‹ Histoire de la réformation de la Suisse (volume 3)Chapitre 85 sur 98 · CHAPITRE XLII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLII

Qu*on doit prêcher dans tous les jours prescriis.

LL. EE. nos souverains seigneurs ayant ordonné dan» leurs édils de reformations à tous les ministres ^ de prêcher te dimanche « te lundis te mercredi et te vendredi; V \ ^ '

et nous , nous en étant excuses parce que nous ne pouvions pas avoir des auditeurs ; il a été trouvé bon que chacun doit s'efforcer a prêcher dans ces quatre jours autant qu'il lui sera possible, quand même il n'aurait qu'un auditeur ou deux. Le Seigneur ne s'est point fait de peine de s'entretenir avec une seule femme samaritaine , pourquoi un ministre de Jésus-Christ se ferait-il de la peine de parler de son Seigneur^ et pour sa gloire , même avec les personnes du plus bas rang du monde ? Car par devers Dieu il n'y a point d'acception de personnes , et une ame (idèle vaut plus déviant Dieu que te monde entier. On pourrait aussi faire ces sortes de discours, sur semaine y dans le milieu du temple ^ sans monter en chaire , et de la manière la plus simple. Et si nous sommes si prompts à nous en dispenser, c'est une preuve que nous avons bien peu à cœur la gloire de Bieu , ou bien que nous faisons plus d'attention au plus grand nombre qu'au petit troupeau et aux gens de bien, à qui nous devrions souhaiter perpétuellement d'être utiles. Il y a cependant plusieurs frères qui se font un plaisir de prêcher tous les jours ; c'est une diligence que nous louons, comme une marque d'un bon zèle.

n y a aussi plasienrs minislres qui ont plas d'an village dans lear paroisse. H serait bien nécessaire qu'on y prêchât au pauvre peuple dans les autres villages, sur semaine , et qu'on 'fit quelquefois deux sermons le dimanche. Il faudra examiner cette affaire dans les classes, parce que la situation des lieux n'est pas la même partout. En attendant, personne ne doit empêcher un pasteur diligent d'exercer son emploi ; car enfin instruire et ramener ceux qui s'égarent, est un devoir de chaque chrétien^ mais particulièrement des pasteurs. Et nous savons pour certain quel fruit il en revient de parler de cœur et avec prières à un seul homme de bien et simple, et de lui montrer son salut par Jésus-Christ; au lieu qu'autrement un tel homme périt misérablement dans son ignorance^ et son sang sera redemandé des mains du pasteur^ qui, comme un faux pasteur, n'aura pas bandé la brebis malade*

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