NOUVELLE INSULTE DB LUTREG
espèce de schisme entre les protestans D d'Allemagne, les uns se disant attachés à la confession d'Augsbourg non changée, et les autres au contraire à celle qui a été retouchéo. Mais comme cette querelle ne nous regarde point, je ne m'y arrétérai pas davantage. Ceux qui soubaiteront d'être instruis à fond sur, cœ sojet, peuvent consulter d'Ætstoire sacraméntaired'Hos pinien, où ils trouveront abondamment de quoi se 88 ui
- Pourrevenir à Luther; ce coup de dent qu'il avait porté à Zwingli, l'an 4639, ne parut point avoir aigri Les esprits jusqu'au point de rompre l'union des Eglises, mais trois ans après ily revint cucore une fois ; car dans un livre de prières contre les Fures, qu'il publia l'an 1542, i} mettait enkrautres causes de la colère de Dicu coafre les chretiens, « les sectes pestilentielles et les hérésies abominables, Muntzer, les Zwingliens, les Anabaptistes et plu sieurs autres qui se sont élevées sous le nom angusle ét le prétexte de l'Evangile, » Pour le coup il semblait que J'injure était trop atroce pour la supporter sans mob dire, Se voie, mis daus lo rang des hérétiques les plus | exécrables et le souffrir tranquillement, ç'aûroit été en quelque manière avouer la dette. Cependant les minis 1res de Zurich pour ne pas s'alirer le reproche d'avoir rompu l'union dos Eglises, no répondirent PONS quement; mai 0 contentèrent d'en
Auabaptistes, ni héréliques. Ils se flaut. pouvoir adoucie par celte complaisance l'esprit de Luther qui était l'oracle du parti,:et de contribuer par-là efficaces
À Hospin 505.
MR NE FAIT MES POUR LES NÉPUGIÉS NFALIENS. Eu ment à entreleuir l'union entre les Eglises. Mais tons leurs soins furent inutiles. ! 2 Entre les Haliens évangéliques qui 28 réfogierent à Venise, Balthazar Allieri, natif de la ville d'Aquils, dans le royaume de Naples, entra au service de l'envoyé d'Angleterre, auprès de la république, en qualité de secrétaire. I écrivit à Luther pour le prier de travailler auprès des princes proteslans d'Allemagne, afin qu'ils donnassent une retraite sûre aux ilaliens réfugiés, Maïs Luther ne fit rien pour eux, de sorte que le pauvre homme fut obligé de s'enfuir avec sû Femme et ses enfans, et mourut dans la misère l'an, 1550. — 11 ÿ a apparence que Lather ne trouva pas à propos de travailler pour ces italiens, parce qu'ils n'étaient pas dans ses idées sur la présence réelle, au moins la plupart d'entr'eux étaient absolument dans le sentiment de Zwingli touchant ls Saïnte Cène. Le hon Altieri, dans la lettre qu'il éerività Luther, comme je viens de le dire, se réjouissait de ce que la désunion au sujet du sacrement était finie; mais la réponse de Luther aprit bientôt à lui et aux autres, qu'ils étaient dans l'erreur à cet égard, car dans là lettre qu'il loi écrivit le 12 novembre 1544, il l'exhorta trèsfortement à ne pas croire qu'il fût entré dans les sentimens des Zwingliens et à rejeter leur doctrine comme RER penRtasee
Ea effet Luther ne put jamais revenir de la imalveile lance qu'il avait conçue contre Zwiogli. I exhalait sa bile contre lui dans toutes les occasions, Au commencemeot de l'an 1543, Christophe Froschawer, imprimeur , Hbraire de Zurich, lui envoya la nouvelle traduction le=
* Hospin. Lavat, 90.
2 Hlaspin. 345 Hoiting. 758, 739.
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tine de La Bible, faite par Léon de Juda, qui sortait tour fraîchement de dessous sa presse. Luther, loin de ni rendre honnêteté pour honnêteté, lui répondit fort durement et inrectiva d’une manière violentre contre les pasteurs de l'Eglise de Zurich, lui disant, « qu'il ne devait plus rien lui earoyer de ce qui venait de ces minis= tres ; qu'il ne voulait avoir aueun commerce avec eux, ni lire leurs livres, ni les voir; que les Eglises de Dieu ne peuvent avoir aucune communion avec eux; qu'ils sont damnés el conduisent en enfer avec eux les misérables qui les suivent, etc. » Ce n'est qu'avec peine que je eopie ces horribles paroles, pour faire voir à quels:excès les plus grands hommes peuvent se porter, quand ls se laissent entrainer par leurs passions ct leurs préjugés. À Les ministres de Zurich voyant par ces emportemens de Luther, qu'il #’y avait plus rien de bon h espérer de ss part, ne voulurent plus s0 taire, jugoant que leurs en nemis prendraient mal leur silence, et le regarderaiont ou comme un aveu, où comme une marque de faiblesse. Ils conviarent donc uñianimément qu'il fallait repousser modestement, mais avec force les traits énormes et les calompïos de Luther, Es eraitèrent avec leur libraire pour foire imprimer en un corpsloutes les œuvres de Zwingli, afin que tous les hommes présens et avenir pussent s’ins» truire par eux-mêmes de la doctrine que ce grand serviteur de Dieu avait annoncéo à Zurich. — 1 y avait aussi plusieurs savans hommes do diverses nalious qui les sollicitaient à publier un recucil de celle sorte. — On ramassa donc en lrois volumes toutes les œuvres de Zwingli. Rodof Gualther, son gendre, lraduisit en la= din les pièces allemandes, el mit une apologie pour
1 Livat. 91, Hospin. 524.
De LUTNER, 255 Zwingli ot pour sa doctrine à la tête du recocil, pour faire voir que celle doctrine était conforme à celle de Y'Ecriture Sainté eL des premiers Pères de l'Eglise, On nous dit que Luther conçut un très-grand dépit de la publication de cet ouvrage. !
L'année suivante 1544, Luther publia ses annotalions sur la Genèse, où il continuait à invectiver contre les Zuricois et leurs adhérans, sous les noms de Zwingliens et de Saeramentaires, d'une manière atroce et scandaleuse. Maïs ce fut bien pis encore, lorsque le même année il publia malgré les remontrances de Mélanchton, sa pelité confession de foi, où il débagoula contre ln mémoire de Zwingli et d'OBcolampade et contre leurs seclateurs, tout ce que la fureur la plus outrée pouvait soggérer à un esprit déjà naturellement emporté comme Je sien, On ne peut lire sans horreur ce qu'ilen dit, et je eroïrtis péchér contre la charité que de copier iei les <älomnies atroces et les extravagances impies, (car on ne peu pas leur donner nn autre nom), dont ce livre est rempli. 1 serait à souhaiter pour l'honneur de Luther, qu’elles n’eussent jamais paru, où que l'on eût pu les ensevelir dans un éternel oubli. Ceux qui en sont curieux peuvent les voir dans Hospinien. *
Tous les esprits bien tournés et portés à l'union des
* Eglises et à la paix, comme il convient à des disciples de Jésus-Christ, condamnèrent hautement la conduite do Luther, et témoignèrent sans déguisement le chagrin qu'ils en avaient, particulièrement Mélanchton à Wittenborg, Bucer à Sirasbourg , Frecht à Ulm, Musculus à Augsbourg, Blaarer à Constance, Jean Pistorius daus la
* Lavot. DE. Hongin, 534.
2 Pag: 6. 747.
La AUTIISR MEAMÉ PAR MÉLANCITOS.
Hosso, Myconius et la plupart des docteurs à Bâle, Hit lustre Welser, bourgmaître d'Augsbourg, l'appelait un livre anti-chrétien. À Strasbourg le débit de ce livre de Lother furdéfendu. * Mélanchion écrivait en ces termes à Frecht, pasteur de l'Eglise d'Ulm : « Quand je verse. rais autant de larmes que le Danube entraîne d'eau, je ne pourrais pourtant pas épuiser la déuleur que me cause le renouvellement de cette guerre touchant la Cène. Er ce n’est pas que je sois fort en peine par rapport à mes intérêts, mais je suis aflligé de voir qu'on troublo les Eglises, au lieu de les guérir. » Ce grand homme était si mal content de Luther, qu'il disait un jour à Pontaaus, que, si Luther continuait, il allait chercher un autre établissement, À Il écrivit aussi le 31 août à Bollinger, premier pasteur de Zurich, pour lui témoigner la douleur. extrême qu'il avait de ces emportemens de Lutberevde la publicalion de ee livre. Bucer écrivit aussi à Luther pour lui faire de modestes romontranees sur ce sujet, lui, représentant que quand même los Zuricois auraient fait quelque chose qui eût mérité son indiguation, il aurait, dû ménager les villes impériales do la Haute-Allemagne, et les cantons de Berne et de Bâle qui n'avaiont point de part à ces affafres, et ne lui avaient point donné oc casion de «emporter de celte sorte, *
© Luther était sans doute un homme extraordisaire, qui avait de grands talens, un grand zèle et ue grande fermeté, on n'en peut disconvenir; et l'Eglise chrétienne lui a de grandes obligations. Mais il est certain aussi qu'il y avait bien de l’entétement dansson fait,
! Hospin. 354, Hotling. 758.
3 Hotling P. VL 847 et 819.
+ Hospin. 550, *]
dE ROMPT L'UNION DES ÉGLISEN, LS de l'opiniätrelé et de la vaine gloire, comme il parut d'une manière sensible dans l'affaire de Carolstad, et dans la jalousie qu'il témoigna lorsque les Zuricois publièrent leurs traductions allemande et latine de la Brble. Il était d'ailleurs d'une humeur chagtine, emportée, et cette humeur fomeniée en lui, d'un eblé, par les contradictions des adversaires, et de l'autre par les flatteries do quelques faux amis, qui lui soufflaient aux oreilles que le bruit courait par lé monde qu'il s'étaivrétracté, et qu'il avait embrassé la doctrine des Eglises belvétiques sur la Cène, Moins modeste que St. Augusto qui ne se fit point de peine, ( quoiqu'il se vit l'oracle des Eglises de son siccle ), de composer un gros livre de rétractations, cette idée de rétractation l'effasouche. I publia inecssamment le livre dont on vicot dé parler, pour faire voir à toute la terre qu’il n’en était rien. Quoiqu'il en soit, ce livre de Luther fut commo le signal de la rupture entre les protestans, L'uvion fus rompue, et la guerre déclarée entre les Eglises do Suisse el de Saxe. — Nous verrons à l'année suivante la suite de celle affaire,
X. Dans les années 1542 et 1543, Les Asdbaptalenso multiplièrent beaucoup dans la ville et dans le canton de Schfouse, par l'indulgence ou plutôt par la connivence de quelques conseillers qui penchaient vers leur secte. Pendant un espace de temps assez considérable , ils allaient et venaient, enseignant ek préchant par tout le canton avec une entière liberté, sans que personne s'y opposät. Eañin pourtant Simpert Vogt et les autres ministres, se mirent en mouvement pour arrêter le cours de ces désordres, Et d'abord ils s'adressérent aux magistrals pour les prier d'interposer lear autorité à ce que l'Eglise ne fût plus troublée par ces gens-lh. Le consail
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ordonna qu'on les mettrait en prison et qu'on travaillerait à les ramencr, faute de quoi on les ferait sortir du pays. Mais on n’en saisit qu'un où deux, qui étaient des céprits d’une parfaite slupidité, On laissa volontairement éclipser les principaux; et il ne s'en présenta pas un. Deux d'entr'eux , Gcorge Satiler et Mare Breuner, se plaigoirent que les ministres les traitaient avoc trop de dureté et fort à leur avantage ; mais que si on leur donsait un sauf-conduit, ils pourraient les convainero d'erreur, et dans la doctrine et dans le gouvernement de l'Eglise. Ainsi le synodo des ministres, pour repousser celte calomnie et fermer la bouche à ces gens-là, résolut unanimément de demander pour eux aux magistrats un sauf-conduit, On l'accorda; on ordonna une conférence entre les ministres el eux. On établit # personnes pour présider à celle conférence. Les Anabaplistes s'imagis nant déjà de triompher, demandèrent hautement qu'on laissét entrer le peuple, afin qu'il RE tout entendre, On le laissa donc entrer, La
tint vers le commencement de février. Les mass et les payistes étaient pour les Anabaptistes, nom pas, (comme on peut aisément penser) par affection pour leur doctrine, mais parce qu'ils téndaient à rendre la réformation odieuse. Après la dispute le conseil demeura quelque Lemps sans vouloir rien prononcer, et lun des présidens , qui devait en faire le rapport par devant les magistrats, différa longtems de le faire, Les ministres, impatiens de ce délai, allèrent trouver cet hommoet ob. tinrent de lui, à force d'importunité, de faire ce rapport, Ts lui déelarèrent que, si le magistrat ne chassait pes les Anabaptistes de la ville et du canton, ils étaient résolus de demander leur congé, et de s'en aller aîlleurs. Cela l'engagea donc enfin à faire ee rapport au bout de
A sCuarroese. 257 cinq ou six semaines; et lo conseil, étonné de la résolu tion des ministres, ordonna de remettre en vigueur un édit, qu'on avaït déjà fait il y avait quelques années , par lequel on défendait : 1° aux Anabaptistes de fairé des assemblées et d'exciter des troubles ; 04 2° aux autres de les recevoir, Cet édit fit que George Sauler, l'un des principaex, achela une maison dans le village de Hallaw, l'un des plus beaux du canton, afin de n'être point obligé de loger dans une maison d'emprunt. L'Eglise de Schaffouse était alors dans un état assez chancelant. Les Anabaptistes y étaient puissans. Ils avaïcnt des amis dans le conseil qui les soutenaient sous mäin, el qui leur rapportaient tout ce qui s’y disait contr'eux. Îl y avait en+ core des papistes cachés qui dissimulaient, et les réfarmés D tte assez unis pour réprimer les ans et les au tres. !
Un bourgeaïs de la Bonneville , nommé le Fotdtes fit imprimer en Allemagne un livre qui contenait la doctrine dos Anabaptisles, et on ft Liror 1500 oxemplaires. Il on débita un bon nombre dans le comté de Neuchâtel. Les Bernois l'ayant su, écrivirent le 28 mars au conseil de la Bonneville, pour les exhorter à remédier à ce mal et à supprimer ces livres. *
L'an 1544, les Bernoïsenvoyèrent, le 24 mars, des dé. putés par toutes les communautés , pour leur donner avis du bruit qui coursit, quele roi de France avait faitune al- Kance avec le turc, ce qui leur avait donné occasion de renouveler les défenses d'aller à la guerre aux services étrangers ; exhortant tous leurs sujels à les observer. ?
* Ouii aunal. 404. 403.
us RERNE REPUSE PASSAGE AUX LANSQUENETE, L'an 4546 ils envoyërent, le 11 juin, encore d'autres députés par les commuauntés, pour renouveler les mêmes défenses.
Ceue même annéo 1544, los Borvoïs refusérent le pas= sage par leurs terres aux Lansquonets, troupes Alle-
. mondes, qui allaient en France ou en Piémont, au service de François °, Onze cantons envoyèrent des dépu- Lés à Berne, au mois de juin, pour prier LB. EE; d'ouvrir lour pays à cos troupes; les Bornoïs lo lour refusèrent. Al ne leur convenait point de faire on plaisir de celtenaturé à ce monarque, quin'avaitpointvoulu(quelques sollicitations qu'on lui en eût fait) admettre leur souveau pays dans lo traité de paix fait avec los cantons, ni loisser le comté de Bourgogne dans la neutralité ; ils disaient d'ailleurs que le sieur De Bois Rigault était cnlièrement opposé à leurs intérêts, ot qu'il ne convenait point aux cantons de 8e méler dans celte guerre, pourne pas abirer quelque malheur à leur patrie, *
Ces Lansquenets (TLandsknechten } qui allaient an ser= vice de la France , s’assemblèrent à Neuchâtel dans le dessein de passer par le canton de Berne, nonobstant les défenses des Bernois. Ceux-ci l'ayant appris, écrivirent le 28 juin aux Neuchâlelois, pour les prier de ne pas le souffrir. >
XL L'an 1544 l'on vit enfin la bonne harmonie, Vunionet la paix rétablie entre les villes de Berne et de Genève, après une brouillerie longue et ficheuse, qui
it élé poussée vivement de part et d'autre, qui avait duré près de 5 ans entiers. et avait donné des peines ins
RUE 7 Stetiler, 490. bi FVVels Miss 38.
DHNCULTÉS ANTRE MEANE LT GEDÈVE. 339 fiaics aux deux villes et leur avait causé de grosses dépenses, On à vu ci-dessus que les juges choisis des deux villes, pour prononcer sur le procès selon les lois des marches, n'avaiçnl jamais pu convenir, parce que cha= eun d'eux donnait toujours gain de eause à ses compaioles ; ce qui les avait obligés de choisir un sur-arbitre pris d'entre les conseillers do Bâle.
Co éonseiller fut à Genève l'an 1541, ot lo conseil général ayant été convoqué le 12 avril, il fit de si vivos remontrances à l'assemblée, qu'enfin ils consentirent à faire vider toutes leurs difficultés avec Berne à l'a miable et non à rigueur de droit. Pour cet eflet il y eut méme une conférence à Genève le 17 juillet, où se trouvèrent sept députés de Bâle et-cinq de Berne.
Les députés de Bâle allèrent sur les lieux qui faisaiont le sujet des difficultés, ils entendirent les parties et virent leurs titres, ot au bout d'un mois ils donnèrent lour sonlence; mais celle sentence déplut également aux deux * parties. * Il fallut done recommencer surnouveaux frais ; mais la peste qui survint arrêla les parties, ralentit leur ardeur et fit suspondre la décision. Au commencoment de l'an 1543, les conseils de Berne ct de Genève demandèrent à colui de Bâle deux conseillers qu'ils avsiont choisis, pour assister à lour journée amiable à Genève, savoir: Théodore Brand ct Bernhard Meyer. Mais les Bälois refuseront d'envoyer leurs députés à Genève, apparemment à cause de la peste, offrant de les envoyer à Berne ou à Bicane. Les Bernoïs souhailèçent que ce fût chez eux. Les Genevois lo rofuséront rogardant la ville de Berne comme suspecte. Les Bernoïs leur écrivirent: que quant à eux ils n'avaicat point Lenu la ville
Savion 395. 247 aset. 1Y, #0.