‹ Histoire de la réformation de la Suisse (volume 3)Chapitre 79 sur 98 · CHAPITRE XXXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVII

De la conduite et de la probité des ministres et des pasteurs en général.

Il est toujours vrai ce que dit le Prophète, « tel qu'est le sacrificateur, tel est le peuple ; et tel qu'est le peuple

tel est le sagrificateur. » Car quand Dieu veul faire du bien à un peuple , il lui envoyé des prophètes qui soni gens de bien^ fidèles et sages dispensateurs des mystères de Dieu, par le moyen desquels tout le peuple est sauré. C'est pourquoi le peuple ne doit attribuer la faute qu'à lui-même, s'il n'est pas pourvu de bons pasteurs, comme il le devrait être. Et nous n'avons à nous plaindre de personne que de nous-mêmes, si notre peuple est si pétulant et obstiné dans ses vices , et si déso* béissant a la vérité : car nos péchés méritent cela. Quant au reste il y a partout des cœurs fertiles, propres à porter des fruits de justice pour Dieu, si nous étions seulement des Laboureurs et des ouvriers avec Dieu, dilig^ens et appliqués à cet ouvrage. C'est pourquoi chacun doit bien preifdre garde, qu'il ait les qualités que Dieu exigeait dans les juges du temps de Moïse , savoir , d'être « sages, entendus, et reconnus parmi les tribus pour être gens courageux et droits, craignantDieu, aroa^ teurs de la vérité , et enn'ëmis de l'avarice. » Il faut disje , qu'on voie aussi briller en nous les mêmes qualités. Car comme ceux-là étaient serviteurs des peuples pour le temporel, nous le sommes pareillement dans le« royaume céleste de Dieu, afin que notre sagesse en Jésus* Christ ne soit pas moindre que Ta été leur ombre et leur type sous Moïse. Or nous entendons par là, cette sagesse et cette intelligence, qui découle de laCrcnx de Jésua- Christ;'et une connaissance des fidèles, qu'on ne tire pasde la chair et du sang, mais qu'on acquiert par les fruits de l'esprit, et par les œuvres de charité. Car St. Paul ne « connaît plus personne selon la chair. (II. Cor. y.) » On devrait voir les mêmes scntimens dans nous et dans nos Eglises,, car nous ne devons pas avoir des affections chamelles. Il ne faut pas non plus avoir égard

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à la hardiesse de bouche el de roain^inais a une patience constante, à une charité active, qui vient d'une foi nom feinte; laquelle apporte avec soi Jésus-Christ , qui est la vériié même, et qui exclut toute avarice, et même toutes les convoitises du cœur. C'est aussi à quoi St. Pierre 'nqus exhorte ; « Paissez le troupeau, ditril, avec une prompte affection, et non point comme ayant domination sur rhéritage du Seigneur, mais étant les modèles du troupeau. » (I. Epttre Ch. V.) C'est ce que St. Paul a fait; et nous a ordonné de nous former sur son modèle, et d'être ses imitateurs, autant qu'il a été de Jésu^-Christ. (I. Cor. XI.) Il faut donc exhorter le peuple à nous imiter, et a suivre les exemples que nous lui donnons ; si du moins notre doctrine et nos œuvres conviennent ensemble, et si notre cœur est d'accord cfNrec notre bouche etnotre main. Mais hélas ! il ne nous convient pas trop encore à présent de tenir un tel langage, puisque nous ne sommes pas encore extrêmement avancés nous-mêmes dans les affaires spirituelles eCdans les œuvres chrétien* nés. Mais notre exemple sera pourtant en édification, si nous nous appliquons à bien remplir notre diarge dans l'EgKse, k la bien conduire, et qu'on nous trouve chez nous et dans notre domestique^ de bonnes mœurs, gens de bien et d'honneur.

Nous allons donc parler premièrement de notre em*' ploi, comme s'ensuit.

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