CHAPITRE XXVIII
; Qu aucun pasteur ne doii attacher à lui le commun
peuple.
II y eu a d'autres qui parlent trop rudement contre les seigneurs, et particulièrement en leur absence, où la chose n'est nullement nécessaire, et est sans fruit. Gens qui, quand l^seigneurs sont présens, et qu'ils devraient rendre témoignage à la vérité, les flattent honteusement; et qui tiennent une telle conduite, pour attacher à eux le commun peuple, qui prend plaisir à entendre médire des autres hommes, et particulièrement de leurs souverains seigneurs, et les censures qu'on leur fait.
En un mot, rien de tout cela n'est bon, il ne convient point à un ministre de Jésus-Christ, de soumettre à lui-même ni les sujets, ni les magistrats, et de se donner pour quelque chose; mais au contraire, les prédicateurs et ministres de la Parole doivent et sont obligés d'avancer l'édifice de Dieu , et de conduire absolument les fidèles à Jésus-Christ leur Seigneur, sans aucun égard à leur propre personne. Mais malheureusemenl nous voulons ctrc aimés, et n'être haïs de personne ; ce que nous
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voyons que Sl.-Paul n' a pas fait, lui qui ne se sou-r. ciait point d'être jugé des Corinthiens, ni d'aucun jugement humain*. Ainsi tout dépend de ce point; c'est que les prédicateurs regardent plutôt au conseil éternel de Dieu, pour parler après la bouche de Dieu, et dire des' choses^ qui puissent subsister au dernier jour devant le véritable Juge ; plutôt que des choses, qui conviennent et qui plaisent au présent siècle , et qui chatouillent les oreilles trop délicates.
Quand le cœur de l'orateur (chrétien) est droit, tout va bien, et l'on observe les réglemens. Son principal soin est de faire que Jésus-Christ croisse dans l'homme intérieur, et qu'on voie briller dans l'Eglise de Dieu une fvcbilé, qui parte du cœur. C*est dans ce dessein qu'il exhorte a la pratique des vertus; et qu'enfin il censure, mais non avec plus de véhémence, que Tesprit de Jésus- Christ ne l'y pousse, et qu'il n'a trouvé Jésus-Christ luimême et qu'il ne Ta représenté auparavant par ses discours. Ces pourquoi Ton a bien sujet de prier, qu'il plaise au Seigneur d'envoyer de bons ouvriers en sa vigne.