‹ Histoire de la réformation de la Suisse (volume 4)Chapitre 38 sur 112 · LA SENTENCE DE MALE 2N ACCEUTÉE · texte numérisé non relu

LA SENTENCE DE MALE 2N ACCEUTÉE

de Genève pour suspecte et qu'ils y auraient envoyé leurs députés si Messieurs de Bâle y avaient voulu consentir; ils leur demandaient donc le réciproque. # Les Genevois y consentirent eulin et celte journée se tint à Berne le 22 de juillet, mais sonssuceès, * Les arbitres de Bâle remirent le fait à être rapporté au conseil de leur ville, pour en prononceravee connaissance de cause après l'avoir examinée mûrement. Enfin les Seigneurs de Bâle prononcèrent et réglerent les prétentions des deux villes par une sentence qui fut accepiée de part et d'autre; mais ce ne fut que provisionnellement et pour le terme de vingt-cinqans, pour lesquels leur alliance de combour geuisie avait été faite et sans préjudice des droits des parties qu'elles pourraient faire valoir de nouveau après que ce terme sernit écoulé. Les Seigneurs de Borne envoyèrent des dépalés à ceux de Bâle ? le 28 do janviar 1544, pour leur dire qu'ils acceptaient leur sentence avec nn éclaircissiement qu'on y avait ajouté, et pour les romercier des soins et des peines qu'ils avaient prises à coute occasion. CeLte sentence portait on substance :

1. « Queles Genevois auraient la jurisdiction des terres de St. Vietor et de chapitre, et les Bernoïs celle portion de la souveraineté qui comprend le droit d'exécuter les sentences de Genève, de faire grâce ou de les modérer ; le droit de faire des édils en cas de guerre sans le sçu des Genevois; les grands chemins, la chasse, les trésors cachés et l'appel suprème pour les cnuses civiles ; le premier appel demeurant commun entre les deux villes.

A1. « Que pour los dépendances de l'évêché que les 1 Vols. Miss, 392.533. b.

3 Savion 257. 358.

# Mas. Amp. 177.

ABnÉGÉ DE CETTE ARNTENCE. œt

Gonorois demandaient, les Bernois leur remotaiont quatorze eurés ou bénéfices SAP Es voir de mivisires, » k

AU, vQue les Bernoïs soraient dé que les Geneyois prélendsient ue Par eux pour les bailliages de Gex et de Ternier, selon qu'autrefoises ducs de Savoie avaiouk fait hommage de ces derres à l'6vêque de Genève,

IV. » Quant aux rois Gencvpis condamnés aLaux autres qui s’élaiont nendus fugüifs à l'occasion desiroubles de l'an 1540 ek pour lesquels Jes Bernois ayaiens intercédé, il fat dit : que sans préjudico des senlences rendues contre eux par Jes tribunaux de Gonève, cela pe leur serait point reproché ; que leurs bieos lour se raient rendus; que les trois ne rentreraiont pas daps Gonève si la Scigneurie ne le leur pormellai, 01 que pour les autres ils soraient reçus ça grâce moyonpant une amende pécuniaire, ste. Il y avait encore quelques autres articles parliculiors, mais peu inlérossqns pour l'histoire, *

Les Bernoïs envoyërent d'ibord des députés h Genève pour y régler toutes choses avec Los consefls sur de pied de cette sentence de Bâle. Cos. députés (entre dütres opérations dont ils étaient chargés par ours fnstruclions) intercédèrent pour les fugitifé et obtiarent grâce entière pour eux, le pouvoir de rontrer dans la ville et même exemption d'amende, cependant sous la condition qu'ils viendraient par requête devant le grand conseil pour demander grâce comme e’est la coutume. Ce qui fut fait. Ainsi il ÿ en eut une trentaine qui furent reçus à Genève, ce qui y causa une grande joie 21 y ap-

# Savion 249, Roset. AV. 65.

LL MERNE 27 GENÈVE.

Porta une grande tranquillité, la paix ayant été par Là rétablie éntre plusiéurs familles divisées. { Au mois d'avril suivant, les Bernois envoyérent de nouveaux députés à Genève pour terminer quelques affaires qui restaient oncore à régler. Les Genevois partageniont quelques dimes avec les Bernois. Ils les leurdemandèrent pour la somme, de 915 écus que l'état de Berne leuf devait de roste, pour quatorze cures des terres litigieuses qu'ils avaient vendues pendant la durée du procès; mais les Genevois n'ayant:

pas accepté les propositions que leur firent les députés

Fret l'état Lure af 915 écus en argent comptant dans le même mois. *

Comme les Genevois avaient des usages de religion diffécens de ceux de Berne, particulièrement à l'égard dés fêtes qu'on observait à Berne, et auxquelles on n'avait point égard à Genève, les Bernois roularent qu'on séparût leurs sujets d'avec ceux de Geneve ct que ché-, cun d'eux allät écouter son pasteur, et les députés lurent chargés de ce soin.

Quelque temps après an trouva une croix d'argent dans le village de Moyns, Los Bornois la demasdèrent comme leur appartenent à cause de la sonvoraineté qui emportait le droit sur les trésors cachés; mais à la sollicitation dos Gonovois, et sans déroger à la sentence de Bâle, ils consentirent le 19 juillet que celte croix fâtdonnéc aux paysans de Moyns pour la réparation dedeur Eglise. *

Pierre de la Baume ancien évêque de Genève, mou

! Roset. LV. 67. Savion.

% Instr. 497. WVels, Miss.

# Inatr.}, c

* els. Miss, 58,

GRAÈVE HT LE RO 25 rütau mois d'août en Bourgogne: Le pape lui subetitun d'abord un nommé Auberive, qui prit le titre d'évêque de Genève et établit sa résidence à Anneci, où #08 ac= cesseurs ont ordinairement élé depuis. *

Dons le même temps les Genevois envoyërent des nouvenux députés à la cour de France pour oblenir qu'elle leur relachäât la terre de Thies, — La circonstance puraissait favorable, François 1 était fort content des Genevois parce qu'ils avaient aécordé le libre passage par leur ville aux troupes suisses qu'il avait prises à son service, et parce que leur hôpital avait été ouvert aux s0ldats de son armée blessés à la bataille de Cérisoles, Ainsi ce prince leuraccorda gracieusement leur demande, mais sous la condition dé ne ricninnover dans cetteterre à l'égard dela religion. Calvia ne voulail pas qu'on nccoptât celle condition qu'il jugeait hontouse pour une république réformée. Il en parla même au conseil mais on ve fit point altention à sa remontrance. Cependant toates ces délibérations n'aboutirent à rien. Les anciens chanoines de Genève qui s'étaient réfugiés en Savoie formèront de si puissans obstacles à la restitution de cote terre de Thies, quela bonne volonté du roi de France demeura sans exécution.

ie 16 janvier de l'année suivante 1545 un anabaptiste fot fouetté publiquement à Genève et banni avec dé. fense d'y rentrer sous peine de la vie. Dans ce temps-là on LE pas si tolérant à Genève qu'on l'est aujourd'hui. *

XH. La réformation de la doctrine aurait dû entratner celle des mœurs, mais c’est ce qui n'arriva pas à

# Rosot, IV, 68.

Savion 261. oser. LV, 70.

ET) HESE AOÛT 1ous, soit par une suite de la corruption du cœur humain, soit parce que ls premibre de ces réformations avait: été EL plutôt que par la voie de la persuasion, 11 y avait de grands désordres à Lausanne ; il y régnait particulièrement un étrange liberlinage et l'impareté y était au comble. Il s'y voyait entre autres une abbaye comme on l'appele dans ce pags, c'est-h-dire ane société de jeunes gens quis’assemblaient et faisaient leurs exer, cices militaires deux fois par aa avec toutes sortes d'in solences ; c'était un véritable carnaval. Ils couraïent tout nus où masqués par la ville représentant le Dieu Bachus, Ils chantaient des chansons impadiques, dansaient en rond en pleine rue, buvaientel ivroguaient par des rues ou répandaient le vin, et à la fin de ours divertissemens ûlaient au milieu de lu rue le tonneuu fqu'ils avaient vuidé avec une infinié de singeries et d'extravagances. ls protégeaient Lont ouvertoment les filleset les femmes de mauvaise vie, et quand on on mettait quelqu'une en prison, ils allaient l’eau tirer par force où bian boireet se divertir avecaelle dans la prison. Lx maltraitaientlos eninistres lorsqu'ils préchaient contre eux elesmenagaient. Le conseilet le consistaire de Lausanne vayaieuLions cos désordres, et soit par mallesse où pat crainte où par con formité de mœurs ils n'en punistaient point les auteurs. Le ministre Alexandre les en censura publiquement avec braucoup de force l'an 1541 Is en furent choqués eu lui en firent un procès d'injure. Le procès fut porté à Berne devant le conseil le 2 juillet 1541. Les furent accommodées et les injures enlevées -de part et d'autre, Mais les députés de Borno envoyés au pays pour les appellations au commencement de l'année suivante,

# Der, Arch, Rom, pap, inut.

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