‹ Histoire de la réformation de la Suisse (volume 3)Chapitre 78 sur 98 · CHAPITRE XXXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVI

IfUr symbole des Apôtres; de F oraison dominicale, et des dix Commandemens,

Toute la religion est clairement contenue dans ces trois pièces: le Symbole ^ FOraison dominicale elle Dé" calogue. Le Symbole nous apprend à connaître Dieu et Jésus-Christ;, et nous montre comment la grâce et la vie commence, s'accroît et s'accomplit. L'oraison dominicale est la. vraie prière chrétienne ; et pour ainsi dire^ la cruche ou le seau, avec lequel on puise cette grâce à la source de la grâce, qui est Jésus-Christ, et on lu recueille dans le cœur. Car celui qui prie, obtient; et sans la prière c'est en vain que la grâce est offerte» La prière ouvre le cœur et l'élargit, pour ainsi dire, afin qu'il puisse recevoir la grâce. Et pour ce qui est des dix commandamens , ils sont un exercice extérieur, par lequella chair est mortifiée, et tournée a pouvoir mieux comprendre sa corruption et ses péchés, et à les retenir dans son souvenir; quoique du reste il faille auparavant connaître le péché par Jésus<-Christ et en lui, si l'on veut en avoir une connaissance utile. Celui qui considère les commandemens, doit considérer en même temps, que Jésus-Christ, lui^ juste et innocent, est mort par la préordination de Dieu, pour ces péchés-là, que le décalogue défend. Ainsi le symbole, l'oraison dominicale, et le dée^logue, sont la bible des idiots et des enfans, laquelle comprend tout le christianisme. Car les Sacre-

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menSj le baptême et la Sle. Cène , aussi-bieii que la parole d'exhortation^ ne faisant autre chose que de présenter aux âmes fidèles Te mystère de Dieu dans Thomme^ il n'est pas nécessaire d'en Qmbarase^r l'esprit des enfans et des simples^ qu'autant que ces choses peuvent leur servir a connaître ce seul Sauveur Jésus-Christ, qui est exprimé de la manière la plus propre avec toute sa vertu et son opération^ dans ces trois pièces susmentionnées. Si l'on s'y prend d'une autre manière on rend la religion trop difficile, et on la charge de trop de paroles, ensorte que les bonnes gens d'entre le peuple désespèrent de pouvoir jamais ni la comprendre ni l'apprendre. Sur quoi il est bon de remarquer^ que le fils a déclaré lui-même en termes bien remarquables^ que cette grâce incompréhensible, est cachée a la sagesse du monde, et est manifestée aux petits et a ceux qui ont peu d'intelligence. (Matth. XI.) C'est pourquoi nous devons nous accommoder à la portée des simples^ et nous rendre ic^lligibles, autant qu'il est possible; et ne pas fabriquer de nouveaux articles de la connaissance de chaque dogme.

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