RAVAGES DE LA PESTE
4 de janvier, le savant Jean Muller, sarnommé Rhellicanus, dunom de Rhellicon sa patrie, pasteurde Bienne, où il avait été appelé depnis peu de temps. Vers la fin de l'automne elle enleva aussi le docteur Jean Zwwyck, pas teur de Constance, que ceux qui le connaisaient, el Bullinger lui-même, appelaient un homme incomparable, On voit en effet diverses lettres de lui entre celles de Calvin, qui ne peuvent que donner une grande opinion de son savoir, de sa piété et de son zèle. L'année précédente il avait engagé un habile homme, qui parlait italien, à faire le voyage d'Halie, afin d'y prêcher l'E vangile. Le pasteur de l'Eglise réformée de Bischoffzell étant mort de peste, le docteur Zwvick s'était chargé de la conduite de ce troupeau, afin qu'il ne füt pas sans pasteur dans ces tristes conjonctures. Mais il fut aussi frappé lui-même de la même maladie, et lo Scigaeur le retira bientôt à soi, dans le mois de novembre. #
La peste causa aussi de la désolation dans la ville et dans le canton de Zurich. Elle enleva en particulier Léon de Juda, l'un des pasteurs de la ville, qui fut gé- M néralement regrelté à cause de son rare mérite, de son savoir et de sa piété. Bullinger écrivit sur son sujets « Notre Eglise a perdu en cethomme-là un trésor inestis mable. En mon particulier, j'ai perdu une bonne partie de ma vie par la mortde ce très-chèr frère, et si je na me consolais par l'espérance d'une vie avenir, et de la r6surrection des morts, je succomberais à ma douleur, » — Comme il approchait des 60 ans, et que d’ailleurs son corps naturellement luet, était épuisé par les 1ravaux, dès qu'il se mit au lit, on n'eut pas grande espérance de l'en voir relever. — Quatre jours avant sa mork
* Hotting, 780.
MONT nE LÉON DK 90DA: 129
il fit venir vers lui tous les pasteurs et les professeurs de la ville, H fit devant eux une confession fort étendue de sa foi, dans laquelle il voulait remettre avec joie son âme entre les moins de son Créateur. Illeur dit adieu, et les exhorta à l'union, à la persévérance dans la priêre, à la constance dans la foi, et à veiller exactement sur leurs troupeaux. — Enfin se tournant vers Bibliander, ille pria de mettre la dernière main à sa version latine de la Bible, et d'achover de traduire ce qui y manquait, savoir: les 8 derniers chapitres d'Ezéchiel , le prophète Daniel, le livre de Job, les 48 derniers psaumes, l'Ecclésiaste et le Cantique des Cantiques ; qu'il avait réservés pour les dornicrs de son travail, comme élant les parties les plus difficiles de l'Ancien Testament. Bibliander était alors altaqué d'une fièvre tierce, qui causait beaucoup d'inquiétude à l'Eglise. Cependant il ne voulut pas refuser à son collègue mouront ce qu'il lui demandait ; d'autant plus que les autres qui étaient présens , joignirent leurs prières à celles de Léon, et que Pellicaous promit de luïsaider dans ce travail, Léon pria aussi Pellicanus de revoir tout son ouvrage, et de faire ensortesqu'il fût imprimé le plus correctement qu'il.se, pourrait. * Les livres Apocryphes furent traduits par Picrre Choli, — Ce Choli était un savant homme, natif de Zoug, et d'une bonne famille du lieu, qui trayailla long-temps à réformer l'Eglise de sa patrie; mais voyant ses efforls inutiles, il s'était retiré à Zurich, où il ne survécut pas long-temps à Léon de Juda ; car il le suivit bientôt après que celle version de la Bible fat achevée, — A l'égard du Nouveaa Testament on se contenta de retoucher la version
2 Hoktieg: 751.
190 TRADUCTION ÉATINE DE Là BIBLE DB AURICI d'Erasme ot de la corriger en quelques endroits, ec qui fat Fait par Lo même Pierre Choli et par Rodolphe Gualtber. — Dans ce temps-là Gualthor était régent au collège de la grande Eglise de Zurich ot pasteur de Schwamendingen. — Après la mort de Léon, dont il avait fait les fonctions pastorales péndant sa maladio, il fut élu pour lui suecéder dans le ministère de la paroisse de St-Pierre, Léon de Juda s'était servi dans sa version de la Bible, des remarques qu'il avait faites dans les leçons théologiques de Zwingli, de Céporin, de Pellican et de Bibliender. * Et comme l'an 1538, un savant juif converti, nommé Michel-Adam , vint s'établir à Zurich ets’y maria avec une bourgeoise, Pellicanus, qui le reçut d'abord éher lui, l'engagea à revoir avec lui la traduction allemande de la Bible, et Léon de Juda le consulia aussi souvent pour sa version latine, *
Geite version latine de la Bible fut imprimée l'an 1543, et fut généralement bien reçue du public, dans tous les partis de la chrétienté, Dès l'an 1544, on la vendit publiquement en Ialic. L'an 1545, Robert Étienne la réimprima à Paris, (aussi bien que la version des Psau= mes, que Zwingli avait faite}, cependant sans en nom= mer l'auteur, Peuaprès elle fut encore imprimée à Lyon; même avec l'approbation des théologiens espagnols , qui y firent quelques remarques, mais de peu d'impor= tance. Enfa elle fut imprimée à Salamanque en Espage, l'an 1584; et le jésuite Scrarins, et plus encore le docteur Ferdinand de Escalante, vénitien, lui donnèrent de très grands-éloges. Le savant président de Thot on faisait auési beaucoup de cas, et après en avoir fait l'his-
4 Hoiting, 226, 734 et 753, Chetdu V. T. p. 095. # Houing, 782. Simon His.
MASTOIRE DE FRANS MARTIR VERMILIO. soi toire, il finit par ees mots : « j'ai voulu rapporter Loat cola, pour fire connaître l'origine d'une traduelios qu'on a labt estimée en France et on Espagne, afin qu'elle sorvil à faire voir quello est l'utilité qu'on pourrait 1i= rer des livres el de l'industrie des adversaires pour la loire de Dieu, si, mettant à part la haine et l'esprit de parti, nous nous revêlions de charité et d'équité. » 2 Genôbrard a consurd celle version de Zurich; maîs Richard Simon a pris la poine de Ia défendre, ot de rodrcsser ce conseur de la manière qu'il le méritait. *
A. Dans le emps que ces lumièros des Eglises allemandes s'éleignaient , la divine providenee répara cette perte por divers savans italiens, que la perséculion contraigoit de quitter leur pays, pour aller chercher ailleurs un asyle, où ils pussent Servir Dieu suivant les mouvemens de leur conscience. Le plus considérable d'entr'eux fut Picrre Martyr Vermilio, Il nâquit à Florence, d'une fainille considérable, le 10 juillet de l'an 4498 ou 1500. Son père s'appelait Éticune Vermilio, ei sa mère Emilie Fumantina. On lui donna dans le bapiéme lé nom de Pierre Marlyr, quiest'un saint fort honoré en Italie. Sa mère qui entendait le latin, lui expliqua dans sa jeunesse les comédies de T'érence. À l'âge de 16 ans, animéda désir de vivre dans la retraite et dans le tranquillité, il voulut entrer dans un ordre religieux, malgré son père. Il choïsit le couvent des Chamoines réguliers de Fiézole, près de Florence, parce qu'on y avait une riche bibliothèque, établie par La puis. sante faille des Médicis, et qu'on y envoyait la jeunes. se pour l'instruire dans les sciences. L'un était obligé
2 Lv.3s.
M Lib cit p50te
où MASTOURE DE
d'apprendre par cœur les epltres de SkPaul; un autre les proverbes de Salomon; un autre quélque autre livre de l'Écriture, Après avoir passé trois ans dans celte mai: , son , il s'en alla à Padoue, où il entra dans ane maïsont du même ordre et y éludia la philosophie, particulières ment dans les œuvres d'Aristote, daus la pensée qu'il 3 trouverait plus de méthode el moins d'erreurs que dans les autres. Et pour pouvoir entendre ce philasophe dans sa langue, il s'appliqua fortement à l'étude du grec. Dans ce 1emps-là par toute l'Italie, il n'y avait point d’ecclésiastique séculier qui préchât. Ceue fonetion était absolument tombée entre les mains des religieux, dont les uns, comme les Dominicains préchaïent tous les dimanches, (ce qui leur à fait donner daus la langue allemande le nom de PREmGER MUNCUEX, qui signifie moines précheurs, ) et les autres prchaïentordi; naïirement dans l'Advent et le Carëme ; ei entre les Au gustins ceux-là seulement, qui surpassaïent leurs frères en savoir cten éloquence; d'autant mieux que ceuxde cel ordre, quis'employent à précher, par un privilége par= | iculier qu'ils ont reçu des Papes , sont regardés de Ia même manière que ceux qui ont obtenu le titre de docs teur dans les universités. Ainsi dès l'an 1526 et dans lé suivantes, P, Martyr partagea son temps entre l'étude et la prédication, et s'occupa à précher à Brescia, à Rome et ailleurs. Pour acquitter avec édification , ilse mit à lire l'Écriture Sainte, et pour être en état de la mieux entendre ; il étudia l'hébreu à Bologne, sous la direction d’un médecin juif, nommé Isaac Josias, Sim ler, qui a écrit la vie de P. Martyr, faiten cet onäroit uue remarque qui ÿ vient fort à propos, savoir, que Dieu fait lever la lumière de sa grâce dans l'homme par degrés, et qu'il est arrivé à ce grand homme quelque
PIERRE MARTTR 495 chose d'approchant à ce qui arriva autrefois à l'Apôtre st, Paul, en ce que Dieu donna à St, Paul avant saconversion, une erdeur singulière pour son sorvice;. il A ft la grâce de vivre d'une manière à enfin il lui iespira un grand désir de lire-et-d'étodier n loi. Conce fat qu'après tout cela qu'il lai ouvrit les yeux pour éntendre la loi dans son vrai sens, et pour l'expliquer aux autres. 5
Les supérieurs de P. Martyr furent si salisfaite de sa bonne conduite, qu'ils lui donnèrent uno abbaye de leur ordre, à Spolète, où pendant 3 ans qu'il y passa, il Gt un bien considérable à l’abbaye et à la ville. Hl réforma les mœurs des chanoines régaliers de celte: maison, qui fusqu'alors n'avaient é16 rien moins que-réguliers ÿ et ayant-trouvé la ville de en factions qui la déchiraient, et la remplissaient de troubles et d'assassinats, il se donna tous les soins possibles pour ÿ rétablir l'union et la paix; et il y précha tant, ilexhorla tant les eitoyens en public el-on particulier, qu'il dut enfin la joie d'en venir à bout. — Lorsque les trois ane firent expirés, on lui donna l'inspection du collége de St, Pierre ad Aram à Naples. Ce fut là qu'il ouvrit losyyeux de plus eu plus sur la religion: I out ce bonbeur par fa lecture de quelques ouvrages de Zwingli, dé Luther, de Bucer, d'Erosme, et de quelques aulres qui lui tombèrent entre les mains, comme Aussi par-la conversation de ceux à qui Jean Valdez, savant gentilhomme cspagnol, avait inspiré à Naples l'amour de la vérité, L'un de ces der. niers élait lé fameux Galeace Caracialo, Marquis de Vico; car il faut savoir que les écrits dont je viens de parlér, #6 répandirent ans, ce temps-là par toute VE takie, et y produisirent beaucoup de fruit.
Martyr entreprit alors d'expliquer publiquement la 4°
LE MASTOIRE DE Epitre de St Paul aux Corinthiens. Il eut d'abord un grand nombre d'auditeurs, des moines, des évêques et d’autres personnes d'un rang élevé, qui l'écoutèrent arçe plaisir. Mais lorsque parvenu au Chapitre I, il expliqua de feu dontillestparlé au vers. 13 d'un autre feu que celui du pargatoire, ils lui défendirent de continuer. Mais dos cardinaux, Jérôme Gonzaga, Caspar Contarini, Reimauld Polus et Pierre Bambaz etc., obtinrent du pape defaire enlever cette défense. Cependant commo l'air doNaples ne lui était pas favorable, il souhaits d'en sortir, et il fat fait visiteur général de l'ordre, Reéiu de colte dignité, il y abolit divers abus par le conseil du cardinal Gonzaga, qui en était patron. Cela lui autira la jousnge et l'estime des uns, mais aussi la haine des autres ; et une haine si violente que, pour lui tendre un piège, ses ennemis loi firent donner le prieuré du couvent de S, Fridians à Luques, ville qui était alors Drouillée avec Florence, et il faut savoir que co couvent ailes droits, d'évêque sur une partie de la ville. Mais il “s'y conduisit de telle manière, que ceux de Luques .charmés de sa probité prièront qu'on lo lour laissät. Hy & grand soin de l'instruction des jeunes religieux, @t afia qu'ils cussent dos maîtres pour apprendre les trois Janguos savantes, il chargea Paul Lacisio de leur enseigner la langue latine, Celse, comte de Martinengo, la langue grecque, et Emmanuel Tremellins, de Ferrare, fils d'un juif, In langue hébraïque. — En même Lomps ; afin que cos jounos élèves eussent le moyen de so fortifigr dans la longue grecque et dans la re- Migion, il se charges de lcur expliquer tous les jours les Æpitres de St. Paul. Il expliquait aussi en publie, avant souper quelque Psaumo de David, et il y avait toujours Bises instruction un grand concours de personnes illus=
vcŒRRE MATER | 195 £res ou par leur naissance, ou parleur érudition Animé par ce succès, pour répandre de plus en plus la lumière de la vérité, il se mit à prêcher au peuple tous les dimanches, expliquant dans ceux du earême gt de l'avent les textes dominicaux qui y sont assignés, et le reste de l'année les Bptires de Si. Paul. Par ces travaux, que ln zèle seal pour la gloire de Dieu lui faisait entreprendre, il fit de grands fruits à Luques, etiy altira plusiours petsounes à la connaissance de la doctrine de l'Evangile. Les moïnes vicioux qui le baïissaient, virent'avec un mor= tel dépit l'affection et l'estime qu'il s'était acquise dans Luques, et cherchèrent les moyens de l'en faire sortir. Ils crurent les trouver, lôrsque l'empereur Charles Ver le pape Paul HE vinrent à Euques pour y conférerensemble: Dans le même temps le cardinal Caspar Gontarino revint d'Allemagne, se rendit aussi à Luques, et logen chez Mortyr. Ainsi le dessein des moines échoua pour le coup. Mais quelque temps après que le pape fut sorti de Lûques, un moine de l'ordre des hermites dé St, Augustios fut arrêté par ordre du pape. D futà la vérité tiré de sa prison par quelques nobles Luguoïs, qui en allèrent enfoncer les portes ; mais s'étant malheureuse. ment rompu une jambe en fuyant, il fat de rechef saisi et conduit à Rome. Alors ces moines déréglés, Animés d'une haine! mortelle contre P. Martyr, parce qu'il les avait létris à couse de leurs vices, erurent avoir irouvé une occasion favorable pour le perdre, Ils firent une assemblée à Gênes, et le citèrént à comporaître deant eux pour y rendre raison de sa conduite. Les amis de Martyr l'avertirent qu'on en voulait à sa vie, et qu'on lui londait des émblüches. C'est pourquoi il quitta Luques, accompagné de Paul Lacisio, de Théodose Trebellio.et de Jules Tercotiano, natif do Plaisance, (qui
196 MISTOIRE DE l'accompagaa péndan toute sa vie } et s’en alla d'abord à Pise, où il fit la Sainte Cène avec quelques personnes de qualité. El donna aussi avis de sa retraite au cardinal Polus. En qualité de prieur il avait Loujouré porté sur lui l'anneau de l'ordre. Il le renvoya aux religieux de son couvent, avec une lettre adressée à toute l'Eglise de Luques, où il découvrait les défauts de l'Eglise romaine et particulièrement de ceux qui se sont attachés à l'ordre monastique, à cause desquels il n'y pouvait pas deméurer davantage. Dans l'espace d'un an il fut suivi de dix-huit religioox et d'autres personnes da mérite, entre lesquels furent Tremellius, Jérôme Zanchius, de Bergano, comme aussi Martinengo et, plusieurs nobles Luquois qui se retirèrent en partie à Genève, Turreuini, Cnlandrini, Mintoli, Burlamachi et autres. # De Pise Moriyr alla à Florence, où il rencontra Ber= mardin Ochimo, en latin Ocellus. Celui-ci était entré d'abord dus l'ordre des observantins de St-Fränçois : emois il l'avait quitté lon 1524, poar entrer dans éelui des capucips qui était nourellement établi, H préchait | avec tant d'éloquence, que les peuples accoarnient en | foule pour l'écouter ; sa vie était pure et irréprochable: ee qui lui altira une si grande réputalion,! que le pape Paul HU le choisit pour son confesseur. Dis qu'il eut'otts vert les youx sur les défauts de l'Eglise romaine, ta crainte des hommes l'empêcha bien pendant: quelque temps de prêcher avec la même liberté que le faisaient d'autres moines cn Etalic. Cependant sa conscience de pressa si virement de dire la vérité, qu'il ve pui plus garder le silence, H para, il précha ; il fit plus, Gt Gt im primer ses sermons. Mois Le pape les ayant fait exami-
! Hottiug. 755. Melebior Ad Vit Theol. Pars IL p. 24 — 54.
PANNE SRNTER, 497 ner, les fit condamner à étre brûlés, avec plusieurs au tres livres des docteurs réformés, ce qui fat exécuté à Miles, le 19 janvier de cette année. Enfin Ochin derivit une invective très-violente contre’le pape, ce qui fit qu'on entreprit de le saisir! Pour ee dessein on Le cila à Rome. Et dans le temps que Mariyr le rencontra x Florence, il était en chemin pour se rendre à Romo, Mais ayant appris le traitement qu'on lui préparait dans certe ville-lb, il prit le parti de chercher une retraite. Et la duchesse de Ferrare syant eu là bonté de lai fournir des habits et de l'argent pour son voyage, ilse relira dec les monts. Il passa par Zurich, alla à Genève, et de là à Augsbourg. ! À peine y avait-il un jour que Bersardin Ocbin était parti de Zurich, lorsque Martyry arviva, Habile comme il était dans les Aroïs langues s8vanles, l'hébreu, le grec.et le latin, it Gtait très-cnpable de servir utilement dans une académie. El offrit donc ses services à colle de Zurich; mais Lo 1emps n'élais pas encore vedu qu'il devait ÿ étre appelé, Hn'y-avait point do placé vacanlo; on le remorcia: Il alla done à Bâle, et de là à Strasbourg où il se rendit le 17 octobre Buecr lo véçut chez lui pendant une quivzainé de, jourss cer la maison de ce grand homme élail toujours ouverte aux étrangers fogilifs pounie nom du Seigneur, I conçut une très-grande estime pour Mariyr; ot il écrivit à Calvin sursoñsujet, le 28 octobre; en ces lormes : « Il est venu ici d'Hatio ua bomme très-savat en grec, en hébrou et en latin, et très-bien versé dans los Saintes Eeritures, âgé de 44 ans, demwurs graves, et d'un excellent jogement. 1l s'appollo Pierre Martyr. AI a amoné trois autres personnes, dont l'un est très-savant en grec, (c'est Paul
À Hotting 726, Melcli, ail 1 cp. 34,
198 PLUSIEURS FANILLES QUIFTENT L'YTAUIE.
Lacisio, de Vérone, dont ja parlé } et les deux autres sont de jeunes étudinns. Nous avons travaillé pour que ces gens-là ve souffcissent pas la faim dans une Eglise eomme la nôtre, »' En effet Bucer fit donner à P.Martyr la profession de théologie, vacante depuis ua an “par la mort de Capiton, et celle de grec à Lacisio, Mariyr, dans les commencemens se servit en parlant de la Sainte Cène, des mêmes expressions que Bucer. Maïs ayant remarqué dans la suite que cela était nuisible en quelque sorte à la vérité, et donnait du scandale aux or ihodoxes, et que cependant il ne satisfaisait point les défenseurs de la présence réelle, il S'exprima daus la suite d'une manière plus claire.et sa
que ce changement en apportät auc
tié, et à la bonne intelligence qu'il y avait enire Bucer et lui, non plus qu'à leur conformité dass la doctrie. *
Les persécutions que les papistes zélés avaient excités contre les savans ei les docteurs en Htalie, ne s'arrélèrent pas à leurs personnes , mais aussi s’étendirent bientôt indifféremment et sans miséricorde sur toutes. les personnes en qui on remarquait quelque étincelle. de la lumière Evangélique, Il y en eut plusieurs, qui, effrayés par cette violence, renférmèrent leur sentiment dans leur cœur. Mais il y en eut aussi plusiours autres qui prirent le parti de la retraite, pour servir Dieu en toute liberté, sclon les mouvemens de leur conscience. Quelques-ans se retirèrent à Venise, où ils n'avaient pas tant à craindre le tribunal de l'inquisition si rédoutable ailleurs. Plusieurs se retirèrent en Suisse, à Genève
* Calv. Ep. p. m. 43.
% Hoing, 766. 787. Melch, Ad. l. c. pag. 58. 59.
RAPTÈME DE ÉMARERS DIOBATE. 159
ét à Béle. * Tel fut eptr'autres le savant Cœlius Seeun< dus Curio, qui vint à Lausanne, où il | Less 2) du collége et professeur en bellcs-lettres.
Plusieurs familles de Luques ot d'autres endroits, qui étaient réformées dans le cœur, cherchéront l'occasion de sortir, mais ne la trouvèrent qu'au out de plusieurs années, comme nous le verrons en son lieu. Cependant il ne sera pas hors do propos de rapporter ici uno avonlure singulière arrivée celle année à la famille Diodati de Luques. — On vient de voir que l'empareur Charles V ot le pape Paul IE, eurent une entrevue dans celte villelà. L'empereur était logé dins l'hôtel des Diodati, Lo 17 septembre ce monarque ayant entendu du bruit dans la maison pondant la nuît, il $t lever son valet de chambre pour savoir ce que c'était. Le valet vint lui dire que c'était La dame du logis qui était on travail d'enfant. 11 soubsita qu’elle fit un garçon, afin d'en dure lo parraîn ; son souhait fut accompli. Le lendemain il eut I bonté de venir lui-même l'enfant sur les fonts, et le pape fut prié de le baptiser. L'empereur donna son nom de Charles à cet enfant, Et ce Charles Diodati, qui avait eu 'houneur d'avoir l'empereur pour pürrain, et d'étre baptisé par le pape, fut le premier de sa famille “qui #6 retira à Genève pour la réligion, où ila eu ente’autres enfans le célèbre théologien Jean Diodati, qui a traduit toute la Bible en français et en italien, avec de savantes notes. Tin postérité de ce | ihéologien! s'est transplantée va Hollande et de là à Batavia, où elle a possédé les premières charges dé li compagnie des Indes. * Les autres:
À Hoting. 767.
2 Mémoires particulier.
200 BYSODÉ DE VEVET.
branches de cette famille sont encore à Genève, où elles tiennent leur rang entre les meilleures.
IV. On a vu ci-dessus que le synode du Pays-de-Vaud avait été assemblé à Veyey, au milieu de mars. On y dressa un cahier contenant divers articles de plaintes sur les désordres du pays ; entr'autres :
19. Qu'il y avait des gens qui allaient trés-raremont au préche ; que même quelques-uns n’y allaient que les jours de Cène.
2°, Qu'on ne châtinit pas les paillards, les adultères, les joueurs et les ivrognes.
8°. Qu'on dansait en quelques lieux pendant les