EU CONGILE DE RENTE
prétendaient représenter l'Eglise universelle; la troisième le 4 février, où pour toute opération on lui le symbole de Nicée; * la quatrième le 5 d'avril; In cinquième Le 17 juin ; la sitième au commencement de l'an 1547, et la septième le 3 mars; après quoi le concile fut suspendu pendant # ans, savoir Jusqu'à l'an 1551 , et de là encore 11 ans, jusqu'àl'an 1562, Lost bien certain que si le. availcrud'ytrouverson compte, où biens'ilavait été assez honnête homme pour avoir, ot à cœur la guérisondes maux del'Eglise, in” pastanttardé, bienloin de là, il aurait fait toute la diligence possible. Outre que n'ayant consenti à celte convocalion que par politique, pour fermer la bouche au monde, qui demandait un concile de toutes parts; quand il en fallut venir au fait et au prendre, il différa Laut qu'il put et ne laissa assem bler les pères du concile que de loin à loin , afin de pouvoir prendre si bien ses mesures que Lou 4 passät à son gré. T1 avait craint que s'il reuvoyait plus longtemps Ja convocation du concile , les états d'Allemagne ne per dissent patience et ne prissent enfin quelque résolution vigoureuse et funeste à son siège, Mais surtout il consentit quand il se crot assuré de l’empereur,
En effet ce princo, livré alors aux ecclésiastiques , pro= mit au pape de sontonir le concile de s06 armes, et de contraindre. les Allemands d'y aller et de M même, malgré qu'ils en oussent, et que ceux qui ne vog= draient pas obéir seraient rangés à l'obéissance ou détruits et exterminés sans miséricorde par les forces réunies de ceux qui ÿ souscriraient, ? La suile fil voir en effet que le pape ot l'empereur agissaiont de céhcert
‘ja $ 10.
% Osiand, 397. Sleid. Lib, XVL
TOURDURIE DE CHARLES Ve 27 dans cette rencontre. Car, outre que le papo ne fit l'ouverlure du concile qu'après quo l'empereur eut fait la paix avecle roi de Franco, ot le roi Fardiuand une trève avecde Ture, l'empereur nsa encore d’uno supercherie infime envers lesprotestass pour les scéablér; carcomme les princes ot los états prolostans d'Allemngne persévéraient dans la protestation solennelle qu'ils avaignt interjectée contre le concile, Charles fit convoquer à Ratisbonne un certain nombre de théologiens des deux partis ?, comme pour chercher les moyens de réunir les deux religions #; et dans ce temps-là même, au lieu d'attendre l'issue " leurs conférences pacifiques, il méditait le dessein de tomber brusquement sur les protes- Lans avec ses forces. Copendant il eut grand soin de le cacher afin de les endormir; jusques-lh, que dans une lettre adressée aux cantons et qui leur futremise dans loué diète ordinaire de la St. Jean, (par Jean Mouchet , son trésorier dans le comté de Bourgogue }, il leur disait : « que la seule raison de cote levée de boucliers était de ranger à leur devoir certains réfractaires qui, sous prôtexte de religion, chorchaient à opprimer l'Allemagne. » I fit aussi la même déclaration én Allemagne, el sut si bien endormie quelques protestans par ses beaux discours, qu’il vint à bout delesdiviser; ensorle même qu'il engages Jean, markgrave de Brandebourg, et Maurice, duc de Saxo ot quelques autres, à prendre los armes pour lui contre les autres protostans , € même ce dernier contre son beau-père, le landgrave de Hesse. *
1 At mois de décembre 19h5, Maïs Ia conféronco no se tini qu'au mois de janvier 1586, et se Lermiua au mois de mars sans riéu con
€ Lena 769, Sleid. Liv, XVI pu BI.
us LR PAPE INVITE LES SUISSKS A FRENTR,
Dans celte même diète de la St. Jean, deux agens du pape, Albert Rosin et Jérôme Frank, se présentèrent devant les cantons, et leur remirentun bref du pape qui les iavitait pour la troisième fois à son concile avec des expressions trés-injurieuses contre les réformés , qu'il traitait d'hérétiques ei de turcs, Ils y firent aussi un diseours dans lequel, parmi les douces invitations, ils glissèrent quelques menaces aux réformés d'être an jour opprimés. Ils remirent aussi aux évêques de Sionet de Coire ek aux abbés de Si. Urbain, de St. Gall, d'Einsidlen , ete., à chacun un bref particalier du pape, qui contenait la même invitation, L'abbé de St. Urbain avait reçu depuis peu des nouvelles prérogatives du pape , Van 4544, Paul II lui avait accordé le pouvoir d'administrer la confirmation et de donner au publie la bénédiction épiscopale arec des indulgences. !
Alors les Seigneurs de Zurich chargèrent leurs 1héo= logiens d'examiner la demande du pape. Ceux-ci y frens, une longue réponse, pour montrer que les évangéliques
ne pouvaient point assister au concile, Tout ce qu'ils y disaient revenait en substance à ceci :
« T. Que ce concile n'était pas de la méme vature que ceux des premiers siècles.
» II. Que St. Paul n'avait pas voulu paraître devant le grand conseil de Jérusalem, Lout composé de gens qui étaient ses ennemis déclarés; ni SL Athanase, ni d'au» tres Sainis Pèras, dans des conciles partinux convoqués pour de mauvais desseins,
» JUL. Que le pape y voulait étre juge et partie. w
» IV. Qu'il ne permettait à personne d'avoir voix dié-
# Hotting. 767. Sleid, L, XVIE, 002.
RÉPONSE DES MINISTRES DE RERICS. #9 libérative dans le concile qu'aux prélais ; qui loi avaient promis par sermentjune obéissance aveugle,
= V. Que la règle selon laquelle co concile voulait juger, n'était pas la parole de Dieu , maïs les écrits etes traditions des hommes.
» VI. Que le paye et ses partisans avaient déjà depuis longtemps rejeté les livres des protestans, et condamné à la mort ceux qui embrassaient leur doctrine; de sorte quece serait Lenter Dieu que d'y aller , d'autant plus qu'il était notoire, disaient-ilsl, quela règle constante des papistes était : ! Qu'on n'était pes obligé de garder les sauf+ conduits à l'égard des hérétiques , dans le rang desquels ils meuaient les protestans, contre Dieu et raison. |
» VIL Qu'ilsse rendraient coupables de perfidie à l'égard de leurs pauvres ouailles s'ils les exposaient au jugement de ces loups, qui n'ont autre chose en vuo que leur gloire, leur pompe, etc.
» VII. Qu'ils n'ont rien à déméler avec le pape, ne reconnaissant aucun Seigneur sur la terre que leurs magistrais souverains, aucun autre pasteur que Jésus- Christ, ni aucune aotre règle de foi que la Parole de Dieu, qui leur a appris que le Fils de Dieu n'a point besoin de vicaire en Letre; que si quelqu'un leur demande raison de leur foi, ils la lui donneront dans leurs Eglises dans lesquelles ils enscignent ; que le page les traitait d'hérétiques ; que cependant il ne pourait pas prouver qu'ils le fussent, puisqu'ils avaient en horreur toutes les hérésies, et qu'ils se tenaient attachés aux douse ar-
1 La conduite du concile de Coustance envers Je Élus &t 16 rôme de Prague, en à été une preuve authentique,
280 INSOLENCE DE FRANE.
ticlos du Symbole dos Apôlres ot aux confessions des quatre premiers conciles œeuméniques,
Le nommé Frank s'avisa encore d'écrire une Jettre fort virulente en latin ot en allemand contre les réformés, où non seulement il les appelait hérétiques , mais disait, qu'ils étaiont presque semblables aux T'ures, Les sopt villes réforméos de la Suisse qu'il avait partieulièremont en vue, enffurent indignées, et dans uno con ‘ férence qu'elles eurent ensemble à Zurich, le 2 d'août, elles convinrent de demander à la première diète des cantons, que ce enlomnialeur ft condamné à leur fxire réparation d'honneur, et de plus, d'être banni du pays comme un cabaleur dangereux, qui même s'était) déclaré à Rome ennemi de tout le corps helvétique. Les Bernois voulaient qu'on chassât ces sortes do gons, parce que loules leurs intrigues n’aboutissaiont qu'à meltro la division parmi les cantons, pour y allumer le fou de la guerre. Mais il ne fallait guëros atteudre do semblables résolutions de la part de gens faïts commoles | cantons catholiques. — Rosin porta dans la diète uw quatrième mémoire pour inviter les cantons au coneile: Mais les réformés le rejetèrent, comme ils l'avaicat déja
pape avait quelque proposition honnête à tour faire; soit. pour le concile où pour quelque alliance, il devait leur envoyer son agent chez eux, et qu'alors ile lui Me | draient, »
Comme on eut la nouvelle que le concile sil &ë ronvoyé jusqu'au 1 de novembre, les cantons catholi= quesdifférèrent aussi leur réponse juéques à cotomps-Ià.2
4 Stailler 11, 145.
* Houing. 709. luste. b, 275.
Lx PAPR TAANIE R'EMTEREUR si
— Les Bornois ne furent nulloment contens de la résolution des cantons catholiques au sujet do Jérôme Frank ;ile domandèrent de nouveau dans ane diète convoquée à Bade au mois de décembre, qu'il für chassé de la Suisse, à cause des injures qu'il avait écrites aux réformés. À
On a vu ci-dessus de quelle manière l'empereur avait coloré auprès des cantons sa prise d'armes contre les protestans d'Allemagne, Mais le pape ne fut pas si fin, ou plutôt il eut 806 raisos pour découvrir au monde le mystère d'iniquité. 1 fit dire aux cantons par son nonce : « Que puisque los protostans persévéraient opiniätrement dans lour doctrine, il était obligé de prendro les armes contr'eux; que l’empereur était pareillement résolu de leur faire la guerre pour soutenir sa religion. Car comme le concile était convoqué par l'ordre de l’empereur, S, M. L. était résolue d’user de la force contre ceux qui le mépriseraiont, pour les contraindre à s'y soumettre, et que le pape pour appuyer ce dessein lui fournirait de l'argent et des troupes. * »
Cela s’appelait parler net, On peut bien juger qu'une déclaration de celte nature ne tomba pas à terre. Les protestons d'Allemagne en étant avertis, profitèrent de F'avis pour se tenir sur lours gardos, rl se donnèrent pour cet effet les mouvemens qu'ils jugèrent nécessaires.…
Mais pour revenir aux cantons, ils nepurents'empécher de sentir la contradietion qu'il y avait entre la leutre de l'ompertur et ln déclaration du nonce du pape, e ils la représentèrent à l'empereur lui-même, Charles né leur ré-
# uste. b. 005, 3 Sleid. Lib, #7.