DIVERS RÉGLEMENS
pour les rondre sujelies à lod; avcc ordre de favoriser. dans ces aliénalious ceux qui én avaient obienu quelque assurance par écrit de LL. EE. , ou ceux dont les ancé, tres avaient fondé quelque chapclainie ou autre établis= sement pieux. — 2° Augmenter les pensions des ministres desibaillisges de Ternier, de Gaillard, de Thonon et celle du ministre de Dompierro, près de Modon,s comme cela nait été fait à ceux de decà le lac; 8° enfin rebôtir les cures qui menacaient de ruine.
Ils ÿ envoyèrent d'autres députés en octobre avec or= dre de vendre la Seigneurie de Crans; (elle fut achetée par le commissaire Quisard, dont la postérité la possède encore) ; de confirmer la vente duprieurédeDivoane au Seigneur du lieu pour mille écus ; 3° de laisser au Sois gueur du Rosey les biens d'Eglise qui étaient dans sa terre, à la charge d'entretenir lé ministre, comme où avait fait à d'autres Seigneurs vassaux; 40 de donner des biens d'Eglise à -la communauté de Thonon, ex d'autres lieux pour, les pauvres lépreux; du reste TA, EE. avaient diminué les censes de blé, et les avaient r&= duites en argent; * 5° de traiter avec l'abbé du Duc de Joux pour la remiséde san abbaye moyennihtunesomme d'argent. El s'appelait * Abel Bessonis; il était de Ro mainméter, el outre cette abbaye il possédait encore la cure de St. Loup, au-dessus de Lusarra. Il embrasse la réformation l'an 1539 et se mariu avec ane re et on lui laissa ses bénéfices jusqu'à ceite année 15422
Au reste les Seigneurs de Berne tirèrent-des sommes considérables de la vente des biens ecclésiastiques, &À
* Inste. 63.
? Ibid, 81.
F Mss. Thom. 76. b.
naxS LR PAYS-NEeVÈUN. 20 ce furent leurs bourgeois qui en achetërcat la meilleuré partie. ‘ =
Comme LL. BE. avaient reçu et approuvé les actes du synode de Vevey qui avait été assemblé sous la prôsidence de leurs députés; its chargèrentceux-cien même temps, de meitre partoutles ordres nécessaires poûr que tout allät mieux, exhortant les baillifs, les ministres et les consistoires, à faire chacun leur devoir, à observer les lois de leur réformation et à les faire observer, etc: ; d'établir des consistoires dans les lieux où ile man: quait, et d'exhorter en particulier les ministres aus pas précher si longtemps comine ils faisaicot, pour ne pas rebuter leurs auditeurs sartout en hiver. Îls curent aussi ordre d'établir des ministres à Bellerive, à Colonge et à St Moris; et un dincre à Ripaille, et un collège à Mocges. Le Séignour do Viry dovait pourvoir-six pas
vaïentluicommander d'encntrelénir encore un, ou d'augmener la pension à celui qu'il y avait établi, afin qu'il pèt mieux rofnplir ses fonctions dans deux Eglises, — 11 fut ordonné aussi au bailliEdo fasennng, d'hab éco: liers qui y étaient entretenus aux dépens de LL. EE, * Dans une conférence entre les Bernoïs et les Fribourgeois, Pierre De Bon Villars fit représenter aux députés des deux cantons, que son grand père avait donné aux chartreux de la Lance 30 sous de cense annuelle pour son anniversaire, et demanda d'en étre déchargé. Les Bernoïs y consentirent en considération de ce qu'il avait émbrassé la réformation. En même Lemps on se vil 0bligé d'exhorter de nouveau les ministres, les prêtres et
1 14. 96. À Anse, 6%.
SOA PERNE : NOUYELLRS EONTESTATIONS SUR LA GÈNE, les moines à vivre en paix, selon le trailé qui avait été fait entre les deux cantons et publié, *
Malgré les soins des Seigneurs de Berne à conserver la paix et la concorde entre leurs ecclésiastiques, la différence de sentiment qui élait entr'cax, au aujel. de la Sainte Cène et, particulièrement entre les minis tres de leur capitale, élait comme un feu caché qui jetsit de temps en temps de nouvelles flammes. Meyer et Sonren auraient voulu que les Bernoïs se fussentconformés aux idées de Luther ; mais ils trouvaient 1onjoues une vive. résistence de la part d'Erasme Ritter, de Jos Kichmoyer, qui araïent pour eux les édits du souverain, qui prescrivaient exsetement ei d'une manière précie, les termes dont on devait se servir el ceux donton de vait s'abstenir, en expliquant la présence du Séigocur dans l'eucharistie. Sébastien Meyer était célui qui press sait le plus vivement de s'approcher dé Luther, et peu s'en fallut qu'il ne s'attirät un nouveau congé:
Enouyé enfin de ces contestations, 66 voÿsnt qu'il m'était pas le plus fort/il prit le parti de demander luts même son congé, le 5 mai 1541, et l'ayant obtenu il re= tourna à Strasbourg, d'où il était venu: *
Sa-retraîte ne mit pas fin aux disputes entre lés théo= logicns dé Berne. Konzen se soulint Loujours, secodé par Simon Soulzer, qui avait succédé à Meyer, par Béat Gorung ou Gering et par Conrad Schmid, Érasme Ritter se plaignit d'eux, dé ce que pour appuyer laeons corde ils employaïent dans leurs sermous, en parlant la S. Cène, des expressions, qui n'étaient pas conformes à la dispute de Berne, Là-dessus on les appela tous de
4 Instr 68, + Deruer, Mausol L Bart, 220,
BOUVEAFX SOINS POUR LES RÉPONMÉS DE sa Pnévoré. 205 -
vant le Conéeil Souverain, Ils y furent interrogés sur ces coblestations ; et pour les Lerminor une fois pour toutes on dressa un formulaire d'union, par manière do confession de foi, qu'ils furent tous obligés de signer. Cela se ft le 22 août 1542, Et comme LL: BE, avaient à cœar, d'établir dans leur canton one entière uniformi- 16 do doctrine, ils ordonnèront aux Doyens des classes du Pays Romand, Payerne, Yrerdon, Lausanne, Morges, Gex 64 Thonon, de se rendre à Berne pour le 27 d'août, afin d'y entendre celte conclusion, ? Les Doyens étant venus demandèrent copie de la dispute de Berne , tenue en 1528, et de la nouvelle conclusion ; mais com me il en aurait trop coûté , de faire faire tant de,copies de grosses pièces, les Stignours ordonnèrentà P. Viret, de leur laisser tirer des copies des actes de la dispuie de Lausanne , où le même sujot avait ÉLÉ traité, ?
Les réformés de la Prévêté furent quelquefois inquiés tés par les catholiques et par l'Évêque titulaire de Bäle, ensorte que quelques-uns inlimidés étaient disposés à retourner düns le Papisme. Les ministres du. L pays re coururent aux Seigneurs de Berne , et leur! lat ua écrit contenant 7 articles de plaintes. Les bernois marquèrent uns journée à VÉêque pour ce sujets et V'Évêque l'ayant agréé, ils envoyérent deux députés à la Prévôté, pour accommoder et régler les affaires de l'E= gliso de ce pays-l. Sur les remoatrances des bernois, les députés de l'Évôque avaiont répondu: « Que leur maître consontail, que ces gens-là gardassent la réformation, qu'ils avaiont ombrasséc. » Les députés furent donc char-
# Berner. Mausol. IL Part. 198. 199.
# Weiseh. Miss. GU7.
3 Jbid, 509.
206 NEVCHATEL.
gés d'affermir ces gens-là dans la religion réformée, ot de faire ensorte qu'ils en observassent les lois etque les transgresseurs fussont punis ; de faire établir un officier pour recevoir les amendes ; enfin d'obliger le prévôr du chapitre à payer les pensions aux ministres, *
Les ministres de Berne étant sur leur départ pour aller présider dans les colloques du pays, LL. EE: cris virent aux ministres dé la prévoté de Moutier Grand Val de se trouver à la classe de Nidau , non pos qu'ils le leur commandassent par autorité, mais le requérant d’eax, pour entrôtenir, disaient-ils, bonnè union et voisinance, *
Les ministres du comté de Neuchâtel ayant dessein de tenir une classe générale pour règler les affaires de leurs Eglises et surtout celle de la discipline, en donnèrent avis aux Seigneurs de Berne, les priant de les protéger. Ces Seigneurs écrivirent le 4 mai au gouvérnêur et nu conseil de Neuchâtel de ne pas s'y opposer, maïs plutôt d'y concourir, afin d'avancer tant mieux In réfors mation. Ils avaient raison , car la réformation de la doctrine et du culle est peu de chose sans celle des mœurs, ?
Gomme j'ai déjà parlé ailleurs “ des efforts que firent cette année les Seigneurs de Berne, quoique inutiles ment; pour introduire la réformation dans la petite ville de Landeron et au village de Crissier, je n’en parlerai pas ici. “"
Il y eut celte année un nouveau trouble à Orbe au
À tante. 8. p. 85.
3 WVelch. Miss, 380.
5 Abid, 290.
# Tom. IV. p. Mis.
= TROUBLE À ONE, 207 sujet dela religion. Le vicaire du lieu fivun prône dans lequel il exhorta ses paroïssiens à lui payer l'argent du ressat, les y conjurant par leur conscience. Le ministre l’entreprit là-dessus et le réfuta. Les Fribourgeois en furent si irrités contre ce ministre, qu'ils le bannirent; no seulement de leurs terres immédintes, mais aussi des médiates, et d'Orbe par conséquent. Bernoïs trouvèrent fort mauvaise la conduite de leurs alliés, et leur enroyèrent des députés pour lour dire : « qu'ils pouvaient faire ce qu'il leur plaisait dans les terres qui relevaient immédiatement de leur souveraineté et en bannir ceux qui l'avaient mérité; mais qu’il n'en était pas de même des pays qu'ils ne possédaient que par indivis avec | Bee, puisqu'il fallait Le concours dés Bérnoïs pour y ponir quelqu'un, particolièrement pour cause de religion, pour laquelle (suivant le traité fait
entre les deux cantons) personne ne.devait être châtié que dans les cas et de la manière prescrite par ce traités que d'ailleurs de la manière que la chose s'était passée entre le ministre et le vicaire, le ministre m'avait, de mérité d'être benni des 1erres immédiates de benucoup moins desmédistes: qu'on de rien les Fribourgeais eussent violé avec tant de hauteur et de précipitation le traité fait entre les deux villes, en bannissant ce ministre de leurs terres commanes, ce qui ne leur appartenait pas, Qu'on les prinit donc de prendre en bonne pari la condaïte de ce ministre et de révoquer l'arrêt de bannissement qu'ils avaient prononcé conire lui, leur déclarant que s'ils le refusaiont, les Bornais useraient de représailles, ét, à leur imitation, banniraient aussi de lcurs Lerres communes lous ceux qui atlaqueraïcnt leur réformalion , extrémité à laquelle ils ne se porteraïent qu'à regret, ayant 6lé él élant encore
508 MENNE INTERCÂDE FOUR CLAUDE DE TOURNON. dans la résolution de ne se servir que dans la dernière nécessité de voics d'éclat contre telles gens. *
Les Scigacurs de Berne ne donnaient pas soulement leurs soins à leurs alliés et à leurs sujels; ils lob accordaient encore aux élrangers qui rocouraïicol à eux. Claude de Tournon, gentilhomme français, nereu da cardinal de cenom, avait embraisé la réformation ; 6t avait pour la doctrine de l'Evangile autant de zèle que son oncle lémoignait de fureur à la porséeuler, L'an 1640 il s'était reliré dans les terres de Berne avec sa femme ot ses enfans, Is" y conduisit d’une manière honnête, estimé et aimé des gens de bien, particulièrement des ministres. Cependant on lui rotonait ses biens en France, Ilcutpationee pendant deux ans; cofinil recourut à l'intérecssion des Seigneurs de Berne ;: qui écrivirent au cardival Framois De Tournon, son oûcle, pourile lüi recommander, lui rendant un très bou lémoignago, et le priant de lui faire restituer tous ses biens, Ils Gortviront aussi en sa faveur à la reine de Navarre, sœur du roi; afin qu'elle cngageët une dame de la our, Jeanne de Robrac,1dame de Molans, à payor à cet honnête homme une somme qu'elle lui devait, *
V. Farel avait à peine respiré pendant quelque temps; après lestraverses, qu'il avait essuyées à Nonehftel, lorsque son zèle pour l'avancement de la gloire de Diou l'en gagea dans de nouveaux travaux accompagnés de frands dangers. 11 y avait à Mots, (ville alors libre et impériale) ün peut nombre de réformés qui s'étaient tenus cachés depuis l'an 1524. Farel s'était intéréssé pour eux em 1541 en écrivant aux magistrats en leur faveur, poutob-
% Eastr, 60.
* Welsch, Miss. 500. 305.
PAREL VA PRÈCHER 4 METS. 200 tenir pour eux le libre exercice de leur religion ; * mais celle lettre n'avait rien produit. Les réformés ayant repris courage l'an 1542 à cause que l'un deux, Gaspar De Heu, Seigneur de Buy, homme de grande naissance, avait été élu prémicr échevin, ils invitèrent Farel à venir leur précher. Farel ravi de trouver ces occasions à faire de nouvelles moissons, ne fit aucune difficulté d'y aller. Il y rencontra de grands obstacles, Il y fut exposé à divers dangers. Mais accoulumé comme il était à ces sortes de traverses, il ne se rebuta point. Il précha d'abord dans le cimetière des Dominicains, qui ne pouvant lui faire pis, s’avisèrent de sonner la cloche de leur couvent pendant tout le Lemps qu'il préchait, pour empêcher qu'on ne l'entendit. Farel sans s'étonner, éloya sa voix jusqu'à s’enrouer et continua à précher, criant de toute sa foree pour se faire cntondre. Cette prédication fit grand bruit dans la villo, et le lendemain il y eut trois mille âmes assemblées, prêtes à l'écouter. Mais les principaux des réformés, et le maître échevin lui-méme, craignant quelque sédition de la part des catholiques, engagèrent Farol à ronvoyer son sermon, juéqu'à co'qu'il pôt précher sans eraïnle des troubles, ce qu'ils cspéraient qui arriverait bientôt, Farel futeité à paraître devant le
et qui le lui avait demandé, ilrépondit : « que c'était par l'ordre de Jésus-Christ et à la réquisition de ses mombros.» Mais il ne voulut nommer personne, — En même temps il se mit à parler gravement ot avec force de sa charge el de la prédication do l'Evangile, et avertit ces sévateurs du devoir dont ils étaiont chargés, Il lour dénonça même comme par esprit prophétique Les jugemens
1 Aneillon vie de Farel p. 210,
210 FARRL À METZ:
de Dieu qu'ils s'attireraient s'ils rejetaient sa parole; usant de ces mots , dit Bèze, qui furent dès lors bien remarqués, et qu'il a encore depuis réitérés en quelque sien écrit: «Vous ne voulez point recevoir Jésus-Christ, maïs je vous dis, qu'il viendra une nation qui vous déjeutera de votre autorité, et ne serez maîtres, ni de vos maisons, ni de vos biens. » Paroles qui furont exactement accomplies au bout de dix ans, lorsque Henri EE, roi deKrance; s'empara de la ville de Metz, l'an 1552, eu la réunit àla couronne pour toujours. Pour revenir h Farel, pendant que Mrs. du parlement délibéraient sur ce qu'ils feraient de loi, les réformés le conduisirent en son logis, Ensuite ayant fait monter à cheval un homme qui lui ressemblait un peu, ils le conduisirent hors de La ville, féignant de conduire Farel, qui demeura caché dans la ville pendant quelque Lemps, attendant le retour des députés, que Les réformés avaient envoyés à la diète, (dans le temps qu'il vint à Metz), pour implorer le secours et la protection des princes et étais protestans de l'empire, et pour étre reçus. dans leur confédération. — Le Landgrave de Hesse et les villes de Francfort et de Strasbourg envoyèrent chincan un dépaté à Motz pour demander un Lemple' et La li berté de conscience pour les réformés ; mais les catho ques ne voulurent pas seulement laissor entrer ces dépulés dans la ville, sous prétexte de la peste qui onlevait tous les jours une cinquantaine de personses, et quine permetait pas d'assombler le parlement ; ajoutant, qu'ils soufriraient les dernières extrémités plutôt que d'accorder ce qu'on leur demandait, *
Farel voyant ces oppositions, se retira à Montigny,
* Bèro Miel, dos Eg. Bel. de Fr, Tom. 5, p. 45%, Dacer in Epist. de 16: octob, inter Calv. p« 306.
A GORGE, at village peu éloigné de Aletr, et se mit à y préchoe; ce que voyant los catholiques, ils eurent la darcié dofermer les portes de la ville à ceux de leurs combourgeois, hommes, femmes el enfans, qui allaient l'écouter, Cela le conlraiguit des'en allerà Gorze, bourg situé à deuxlicues de Metz, appartenant à Guillaume, comie de Furstemberg, qui le reçut gracieusement, le logemet le protéges. Lo 13 octobre Forel écrivit aux ministres de la élnsse de Neuchâtel pour lour dauner de 505 nouvelles. Il lour faisait la peinture des dangers qu'il avait courus, €t auxquels il était encore exposé, Il leur demandait le secours de lours prières, et finissait en les exhortant à conserver l'ordre dans l'Eglise que le Soigoeur avait confiée à leurs soins. I eut pourtantla consolation de voir que ses travaux n'avaient pas été infructueux, Voici, comme en parle Ancillon, qui avait 16 ministre de l'Eglise réformée do Metz: « Sa chalour échauffn les Messins, sa prodence les conduisit; sa lumière les éelaira ; ses avis ot ses exemples leur furent des règles inviolablos. * » En effet Farel précha dans Gorzo avec un grand concours do bourgeois de Motz, qui allaient l'écouter malgré l'éloignement. Les catholiques enragés de cela formèrent le détestable complot, de massacrer les réformés le propre jour de pâques, 15N3, qu'ils étaiont assomblés au nombre d'environ trois coms pour célébrer la S. Cène. — Clande de Lorraine, due de Guise, d'autres disent le sieur D'Aumale son fils, animé par Caroli, y envoya deux compagnies de soldats, l'une de cnvalerie et l'autre d'infanterie, qui allèrent fondro sur cos panvres gens assemblés et sans défense, comme des loups sur des brabie,
€ ère jbid. p. 54. £ & Vie de Farel p. 940.
a LUS nÉrONMÉS MASSACRÉS À GORE.
en lubrent quelques-uns, dissipèrent les autres, ot las contraignirent de se jeter dans la Moselle, où plusieurs furent noyés ou tués à coup de pierre, les bateliers ayant reçu défense d’en passer aucun à travefs la rivière ; il # eut aussi plusieurs femmes violées jusqu'à ln mort, et quelques personnes l'urent pendues à des arbres ! C'est ainsi que les suppôts de la Sainte Eglise romaine sou © tiennent leur religion. Farel échappa de leur main, comme par miracle, quoiqu'on le cherchât soigneusement, ayant été mis dans une charretle parmi les ladros. Tous ceux qui purent se sauver se retirèrent à Strase bourg, où ils furent recueillis avec beaucoup d'humanité. Et même assistés du Comte Guillaume de Furstemberg, ils sollicitèrent si vivement la protection des princes el états protestans de l'empire, que dans une journée qui so tint à Strasbourg, on obtint des magistrats de Metz que les réformés fugitifs rontreraient dans leurs maison et dans leurs biens, et qu'on leur assignorait um temple pour leurs assemblées, ce qui fut d'abord exécuté. * Maïs los catholiques ne se rendirent pas encore, Ils front venir l'apostat Caroli, qui prêcha contre Farel et Calvin, les provoqua à uno dispute réglée, et s'engagea de montrer qu'ils étaient dos hérétiques, des ariens etc., et coupables de divers désordres. — Xl Gt plus: Al écrivit un long mémoire rempli d'invectives, de calomnies et d'injares atrocos, tant contre Farel, que contre les Seigneurs de Berne, où il provoquait Farel à une dispute ou devant le siège de Rome, où devant le concile convoqué par le pape Paul HI, ou devant les universités de Paris, de Toulouse où de Pailiers, en France, où de Salamanque, ou d'Alcala en Espagee, où
% Déc 1.494. 185.
| GAROLI PHOVOQUE FABEL ET CALVIN. 215
enfin devant les docteurs de Bouvain ou de Padoue, H envoya ce mémoire cachelé à Guillaume, Comte de Farsemberg, qui le communiqua dans les lieux où il convenait de le faire, et en donna avis on particulier aux Seigneurs de Berne. * Farel répondit à ce mémoire de point en point, avec In modestie convenable à un théologien chréticn, et il donna le 31 mai avis de tout cela à son Eglise de Neuchâtel, en lui envoyant une réponse de sa copie à Caroli, demandant à ses fidèles brebis un témoignage de sa conduile, en cas de besoin, La bourgooïsie * assemblée sous la préfidence de ses quatre ie lui récrivit le 15 juin, avec de grands "éloges et de grandes démonsiralions d'amitié et de respect, lui offrant toutes sortes de bons offices, Et comme dans,sa loltre it les avait exhorlés à faire élever des jeunes gens pour le St. Ministère, et de les confier à quelque homme de bien pour les instruire, ils lui apprirent qu'ils avaient mis aux dépens du public quaire jeunes garçons sous la conduite de Mathurin Cordier, avec dessein de les soutenir pendant tout le cours de leurs études, Lo conscil de Genève s'inlérossa aussi pour Farel dans celle oceasion et lui écrivit le 24 avril une lettre ? fort graciouse, lui offrant Lous les bons offices qu'ils pourraient lui rendre. Farel avait déclaré qu'il éloit peët à disputer à Melz, avec Caroli, pourvu que Colvin et Viret, dont l'honneur avait aussi été attaqué par cet homme, pusseut y être entendus. Mais les conseils de Berne et de Gonèrc n'y voulurent pas con-
% Seller LL. 130.
À Voyez Pièces Justificatives.
# Autre Piéce Justibienlive. L'une et l'autre dans-le Hécueil dé Fascl p. LL et 116.
EL SAGE RÈGLEMENT À GENÈVE, PF sendir ; nojugennt pas nécessaire, ni même convenable d'exposer ces deux excellens bommes à la fatigue et aux dangers d'un voyage, pour aller disputer dans un pays éloigné et catholique contre un misérable npostat dont on ne 5e pouvait rien promettre de bon, son caractère étant généralement connu. ! Cependant le conseil de Gonève envoya Calvin à Strasbourg, pour y disputer avec Caroli, au cas qu'il y voulüt paraître, Mais ce voyage fut inutile, et l'on ne put rien gagner sur cet esprit quo l'ambition avait perdu. I avait fait deux fois abjuralion après son retour de Rome, une fois à la Bonneville, et une autre à Strasbourg. Ensuite il s'était laissé regagner por les catholiques de Metz, pour y aller faire Lout le fraeas qu’il fit contre nos réformatours. On peut bien présumer, sans blesser la charité, que Ia grâce de Dieu s'était retirde de cet homme, et qu'il l'a vait abandonné à son sens réprouvé ; aussi ent-il la fin qu'il méritait, comme on l'a déjà dit. * +
Cete année il fut défendu dans Genère, à son de trompe, de vendre des chapelets et des chandelles aux catholiques, pour ln féte dela Chandeleur. ? Il serait bien nécessaire à mon avis, de faireausei une défensesemblable à tous les ouvriers qui travaillent en quelque métal ques ce soit, ct qui font des croix, des images et autres instrumens d'idoltrie, pour les vendre aux Faire ces sortes de choses et los vendre à des gens dont on sait qu'ils s’en serviront pour idolôtrer, c’est se ren dre coupable de leur idolâtrie ; sur quoi l’on peut/voir le traité de T'ertulien : De Idolotatréa,
* Stettiee 130.
4 Savion, Rosel IV, 64.
* Savion.
Le dimancho 25 février on vit autour de Genève et au Paysde-Vaud trois soleils, le véritable e1 deux autres qui répandaient ue lumière plus vive que l'autre, et qui paraissaient sauter avoc des lances l'un contre l'autre; ce qui dura depuis deux heures après-midi, jusqu'à quatre. * En peste qui continua celle année à Genève, y atira une cherté excessive. Les Genevois récoururent dans ce besoin au roi de France, qui leur permit de tirer des grains de la Guyenne, du Bourbonnais et du Berry, ce qui léur apporta un grand soulagement, dont ils avaient extrémement besoin ; ear de mémoire d'homme ils n'avaient vu uve si grande cherté. 11 était bion raisonnable que le roi de France leur aecordât cette doucour, puisque les gens de guerre qui avaient passé per leur ville, allant en Piémont, à son service, avaient beaucoup contribué à renchérir les vivres. * On ordonna aussi de faire toules les semaines une collecte par les amaisons pour le soulagement des pauvres, les rentes de l'hôpital ne pouvant pas suffire à leurs besoins, ?
Ce fat celte année que Calvin composa pour l'usage de l'Eglise de Genève, la forme des prières occlésiastiques avec la liturgie des sacremens et du mariage, accompagode d'un avertissement sur ln visité des malades. ‘ Bicn des gens ont lrouvé cette liturgie un peu sèche, aussi ya-t-on fait des additions dans les temps suivans, en y ajoulant des prières pour les fêtes £taulres occurences particulières,
VI, Les cantons parlèrent beaucoup on différentes
4 Savion Mes Thom.
# Srion.
À (4. et Roset. 1V, 63.
1 Savion.