FORMULAIRE SUR LA SAINTE CNE
doctrine qu'ils devaient suivre dans leurs
mens. ! Je le donnerai ici lout Cuers traduis fidèle. - ment da latin :
Formulaire de consentement dans La doctrine de la Sainte Cène entre les Eglises de Zurich et de Ge. nève. *
« Comme Jésus-Christ eat la fin de la loï, et que sa connaissance comprend loute la substance do l’Evangile ; il ne faut pas douter que tont le gouvernement | spirituel de l'Eglise ne tende à ce but, de nous conduire à Jésus-Christ; comme aussi c'est par lui seul qu'on vient à Diea : ce qui est la dernière fin de, la vie bienheureuse; c’est pourquoi quiconque s'en détournera le moins du monde, ne parlera jamais bien d'aueun dei” rites ou des usages que Dieu a établis,
» Or comme les saéremens sont des appendices.de, l'Evangile, pour parler convenablement de de leur essence, de leur devoir et de leur fruit, àb fasi commencer par Jésus-Christ, non pas pour plementet par manière d’acquit du nom mais pour bien comprendre à quel but il nou,
par Le Père, et quels sont les biens qu'il nous & 9 Lé
» Voici donc ce qu'il faut croire : «| Christ étant le Fils éternel de Dieu, d' Lee et gloire avec le Père, a revélu notre chair, communiquer par le droit d'adoption ce qu’ de nature en propre, savoir d'être enfans de
qui se fait, lorsque étant entés par la foi au corps de Jésus-Christ, et cela par la vertu du Srint-Esprit,
© Havat Hospin. 67, b. 368
ENTRE AUNICN ET GENÈVE. w1
premièrement nous sommes censés justes par l'impulation gratuite de la justice, ensuite nous sommes régénérés à une vie nouvelle, afin qu'étant réformés à l'i. mage de noire Père céleste, nous rénoncions au vieil homme,
» Ainsi nous devons considérer Jésus-Christ en sa chair comme on sacrificateur qui à expié nos péchés par l'unique sacrifice de sa mort, qui a effacé toutes nos iniquités par son obéistance, qui nous a acquis une porfaite justice, qui intercède maintenant pour nous, alin que nous ayons accès auprés de Dieu. El faut le considérer comme une victime expiatoire, par laquelle Dieu a été apaisé envers le monde. El faut le considérer comme notre frère, qui, de misérables enfans d'Adam que nouë étions, nous a fait de bienheureux enfans de Dieu. Il faut le considérer comme un réparaleur, qui par la vertu de son Esprit, réforme tout ce qu'il y a de vicieux en nous, pour que nous cessions de e ou monde et à la chair, et que Dicu lniméme vive en nous. Il faut le considérer comme un roï qui nous enrichit de toutes sortes do biens, qui nous gouvorno ot nous soutient par #a vertu, qui noue fournit des armes spirituelles, pour que nous demeurions fermes el invincibles contre le diable et lo monde; qui nous garantit de tout mal, qui nous gouverné 04 nous conduit par le scoptre de sa bouche. Il faut le considérer de cette manière pour qu'il nous élève à lui-même, vrai Dieu et au Pro, jusqu'à cé que soit accompli ce qui doit arriver à la fin, savoir, que Dieu soit toutes choses en Lous.
» Or, pour que Jésus-Christ se fasse sentir h mous de coute façon, et qu'il produise en nous des fruits de cette sorte, il faut que nous soyons faits un avec lui, et que nous devenions un méme corps avec lui, parce qu'il ne fait
wa TONMULAIRE SUR LA SATNTÉ GENE
couler sa vie en nous qu'aulant qu'il est notre chef, cl que c’est de lui que Lout le corps bien proportionné cf bien joint par ln liaison de ses parties, qui communiquent les unes aux autres, tire son accroissement à pro portion de la force qu'il distribue à chaque membres (Ephés, EV, 16.)
» C'est là la communion spirituelle que nous avons avec le Fils de Dieu; eu ce que habitant en nous par soù Esprit, il rend Lous ceux qui croyent participans de fous les biens qui son8 en lui, Et c'est pour nous rendre lémoignage de celle communication qu'a été établie la prédication de l'Evangile, et que l'usage des sncremens nous a été recommandé, savoir, du Bapléme et de la Sainte Cène. .
» À la vérité les sacremens sont aussi établis pourêtre des marques et des livrées de nolre profession, société et fraternité chrétienne, pour être des motifs à des ae tions de grâces, ct des exercices de la foi et d'une wie sainte, et enfin des engagemens que nous prenons à bien vivre. Mais lour principal usage entr'autres, con siste on co que Diou nous y témoigne, e scelle sa grâce. Car quoiqu'ils ne signifient rien de plus que ce qui est annoncé par la Parole même ; c'estice=, \ pendant beaucoup que d'avoir sous nos yeux commede vives images qui font beaucoup plus d'impression sut | nos sens, comme nous conduisant à la chose en rappelant à notre souvenir la mort de pre à tous ses bienfaits, pour exerrer lant mieux la foi, etque, ce que Dieu avait prononcé de sa bouche, soit et corroboré comme par des sceaux. +
» Et comme les témoignages et les sceaux que Dieu nous a donnés de sa grâce sont véritables; sans douteil fait lui-même véritablement su dedans de nous parson
ENTRE AURIGH ET GENÈVE, 575 Esprit, ce que les sacremens figurent aux yeux et aux aukres sons, savoir, que nous jouissions de Jésus-Christ comme de la source de tous les biens; que de plus, nous soyons réconciliés à Dieu par le bénéfice de sa mort: que nous soyons renouvelés en esprit pour vivre saint ment; enfin que nous obtenïons la justice et la vie, et en même temps que nous rendions grâces dès à présent pour ces bienfaits qui nous ont été acquis autrefois en la croix et que nous avons reçus, et que nous recevons tous Les jours par la foi,
» Ainsi quoique nous distinguions comme il faut les signes d'avec les choses signifiées, cependant nous ne séparons point la vérité d'avec les signes; bien loin de 1à nous confessons que tous ceux qui embrassent par la foi les promesses qui y sont offertes, y reçoivent spiri- {uellement Jésus-Christ avec ses dons spirituels, et quo par là même ceux qui depuis longlemps ont été faits participans de Jésus-Christ, continuent et eptretiennent cette communion.
» Car il ne convient pas de regarder aux signes seuls, mais plutôt à Li promesse qui y cst altachéo. Ainsi, autant que notre foi s’avanee et se fortifie dans la promesse qui sous y est présentée, autant s'y déploie celte vertu et cette efficace dont nous avons parlé. Ainsi la matière de l'eas, du pain ou du vin ne nous apporte nullement Jésus-Christ, ni ne nous rend point parlicipans de ses dons spirituels. Mais il faut plutôt avoir égard à la promesse dont l'effet est, de nous conduire à Jésué-Christ pur le droit chemin de la foi, laquelle nous rend participans de Jésus-Christ.
» Cette considération détruit l'erreut de ceux qui s'arrélent slupidoment aux élémens et qui y allachent l'espérance de leur salut, Au lieu que les sacremens sé-
LL ZORMOLAIRE SUR LA SAINTE CESR
paré: de Jésus-Christ ne sont que de saines ligures, CU qu'ils font tous retentir hautement celte voix qu'il ne faut s'auacher qu'à Jésus-Christ; et qu'il ne faut point, chercher ailleurs la grâce du salut.
» De plus, si quelque bien nous est conféré par Len sacremens, cela ne se fait point par une verlu quilleue soit propre, quand méme on y comprendrait là promesse dont ils sont honorés. Car c'est Dieu seul qui agit par son Esprit; et s’il se sert du ministère des snc n'y répand point sa vertu sur eux, €t n'y à l'efficace de son Esprit. Mais pour s'accommodér à notre faible portée, il les emploie comme des à de telle manière que toute la faculté d'agir lui seul.
» Ainsi de même que St. Paul nous averfit,
III. 7.) que celui qui plante où qui arrose mais que c’est Dieu seul qui donne l'aci
il faut dire de même touchant les sacremens, sont rien d'éux-mêmes, parce qu'ils ne nous
de rien, si Dieu ne faisait absolument tout. 0 vérité des instrumons par lesquels Dieu agit ment lorsqu'il le trouve à propos; mais do.
qu'on lui a l'obligation à lui seul de tout l' notre sslut.
» Nous soutenons donc que c'est Jésus-Christ baptiso véritablement au dodans, qui nous pans de lui-même en la Con qui enfin complit ce que les sacremons représontont, et | sert de ces instrumens de telle manière, que 10 effet dépend de son Esprit.
les sacremons sont quelquefois sceaux. Il est dit d'eux qu'ils nourrissent la mn l'affermissent et l'avancent : et c'est cependant Per
ÆBTRE BURICN ET GRNBVE. 576 seul qui ost proprement un sceau, el c'ost lui qui commence la foi, et qui la perfectionne. Car tous ces attributs des sacremens sont placés dans le plus bas rang; afin qu'on n'ôte pas la moindre partie de notre salut à celui
qui en est l'unique auteur, pour en transporter la gloire ,
aux créatures où aux élémens.
» De plus, nous avons soîn d'enseigner que Dieu ne fait pas sentir indifféremment sa vertu à tous coux qui reçoivent les sacremens; mais seulement aux élus. Car, comme il 'illumine pour avoir la foi, que ceux qu'il a prédestinés à la vie, ainsi aussi il fait par la vertu se. crète de son Esprit que les élus reçoivent ce que les sacremens leur offrent.
» Ceue doctrine renverse l'imagination des sophistes qui ensoignent que les sacremens de la nouvelle loi eonfèrent la grâce à lous ceux qui n'y mettent pas obstacle par un péché mortel, Car, outre que l'on ne reçoit rien dans les sagremens que par la foi, il faut aussi se souvenir que la grâce de Dieu »’y est point attachée, pour que quiconque a le signe, ait aussi ln chose signiliée. Car les sacremens sont adminisirés aux réprouvés tout commeaux élus; mais la vérité des signes n'appartient qu'aux élus.
2 Les biencértain que Jésus-Christ est offert avec ses dons, indifféremment à tous les hommes, etque la vérité de Dieu n'est point anéantie par l'infidélitédes hommes; mais tous ne sont pas en état de recevoir Jésus-Christ et ses dons. Ainsi du côté de Dieu il ne se faitaucun changement, et pour ce qui est des hommes, chacun reçoit à proportion de sa foi. Et comme l'usage des sacremens ne procure pas plus de bien aux infdèles, que s'ils s'en abstensient, et qu’au contraire il leur et pernicieux, aussi hors de leur usage, les fdèles ont la vérité qui y
#6 ronnuLAins sUn LA SAÎNTE Cine
est figurée. Ainsi St. Paul en rocpvant le baptôme fus lavé de ses péchés, qui étaient déjà lavés auparavant. Ainsi aussi le baptéme fut pour Corneille ls centenier, un lavement de régénération et méannfoins fl avait déjà réçu le don du Saint-Esprit. Ainsi Jésus-Christ sé come munique à nous dans la Cène, cependant il s'était déjà donné auparavant, et à demoure perpétuellement en nous. Car puisqu'il est srdonné à tous de renstiF suit de (à, qu'il est acquis qu'ils aient la foi avant que d'approther du sacrement; or il n’y à point de foi sans Jésus-Christ. Maïs comme les sacremens sérventà fortifier ot à augmenter la foi, ils serreût par là méme à fortifier en nous les dons de Dieu, et ainsi Jésus-Christ croit en quelque manière en nous ; el nous, nous crois sons en lui.
» D'un autre côté l'utilité que nous relirons dos sn cremeni doit point étre restreinle au temps qu'on, nouë les administre ; comme si le eigne visible nous ap=. portait avec lui la grâce de Dieu dans le même moment, qu’onle présente. Car coux qui ont été baptisés dans leur. première enfance Dion les régénère, où dans le bes âge, où à l'entrée de leur jeunesse, quelquefois aus dans la vieillesse. Ainsi lotilité du baptême toute la durée de la vie, parce Speed contenue, subsiste perpéluellemont on sa peut quelquefois arriver que l'usage de la Sie Case | qui nous est de peu d'utilité dans l'acte même, het do quelque distraction où de pesanteur d'esprit, son fruit dans la suite.
» Mais surtout il faut éloigner toute imegination. quelle qu'elle puisse être d'une présence locale lou que les signes sont ici dans le moude, gh'om les voit | des yeux et qu'on louche des mains; Jésus-Christ au |