MORT DA CAROLSTAD À BALE
Jarent le comparer à St. Antoine, le fondateur des ber-
anites, D'autres particularisaient davantage, et dissient,
que irois jours avant sa maladie, commeil était en chaire
et qu'il préchait, il vitun grand homme qui lui fit signe
de la tête, et qui d’abord disparut, Ces sols contes furent
dans la suite ornés de commentaires aussi impertinens,
On dit qu'il était mort désespéré , et que méme il avait
été enlevé par les esprits malins, et que sa maison avait êté tellement tourmentée par les lutins, que personne n'y pouvait demeurer. Les ennemis de ce pauvre homme, luthériens et catholiques, ont gobé ces sollises avec avidité, et les ont publiées et répandues dans des livres imprimés. + Jo ne m'en étonne pas lant par rapport aux
cathotiques, car on soit assez, de quel esprit sont animés
leurs ecclésiastiques au moins la plupart, La Suisse en
fournit presque tous les ans des exemples. Je sais un
ministre de mes intimes amis, l'un des plus saints hom-
mes, que j'aie connu en ma vie, un homme, dont on peut dire sans hyperbole, qu'il menait presque une vie angéliques dont In probité et la piété était généralement reconnue dans le pays, et qui est mort mainteninl àmon grand regret. Plus de douxe avs avant sa mort il arriva “que dans une ville catholique, (que je no nommersi pas maïnteaont}, voisine de son Eglise, l'esprit menteur fut assez effronté poar publier que le diable avait saisi ce ministre en chaire, tandis qu'il préchgit, et l'avait emporté, Ainsi encorerune fois je ue m'étonne nullement, que les catholiques ayent adopté ces horribles calowmnies contre la mémoire de Curolstad ; celles qu'ils ont forgées
et publiées contre nos réformateurs sont plus que sufli-
sanies pour faire voir de quel esprit ils sont menés, el
À NVurstis: Le VIN, (617.618 Hotting. 748.
70 RÉTÉEXIONS SUR LE DOCTEUR CAROLSTAD.
combien peu ilssont dignes de créance. Mais que les lu. thériens, geus qui devraient avoir bien compris l’espri!
dé l'Evangile, tombent dans la méme faute ; que dis-je, qu'ils se rendent coupable d'un sihorrible péché do gaieté dé cœur, c'est ce qui m'étonne, qui me confond, et qui me navre jusqu’à l'âme, ct j'en ai honte pour'cux. Maïs iln’est pas diflicile de confondre la calomnie. Les écris vains contemporains de Carolstad ; et ceux, qui l'ont le mieux connu et qui ont dû le connaître, en parlent d'une maniére plushonorable. Sébastion Munster son collègue; professeur en Hébreu dans l'univorsité, écrivait à Pellis canus: nous avons perdu quatre excellons hommes de notre université : Grynœus, Carolstad etc. Un savant sa xon de Wittenborg, qui avait étudié longtems à Bâle, et qui s'y était trouvé lors de la mort de Caroletad, lui ren= dit témoignage, qu'il était mort on bon chrétien. ! Deux auteurs graves * disent, qu'il mourut on invoquant le fils de Dieu. Un théologien français, nommé Pierre Bo= quin, qui avait assisté à son convoi funèbre, réfuta colo calomnie dans un écrit imprimé, * disant que dans ç8 convoi il n'en avait pas élé dit un seal mot, d'où il concluait, que co faux bruit avait été répandu par l'atifice de sälan, par des esprits imposteurs, pour faire tort à la vérité. Enlin les théologiens de Zurich, dans l'apologie, qu'ils publièrent l'an 1545 contre la con? fessios de Luther, dont on parlera ci-après, parlant dearolstud, discot, qu'ils espèrent que l'Eglise de
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? Hospinian. Hist, Sacrament, 1. 119, b, etc. Lavater Hitor Sacram.
# De esusis Diuturie coutroversæ de S, Cœnx apud Melchioe Adam in Carolstadio.
ACCIDENT ÉTEANGE ARRIVÉ À EN PAYSAN. at Bâle ne dira rien de lui, qui puit tornie sa mémoire, * .
-Colte même année il arriva un accident étrange à un paysan, sujet de Berne, nôtif de Huttwyl, dons le bailkage de Trachsekrald, nomméAlichel Kuffer, qui mérite bien d'être ici rapporté. Ce pauvre Homme, s'étant levé de bon matin, le dimanche 3 avril, pour aller à Berne, demander quelque subvention charitable, pour Vaider à rebtir sa maisonnelle, qu'il ne pouvait pas achever sans secours , et étant entré dans un boïs derrière Walkringuen, comme il s'entrelenait en luimêmo de sa misère, il aporçut derrière un arbre un grand homme, bien fait, richement.babillé, mais en noie, manteau , chapeau et culotte, à la réserve du pourpoint, qui était vord; et qui s'avança vers lniet lui demanda ce qu'il avait, qu'il pare lait ainsi on fui-mêmo, avec tant do chaleur. Le paysan loi dit naïvemont lo dessein qui le menait à Berne. L'inconnu luidit, que s'il voulait faire ee qu'il lui dirait, il lui, donnerait de quoi rebâtir sa maison, Le paysan laiayant demandé cé qu'il souhaitait, il lui dit: « J'aiïmis ordre, qu'aujourd'hui où demain pour le plus tard} on melte le feu à Berne en quinze endroits, Si donc {ln veux enfaire aulant, je te payorai bien; et en disant cola, illui donna six écus, njoutant qu'autant de feux qu'il allumerait à Borne, autant dé fois il lui donnerait six éeus, et que le mardi suivant au matin il serait à Berne, et qu'il devait seulement prendre garde à lui. Le paysan surpris loi demanda, pourquoi il voulait tant de mal aux Bernois ? — Parce, dit l'inconuu, qu'ils m'ont fait lo plus sanglant affront, que j'aie jamais recu. Le paysan s'ei 500 chemia, comme s'il eût voulu aller à Berne; mais après avoir
À Hokting. +
LLE] HÉSLEMENT CONTRE LHSANABAPTISTES fait quelques pas, il se retourna pour parler encore une fois h cet homme ; mais ne le voyant plus, ilcourut après lui pour lochercher, mais en vain. Et comme cet inconnu loi avait demandé quel était le meilleur logis de Huttwyl, et qu'il le lui avait indiqué, ilerotqu'il y serait allé. Al y courut, mais il ne l'y trouva point. Ensuile ayant fouillé dans sa poche pour voir les six écus que cel homme Jui avait donnés, il n'y trouva que six feuilles de bois de hêtre, Surpris, confus de cette étrange aventure, ilalla trouver le baillif de Teacbselwald, nofmé Ulrich Megger, qui ï était alors à Huuiwyl, pour y présenter un minis= 4 il lui raconta toute l'affaire. ! Le baillif le même jour aux Seigneurs de Berne. — Je ne suis pas fort crédule sur ces sortes de choses; cependant comme ce fait es revêtu de toutes les cireons tancos qui peuvont le rendre digne de quelque altention, jen'ai paseru devoir le passer sous silence. J'en laisse le jugement aux lecteurs,
Le bailliage de Trachselwrald a été depuis Ja réforme. tion le quartier du canton de Berne, où il y a eu le plus d’Anabaptistes. Ilse trouvait parmi cos gons-là des docteurs lâches et parjures, qui étant saisis et mis en prison, ne 50 faisaient point de serupule, pour obtenir leur élargissement, de promettre avec serment, d'observer l'édit publié contre l'anabaptisme, et de renoncerh celte secte; et qui ensnite violaient leur sel !, et prôchaient publiquement pour entretenir ce schisme, LL. BE, de Berne ordonnèrent, que #i l'on en pouvait saisir quelqu'au, il serait mis au carçan à Berne ensuite; s'il promettait de nouveaa de quiller sa secte, il devait étre renvoyé dans sa communauté, avec une leUre de la seigneurie à son
Vs Groos.
RETRAITE DE SÉGASTIEN MEVER, #7s Baillif, qui réglait l'amonde honorable, qu'il dévait faire devant l'Eglise, savoir demander pardon à Dieu pour son paqure, et prier aussi l'Eglise de lui pardonner ce scan dale ; et la lettre souveraine devait aussi être lue publi= quement devant toute l'Eglise; que si après cela un tel homme relournait encore à enseigner, où aulrement à agir contre les ordonnances ; LL. BE. se réserraient à le puoir pour ce troisième parjure, comme elles le trouvernicrit à propos. A
Donné, le 28 novembre 1541. *
Cette année Sébastien Meyer, qui avait été rappelé de Strasbourg à Berne, pour y exercer le ministère après la mont de Bercblold Haller, l'an 1536, quitta l'Eglise de Berne et retourna à Strasbourg. Il était, aussi bien que Pierre Konzen, son collègue, dans les idées de Lutber, et il aurait souhaité ardemment que les Eglises de Suisse se fussent unies avec celles de Saxe sur la doctrine ge l'Eucharistie. Mais voyant que cet ouvrage était traversé par Erasme Ritter, el quelques autres ministres de Berne, qui n'approuvaient pas qu'il se sereit de certaines expressions condamnées par les concordats et les réglemens, dans l'explication de cette doctrine; ensuyé de ces contestitions qu'il voyait renattré à chaque occasion, et craignant même quelque traitement ficheux, il prit le parti de se retirer à Strasbourg, Il demanda son
au sénat, le 5 mai 1541, ot l'obtint. Les mémoîres de la vie dé ce grand homme ne sont pas d’accord sur le lieu de sa mort. Les uns disent, qu'il mourut à Strasbourg, d'autres qu'il retourna à Berne, où il mourut * l'an 1545 à l'âge de 80 ans. Pierre Kon-
! Maud, Bern, # Béen. Maus. P.1.p 220.