ENTRE AUMIÈR ET GENÈVE. LL
contraire en tant qu'il eat homme, ne doit étre cherché
. que dans le ciel, et on ne doit le chercher que par l'ame et par l'intelligence de ln foi. Ainsi c'est une superstition porverse et impie que de l'enfermer sous les élémons de ce monde.
» C'est pourquoi nous rejotons comme de mauvais interprètes ceux qui, expliquant eos paroles solennelles de la Sainte Gène : « Ceci est mon corps, ceci est mon sang, » preséont avec chaleur le sons litéral commo ils parlent, Car nous soutenons gomme une chose incontestable qu'il faut tes prendre dans un sens de figure, savoir, que le pain ot le vin sont dit être ce qu'ils sise Eu il ne doit point paraître nouveau, ni étrange
l'on donne au signe, par mélonymio, lo nom de la ne sigaifiée; puisque l'on trouve à chaque pas des expressions de ceue sorto dans les Ecritures, et qu'en parlant de cette manière, nous ne disons rien qui ne se trouve dans tous les plus anciens écrivains de l'Eglise, et les plus approuvés.
» Quant à co que Jésus-Christ, par la participation de sa chair et de son sang qui sont ici figurés, nourrit nos ames par la foi, par la vertu de son Esprit ; il ne faut pas prendre cela comme s'il se faisait quelque mélange où transfasion de substance; mnis c'est en ce que sa chair Offerte une fois, offerte en sacrifice el son sang ré- Fo pour l'expiation des péchés, nous procurent la
» Cela sert à réfuter non seulement l'invention des papistes louchant la Lranssubstantiation; mais aussi toutes ces imaginations grossièresqui dérogent À la gloire céleste du Seigneur, ou qui ne s'accordent pas avec la vérité de sa nature humaine. Car nous jugeons qu'il n'y a pas moins d'absurdité à placer Jésus-Christ sous le,
vs FORMGLAIRE SUR LA SAINTE CÈNE pain, ou à l'autacher avec le pain, qu'à transsubstanties
le pain en son corps.
» Et afin qu'il ne reste point d'ambiguilé, lorsque nous disons qu'il faut chercher Jésus-Christ dans le. ciel; cette façon de parler exprime une véritable dis | tance de lieu. Car quoique à parler phil
| il n'y ait de lieu au-dessus des cieux ; cependant, | = André Jésus-Christ est fini, comme l& nature | du corps humain le porte et qu'il est contenu dansle | ciel, comme dans un lieu; il s'en suit nécessairemeet | on éloigné de nous, que le ciel l'est de ls |
» Que si nous ne devons pas attacher Jésus-Christ an pain et au vin par notre imagination, est-il permis de l'adorer dans le psin. Car, quoique le pain nous soit donné à manger, pour symbole etlpoue gage de celte communion que nous avons avec y ees pendant comme il est un signe, et non la hosc même, et qu'il ne contient point In chose, ni enferméo, ni'stil tachée, ceux qui tournent leur esprit vers adorer Jésus-Christ, en font uno idole, ! # =
Il ÿ à boaucoup d'apparence que ce fc
l'ouvrage de Calvin, On y reconnaît du a
son siyle, sa manière de penser, de raisonner” s'exprimer, On y trouve les mêmes idées e1 les expressions qui se lisent dans sa liturgie sur ln.
Cène.
Ce formulaire de doctrine fut signé parles min OES de Zurich, par Calrin et par Farel; afin de faire cons
LHavater.à pag: 99 ad 407.
ENTRE AURONT GENRE, wo
maître à toute la terre que les Eglises de Zurich, de Genève et de Neuchâtel étaient parfaitement d'accord sur cot article important de la religion chrétienne. Hl fut aussi approuvé par les autres Eglises de la Suisse 04 par colles des Grisons, Enfin il fat aussi fort approuvé hors de la Suisse, par les esprits modérés et les véritables savans; d'autont plus que les auteurs disaient, que si cette déclaration n'était pas suffisante, ils of. fraient d'en donner une plus étendue. Ils promettaient aussi de se montrer dociles e1 prélé à écouter les avis, si l'on en avait de meilleurs à leur donner: Bucer, qui était alors en Angleterre, en félicita l'Eglise par une leutro qu'il écrivit à Calvin. * Les luthérions au contrairo le virent avec chagrin, et quelques-uns osèrent écrire, que Calvin, qui jusqu'alors avait paru étre dans leurs idées, avait changé de #entiment depuis que le parti protestant avait été abattu en Allemagne, par les armes de € V, et s'était accommodé de la doctrine des Zuricais. * Mais il était bien aisé de les convaincre que ce n'était là qu'uneimpertinente calomnie tout À fait des. située de fondement. 1 n’y a qu'à voir les Institutions Chrétionnes de Calvin, imprimées pour la première fois à Bâle, l'an 1555, etle Formulaire d'union dans la docirine de In Sainte Cène, qu'il présenta au synode de Berne, l'an 1537; il n’y a, dis-je,.qu'à voir ces deux pièces, ( dont la dernière a précédé de six ans la dé. route des protestans d'Allemagne, ) pour se convaincre quo ce grand homme n'avait point changé de sentiment, et qu'il a Loujours eru constamment ces deux choses : 1° D'un cbté, que dans ln Sainte Cène il ne se fait ni
* Laval. 407, # Mospin, 867. a.
380 MORT D'IDBLETTE DE BUREN transtubstantiation, ni consubstantiation, niimpanation, ai aucun. autre changement physique ou corporel; el 2° d'un autre côté, que le sacrement n'est point un signe vuide; mais qu'on y participe véritablement au corps et au sang du Seigneur par la foi.
XIV. Calvin, lorsqu'il entreprit le voyage de Zurich, vevait de perdre sa femme, ( Idelotto De Buren, }qui était une dame d’un rare mérite, comme en parles la théologien de Bèze. Elle mourut le 6 d'avril, après avoir 1esiné une vie languissante pendant plusieurs moîs. Ella fit paraître de grands sentimens de piété. Elle avait des enfans de son premier mari ; connaissant la vertu 64 le parfait désintéressement de Calvin, elle ne cut pas né cessaire de les lui recommander, Calvin crot qu'ellen'ossit pas le faire, et que peut-être cette crainte lui de peine que sa maladie. C'est pourquoi il lui dit enprésence de quelques autres ministres qui étaient venus ln voir, qu'il en aurait autant de soïn que s'ils étaient AIG Elle lui répondit : « Je les ai déjà recommandés au Sels geur. Mais, lui répartit son mari, cela n’empéche pas queje ne fasse mon devoir à leur égard. » Elle lui réplis qua : « Sile Seigneur a soin d'eux, je saie quo vous le aurez en recommandation. » Le jour qu'elle rendit Mess prit, répondant au ministre qui lui parlait, elle tint di. vors discours entreeoupés, par où il paraissait que 508, cœur était fort élevé au-dessus de la térre. « O résure rection glorieuse ! disait-elle, o Dieu’ d'Abraham et dé tous no# Pères! Los fidèles ont espéré en toi depuis taot de siècles ! aucun d'eux n'a été trompé dans son es pérance ! Je veux auséi attendre. .., » Dans co momenk, sootant qu’elle allait perdre la parole : « Prions dit-elle, prions; vous aulres, priez tous pour moil » Celsin, après quelques exhortations conyenables, lui fit la prière,
FEMME DH CARVIN. 581 qu'elle écouta avec beaucoup d'attention, sprès quoi elle rendit son ame doucement à son Sauveur, Cotte mort afigen exirémement Calvin, comme il l'écrivait à 605 doux amis do cœur, Farel et Virer. « J'ai perdu, disait-il, une excellento compagne, qui, quolquo malheur qui. pût m'arriver, était prête à m'a volontairement, non seulement dans l'exil et dans la pauvreté, mais même dans la mort, Tant qu’elle a vécu, “elle m'a été une aide fidèle dans mon ministère, et je n'ai jamais senti le moindre obstacle de sa part. » Cependant quelle que fut la douleur de Calvin, elle no l'empécha point de s'acquitter exactement de toutes ses fonctions, toutcommes'ileüt eu l'amedans une parfaitetranquillité.
Après elle il n'en voulut point épouser d'autre, quoiqu'il fut encore à la fleur de son âge, n'ayant pas plus de 40 ans.
Cette année Gaillaume Farel eut on procès d'honneur avec Jacob Tribolet, ancien banderct de Berne. Le sujet était tel : environ l'an 1535 l'on avait affiché à Genève un placard, dans lequel on faisait mention de ce Trbolet, et Farel présenta ce placard aux députés de Berne, qui étaient alors à Genève. Fribolet en fat irrité et proféra quelques paroles injurieuses contre la personne et le ministère de Farel, qui de son côté prolestait n'avoir point éerit, ni méme lu ce placard, assarant qu'il lui avait été remis par un nommé Perral, L'affaire traton en longueur; enfin les Seigneurs de Berné accommodèrent les parties ebles réconcilièrent, ordonnant que toutes les injures seraient enlevées de part ct d'autre, c
que Les dépens seraient compensés. *
* Calvin, Epist, 89. 84. 87, * E Schedis Schoupart,