LIVRE TRBISIEHE
Qui contient entr* autres la révolution du Pays de Fjaud.
Dès le milieu da mois de décembre^ de Tan 1585 , la Tille de Genève était bloquée par les troupes du duc de Savcne^ et serrée de* si près^ tant par eau que par lerre^ que rien n'y pouvait entrer qu'avec une ex|réme
peine. Et comme les vivres n'y étaient pas en aboDdaDce, et qu'on n'y en pouvait amener qu'avec beaucoup de danger cl de difficultés , les Genevois souffraient tout à la fois les maux de la guerre, et les incommodités de la disette. Ils demandaient instamment du secours aux Bernois; mais ceux-ci en magistrats sages et prudcns, ne voulant pas s'engager prccipitemmcnt dans une guerre, difFéraient d'un jour à autre de se déclarer.
Les Genevois n'obtenant rien de ce cdlé-l&, se défendaient le mieux qu'ils pouvaient, contre leurs enneniîi, avec un petit nombre d'aventuriers, français et allemands, qui g'élaicdt jetés dans leur ville; et faisaîeDl do tems en tems des courses sur les terres de Savoye. En même tems il s'occupaient à forlittcr quelques endroits faibles : ils firent bàtîr un boulevard en la rue St. Chrislophe, et auprès de la porte de ce nom ('). En attendant le secours des hommes, ils imploraient ardemment celui deDîcu, sans lequel toutes les forces humaines sont inutiles. Le conseil, exhorté par Farel^ qui était désormais le pasteur de Genève, fît assembler extraordinairemeut le peuple, à la grande église, le samedi 18 Décembre au son de la gloche, alin d'adresser à Dieu des prières, pour la paix cl la délivrance de la ville (').
Quelques jours après, ils inlterceptèrent des lettres du duc de Savoie, en date du 19 et du 23 décembrequi ordonnaient au commandant de ses troupcsdeçà les
■ 5avion III. 164. 165. IGO.
• U. i6kRo9et I1I.C. 53,
DisFoxi itnrin A les cbcoueir, 7
monUj do serrer Genève de [ilus près ; ce qu'il Ht. (1).
D'autre côlé, lo cbâlclain de Muss , J. Jacjucâ de Mèdicis, qui s'était mis au service du duc, non coDleni d'exbater sa fureur conlre les Bernois, par les voies honteuses ei secreiles dont on a parlé, leva tout-àfait le masque; cl prenant quelque troir[)cs de son nouveau maître, il se jeta snr les terres d'Orbe, d*Ëchalcns et de Gransoo , qui appartiennent en commun aux canloDS de Berne cl de Fribourg , et y fourragea (2). Toutes ces choses ensemble, déterminèrent enlin les fteruois à déclarer la guerre en forme au duc de Savoie. (3).
Ils ne pouvaient plus ignorer le danger extrême où clail Genève, de tomber enfin entre les mains de ce prince, son ennemi implacable; et voyant qu'il ne restait plus de moyen de la dégager que celui de prendre \eA armes , ils s'y résolurent enfin. Et d'abord, pour s'assurer de la bonne volonté de leurs sujets dans cette importante occasion , ils publièrent un manifeste, qu'ils adressèrent, en manière de lettre, à toutes leseommunaulés de leur canton, leur demandant leur sentiment sur le dessein qu'ils avaient, de prendre les armes conlre le duc. Dans cet écrit, date du 29 décembre 1535, ils faisaient un narré succînt, de tout ce qui était arrivé aux Genevois, depuis la guerre do 1530 et la paix dont elle avait été Suivie : n Que nonobstant te traité de
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