‹ Histoire de la réformation de la Suisse (volume 3)Chapitre 63 sur 98 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Du baptême en particulier.

L'Eglise est celle dans laquelle Jésus-€hrist habite*, et laquelle il conserve lui-même selon l'homme intérieur. Les sacremens de cette Eglise ne sont pas de simples signes , mais des signes qui sont accompagnés de la vertu sécrète de Dieu ; comme , par exemple , lé St. Baptême, dans lequel le ministre baptise avec de Teau , et Jésus-Christ baptise en même temps avec son Esprit. Il est vrai que nous baptisons nos enfans, mais c'est pour les recevoir extérieurement dans l'Eglise de Dieu par notre baptême^ dans Tespéraoce que le Seigneur^ selon sa bonté infinie, déploiera sa grâce envers eux, en les baptisant du St.. Esprit, et nous tenons ce baptême des enfans pour un vrai sacrement.

Car notre foi s'élève au-dessus des choses extérieures cl au-dessus des temps et des lieux. Il est aussi une commémoration de ce mystère pour l'homme fidèle, car un tel homme est membre de la vraie Eglise de Christ. C'est pourquoi notre baptême des enfans est un sacrement de l'Eglise et un grand mystère de Dieu , et non pas une simple cérémonie, puisque nous sommes chrétiens et que nous n'avons plus d'ombres et de figures, mais que nous représentons véritablement notre

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foi et nous la confirmons par le sacrement , que la chose n'est pas encore exécutée dans l'enfant^ mais elle est exécutée en nous , qui sommes présens à cette action. Et nous savons que nous représentons par le sacrement l'action de Dieu comme elle se fait pour nous et en nous, et non pas comme elle subsiste devant Dieu éternellement. C'est pourquoi le baptême ensevelit avec Jésus- Christ et ressuscite avec lui. Cependant nous avons cette liberté par Jésus -Christ^ que nous baptisons celui que nous espérons d'élever à mourir au péché par Jésus- Christ. Ainsi il faut seulement bien prendre garde que nous n'administrions pas les sacremens sans mystère , autant qu'il dépend de e^ous , et que cela touche notre conscience ; car ils doivent être et demeurer des sacremens^ et non pas être pratiqués pour une simple cérémonie.

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