‹ Histoire de la réformation de la Suisse (volume 3)Chapitre 23 sur 98 · IL CONSENT A DI8P0TXR · texte numérisé non relu

IL CONSENT A DI8P0TXR

résolu d'entendre des témoins^ pour prouver ce qu'il avait nié. On les fit venir. On demanda à Purbiti ^ a*il n'avait auôune raison de récusation contr'eux ? et après qu'il eut répondu que non, on leur fit prêter serment de dire la vérité. Le reste du jour et le lendeuiain furent

employés a les entendre. ^-

Le jeudi 29 janvier, le conseil assemblé demanda au

moine, s'il avait quelqu'autre cbose à dire pour sa défense ou contre les témoins. Furbîti déclara d'abord : « Qu'il n'entendait point comparaître là en jugement et devant son juge; néanmoins que faisant réflexion sur la leçon de saint Pierre (I. Ep. ni. ) qui veut que nous soyons toujours préls à rendre raison à chacun.de notre foi, il était prêt de rendre raison de la sienne, parla Sainte Ecriture, eV sans en sortir; priant l'assemblée, et singulièrement Messieurs de Berne , de ne pas prendre en mauvaise part ce qu'il dirait, n'ayant jamais eu intention de blesser l'honneur de ces seigneurs. ^ »

Les députés de Cerne consentirent à sd dispute, sans déroger pourtant à leurs droits et à leur action pourvu qu'il ne se servît qiie de preuves tirées de TEcriture. Tous les assistans y consentirent aussi. ^ C'est ainsi que cette dispute s'eng^agea. ^ '

Purbiti posa d'iedbord' celte thèse. Il est permis aux prélats et aux pasteurs de l'Eglise , de faire des ordonnances et des constitutions lesquelles ne sont contenues ni couMuandées en là Sainte Ecriture, en obligeant et

* Act. Disp. Gen. 36. 38.

' Ibid. kO.

' Act. p. tô.

* Ib. M.

MO OUPOTB DX GIKBTB.

aslfeignant à les garder» ' sous peine de péché mortel. ' Pour la prouver » il cîla Deuteronome XYII. , où Dieu ordonne aux juges d'Israël ; que quand il se présentera à eux quelque cas trop difficile pour eux , ils doivent aller dans le lieu où sera le tabernacle ou le Temple de Dieu» et consulter les prêtres de la race de Lévi'» et le juge qui y sera» et recevoir leur décision , et devront exécuter poncluelleroent» (sous peine de mort) tout ce qu'ils leur enseigneront selon la loi. Il conclut de là » que Dieu a mis sur la terre des prêtres et des juges» auxquels il faut obéir» et qu'il y en a dans l'Eglise» qui sont établis pour décider des grandes affaires, soit de la foi ou des mœurs» comme est le pape a qui il faut obéir» selon le commandement de Dieu. Ainsi il peut faire des ordonnances » qui ne sont pas contenues dans la Parole de Dieu. Pour soutenir ce raisonnement il ajouti^ que le pape avait été figuré et représenté par le prêtre lévitique. ^

Le ministre» (qui était Farel^ ou Viret» car un historien Genevois nous apprend ^ que Farel et Yiret fu-

' Les actes en furent imprimés en français cette même année-là. Ils ont ensuite été réimprimés en français et en latin, l'an I64A , en un petit volume in-19. Cest de cette dernière édition que \t me sers. Comme ce livre est rare, j*ai cru que je ferais plaisir à mes lecteurs, d'en tirer un extrait un peu détaillé de cette dispute.

' Tous les historiens ont, après Turretin , attribué cet écrit à un catholique romain » dont ils louent l'impartialité; mais Tauteur est Farel lui-même. Il mit sa relation sous le nom d'un notaire de Genève qu'il suppose écrire à Vienne , à un ami. C'est ce que montrent la lettre de Farel au typographe , et une seconde lettre adressée à Fabry , le 93 mai 1535. ( NoU de PEdiUur.)

* Ibid. «6. tô. KO.

^ Roset m. 18. Aliter Spanhemius in Geneva Beslit. p. 6B. cfui soliits Farelli mentionem habet.

BISPUTB DB GEIlftVB. S6I

retki les deux acteurs dans cette dispute du côté des protestanle) ; Farel, dis-je^ lui répondit : « Que ce passage ne prouvait rien en sa faveur ; car 1^ il s'y agit du prêtre de la race de Lévi et du juge ; 2® Dieu déclare qu'ils jugeront sehm sa loi^ d'où il parait évidemment qu'on ne doit ni ne peut enseigner autrement; d'autant plus que Dieu (Deuteronome IV. ) a défendu ezpresséraeni d'ajouter quoique ce soit à sa parole et d'en riea retran* cher^ et que quand quelqu'un l'entreprendrait mém^ ea faisant des miracles on ne devait pas l'écoater^ mais plutôt le faire mourir, (Deuteronome XIII.) D'où il suit que s'il n'était pas permis de non changer à la loi de Moïse^ beaucoup moins est il permis de rien changer à l'Evangilequi contient une pleine réirélationde la vérité; si hien que selon Si-Paul, (Galat. L) on doit dire ana* thème a quiconque eoseigae autrement qu'il n'a été évangélisé; 3o que ce qui est dit des sacrificateurs lévi** tiques ne peut pas s'appliquer aux prêtres romainst qui ne sonl pas de la race de Lévi et n'ont pas été figurés par eux. ' »

Farel fit ici sur ce sujet un discours un peu étendu peor montrer que c'^est Jésus-Chrisl qui a éié figuré par Aaron et par les auires prêtres de sa race ; que ic^est lui qui ayant offert un sacrifice véritaUemenit expiatoire pour les pédios des hommes, (ce que ceux-là n'ont jamais pu faire)^ est monté au Ciel où il intercède pour nous, ot ou il est monté pour tègsuer sur les vivans et sur les morts ; d'où il s'ensuit que c'est lui qui est le grand aacrifieatewr et le juge à qui nous devons aller, comme auasi il Aew y invite^ Matth. XI. Venez k «ioi| dit-ilj et le Père céleste nous l'ordonne aussi^ diëànt^ Matth.

* Ibid. 48. 50. SS.

S69 DI4V0TB DB GBV^VB.

XVn* Celui-ci esl mon fils bien-aimé^ etc., écoulez-le. 'Et quiconque ae lui obéira pas^ mourra. (Deuleronome

xvni.) '

. Porbiti répliqua^ que, comme en la loi de Moïse il y avait un souverain prêtre, ainsi il faut que dans l'Eglise il y ait un chef, un souverain, auquel on doive obéir ; 1^ le Seigneur dit : (Malth. XXIIL) Les Scribes et lea Pharisiens sont assis en la chaire de Moïse> faites tout ce qu'ils yous disent : et St^Paul dit, Hébreux -XIII : Obéissez à vos conducteurs ; 2^ St-Paul recommandait partout de garder les ordonnances des apôtres et des anciens de Jérusalem^ Act. XV. D'où il est clair (i^nta-t-il> que le siège apostolique de Rome a un chef, c'est le pape qui doit décider dea choses douteuses et qiii peut faire des ordonnances, obliger à les observer sous peine de péché mortel; et semblablement les évéques dans leurs diocèses. '

Farel. 1^ Le pape n'est pas le chef, ni le souveraÎD maître en Eglise^ mais c'est Jésus qui étant du Ciel est sur tous, Jean III. et le seul maître, (Matth. XXIII.) le chef qui donne le salut à tout le corps, (fiphes. IV. etc.) ; 2^ ce que dit le Seigneur des Pharisiens^ qu'il faut leur obéir^ c'est en tant qu'ils sont assis en la chaire de Moïse^ c'est-à-dire, qu'ils enseignent conformément à sa loi, autrement ils sont assis en la chaire de mensonge, et alors il faut se garder de leur doctrine comme le Seigneur l'ordonne, à l'égard des mêmes; je veux dire, les Scribes et les Parisiens, Matt. VII et XVI ; 3^ c'est dans

le même sens qu'il faut entendre l'exhortation de St* Paul aux Hébreux, car si les conducteurs n'enseignent

* Act. Disp. 54. 56. 58.

> Ib. 88. 60.

OISPUTB DK GBNBTE. 963

pas selon la docIriDe de Jésus-Christ, ils sont des larrons et des brigands, (Jean X.) comme il paratl par la défense du mariage, par Tordonnance de s'abstenir des viandes, etc., choses que Saint-Paul traite de doctrines des. diables, (I. Tim. IV.) et dont Tapôtre nous avertit de ne nous pas laisser séduire, (Coloss. II.) ; 4o ce que les apôtres et les anciens de Jérusalem ordonnèrent dans leur concile, avait été ordonné de Jésus, et ils le firent par le St-Esprit,, Âct. XV. '

Furbiti releva cette dernière réflexion. Il nia que Jesus-Chriat eut défendu les choses que le concile de Jérusalem défendit, autrement il n'aurait pas été besoin d'une nouvelle défense. Maisj dit-il, Jésus-Christ avait donné la charge à St-Pierre, en lui disant, pais mes brebis, (J.ean JEXI.) rétablissant chef de son Eglise, et lui donnant les clefs du royaume des Cieux. Il avait aussi établi l'autorité des conciles, disant que ce qu'il lierait sur la terre serait lié au Ciel, etc. Eq vertu de ceci, (dit-il), St-Pierre avec le coAçile ordonna les quatre articles contenus en la défense faite ; car St-Pierre a eu puissance et Ta laissée à ses successeurs. Les saints conciles ont eu la même puissance. '

Farel; l"" St-Pierre n'a pas prétendu ordonner autre chose que ce que Jésus-Christ a ordonné. Il appelle cela lui-même ttoter Dieu. Pourquoi voulez-vous, (dit-il), .tenter Dieu en mettant sur les disciples un fardeau, etc. (Act. XV.) L'assemblée de Jérusalem condamna les faux docteurs qui voulaient contraindre les Gentils convertis à la foi, à observer la loi de Moïse ; déclara qu'elle ne leur en avait point donné d'ordre ; qu'on ne voulait

* Act. Disp. GO. 63. 6&.

* Ibid. 64. 66.

i6& . DI8PUTB D« GSNBTB.

point les en chàrgei*, tuais seulemeui qu'ils devaient se garder du sang, des choses étouffées, des viandes sacrifiées Btxt. idoles et de paillardise ; afin qu'en mangeanl de ces yittndes ils Uescaudaliçassent pas leurs prochains, chose qui est défendue, Hatth. XVIII. Roin. XIV. eti. Cor. Vm et X. *

Furbiti. S'il n'y avait eu que le scandale il n'aurait pas été nécessaire de faire une ordonnance ; car le scandale cessant on ne serait point oblige de le garder. Mais St-^iei^re et le concile ont fait cette ordon-» nance selon le pouvoir qu'ils en avaient reçu de Jésus» Christ.

Farel. 1® La di^ense que Jésus^^hrisl a faite de don* ner du scandale, loib d'empêcher que les apôtres ne le défendissent aussi, est plul6t une raison pour eux k le défendre comme dépositaires de sa doctrine ; comme un homme qui dit à un autre, pardonne à celui qui t*a offensé, ne ftiit p&s une nouvelle ordonnance, mais il apporte celledû Seigneur. 2* Il esl clair que, dès que le scan^ d^le cesse, l'obligation cesse aussi; de là -vient qu'aujourd'hui on peut manger du sang saûs péché. S® Cela même devrait bien abattre Torgueil des papes et dea conciles ; car si une ordonnauce telle que celle du saint concile de Jérusalem dictée par le St-Esprit, et enr^ gistrée dans la Sainte Bcriture, n'oblige plus la conscience dès que la cause a cessé ; à plus forte raison les ordonnances des papes et des conciles non enregistrées dans la Saiûte fioriture n'obligent point la conscience s'il n'y a pas dans l'Ecriture quelques ordonnances toutes semblables. 4^ Jésus-Christ a dit à St-Pierre, pait me^

lbid.66 68.

OI5PUTB DE 6K11SVE. S65

brebis, et non ies brebis. II ne suit d«ne pas de là qae Jésas-Cbrisi ail établi St-Pierre chef de l'Eglise ; ni les papes que tous dites successeurs de St-Pierre duquel ils ne tiennent rien ; l'Eglise n'a qu'un chef, qui est Jésus- Christ. 5^ Les clefs du royaume des Gieux qu'il lui a données, sont TEvangile, la Parole de Dieu. Tant que St-Pierre prêche purement cette Parole, il a les clefs ; et de même tous ceux qui la prêchent aussi purement. L'homme ne peut ni ouvrir ni fermer le royaume des Cieux qu'en annonçant le pardon des péchés ou la condamnation selon cette parole, et quand ils le font leur sentence est ratifiée dans le Ciel. Mais quand St-Pierre ne parle pas selon la Parole de Dieti^ alors il est un Satan , ( Matth. XYI. ) De même ceux qui, .obligea d'annoncer la Parole de Dieu, ne Tannoncent point et empêchent ceux qui la veulent annoncer, sont maudits dû Seigneur. (IHalth. XXIII.) 6* Jamais aucun serviteur de Dieu ne s'appela chef de l'Eglise. Ce nom n'a été donné qu'à Jésus-Christ. St-Pierre écrivant aux pasteurs ne prend point d'autre titre que celui de prêtre ou ancien, I. Rom. V. *

Furbiti. En la loi ancienne il y avait un souverain prêtre, qui a été figure de St. Pierre et de ses successeurs. Et Dieu donnant à St. Pierre les clefs du royaume des cieux, lui a donné le pouvoir de faire des ordonnan-^ ces , etc. '

Farel V. he souverain sacrificateur aëté figure 4© Jésus-Chist et non de St. Pierre , autrement l'homme serait la figure d'un simple homme. 2^. St. Pierre n'i^

* Acl. 68. 70. 72. 74. 70 ' Ibîd. 76.

9^ " DISPOTB DB GBMÊVB.

eu aucuae autorité , que quand il a prêché la pure doctrine de Jésus-Christ ; et quand il s'en est écarté y il en a été censuré par St. Paul j (Gai. O. ) ce qui fait voir^ que quelque grand et excellent que soit un homme ^ il ne doit être écouté qu'autant qu*il porte la Parole de Dieu. Et il ne faut pas être léger à croire, mais éprouver les esprits y s'ik sont de Dîeu^ (I. Jean. IV.) et il faut que les brebis du Seigneur n'écoutent point d*autre voix f que celle de leur pasteur. ^

Furbiti, L'Eglise a le pouvoir de faire des ordonnances et de changer même celles de Dieu. Preuve en est le changement arrivé au jour du repos y que Dieu a ordonné d'observer le samedi, et TEglise, par la puissance que Dieu lui a donnée , a changé le samedi au dimanche, à cause de la résurrection de Notre Seigneur. '

Farel. Les chrétiens sereposant le dimanche tiennent le commandement de Dieu, qui commande qu'on travaille six jours, et qu'on se repose le septième, lequel est le jour du repos; lequel ils observèrent par commandement d'homme, ne faisant distinction de jour et de jour, ( car tous les jours aux chrétiens sont saints, et ils les sanctifient tous, ) mais 1^. pour ouïr ensemble la Parole de Dieu, et 2^. par charité^ afin qu'il ait du rcpos^ et qu'îLne soit accablé par un travail continuel, etc. ^

Furbiti 1°. S'il suflisait de se reposer un jour^ après en avoir travaillé si», J'un pourrait se reposer le lundi , après avoir travaillé six jours; un autre le mardi; un autre un autre jour; ce qui causerait une grande con-

* Ihid. 78. 80.

« Ib. 88.

^ Ibtd. 83. 8&.

DISPUTE DE 6ENBVE. S67

fusion dans TEg^lise. 2^; La loi dit formellement : Souviens-toi du jour du sabbat^ (qui est le samedi^ ) pour le sanctifier; et c'est là cependant ce que l'Eglise a changé. *

Farel 1^. a II n'est permis à aucune créature de changer les ordonnances de Dieu^ autrement il faudrait qu'elle eûtplus de puissance et de sagesse que le créateur. 2**. Celui qui prendrait le hindi^ ou le mardi, etc. pour se reposer^ désobéirait à Dieu , parce qu'il agirait directement contre la charité, (que Dieu nous a tant recommandée ,) en se séparant des autres , et serait repris du Seigneur, qui nous ordonne d'avoir un même sentiment, (I. Gorinth. I.) et de suivre une mémer^lc, (Galat. VI. ) » 3®. Le mot de sabbath, en hébreu, ne signifie pas précisément le samedi, mais le repos, etc. ^

La dispute ayant duré jusques-là pour cette matinée ; comme il était tard, on renvoya le reste au lendemain. Furibiti, animé par la gloire qu'il crut avoir remportée, dit d'un grand cœur qu'il était prêt de répondre à tout, et de bien maintenir son cas. ^

Le vendredi 30 janvier 1534 les conseils se rassemblèrent; et les députés de Berne y étant revenus avec les docteurs des deux religions, l'un des minisires recommença la dispute.

Il fit une courte récapitulation de ce qui avait été dit le jour précédent^ pour prouver 1®. que Jésus-Christ est le seul chef de l'Eglise, et 2^ qu'on ne doit écouler aucun docteur, qu'auUnt qu'il enseigne ce que Dieu a commandé.

* Ibid. 8&. 86.

* Ib. p. 86. 88.

' Ib. 88.

96S OISPOTB Dl OBMBYB.

Furbiti répéta son argument lire de Deuicroa. XVII. Farel répéta aussi ses réponses. '

Furbiti vint ensuite à un nouvel argument, tiré de ce que Jésus-Christ dit a ses disciples : « J'ai a vous dire encore plusieurs choses, que vous ne pouvez porter maintenant , mais quand le S. Esprit sera venu , il vous conduira en toute vérité, (Jean XVI.) et vous enseignera toutes choses, »( Jean. XIV. ) Ces choses que le Seigneur a réservées à ses diciples, les apôtres les ont commandées dans la suile , et pareillement leurs sacce&seurs qui ont reçu les cleCs pour gouverner l'Eglise , tellement que ceux qui ne leur obéissent , el les méprisent, ils pèchent grandement^ autant que s'ils mi^risaient Jésus, ainsi qu'il a dit, Matth. X. *

Le ministre 1^. Les passages de Jean XVÎ. ei XIV. ne montrent point que Jésus ait réservé aucune chose qu'il devait commettre aux apôtres , pour faire des autres ordonnances , car tout leur a été montré quoi qu'îk ne le comprissent pas ; par exemple, qu'il fallait que Jasas- Christ mourût, qu'il ressuscitât, etc. ; que les idolâtres fussent participans du royaume et de la vie. Il dit luimême : «Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne fait pas ce que fait son Seigneur ; mais je tous appellerai mes amis , parce que je vous ai manifesté tout ce que j'ai ouï de mon père, » Jean XIII. U est bien vrai qu'ils n'entendaient pas ces choses , c'est pourquoi il a fallu, que le S. Esprit les leur ait remis en mémoira, Jean XIX. D'ailleurs le Seigneur, envoyant ses disciples prêcher, leur ordonne d'annoncer les choses qu'il ieor avait enseignées, et non pas de faire de nouvelles or-

' Ib. 90. 93. 94.

" Pag. 94.

doDnances. El St Pierre recommande k celui qui prêche > de poner les paroles du Seigneur^ (I Ep- Ch. IV.) Tous ceux qui .veulent établir de nouvelles ordonnances el des règles de perfection^ que Jcsus<-Chri8t ne commanda jamais, perdront la vraie vie elle salut. Il vau* drait mieux suivre simplement la doctrine du Seigneur^ que d'avoir tant de diversités d'ordres sans ordre, et sans ces dignités d'évéques , prélats « archevêques , primats, cardinaux^ papes , et tant d'autres inventions et supériorités, dont l'Ecriture ne parle point, etc. *

Furbiti voulut prouver l'autorité de TEglise, du pape, et des conciles > 1^. par les assemblées des apôtres , faites pour l'élection de Matthias; pour celle de S. Etienne, et de ses compagnons, et pour l'affaire des viandes, Act. I, YI. et XV. et 2^. par le premier concile de Nicéc, et par plusieurs autres de l'ancienne Eglise, qui ont résisté aux hérétiques, les vainquant par raisons invincibles de la S. Parole de Dieu. Il conclut de là, qu'il faut qu'il y ait dans l'église des dignités qu'on y voit, et qu'elle a établies, étant conduite par le S. Esprit. Il n'est point de nouveau, (ajouta-t-il, ) que l'église a des affaires principalement en ce temps , où les prélats ne font leur office, ne prêchent et n'enseignent le peuple mais elle sera en la an victorieuse. '

Le ministre prouva sans peine que TEglise Romaine n'est rien moins que conduite par le St-Esprit. Il montra qu'on y règle tout sans la communication des peuples et des princes, (à qui pourtant on doit être soumis); et que si l'on ose lui opposer l'Ecriture ; elle n'oppose que les bourreaux à ses arguraens . Que les apôtres faisaient

' Ib. p. 96. 98. 100.

' Ib. IOi.103.

S70 [dispotb db gbnbvb.

tout le contraire^ proposant toujours TEcriture^ prenant conseil de l'assemblée des fidèles ^ et qu'ils souffraient courageusement et honorablement la persécution^ bien loin de persécuter les autres ; comme fait TEglise romaine^ bien opposée en cela à l'esprit du Seigneur qui est doux et bénin. L'Ecriture ne connaît d'autres ordres ou dignités ecclésiastiques que deux ^ l'évéque (qui est le même que le prêtre) et le diacre. ^

Furbili voulut prouver la supériorité de l'évéque par dessus le prêtre^ 1^ parce que Jésus-Christ a élu douze apôtres, (Matth. X.) qui ont été cvéques; comme il paraît par Judas de qui il est dit qu'un autre prenne son évéché; ^ (Âct. I.) et dans la suite septante -deux disciples qui n'étaient ni apôtres , ni évéques , mais prêtres ; 2° parce que S. Paul dit (Eph. IV.) que le Seigneur a donné les uns pour être apôtres , les autres pour être prophètes 9 les autres pasteurs et docteurs, etc. En un diocèse il n'y a qu'un évêque qui a sous lui plusieurs prêtres. De même plusieurs évéques sont sous un archevêque, et les archevêques sous le primat, et ainsi par degrés l'un sur l'autre, jusques au pape qui est sur tous comme chef, constitué sur -tous comme successeur de Jésus , et Dieu en terre. ^ .

Farel, apjrès avoir relevé en passant ce que Furbiti di-

* Philip. 11. * •

' ib. 110. 112.

C'est aiasi qu'on pourrait traduire à la lettre le texte grec TTîV C'crfoxota^ ocuTou Aà(3oc frepoç. La version de Mous porte : Qu'un autre prenne sa place dans l'ëpiscopat. Au reste ce passage est tiré du psaume CFX. (ou CVIIT. selon les LXX.) v. 8. où Tou peut juger si David pensait aux évéques.

DISPUTE DB 6EHBVK. Vfi

sait du pape , et soutenu que Jésus-Christ n'a point de successeur^ montra que dans les épîtres de S. Paul les mots évéque et prêtre sont synonimes. 1° Par Tépître à Tite (Ch. I.) ou il lui dit qu'il l'a laissé en Crète , pour y établir des prêtres^ irperj^jî^oiiç , v. 5^ si quelqu'un est irrépréhensible , etc. Car , ajoute*-t-il tout de suite : Il faut que Tévéque soit irrépréhensible, etc. 2^ Par Act. XX. où S. Paul fît venir les* pré très d'Ephèse, v. 17, et leur dit : Prenez garde à vous et à tout le troupeau sur lequel le Saint Esprit vous a établis évéques, V. 28 et 30, par S. Pierre qui, au commencement du ch. y de sa première épître ne s'appelle ni pape, ni archevêque * mais prêtre avec ou comme les autres. IP II y avait plusieurs évéques dans une ville, comme il parait par ceux d'Bphèse qui étaient plusieurs, et par le commencement de l'épître aux Philippiens , où S. Paul salue les évêques et les diacres. Ht* Si Jésus -Christ a institué douze apôtres e( ensuite septante disciples, (et * non seplaûte-deux) il n'a point prétendu marquer par là la différence des évêques et des prêtres. Les noms d'é« véque et de prêtre signifient la même dignité. Le premier marque le soin de l'inspection ^. et le second l'âge ^, signifiant proprement ancien ,- car il faut qu'il soit ancien de mœurs et de savoir pour conduire le peuple. IV® Ce qu'il dit des disciples qui n'étaient pas évêques , se détruit par les exemples de Timothée et de Tite, qui étaient disciples et non apôtres > qui cependant ont eu

t'TZltTXOVJO^. Evéque signifie proprement inspecteur. "CTpStJpùvtpOÇ. Presbfier est tiré de 'CJpvj^q ancien, et

répond au mot latin Senior,

V% DISPOTB OB GBIIBTB.

le pouvoir d'olablir des évéques. V^ Si Judas étaii évéqne, où étaii son évécho? Conibieii valail-il ? Sais bien lui convieni, dit-il , avec les évéques, qui au lieu de porter la Parole de Dieu portent la bourse ^ dérobent ce qui doit venir aux pauvres j etc. ^

Furbiti insista, disant : V Que ce qu'on alléguait de S. Paul , ne signifie autre cbose sinon que Tévéque est aussi prêtre. 2^ Ce qu'il alléguait des actes touchant les prêtres d'Ephèse, appelés évéques, et touchant les évoques de Philippes , c'est parce que S. Paul avait assemblé nn concile où étaient des évéques avec les prêtres , et qu'il est vraisemblable que les évêques d'autour de Philippes y étaient assemblés en concile quand S. Paul écrivit cette épttre, et non qu'il j eftt plusieurs évêques pans celte ville. Il faut donc qu'il y ait dans l'Eglise des dignités^ etc. Il ne faut pas croire que Dieu ait laissé son Eglise, combien que les ministres et prélais d'icelle faillent en beaucoup, ne faisant leur office , etc. '

Le ministre 1^ fortifia ce qu'il avait dit que les termes d'évéque et de prêtre sont synonymes dans les épttres de S. Paul ; en remarquant 1^ que dans ses épîtres à Timothée et à Tite il prescrit les devoirs des évêques et des diacres et de leurs femmes , sans faire aucune mention des prêtres et de leurs femmes : ce qui ne peut venir d'autre chose sinon de ce que cheiL lui les noms d'évéque et de prêtre signifient la même personne. %^ Ce que Furbiti disait des conciles d'Ephèse et de Philippe est une fable inventée à plaisir. 3° S. Jérôme a reconnu la même doctrine écrivant sur Tite : Idem est ergo

^ Ib. 112. lU. 116.

* Ib. ISO. 122. in.

DISPOTB DB 6BNBTB. S73

PresbyteTf qui Episcopus, ditril. 1P II fit remarquer la grande différence qu'il y a entre les évéques de S. Paul et ceux du pape* Les premiers doivent être maris d'une seule femme ; mais si aujourd'hui un évéque se mariait tout serait perdu ; mais , dit-il , s*il a putains et maquereaux, la maison pleine. Ton en fait que rire. Si le commandement de Dieu est violé, c'est peu de fait. Si Ton passe le commandement des évéques ou du pape, en viandes ou jours, tofts crient au feu. '

Furbiti lut ici le passage de S. Jérôme, et se contenta de lui donner. froidement un démenti; puis reveYiant à la question principale , il voulut prouver le pouvoir de l'Eglise a changer les ordonnances du Seigneur, par l'exemple des apôtres qui , ayant reçu ordre de Jésus- Christ de baptiser au nom du Père , du Fils et du S. Esprit , ne l'ont point observé baptisant seulement au nom de Jésus, 4c t. II. '

Le ministre soutint que les apôtres ont observé dans le baptême l'ordonnance du Seigneur : 1^ Ils n'ont point craché contre ceux qu'ils baptisaient , ne fait les ajuremens que le Diable sortit du corps des enfans; ils n'y ont mis ne sel, ne huile, mais d'eau pure et nette ont baptisé. 2® En baptisant au nom de Jésus ils ont baptisé au nonf du Père ; parce que celui qui n'a le Fils n'a point le Père, (I. Jean II.) semblablement qui confesse le Fils il a le Père. De même nul ne peut dire que Jésus-Christ est Seigneur que par le S. Esprit : (I. Corinth. XH. ) Ainsi baptisant au nom de Jésus , ils ont baptisé au nom du Père, du Fils et du S. Esprit. II. Il ne faut pas croire

* Ib. ifh. 436. ISS. 130.

97JI DUl^DTE DE GENÈVE.

comme on enseigne dans les universités^ que ref&cace des sacreméns soit attachée à certaines paroles proférées avec intenlion sur la matière requise ^ ce qui est une superstition païenne et ressent la magie. L'Eglise de Jésus ne compte point les paroles et les mois , et s'arrête au sens, ce que bien apert aux apôtres et évangélistes qui allèguent les prophètes et Moïse en autres paroles et formes qu'ils n'ont parlé, ne gardant point les paroles et mots mais le sens^ etc. ^

FurÊiti pressa son opposant en lui demandant s'il serait permis aujourd'hui de baptiser simplement au nom de Jésus ? '

Le ministre. Quand il n'y aurait point de scandale^ il serait loisible débaptiser ainsi. Le vrai baptême ne consiste point dans l'eau et dans les paroles , car le baptême d'eau est donné aux bons et aux méchans ; mais le vrai baptême gît en la foi que Dieu donne , en TEsprit de Jésus qui est donné de Dieu aux élus et vrais enfans de Dieu, duquel Jésus baptise et non l'homme. ^ (Matth. IV.)

Furbiti. Ecrivez cette proposition, écrivcz-la, car elle est fausse. — Qu'on l'envoie par toutes les universités^ îl n'y en a aucune qui ne la coqdamne, comme fausse et erronée. ^

Le ministre , après l'avoir averti de ne pas tant s'échauffer, le défia de montrer qu'on fasse lïial en imitant les apôtres et ajouta que Messieurs de Berne s'arrêtent

' Ib. 1«S&. 136.

• Ib. 138.

' Ibid.

* ib. 140.

DISPUTE DB GBMÈVB. 275

à la Parole de Dieu et croient plus à icelle qu'à toutes les universités. ^

Furbiti dit que la raison pourquoi les apôtres avaient changé Tinstitution du baptême , c'est qu'au commencement de TEvangile le nom de Jésus étant encore odieux et méprisé , ils eurent une révélation de changer la forme de baptiser^ aCn que le nom de Jésus fût reçu en honneur ; elc. Mais maintenant que le nom de Jésus est en honneur^ qui baptiserait autrement que suivant le formulaire que le Seigneur a prescrit , il errerait. '

Le ministre se moqua de cette prétendue révélation , comme d'une rêverie y et soutint de nQuveau que les apôtres avaient bien fait^ et que faire comme ils ont fait ne serait point mal , gardant qu^t n'y ait scandale , car la charité requiert qu'on regarde de profiter et édifier, etc. ^

Comme il était tard on ne disputa pas davantage, et il fut résolu que le lendemain (samedi 31 janvier) on ne disputerait point, parce que c'était le jour du marché.

On ne disputa pas non plus le dimanche 1^' février, ni le lundi deux qui était le jour de la Purification. ^

VI. Le trois de février la dispute fut interrompue par un nouveau tumulte qui s'éleva entre les catholiques et les réformés, et qui aboutit à une violente sédition. L'occasion en (ÎJt une querelle qui survint entre les deux partis au sujet de Furbiti. Le tumulte commença dans la cour de St-Pîerre, et passa bientôt dans les rues voi« sines, et même dans les plus éloignées. Dans peu de

* Ibid.

' Ibid. Itô.

' Ib. îhk.

* Ibid.

t76 siDITIOn PAR LKS CATH0UQDB8.

lenips la ville fut loule en trouble et en confusion. On sonna du tambour pour faire prendre les armes, et il y aurait en beaucoup de sang de répandu sans les soins des députés de Berne et de quelques autres gens de Ucn qui s'empressèrent à faire la paix. Un pauvre chapelier fut tué dans sa boutique au Perron, et plusieurs autres blessés* Plus de cinq cents réformés vinrent en armes a la maison de ville, criant, que c'était là la quatrième ou la cinquième sédition excitée par les prêtres. Qu'ils demandaient justice, particulièrement contre les meurtriersj et qu'ils étaient là pour prêter main forte aux syndics. On chercha les meurtriers, et on les trouva au haut du clocher de St- Pierre où les chanoines les avaient cachés. C'étaient Pennet cordonnier, et Portier ou Porteri notaire, et l'un des secrétaires de l'évéque. Le premier eut la léte tranchée deux jours après le tumulte, et son corps fut attaché à un gibet. Le grand-vicaire et le chapitre entreprirent de le faire enlever pour l'enterrer aux flambeaux et avec pompe comme un martyr; mais le conseil «s'y opposa. Le conseil de Lausanne ayant appris ces troubles envoya des députés à Biossieurs de Genève, leur offrit leurs soins et leur médiation pour les pacifier. Les syndics les remercièrent civilement de leurs offres gracieuses. '

Le procès do Portier ne fut pas expédié si promptement, parce que comme après son arrêt on visita ses papiers, on y trouva au grand étonnement de tout le monde, non-seulement divers blancs signés du duc de Savoye; mais aussi un acte signé par Tévéque de Ge-

' Ibid. Ms. Ghouet p. 18. Saviou 111. p. m. 93. Roset III. Gh. 19.90.

L'iyiQUB BST RBOAADi COHHB BNHBMI DiCLÂ&i. 977

nève^ elscélédeson sceau en date dja 2 janvier 1834» par lequel il établissait dans Genèveun conseiller de Fribourg pour y exercer la fonction de gouverneur en son nom, pour le temporel, et en particulier pour chAlier les sé^ ditieux et les autres crimiaeis, etc. Cette découverte produisît un méchant effet contre les Fribourgeois ; mais encore plus pontre Tévéque (}be les Genevois regardèrent dès-là comme un ennemi déclaré. On fit voir

cet acte aux députés de Berne et de Fribourg qui se trouvaient alors à Genève. Les derniers se contentèrent de répondre qu'ils ne savaient ce que c'était,* ei qu'ils ne croyaient pas que leurs supérieurs en eussent connaissance. Mais les Bernois en firent beaucoup de bruit. Ils représentèrent au conseil avec beaucoup de force : « Que Ton devait enfin ouvrir les yeux sur la conduite de révéque ; qu'après s'être entendu auparavant avec le duc de Savoye pour faire la guerre a la ville, il était encore aujourd'hui d'intelligence avec lui pour ravir aux bourgeois ce qu'ils avaient de plus précieux, qui était leur liberté et leurs privilégeB, mais qu'ils espéraient qu'ils prendraient en cette occasion des résolutions dignes de leur courage ; et qu'ils avaient oAlre de la part de leurs seigneurs de leur offrir toute sorte de secours, comme de véritables et de fidèles alliés. ' »

Le 8 du même mois de février^ le grande-vicaire décréta des lettres contre les syndics pour les obliger de reMcher Portier, mais' on n'y eut aucun égard. Quelques semaines après il fut condamné a la même peine que Fennet, quoiqu'on lui fit son procès comme h un traître qui avait conspiré contre la ville. Il fut exécuté

Ms. Cboaet ibid.

S78 DISPOTB DE GBNBVE.

Je 10 mars, nonobstant les lettres de ^l'évéque que pro daisirent sa femme et ses parens ; par lesquelles il *déclarait qu'il faisait grâce à Portier , et ordonnait que le corps de Fennet serait ôté du gibet. Le grand conseil fut d'ayis.unanimément de ne s'y point arrêter^ puisqu'il s'agissait d'un crime d'état. ^

Cependant le mercredi 11 de février, la dipute recommença ; et les disputans reprirent la question qu'ils avaient entamée sur la formule du baptême. Biais le conseil trouvant que cette question avait été suffisamment débtittue^ ditàFurbiti : a Touchez les autres articles comme celui de manger la chair. vLà-dessus Furbiti avoua ingénument que le Seigneur n'a jamais défendu d'en manger ; que ce qu'il en avait prêché il ne pourra^ pas le soutenir par l'Ecriture Sainte^ mais qu'il l'avait appris de Saint-Thomas (d'Aquin), docteur approuvé ; priant l'assemblée d'y avoir égard, protestant de n'avoir eu intention de blâmer personne. Ainsi la dispute fut bientôt terminée. Furbiti pria les députés de Berne depprcndre ses discours en bonne part, représentant qu'il p'était pas le premier qui eût parlé de cette manière. ^

Ces seignedl'S lui reprochèrent d'être un prêcheur de songes et de doctrines humaines et non de la Parole de Dieu; et demandèrent justice contre lui. La cause fut remise au lendemain jeudi 12 février. Furbiti appelé pour savoir s'il n*avait rien à dire de nouveau pour sa justification, répondit, qu'il se remettait de bon cœur au jugement du conseil, demandant seulement en grâce . qu'il lui fût permis de prêcher le dimanche suivant, pro-

' Id. p. 19. Roset IH. Gh. 21 29. Savion p. 9&. Ben. Tarretin 1. c. &36. «

* Act. Disp. Gen. p. 146. ihS.

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