CHAPITRE XLV
De la conduite que les ministres dowent tenir, soUà F égard d'eux mêmes ^ soit dans leur domestique.
Celui qui pratique le commandement^ et qui l'enseigne^ sera appelle grand dans le royaume des cieux; car ce ne sont pas ceux qui étoutent la loi^ qui sont tenus pour justes ; mais ceux qu? la gardent. On voit lë contraire chez les pharisiens^ qui savent fort bien parler de Moyse, et qui chargent leurs Eglises de gros fardeaux ; mais ils n'y touchent pas du plus petit doigt. Loin de nous une telle conduite, de nous, dis-je, qui sommes les successeurs des apôtres! Au contraire, puisque nous prêchons la croix de Jésus-Christ, nous devons porter avec nous * en notre corps mortel, la mort de Jésus^hrist ; et prouver efficacement par une vie céleste, la résurrection de Jésus-Christ, à laquelle nous devons rendre témoignage ; ipais c'est ce que nous ne faisons pas si nous attachons nos cœurs à ce monde, comme font les autres , qui n'ont que des affections charnelles. Nous devons av<Mr notre domicile dans le ciel , comme gens qui sont ressuscites avec Jésus-Christ. C'est parla que nous excitons nos Eglises à rechercher avec soin «les choses qui sont véritables ^ raisonnables, justes^ pures, aimables et lou*
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ables» ; ce qu'A faut qu'elles apprennenl de nous^ qu'elles nous enlendent dire^ e( qu'elles voient en nous: ce sera à ce prix-là que nous paraîtrons avec joie devanVle siège judicial de Jésus-Christ notre Seigneur^ et que nous remporterons daas sa journée la louange d'avoir bien rempli^ notre emploi. C'est à quoi l'apôtre St. Paul avait bien pensé ^ lorsque marquant à son disciple Timotbée les qualités de ceux qu'il devoit choisir pouf évéques, c'est-à-dire pasteurs , .il lui dit :
« Il faut que l'évéque soit irrépréhensible^ mari d'une seule femme^ sobre ^ tempérant ^ grave, hospitalier, propre à enseigner, nullement adonné au vin, ni violent, ni attaché àiin gain sordide; mais qu'il soit doux, éloigné de toute contestation, exempt d'avarice; qu'il sache bien gouverner sa propre famille , qu'il ait des enfans €>béissanSj et dont les mœurs soient tout à fait honnêtes».
Nous allons réfléchir sur quelques-unes de ces expressions, et les examiner, laissant à chacun à faire ses réflexions plus au long sur les autres.
» Irrépréhensible » : Notre conduite doit être de gens d'honneur, dans tout ce que nous faisons, ou que nous ne faisons pas ; dans nos actions et nos paroles , en un mot, dans tout ce qui peut être de bon exemple. Ainsi nous trouvons bon de ne pas mépriser notre troupeau , (quoique composé de gens du peuple,) n>ais cependant, qu'il faut être habillé honorablement, et' qu'il y ait quelque différence dans l'habillement entre un valet de boucher et un ministre de la Parole de Dieu ; car du reste, négliger la bienséance à cet égard, c'est la marque d'un esprit léger. Nos Seigneurs défendent les habits découpes; mais si les pasteurs, qui doivent être en exemple, portent les habits les plus immodestes qu'il
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sdl po08ible û'àvolif, commenl cela peot-il être irrépré^ hensible? Ce n'esl pas pourtànl k dire^ qoe nous approo» vions raffeclation pharisaSque des hypocrilas; mais il faul 'garder soigneusement un juste-milieu*
« Mari d'qne seule femme.» Il vent désigner par là une ame chaste et. pure ^ soit dans le mariage ou noD. Car il à ^rd à Tusage detf juifr^ qui avaientalors plue d'une Temme ; ce qui avait f apparence d'une ame impudique, et était en mémo tems accompagqé de beaucoup de peine et d'embarras : car ceux qui $0Bt mariés « ont beaucoup d'afflictions en la chair.» Cependant St. Paul ne refuse pas une femme a Tévéque; mais ce qu'il dit là dans ces dernières paroles, se rapporte à l'honneur de la famSle, ou aux soins des affidres de ce monde, ou à ceux qu'il faut se donner pour plaire à une femme, s'il a une sœurj qui attende avec lui l'avènement de notre Seigneur Jésus-Christ. Or il faut qu'il soit mari d'une seule femme, afin qu'il ait une conduite chaste. Et à cet ^ard nous ne savons rien les uns des autres qui soit à reprendre, et quant à la conduite extérieure il n'y a aucun défaut parmi nous.
Mais nous devons considérer avec grand soin , combien il est blâmable et malséante nous, de tenir des discours malhonnêtes , ou de bouffonner, ou de plaisanter, ou d'approuver par notre silence ou autrement, que d'autres en notre présence se divertissent à parler de fornication, d'adultère, ou de galanteries criminelles. Car c'est consentir au mal ; ce qui est pire que l'acte en lui-même. Comment pouvons-nous faire écouter la Ste. Parole avec respect, si nous tenons quelquefois de ces discours malhonnêtes ou de mauvaise plaisanterie^
ou si nous les écoutons en riant, de la bouche des autres ?
Nous devons être « Sobres ;» car quelle serait la dignité de notre caractère^ si l'on nous voyoit dans les tavernes boire avec de la canaille et à des heures indues ; comme si notre emploi ne consistait qu'à boire et à manger.
Mais nous n'avons pas dessein de pousser plus loin nos réflexions sur ce sujet. Quand la croix de Jésus- Christ est gravée dans un cœur, elle remédie bientôt à toute autre chose , qui doit être le principal objet ^e nos soins ; en attendant il faut s'abstenir soigneusement de tous les vices grossiers, jusqu'à ce que nous puissioniB nous avancer à un plus haut degré de vie spirituelle, qui porte avec soi toutes les vertus; ce qui est le but auquel se rapporte tout ce synode. Dieu nous fasse la grâce d'en observer les réglemens. Amen !
Or afin que nous puissions persévérer dans cet exercice Chrétien, il faut toutes les années, le premier de mai, convoquer un synode de tous les ministres de la capitale et du canton^ et y rafraîchir les réglemens contenus dans ces actes-ci. De plus, nous voulons avoir toutes les années deux assemblées de classes, au cas que LL. EE. l'approuvent, et y traiter de la même manière, des choses qui servent à notre édification , et à celle de nos Eglises : sur quoi nous consulterons LL. EE., et prendrons une dernière résolution.
Pour conclusion, nous prions Dieu, qu'il lui plaise de nous conserver, et nous augmenter ce qu'il nous a communiqué dans ces six jours avec tant de bonté ; afin que le reste de notre vie soit entièrement employé à sa gloire' et à l'amendement de nos pauvres Eglises.
I^ Synode a commoncé ie 9 janvier, et a fini le lA de celle année i53S.