‹ Histoire de la réformation de la Suisse (volume 3)Chapitre 87 sur 98 · CHAPITRE XLIY · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIY

De la snsiie des malades.

La principale partie de notre emploi, c'est de consoler les affliges. C'est pourquoi nous les pasteurs, soit des villes , soit de la campagne, nous devons être particulièrement soigneux et diligens à visiter les malades , pendant qu'ils ont encore l'usage de la raison et l'esprit libre, et n'attendre pas qu'ils soient a l'extrcmité.

Et c'est ici l'ordre qu'il faut observer dans les instructions qu'on adresse aux malades : on doit commencer par les faire souvenir de la grâce de Dieu en Jésus- Christ , qui se tient el se veut tenir près des siens dans leurs afflictions ; et leur représenter, comment les vrais Chrétiens attendent avec soins la venue de leur Seigneur^ et de déloger ou d'être appelés à sortir de ce monde. Que s'ils ne trouvent pas cette disposition en eux , il faut pour les consoler, les conduire à la repentance, puisque par là ils apprennent a reconnaître leur amour propre et la faiblesse de leur foi ; et qu'ils prieot le Seigneur de leur augmenter la foi, afin que nous, qui

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devons être les témoins de la vérité de Dieu , ne les jetions pas dans une fausse confiance..

Ensuite il faut exhorter les assistans ^ à prendre occasion des douleurs et du danger du malade^ pour penser aussi à leur propre fragilité , et à craindre aussi Dieu tout de bon ; puisque toute confiance charnelle est absolument vaine et mal-assurée; qu'ils doivent considérer, quelle consolation c'est ^ dans ses afflictions, d'avoir un Dieu miséricordieux, et Jésns-Cbrist le fils de Dieu pour son médiateur et son avocat ; avantage ^ue nous obtenons par la repentance et l'amendement de la vie, et par une véritable foi en Jésus-Christ ; qu'il y a eu bien des gens qui ont été surpris par la mort av^nt que d'être bien convertis , s'élant endormis avec les vierges folles, dans l'attente de 1 époux etc.

Après cela il faut se mettre a genoux, et prier pour le malade, qu'il plaise au Seigneur de l'assister par sa grâce dans son affliction ; et demander en même tems et avec ardeur au Seigneur, qu'il nous accorde le secours perpétuel de sa grâce dans les maux qui nous arrivent présentement j et dans ceux qui nous doivent arriver.

U est aussi utile de lire quelques endroits de St« Paul, ou des Bvangelistes, ou des autres apôtres, qui traitent de la passion et de la résurrection de Jésus-Christ ; et de les expliquer d'une manière vive et touchante etc.

Cette espèce d'exercice est souvent plus utile que dix sermons, qui se font dans l'église, -sans que les auditeurs y prélent beaucoup d'attention ; au lieu qu'ici l'affliction les touche tous de près , et qu'ils désirent tous la consolation qu'on ne trouve nulle part plus certainement, que dans le Seigneur Jésus-Christ, après qu'on a perdu Tespcrancc de tout secours terrien.

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Josqaes ici nous avons parlé de remploi des pasieurs, commenl ils doivent s'en acquitter.

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