VINET RESTE ENCORE À GENÈVE
scil de Genère, à écrire à celui de Berne, vers la fin de mai, pour leur laissor Viret encore demi-année. Il recourat aussi à l'intcrcossion des Seigneurs de Strasbourg, par l'entremise de Bucer et des autres ministres, — Le conseil de Strasbourg, sollicité par los ministres de la ville, écrivit à Borne, (le 7 juin, ibid.) pour prier LL, BE. très-instamment , de laisser encore quelque tems Viret à Genève, où ilétait si nécessaire, pour aider Calvin à meltre toutes choses en bon ordre, ajoutant, que s'ils Ven retiraient Calvin aurait une peine extréme à réussir; ilsrendent un beau témoignage à Calvin, dans cette lettre: & D'autant, disent-ils, que M. Calvin s’est comporté parmi nous d'une manière si honnête et si vertueuse, et s'est rendu si rocimmandable par sa science.et son habileté, en sorte, que non seulement nous l'aurions re= tenu parmi nous avec plaisir, mais de plus à cause de noire. Eglise, nous ne l'aurions pas facilement cédé ; si nous n'eussions cru qu’il serait plus utile à Genève, pour l'avancement de la gloire de Dieu et de l'Evangile de Jésus-Christ. Pour celte cause nous vertions avec douleur,
ilne pô pas consommer l'ouvrage qu'il a commencé, ebqu'il fût chargé au delà deses forces ; ele, *
Les Seigneurs de Berne, pressés etsollicitéssi virement par tant d'endraits, voulurent bien enfin permettre, que Virot demeurât encore six mois à Genève, pourvu qu'il y cousentit, ne trouvant pas à propos de le lui ordonner. * Ainsi Viret demeura à Genève jusqu'au 12 juillet de l'an 1542, ce qui fut un grand soulagement pour Calvin, qui était parfaitement bien secondé par cet excel. lent homme, dont l'éloquence douce et insinuante ser=
* Mss. Gross.
# Welseh. Miss. 247. b,
à PAGET DE ROMENT DR MONA. 165 vai en quelque manière k1empérerce qu'il y avait de trop sec et de dur dans les manières ot les discours de Calvin.
XX. Dans ce 1ems Là il y'eut un écclésiastique allemand, nommé Robert de Mosham, doyen de la cathé, drale de Passau, qui se mit en tête, de réunir les protestans avec l'Eglise romaine. I voyages pour ce dessein dans la Suise réformée et dans le voisinage, éxhortant et invitant les Eglises à se réunir avecle siège de Rome. Mais comme ses soins ne furent pas agréés à la cour de Rome, parce qu'elle ne veut absolument rien céder pour” se porter à la réunion, ils n'eurent pas on meilleur succès dans la Suisse qu'ailleurs. L'iseue de la dornière diète de Wormset de Ratsbonne, ayant convaineu les protestans qu'ils n'avaient aucune puix à attendre de la part deRome, les Suisses renvoyèrent ce doyen, avec un com pliment trouésé court, et on le pria de sortir du pays; ce qui se fit à Berne, le 27 d'août, à Bâle le 24 octobre, et à Schaffouse le 10 décembre. Ce qui donna encore mauvaise opinion de cet homme, c’est qu'on roconnut, qu'il était fanatique. El se vantait d'avoir Fr et des révélations particulières, et d'en a:
gesse extraordinaire. Aussi chatte ur Jui ressemblassent, avec qui il voulait fonder une Eglise particulière, qui aurait elle seule une communion taime avec 3. Chrise. *
… Llarriva cette énnée un cas surprenant dans un villoge du comté de Valangin. Une fille s'étant promise en mavinge à deux garçons à la fois, l'affaire fut portée à La ugistrature, qui adjugen la bolle au dernier en date. Quand le jour des noces fut renu, le premier galant, animé d'ane fureur diabolique, vint avec quelques cama-
+ Hoting. 796.
16 FAREL À NEUCHATER
rades à l'assembléo, qui étai forLnombreuse, et ayant ob. tenu la permission de’ danser l'épouséo, après avoir fait avec elle deux ou trois tours de danse, il lui perçä le sein d'un coup de poignard, dont elle tomba raide morte, Ce coup fit, comme on le pool ponéer, un vacarme horrible, L'époux et les parens coururent à la vengeance ; le galant et ses cämarades se défendirent en désospérés. Lo com- “bat fut si cruel, qu'il y eut vingt doux porsonnes tuées, et un grand nombre de blessés, *
On à vu dans le cours de celte histoire, que Guns Farel avait an zèle infatigable soutenu d'un courage intrépide, pour la conversiôn des ennemis de la vérité, El n'en avait pas moins pour la conversion des pécheurs et des etinemis de la vertu. I y avait à Neuchâtel une dame de qualité, qui ne voulut pas se tenir dans les bornes de la pidté chrétienne, Farel fit tous ses elorts en particu lier, four la faire rentrer dons le devoir, par des remontrances vives et fortes, mais douces, ét assaisonuées de charité chrétienne. Après les remontrances douces et charitables, il en vint aux menaces. N'ayant rieu pu ga guer sur cet esprit fier et opinidtre, enfa il erut devoir pratiquer à son égard le précepte de l'apôtre, Œ Tim, V, 20.) qui ordonne de «cessurer publiquement ceux qui péchent, afin queles autresen vient aussi de la crainte, » À la censura donc vivement dans un sermon, qu'il fitlle dimanche 41 juillet. — Sos parens irrités d'une telle censure, qu'ils regardaient comme un affront sanglant ét insupportable, émurent contre lui la bourgeoisie, se plaigrantamèrement de sa prédication, et engagèrent l'assemblée à donner un décret de cassation contre Farel, avec ordre, de vider la ville dans deux mois, — Lereste
! Miss. Yom. 88,
SATTIRR DES AFFAIRES FACHROSES. LE
de la bourgeoisie fut fort mal content de celle résolution, Les Bernois envoyèrent une dépulation à Neuchâtel, pour chercher les moyens, avec le conseil eb les étais du pays, de pacifier cette affaire, On voulut proposer certains articles d’accommodement entre les parties. Mais Farelinflexible, et toujours ferme comme un rocher, rejeta toute voie d'accommodement, qui allët au relêchement de la discipline ecclésiastique, et à flatter les pé- <heurs.
Couc affire ft grand bruit dans la Suisse réformée et au dehors. Diverses Eglises en prirent conaaissance, et se donnèrent de grands soins pour la terminer, Les Bernois, pour soutenir Farel, envoyèrent des députés à Neuchâtel, vers le milicu de septembre, et le 1 octobre, qui trouvbrent une partie des habitans animés à la fureur contre lui. Ayant été choisis pour arbitres, ils prouon.
que Farel demeurerait encore deux mois dans son ministère. Pendant cet intervalle les Eglises de Zurich, de Strasbourg, de Constance et de Bêle écrivirent tresfortement aux Neuchâtelois, pour les exhorter à retenir Farel. Leurs exhortations furent efficaces, au moïns sur le plos grand nombre. ! Les Bernois l'ayant sppris, leur en écrivirent (le 26 novembre) pour les en féliciter; les exhortant à retenir Farel entièrement, puisque son ministère ÿ était de si grand fruit; et que la prononciation n'avait pas été faite selon leurs vœux, mais accordée à cause de l'aigreur qui parniseai it. ©
Ses ennemis voulaient à toute force, qu'il sortit; mais Je consoil assemblé le dimanche, 28 novembre, touché de l'exhortation des Bernois, résolul de le garder, et or-
© Houing pe 747.
2 WVel, Miss. B. p. 308.
166 TARN APRES BIEX DES ORÂGES donna, que toute inimitié serait entièrement abolie et oubliée, et qu'il ne serait plus permis de faire des re= proches pour ce sujet, sous peine de 5 fr. d'amende, — Quelques mutins, au nombre de quinze où vingt, osèrent aller à Berne en décembre, pour faire casser celte réso= lution, soutenant que co n'avait pas été le semiment du plus grand nombre; mais le conscil de Neuchâtel écrivis à Berne, pour informer de la vérité, et demanda quoces séditieux fussent punis. ® Il est à remarquer, que les ennemis de Farel avouaient eux-mêmes dans leurs leures, qu'ils n'avaient rien à reprendre ni dans sa conduite, ni danssa doctrine, — Les Bernois y envoyèrent d'autres dépatés, le 4 janvier 1542, pour s'informer exactement de la vérité, et savoir de quel côté était le plus grand nombre des bourgeois: étant d'autant plus embarassés sur ce sujet, que lorsque lours premiers députés avaient dé à Neuchâtel, quelques conseillers et d’autres bour= geois leur avaient présenté un
nt plus soufitir Farel, Ils leur donnèrent en même temps plein pouvoir de pacifier les troubles de coute Eglise par les voies les plus douces et les plus convenables ; que sila pluralité était en faveur de Farel, ils devaient s'efforcer de porter les autres à la paix ÿ que si leurs efforts no réussiesaiont pas, ils devient faire ensorte, que Farel ft congédié bonnétement pour [es apaiser. * Ces députés ne firent rien, parce que les ennemis de Farel ne voulaient pas se soumoitre à la décision du conseil de leur ville, demandant que la bourgeoisie en décidé. — A cette occasion les Seigneurs de Berne écrivirent à Farel, (le 18 janvier), une lettre fort honnête
* Ms. Grooss 2 last. B p.5.
BST CONSERVÉ À NEUCNATÉE, 167 et fort gracieuse, ! pour l'inviter à vévir à Borôe, Jour parler en conseil; sans doute pour tirer de lui quelques lumières, ou pour lai donner quelques avis. Après l'avoir entendu, ils jugèrent, que pour terminer celte fâcheuse affaire, il fallait la remettre à la décision detoute là bourgevisie assemblée, afin qu'au moyen de la pluralité des suffrages an pût prendre une délibération finale au sujet de Farel. Us écrivirent le 20 janvier leur sentiment au conseil de Neuchâtel, leurinsianantde convoquer labour=
gcoisie pour le dimanche 29 janvier, et leur disant, qu'ils y voulhiont envoyer des députés, pour assister à celte essembléé, afin que tout s'y passät dans l'ordre, SL pro mellaot aux Neuchâteloïs, d'appuyer de leur antorité ce qui serait arrêté à la pluralité des suffrages. ? Ainsi enfin après bien des négociations l'affaire fat pacifiée. La bourgeoisie de Neuchâtel s'étant assemblée pour donner ses suffrages, la pluralité l'emportn en faveur de Farel. A fut maintean etcouservé dansson poste, et ses ennemis confondus. Les Seigneurs de Berne eurent la bonté d'écrire Le 13 février auxNenchâtelois pour les en féliciter, ?
XXI. Cette année 1881 la fn de grands ravages dans la Haute Allemagne se gd Mn, À Sc bourg ellé fi périr 8200 personnes, re autres les deux enfans dés deux premicrs réformateurs de la Suisse: Guillaume, lis de Zwingli, et Eusèbe, fils d'OBco- ALL LE Ainsi ils ne sürvécurent que dix ans à leurs
- Jean Sapidas, de Schlettstat, leur dresso une épi- Es honorable, somme à des jeunes hommes de tros belle espérance. Le même fléau.enleva aussi do co monde
À Voges cité lettre parmi les actes et pièces Hrstificatives + Web. Miss, 278. Tastr, p. 7 3 Wclach Miss. 268,
168 RAvAGRS DE LA »9re mn GA.
le bon Capiton, le plus ancien des pasteurs de Strasbourg, homme de mérite, el souverainement recommandable par la douceur et la modération chrétienne qui ae- <ompsgnaient son grand savoir. Il mourut aucommence- - ment de novembre. La peste fit aussi de grands ravages à Bûlo, et y fit périr plusieurspersonnes de mérile; eutre autres Jacob Meyer, bourgmaître, seigneur d'une grande piété qui avait beaucoup contribué à la réformation de la ville, et Simon Grynwus, théologien du premier ordre, et alors recteur de l'université, qui était rovenu depuis pou de la diète de Worms. Grynæus mourut le À da mois d'août, et Meyer vers la fn du mois d'octobre. On les onsevelit tous deux à côté l'un de l'autre, et l'onorns leurs tombeaux de belles épitaphes. La peste enlevaaussi deux savans profossours, Jérôme Artolf, et Antoïne Wild. Enfin la dernière personne de remarque qui mourut da la poste Béle cette année, fut le docteur André Bsdenstein, surnommé Carolstad, pasteur de la paroisse de St, Piorre. Ce pauvre homme finit 505 travaux el ses péléri nages le 24 décembre, en invoquant le nom du Seigneur. Comme ilavait été persécalé par de faux frères pendant #a vie, ille fut encore après #a mort. ILs'étoitatiré l'inis mitié de quelques-uns, parce (dit-on) qu'ayant méprisé auparavaot le litre ou le grade de docteur en théologie, il avait voulu dans la suite contraindre les gens à lo prendre malgré eux, comme une chose nécessaire. Maïs à mon avis la principale cause de leur baine élait une noire et basse jalousie, dont ils élaignt animés, parce qu'ils voyaient qu'il était fort aimé du peuple. — Ces sortes de gens publièrent, que quelques jours avant sa mort, et même dans sa dernière maladie qui n'avait 66 que de six jours, un esprit malin l'avait lourmenlé; co qui ayant 615 adopté par quelques bonscs gens, ils vou-