‹ Histoire de la réformation de la Suisse (volume 3)Chapitre 22 sur 98 · LE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LE QUATRIÈME

<K Tous ceux qui lisent la Sainte Ecriture en vulgaire^ ne sont que paillards, gourmans et yvrognes, blasphémateurs, meschans> meurtriers et larrons. Et ceux qui les soutiennent sont meschans,, et Dieu les punira. »

RESPONSE

Au pays de France est déffendu ; parquoy je l'ai près-

FEOCàa Dl FURBIVI. t(|7

ché. Toutesfois je n'ay nommé personne , et n'ay dît qu'ils fussent traistres^ meschans larrons , meurtriers, et si ne le voudrais dire.

LE CIHQUIÈKE.

« Gardez-Tous de ces hérétiques allemans, comme des ladres et pourris, et ne conversez- point avec eux n*en marchandise ne autrement. Bt n'ayez point d'alliance avec eux, en leur donnant vos filles, car mieux les vaudrait donner aux chiens. ».

RESPONSE

Je nie avoir presobé le dit article.

LE SntdîBIE.

« Nostre Seigneur disant trois fois à St. Pierre, s'il Taimait? constitua le dit saint Pierre et lea papes ses successeurs avec toute puissance ecclésiastiqiie ; au contraire dequoy font ces meschans hérétiques modernes de cette nouvelle loy, qui ne veulent obéir ne 4u pape, ne AUX cardinaux, évesques , curéiB^ vpcaire;; ou prestrea. Tels qui ne veulent à iceux obéir sont des brebis du diable, et marqués d'icelay, et sont pires que chiens enragés , meschans , traistres , larrons , meurtriers et brigands j qui doivent estre mis au gibet. »

RESPOHSE.

Si je l'ay presché, je l'ay presçhé tan| seulement au peuple de Genève, pour la correction des vices. Et antre chose ne vous en répondrui.

LE ffiPTliHE.

« Je suis détenu et gardé à cause d'une sorte de gens qui ne valent guères. »

SB8 PHOCÈS Dl rORBITI.

RESPONSE

Je n'ay point presché cela. Kenai-je dit que ceux qui m'oQt accusé envers Messieurs de Berne ^ n'estaient pas de grande valeur. ^

Après ces réponses les députés acceptèrent ce qu'il avait avoué , en toot ce qui faisait pour eux , deoMindant d'être admis à prouver les articles qu'il avait niés. Ils ajoutèrent : « Que leurs supérieurs et eux, étaient ceux qui usaient , selon la Parole de Dieu , de tontes ses créatures j qui sont bonnes avec actions de grâces^ sans faire distinction de jour et de viande, qui lisaient les Ecritures Saintes en langue vulgaires ; et qui étaient les Allemands, taxés par le moine/qui ont plus à cœur d'obéir a Dieu qu'au pape, dont ils rejettent les ordonnances > ayant assez à faire à suivre celles qui viennent du Seigneur, lequel ils regardaient comme le seul chef et le pasteur souverain de l'Eglise. » Ils concluaient de la, que c'était contr'eux que tous ces articles avaient été prêches , singulièrement en ce qu'il avait dit , tous ceux , etc. Comme donc ils regardaient cela comme une grosse injure qui leur était faite^ ils lui demandèrent, s'il voulait soutenir la vérité de tout ce qu'il avait prêché? Furbiti répondit, que ce qu'il avait prêché, il l'avait tiré des SS. Ecritures, et que quand il serait devant son juge compétent, il répondrait ce qu*il pourrait. Les députés lui répliquèrent, qu'il ne saurait jamais montrer sa doctrine dans la S. Ecriture, etc. Que s'ils étaient tels que les articles les qualifiaient, ils mériteraient une grosse peine , et qu'ils demandaient contre lui la même peine suivant la loi de talion. Là-dessus il fut

* Act. Disp. Gen. p. 9d. 30. 39. 3&.

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