 2 jde53t.»p.
à Brebières 1
à Vitry 1
à Plouvain 1
à Rœux 8
à Rœux 2 .
à Fampoux
à Monchy-Preux.
à Remy
à Pelve
à Beugnicourt. . .
à Marque
de 53 à 62
de 53
Total.
Grandes fosses.
à Fampoux. à Rœux. . . ,
Total.
de16
(1) Lettre de Lecellier à l'intendant. 20 avril 1761.
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A Rœux.
\ Fampoux .
A Halloy.
En 1760, les sieurs Havez et Lecellier avaient repris deux des fosses de Rœux alors abandonnées ; après les avoir fait euveler jusqu'à 17 toises, ils durent les laisser de nouveau à cause des eaux (I); on assure qu'à l'une des fosses de Rœux , on rencontra le tourtia à 111 mètres (2).
Une nouvelle fosse fut établie à Fampoux, sur la rive droite , à 600 toises à l'occident de Rœux. Elle eut le même sort que celles établies dans ce dernier village (3). — Une autre fut placée à Halloy, à deux lieues de distance et à l'orient de Doullens, en Picardie. Elle « fut abimée par des malveillants qui vinrent nuitamment y couper la plate-forme de bois assise sur le sol de la terre et qui retenait tous les autres bois inférieurs ; » elle avait 36 toises de profondeur et 42 toises de forage au fond (4).
a Bienviiiers Le 20 mai 1763, on commença une fosse à Bienvillers-au-Rois (c'était la 23e entre Arras et Doullens). Elle fut poussée à 648 pieds , traversa le tourtia , et , si l'on en croit les entrepreneurs, amena quelques parcelles de charbon d'environ un pouce d'épaisseur (5). En forant horizontalement au fond de la fosse , on
(1) Mémoire de Havez et Lecellier â l'intendant. 1774.
(2) De Bonnard, Journal des mines, t. 26, p. 428.
(3) Mémoire de Havez et Lecellier à l'intendant. 1774.
(4) Idem. — Suivant M. de Bonnard, ce puits aurait été fait par une autre compagnie et vers 1766. (Journal des mines , t. 26. p. 428). C'est évidemment une erreur ; il n'y avait point alors d'autre compagnie en Artois.
(5) Mémoire de Havez et Lecellier à l'intendant. 1774. — Nous avons déjà vu que ce mémoire parle de la découverte de la houille à Ecrechin , ce qui est contraire aux indications des procèsverbaux des délibérations de la société alors existante. Cette inexactitude des sieurs Havez et Lecellier doit nous mettre en garde contre leurs autres assertions de même nature. — Ainsi ils affirment qu'en 1759 les forages faits à Rœux et environs firent reconnaître l'enveloppe du charbon à 60 toises, tandis que les délibérations sociales qui relatent tous les travaux n'en disent rien, et c'est justement vers cette époque que presque tous les associés abandonnent l'entreprise. — Quant au fait de la découverte de Bienvilliers, elle est affirmée avec des circonstances qui méritent d'être rapportées : — Les états d'Artois (ainsi qu'il est dit dans le mémoire des entrepreneurs) avaient fait espérer un secours de 24,000 liv. par prêt; les sieurs Havez et Lecellier n'avaient pu encore l'obtenir; arrivés, en 1765, au tourtia dans la fosse de Bienviiiers , ils demandèrent un secours à- ces mêmes états , en alléguant qu'ils avaient trouvé des parcelles de houille. Les états ordonnèrent la vérification des faits avancés. — Un procèsverbal du 21 février 176G a été dressé par les commissaires des états qui s'étaient fait aider de « deux
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reconnut un remontement de terrain du côté du nord , qui fit décider trois forages qui constatèrent ce remontement, savoir: — à Bienvillers à 207 ou 270 toises de la fouille (1), — à Pommiers à 465 toises du précédent, — à Baylemond à 954 toises du forage de Pommiers (2).
a Pommiers. Sur ces indications, deux fosses furent tentées à Pommiers en 1765. L'une d'elles était poussée , en 1 774 , jusqu'à 70 toises 3 pieds , après les difficultés les plus grandes (.'}). On dit qu'on y trouva le tourtia à 180 mètres, mais qu'audessous ce n'était que terrains noirs, sableux, inconnus , que les eaux firent abandonner (4).
Seize forages furent encore faits, vers 1774, « tant sur les allures du nord que sur celles du midi » (5) ; mais à dater de cette époque jusqu'à la dissolutiou de la compagnie, les renseignements nous manquent sur les travaux qui peuvent encore avoir été faits.
experts mandés de Mons ; » il en résulte : — 1° qu'il a été impossible aux experts de descendre dans les fosses , à cause des eaux , — 2° qu'ils les ont trouvé placées dans les degrés de longitude et ds latitude où passent les veines de charbon, — 3' qu'interpellés « de déclarer, après un mur examen de différentes terres extraites des dites fosses, s'ils apercevaient quelqu'indice de charbon, ils ont répondu que si le tabac ( apparemment le tourtia ) qu'ils voyaient en grande quantité parmi ces terres, était aussi peu enfoui que les ouvriers employés à ces fosses l'assuraient, « il y avait espérance d' extraire aisément du charbon, » — 4° qu'enfin les employés et ouvriers attachés à l'établissement ont déclaré avoir trouvé du charbon dans la fosse, qu'ils en ont produit des échantillons môles à de la terre , et qu'ils ont même ajouté « qu'ils répondaient sur leur vie de mettre en dedans quinze mois la mine à découvert et en état d'être exploitée. » — De tout ce que contient le procès-verbal des experts de Mons , il n'y a donc de prouvé que ceci : — Les entrepreneurs ont avancé le fait de la découverte en demandant un secours. Les employés et ouvriers en ont affirmé la réalité. — On ne trouve dans aucun auteur rien qui appuie l'assertion des sieurs Havez et Lecellier. M. do Bonnard (Journal des mines, t. 26, p. 428) ne parle que de la découverte du tourtia, — et Pajot-Descharmes (p. 523) dit positivement que la compagnie a dû abandonner « sans qu'elle ait pu parvenir à aucune découverte. »
(1) Ce serait 207 toises, suivant la correspondance de Lecellier avec l'intendant, — 270 suivant le mémoire de 1774.
(2) Mémoire de Havez et Lecellier à l'intendant. 1774.
(3) Idem.
(4) De Bonnard, Journal des mines, t. 26, p. 428.
(5) Mémoire de Havez et Lecellier à l'intendant. 1774.
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Les entrepreneurs estiment qu'à cette époque ils avaient
dépensé pour Ecrechin 253,704 liv
et en Artois 243,492
Ensemble, au 30 août 1774 (1) 499,196 liv.
Les Etats d'Artois avaient, en 1761 , fait espérer aux entrepreneurs un secours de 24,000 liv. par prêt. Mais ils le réclamèrent en vain , « la bonté de ces états se réduisit à une offre de 6,000 liv. sous caution à Arras et à charge de restitution à respiration de Tannée. » Les entrepreneurs ne purent profiter de celte offre, faute de caution. Ils obtinrent cependant, en 1766, un prêt de 12,000 liv. remboursables aussitôt que les fosses de Bienvillers seraient en extraction (2).
Là s'arrêtent les renseignements que nous avons pu nous procurer sur cette intéressante compagnie , à qui il ne manqua que de réussir pour être considérée comme la bienfaitrice de l'Artois. — Havez et Lecellier obtinrent bien encore une prolongation de la concession Willaume Turner, par arrêt du 7 mai 1775, pour finir en mai 1780 (3) ; mais le marquis de Trainel avait obtenu en 1779 (4) un supplément à sa concession d'Aniche , comprenant Rœux et environs ; il fit alors signifier aux sieurs Havez et Lecellier, dans la personne de leur directeur, Arnould- Joseph Leroy, qu'ils aient à abandonner les travaux dans la huitaine (5), — Ainsi finit cette compagnie, « sans qu'elle ait pu , nous dit Pajot- Descharmes, parvenir à aucune découverte » (6).
(1) Mémoire de Havez et Lecellier à l'intendant. 1774. — La requête qui précède l'arrêt de 1775 , accordant une prolongation de concession , dit qu'on a dépensé 500,000 liv.
(2) Mémoire de Havez et Lecellier à l'intendant. 1774. (5) Arrêt du 7 mai 1775.
(4) Arrêt du 6 août 1779.
(5) Un exemplaire de l'arrêt de 1779, appartenant à M. A. Leroy, porte cette sommation.
(6) Pajot-Descharmes. p. 523. — Il paraîtrait que les travaux de Rœux furent repris dans l'intervalle où manquent les renseignements. — C'est là qu'habitait le directeur. — Des enquêtes faites récemment par MM. Boca et compagnie, demandeurs en concession des terrains environnants , parlent de la découverte de la houille, et cependant rien n'indique dans les travaux antérieurs à 1774 qu'on eut même la pensée qu'il en fut mis au jour. — Dans ces enquêtes (18 mars et 2 avril 1833), des témoins viennent
déposer qu'ils tiennent de leurs pères qu'à Rœux , au lieu dit derrière la chapelle Saint-Hilaire . à une profondeur de sept cents et quelques pieds, on trouva de la houille qu'on brûla (l'époque n'est pas indiquée). Que des réjouissances eurent lieu pendant trois jours, qu'un Te Deum fut chanté. Mais qu'après ces trois jours, pendant lesquels on laissa les travaux, les eaux furent trouvées remontées, ce qui, joint à la position des entrepreneurs, força d abandonner.
Si ces faits se rapportaient aux recherches dont nous avons parlé plus haut et qui datent de 1T59, il est évident, d'une part , que les entrepreneurs ne se fussent pas éloignés comme ils l'ont fait ; d'autre part, qu'ils eussent, dans leur mémoire , vanté cette découverte , comme ils firent celles d'Ecrechin et de Bienvillers, dont nous avons apprécié plus haut la valeur. — Si ces faits se rapportaient aux derniers temps de l'entreprise, comment Pajot-Descharmes , arrivé quelques années après dans le pays, en qualité d'inspecteur des mines, affirmait-il que les entrepreneurs n'ont fait aucune découverte?
Il se peut cependant que quelques parcelles de houille aient été trouvées mêlées au tourtia, visibles a la loupe, comme MM. Boca et compagnie en trouvèrent , en 1835 ou 36, à Vis. Mais il est plus que douteux qu'on trouva jamais de la houille en morceaux assez gros pour être exposés au feu. — M. Gocquerel, ingénieur en chef à Amiens, écrivait à M. Boca père le 14 octobre 1833, bien qu'il admit la possibilité, la chance même de la découverte de la houille : « quant aux anciens titres de concessions . ils attestent le désir et la présomption de trouver du charbon, mais non pas la preuve de l'existence du combustible fossile ; sous l'ancien gouvernement , bien d'autres titres de concessions ont été accordés où depuis on n'a pas trouvé de houille. » M. Cocquerel, qui connaissait l'enquête faite par MM. Boca et compagnie, se défiait avec raison de la mémoire des témoins.
SIXIEME PARTIE