‹ Histoire de la réformation de la Suisse (volume 3)Chapitre 62 sur 98 · CG ACTES DU SYNODE · texte numérisé non relu

CG ACTES DU SYNODE

sujet des saials sacreiuens , lant qu on nous laissera le mystère, qui est le Seigneur Jésus-Christ, quand même on ne nous le laisserait pas si clairement^ et de la manière qu'il le faudrait, de peur que nous ne le perdions par la dispute.

Car les sacremens doivent nous servir à nous avancer dans la perfection^ et non pas à exciter en nous des mouvemens de nos sens charnels. Si donc quelqu'un veut opiniâtrement soutenir son opinion, il faut prudemment quitter la partie et détourner le discours aux choses qui sont certaines, lesquelles Jésus-Christ luimême produit en nous par le St. Esprit, selon la grâce que Dieu a faite à chacun en tout temps , savoir^ parler de la vertu et de Tefficace de la foi , de la bonne conscience , en quoi elle consiste , combien de temps elle subsiste, comment et pourquoi elle peut déchoir^ combien elle est toujours éloignée de l'avancement intérieur et de l'accroissement de la grâce et autres choses semblables , pourvu seulement que nous nous éludions toujours à prévenir de tout noire pouvoir les querelles et les disputes, et à ne point forger d'article de foi comme Ton fait d'ordinaire , pour lier les consciences les uns des autres , et pour les obliger d'entrer dans son sentiment. Autrement on donne de rechef occasion à toutes sortes de maux et d'abominations , et l'on ouvre la porte

' à toutes sortes d*erreurs*.

Or il nous semblerait que la manière la plus sûre pour bien parler des sacremens est celle-ci : premièrement,

. que ce ne sont pas de simples cérémonies , que les hébreux appellent hukkim , car elles ont été des ombres et des figures de Jésus-Christ qui devait venir , lequel est maintenant présent dans son Eglise ety demeure jusques à la fin du monde ; mais ce sont des mystères de Dieu

OU bien des^inyslëres de l'Eglise de Christ ^ lesquels présentent extérieurement aux fidèles ce même Jésus- Christ, qui est présent en esprit saint et qui remplit les cœurs. Ainsi nous prions le Tout-Puissant qu*il fasse que l'usage des sacremens soit parmi nous un acte véritablement divin , et non pas une simple œuvre d'homme , c'est-à-dire que toujours ce grand mystère. Dieu en chair , vive et croisse en nous ^ comme il nous est présenté extérieurement par les sacremens.

En second lieu, que quand nous parlons des sacremens, nous nous servions d'expressions qui y soient convenables en tout temps, et qui servent a nous édifier en Dieu par Jésus-Christ , et que nous ne nous inquiétions point les uns les autres par des termes qui sont matière de dispute* et de querelle. C'est de quoi nous avons un bel exemple en l'apôtre St. Paul, comme quand il écrivait ainsi aux Romains qui avaient tous été baptisés en Jésus - Christ : « Marchons honnêtement comme de jour, » leur dit-il, « non point en gourmandise ni en ivrognerie^ etc. ; mais soyez revêtus du Seigneur Jésus -Christ, et n'ayez point soin de la chair pour satisfaire ses convoitises. »

D'autre côté, écrivant aux Galates, il leur dit : « Maintenant que la foi est y^ue^ nous ne sommes plus sou^^ le pédagogue, car vous êtes tous enfans de Dieu par la foi en Jésus-Christ; car vous tous qui avez été baptisés, vous avez été revêtus de Jésus-Christ. »

Qu'est-ce que nous lisons-Ià ? Le St. Esprit s'oubliet-il .ainsi? Il prie les Romains baptisés de se revêtir du Seigneur Jésus-Christ; et quand il parle aux Galates, il change de langage et il dit , que tous ceux qui ont été baptisés , ont déjà été revêtus du Seigneur Jésus- Christ. Cet exemple nous fait voir évidemment qu'il ne

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faut pas regarder aux mots , aux paroles eWaux expressions , mais au sens , suivant lequel on relient ou l'on change les expressions , selon qu'on le trouve plus utile de temps en temps. C'est pourquoi nous devons d'autant plus éviter les disputes de mots , et ceux qui les font^ que le mystère est important, lequel ils obscurcissent par leurs disputes. Mais nous devons dire tantôt avec St. Paul, « soyez revêtus du nouvel homme; révélez l'armure de Dieu, les armes de la lumière; revétezvous comme des élus. De plus, revétez-vous de la vertu d'en haut, » et plusieurs autres expressions semblables, lorsque nous exhortons TEglise à s'avancer dans la piété et que nous voyons ce qu'il manque à iiotre Eglise encore faible. Mais si nous considérons d'autre c6té ce que nous avons obtenu de Dieu, nous tous qui croyons et qui , par le baptême ^e Christ , avonj» été baptisés au St. Esprit^ et que la charité croit tout, nous poavons aussi dire que nous tous qui avons été baptisés, avons revêtu le Seigneur Jésus-Christ, et nous pouvons ajouter a cela : « Chers frères , revêtez de plus en plus le Seigneur Jcsus-ChrisI, » car nous considérons aussi d'abord ce qui nous manque en notre chair, si nous contemplons la grâce de Diçu en nous , afin que nous ne tombions pas dans une secrète complaisance pour nous-mêmes.

Une chose qui a toujours corrompu l'Eglise, c'est que cliAcun veut enseigner quelque chose de nouveau , et qu'il y eu a peu qui écoutent le véritable Docteur qui est le St. Esprit, contre quoi nous avons ici proposé la simplicité de Jésus-Christ, dans laquelle nous voulons demeurer avec l'aide de Dieu , et avec cela employer tous les moyens, comme les sacremens^ le baptême, la cène et la parole extérieure, sans en corrompre l'usage par une vaine curiosité. Car en toutes choses nous re-

gardons par la foi a notre Jésus-ChrisI seul^ ou du moins nous y devons regarder ; c'est ce que nous savons fort bien. Dieu nous fasse la grâce de nous en acquitter fidèlement. -

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