LIVRE QUATRIÈME
E On a vu dans le Tome I de la première partielde. celte histoire, comme quoi la lumière de l'Evangile avait pénétré d'assez bonne heure dans droits des bailliages Suisses d'Italie, dès l'an 1 les soins d’un Balthazar Fontana. Celte !
erut et se fortifia insensiblement ‘à Locarno, d'un maître d'école, nommié Jéan Boccaria, ment savant, homme de bien et fort zélé, quikra après ur religieux de l’ordre des frères Mineurs; nommÈ Benedetto, ‘ et surnommé Locarno;, el un autre, nommé | Varnerio Castiglione. Mais ces deux derniers no firent | pas long séjour à Locarno, * au lieu que Beccariæ
älla plusieurs années, premièrement en maftre d'école, el ensuite en qualité de as |
11 était à Locsrno l'an 4544, avec Varnorio. Locarn. per. p: 68. et eelui-ci y était de rechef l'an 4948. Ib. p. 74. 3 Locarn, persec, p. 46.
L'ÉVANGILE PRÈCHÉ À LOCARNO. soi sorle que c'est principalement à lui, si ce n'est pas uniquement, que l'Eglise de Locaroo devait son accroissement ; aussi les réformés de celle ville là l'appolaient-ils leur apôtre.
Ce Beccaria ayant rocouvré environ l'an 1538 une Bible italienne, se mit à la lire et à la méditer avec atlenlion el avec une saiute docilité. Il lut ausei quelques, ouvrages de nos réformatours. Bientôt il y découvril avoc ce secours los vérités salutaires que Jésus-Christ et. ses Apètres ont enseignées, et par là mémo les erreurs, les abus et les superstitions honteuses dont l'Eglise romaine les a obscurcies, Plein de zèle pour ces grandes et excellentes doctrines, il en fit part à tous ceux qui la voulurent éconter et gagna plusieurs personnes de mérite, entr'autres Louis Vengeso, surnommé Ronco, un médecin nommé Thaddée Duno, et un gentilhomme de la première noblesse du lieu, Martin De Muralto, docteur.en droit, homme distingué par son habileté, par sa pidié, par son érudition, en un mo, par 500 rarc mérite, autant et plus que par sa naissance, Ces quatre hommes travaillèrent de concert à la propagation de la doctrine évangélique à Locarno, * et firent des progrès ; mais à mosure qu'ils en faisaient, leurs ennemie redoublaient leurs efforts pour les traverser. L'an 1548, Beccaria fut chargé de précher dans un temple du voisinage. II le fit avec succès : mais Les prêtres ne négligesen rien pour le perdre, sollicitant sans cesse le bailli£ contre lui. C'est pourquoi Beccaria écrivait à Pellicanus, le 22 mai do cette annéelà, pour le prier de le recomman dorauscignenr député que l’état de Zurich dovaitbioniôt, envoyer pour le syndicat, afin que ce seigneur s'opposi,
L Perse. Locarn. pe 16. 65.
#2 LOCANNO:
à ce qu'on luf ft aucune injuste violence, pour la prédi-
car disait-il, je suis prét à soutenir Lout ce pourvu qu’on en remelte le jugement à pa tables el savans ; alors, s'il arrive qu'il me faille souflrir uelque chose la gloire de Jésus-Christ; je aus pr étre nm à po sois trouvé fidèle ministre de notre Dieu. Et enatiendant je n6 cesserai autant qu'il dépendra do moi, de précher la Parale de mon Rédempteur, et Satan avec tous | ses membres ne pourra me détourner de ce dessein. # Les choses s€ passèrent assez cürno le reste de cette année là et une bonne” la suivante, 1549, Mais au commencement!
d'août les papistes firent venir de Lugano un prêtre, ignorant, mais graud causeur, pour pl chér,en rélormés ; et le baillif qui était alors d'Un publier ane défense aux réformés de faire ancun Es
mai!
traditions et dl l'infaillibilité du papes eL érine sole rodomontade, qu'il était suffisant lui/seul réfuter toutes les doctrines des novateurs, a
s'empêcher de lui erier tout haut :
eltu ne dis pas ln vérité! 5 Cela frappañelle l'auditoire, qu'il #’ÿ eut
faire la moindre insulte à cet homme li! Dos
L'Ibid p.15.
uiébere E nEtrGtON 595 furet si fort dégoûtés de In prédication de ce prêtre, qu’ils résolurent de no plus l'écouter, Le baillif l'ayant s0, fit publier un ordre à tous les réformés de l'aller écouter, sous peine de 50 éeus d'amende, Maÿs eet ordre ne fut point exécuté; les réformés s'en plaignirent han tement, comme d'une souveraine injustice ; et le baillif sentant bien qu'il n'avait pas le pouvoir de faire des édits de cette sorte, avec de si fortes âméndes, le laissa tom ber: * k
Les papistes s'y prirent d'une autre manière. Hs demandèrent ane dispute publique de religion avec les réformés; se promettant sur eux une sûre victoire, quoi= que l'expérience dé es dispates précédontés qui s'étaient faites en particulier, leur dût faire craindre un succès tout opposé. Ils composèrént des thèses sur lx puissance du pape, sur la justifiention, sur le mérite des œuvres, sur la confession auriculaire et sur le Purgatoire, et les aflichèrent aux portes des tomples, dé ln maison de ville et du château, invitant les réformés à disputer. Le baillif marqua jour pour cela savoir : le 5 d'août, et ordonna à cinq réformés de paraître au château, savoir: à Beccaris, au médecin Dano et à {rois autres. L'assemblée fat composée du baïllif, qui présidait, de deux interprètes, du lieutenant Baïllival, du pré dicateur de Lugano, de deux autres prêtres, dot lun était le curé du lieus de deux médecins de Lugano et un de Locarno, qui dersient être los tenans pour les &atholiques et des ciny réformés. El y avait un grand nome bre dé spectateurs assemblés de toute la bourgébisie. Et d'abord le prédiesteur catholique proposa les thèses qu'il avait composées, et demanda aux réformés avec le Con-
Ibid. 19 es 77.
5 sui 6 LA DISPUTE,
sentomont du baillif qu'ils oussent ou à les avouer, où à les nier. Mais ils ne vouluront faire ni l’un, ni l'autre, Les avouer, leur conscience ne le leur permelait, pas. Les nier tout cruement, c'était s’exposer à étre incessamment condamnés au feu, comme pernicieux hérétiques. Lls se mirent donc à disputer. Le prédicaleur de, Lugano commençant par la première thèse, voulut leur. prouver la puissance et l'infaillibilité du pope par les, passages de Matth. XVI, 18. ot Jean XXA, 16. Maïs les réformés le rembarrèrent ai bien qu'il ne sut que répondre. Le baillif le voyant réduit au silence, eL ne sachant pourquoi il ne répondait point, (car il n'e: it pc
la langue en laquelle on disputait, ) il en demanda la raison à £es Iruchomens; et l'ayant apprise; il rompt brusquement la dispute, disant que c'était une mabière qu'il fallait. renvoyer à un concile ; et faisant vénirles nés formés près do lui, il leur ordoana de, répondre nelle. | ment à la question qu'il allait leur fairez «s'ils approuvient les dogmes de l'Eglise romaine, ou s'ils lesrejés | taïent ? Mais ils ne voulurent rien répondre, Alors le bals lif ordonpa à cinq de sos assistans do prononcer sup &ét | thèses, savoir : aux deux prêtres, aux doux médecins de | Lugano et à celui de Locarno. Ces juges | que ces thèses étaicnt catholiques ou orthodoxes, & | ceux qui les rejetaïent, étaient hérétiquos. Les | se récrièrent vivement contre une telle décision, malgré leurs protestations, le baillif fit saisir Beccaris cl le fit conduire on prison, contre la foi donnée ; mais ln prison ne fut pas longue. Il y avait à la porte du château uve troupe de jeunes gens bion armés, qui attendaient, | l'issue de la dispute, ersignant qu'on ne fiquelque sio- | lence aux réformés, Un frère de Beccaria, jeunchomme | plein de courage et de feu, était de ce nombre, D'abord
DUCCANIA EX AUISSE. 395 qu'ils eurent appris que Beccarie avait 616 éonduis en prison, ils entrèrent brusquement au château, et trou vant le baillif avec sa troupe, ils le contraïgnirent mals gré qu'il en eût, à élargir son prisonnier, Be prédicateur de Lugano en fut si effrayé, que, quoique les réformés eussent promis solennellement de ne lui faire aucun 1nal, cependant ne se eroyant pas en sûrelé, il se retira incessamment, accompagné du baillif, et se fit donner une troupe de soldats pour l'escorter dans son bateau, *
À celle occasion les réformés de Locarno envoyèrent Beccaria en Suisse, pour solliciter auprès des cantons, leurs Seigneurs, une entière liberté de conscience ei V'exercice publie de leur religion. Ils jugèrent cela d'autant plus nécessaire, que le disait publiquement qu'il ne faisait rien que par ordre de ses Seigneurs. Beccaria se présenta devant les magistrats de Zurich es de Berne, implorant leurs conseils et leurs secours, pour que son petit troupeau (qui s’était aceru jusqu'au nom bre de 200 personnes ) ne fût point opprimé, ni persécuté pour sa religion, comme il en était menacé. Les Seigneurs de Zurich trouvèrent à propos de renvoyer cette affaire à proposer à la diète, parce que cés bailliages dépendent également des douze anciens cantons. Mais ceux de Berne furent d’un sentiment tout opposé, et jusbrent le 26 d'août, qu'il valait mieux pour le coup que ces bonnes gens souîrissent quelque chose avec pa tience, jusqu'à ce qu'il y edt un nouveau baillif. * Je n'ai pas pu découvrir ce qui se fit dans la diète. Je sais seulement que les réformés animés par le succès de la dispute où ils parurent victoricux, persévérèrent couras
1 Ibid, A1 — 23. et 78. 70.
À Ibid. 79. faste, 2,
5% BRCCARIA EX DOND.
geusement dans la profession de la vérité. Gependant on les maltraitait de 1emps on temps, et l'an 1650, comme on voulait maltraiter pains avoir mangé de la vionde dans les temps Seigneurs de Berne chargèrent le 5 d'éctobre lour député à la diète de les protéger: Et la même année un moine Locarno ayant embeassé la religion réformée, ei s'étant marié, on le mit en prison: Les Seigneurs de Berne churgèrent leurs députés, le 16 do noverabre àla diète, de proléger ce moine et sa femme ei dans nnë autre diète qui s'assemblait au mois de mars 16514 les mêmes Seigueurs donnèrent ordre à leurs d s de teavailler avec ceux des autres cantons, à réformeriles prêtres de Locarno. je Cependant Beccaria e1 Duno ne se 2 sûreté à Locarno, jugérent nécessaire de s’absenter
dont les bigois étaient animés contr'eux. Duno dons le Milanais, exerçant la médecine dont profession, l'ayant étudiée trois ans à Bülo, deux ans à Padoue. Mais comme il s'aitira par) lousicdes deux Camuzzio frères, (ces deux Lugano qui avaient assisté à la dispute de
gens-là le déférèrent à l'inquisition qui
saisir. Maïs ayant été averti É s dans une montagne du voisinage. L'inqui viter à venir se justifier. ILeut le courage de, méme par deux fois, ayant trouvé un inquisiteur qu tail point de l'humeur cruelle des gons de son | défondit si bien sa cause que l'inquieitour. lo t quent aller sans lui faire aucun mal. Alors il! ous | |
LJaste, b, 105, Inst, 108,
QUITTENE LOCANAO. mr chez lui l'an 1554, avec une femme qu'il avait épousée dans ce pays là, et deux onfans, el fat reçu avee joie par 606 compairioles de Locarno, à cause de sa piété el do son habileté dans la médecine. *
Quant à Beccaria il alla d'abord à Rogoreto, Gare fle, village dans la vallée de Misor, dans le pays des Grisons. Le clergé da pays, ignorant, vicioux et bigol, fot consterné de son arrivée ot ft tous 505 efforts avoc le concours de quelques cantons estholiques, pour le faire chasser; mais tandis qu'Antoïne Sonvico, personnage pieux el acerédilé vécut, leurs efforts furent inutiles, ©
Pendant l'absence de Boccaria les réformés de Locarno faisnient venir un ministre du comté de Chine venns, pour leur préclier ot baptiser leurs enfans.
IL. Dans ce Lémps-ln il y out divers doclours italions qui travaïllèrent avec succès dans les Eglises des Grisons 61 dns le voisinage, * tele que furen} onte'antres : Paul Gadio, Jérômie Zanehius, Jules Milanoïs, pasteur do l'Eglise de Paschiavo, (en allemand, Peselaf, ) gros bourg. silué sur une rivière du même nom, à l'extrémité méridionale de la Hauto-Engadino, Scipion Lentulus, Ulysses, Vénitien, comte de Martinengo, et Pierre-Paul Vergerio, évêque do Justinopolis, en Tsirie, sous la doimisation de Voniso. Ce dernier a 616 si fameux par ses aventures, par son courage ©t par 08 travaux, qu'il est juste d'en dire ici quelque chose.
t longtemps servi les papes Clément VEE et de légat en Allemagne; de sorte que le pape Paal TUE, pour le récompenser do sos sers
AU ÈRCE CE
3 Anbern. tr
508 nrommE
vices, voulut un jour lo faire cardinal, Mais quelqu'an avertit le pape de n’en rién faire, lui faisant entendre qu'ayant longtemps fréquenté les luthériens en, Allemagne, il pourrait bien avoir pris leurs sentimens. Ce rovers chagrina Vérgerio, et pour parer ln disgrâce dont il se voyait menacé, il voulut se justifier; et pourien venir plus heureusement à bout, il se mit à écrire sn livro de controvorso, sous ce Litra : « Contre les Apostats d'Allomagne. » Mis à mesure qu'il L argumens des proleslans, et qu'il donnait la torture à son esprit pour les réfuter, il sentit la force viclorieuse de‘la vérité, qui loi Gt ouvrir los youx, Il conféra sur ce sujet avec son frère Jean-Baptiste, évêque de Pola, en Istrie et l'engagea dans ses sentimens. Alors ces deux frères sc mirent à prêcher la doctrine évangélique dans, leurs Eglises, montrant à leurs auditeurs quelle esta. grâce de notre Rédomptour envers les ho;
quelles sont les œuvres véritablement bonnes:
Ics moines et en particulier l'inquisiteur
sowio, se mirent en campagne. Ils firent une p
tion des livres luthériens dans les maisons de Jui
polis et défendirent aux habitans sous de gro
d'en tenir aucun, Jean-Baptiste Vorgerios, é
Pola mourut peu de temps après, et à ce qu'on
fut empoisonné, Piorro-Paul, craignant le dangers trouver à Mantouc le cardinal Hercule Gonzague, 4 ui était son ami. Mais Gonzague, averti par a De] Caso, archevêque de Bénévent, ce prélat d'abo mémoire, fit retirer Vergerio, qui s’en alla à Trent pour assister au concile; mais il en fut exclus par ordre, du pape. Alors, ne voyant plus d'autre parti à prendre que de trahir sa conscience, ou de se condamner à un exil volontaire, et à tout abandonner ses dignités el ses
DE Y£RGERAN 599
bénéfices, pour sauver son ame, il prit courageusemont ce dernier parti. Ce qui l'y détermina fortement, ce fut la fin trogique du malheureux aposlat, François Spicra, avocat do Citadella, dans los torros de Vonise, que la crainte de la mort avait engagé à ronier publiquement la vérité qu'il avait connue, Il était tombé dans un déscspoir affreux, dans lequel méme il mourut, rejetant Loutesles consolation qu'on pouvait lui adresser. Pierre= Paul Vergerio l'avait vu dans celte horrible situation, l'an 1548, ct avait tâché de le rassurer ot de le porter à un prompt et sincère retour à Dieu, par l'espérance de sa miséricorde. Mais tous ses efforts aussi bien que ceux de quelques autres savans personnages avaient été entierement inutiles, Ainsi Vergerio, effrayé pare terrible exemple de la justice de Dieu contre les lâches apostats, prit son parti, et quitta l'Etalie vers la fin de l'an 1548, ou au commencement do l'an 1549; ot 5e re-
tira dans la Valieline, Comme dans ce temps-là le curé de Pont Fresino était mort, il offrit 506 services au magistrat pour conduire colle Eglise ; le magistrat l'ayant agréé, il précha le dimanche suivant contre l'idolâtrie, contre le service des images, et contre l'invo-
cation des Saints. Les bigots en furent irrités et loi auraient fait violence s'il n'eût été protégé par les magis-
trats. Cepondant il précha si bien, qu'au bout de quel
ques semaines le plus grand nombre des paroïssiens charmés de son savoir et de son éloquence, le retiarent tout l'hiver chez eux pendant lequel il lour prêcha presque tous les jours. * Do là il enseigna et précha quelque
temps à Vicosupran, la bourgade capitale du pays de
Prégaglia (Prægallis }.ou Pergbell, dans les Grisons,
L Anhorn 00
100 AXABAPTISTES RE LOCINIENS
L'an 4550-ceux de l'Eogadine souhaitèrent de deu | tendre pêcher, Il préchn aussi depuis dans la Valteline, et l'an 1552 il se -glorifiait d'avoir préché dans toute ceute vallée, Bi le Seigneur bénit tellement ses travaux, qu'ilréforma huit Eglises dans ces quartiers Ih, savoir: celle de Soglio, (Sohy, en allemand ) dans le pays de |
Prégaglia, celle-de Samada dans l'Engadine,
dons la Valieline, Vorgerio écrivait lui. |
ger, le:2 de janvier 1553 : à H ya4 1 |
puissans à Soglio ; mais Dieu a été plus puissantiqu car il y n huit jours qu'on en a banni, L'an 1543 le due régnant de Wi
violens efforts pour abalir, où pour din la liberté de conscionce dans le pays à ca vinreni à bout une fois où deux. À
Mais si l'Italie envoya chez les Grisons ol sujets de bons et de fidèles docteurs, elle pro des esprits séduclours, qui causèrent di) dans les Eglises. 11 y avait une fois jusqu'à
sauver, autrement l'inquisition lear a vais tour, Arrivés dans les serres qui di Suisses e4 des Grisons, ils y fireot beoucoup d
* Sloidan, Metting. 788.
CHEX CES CRISONS. 104 réformalion naissante, parce que leurs adversaires les confondaîient avec les réformés. Ces noureaux docteurs prétendaient par là donner à connaître au monde qu'ils avaient renoncé parfaitement au papisme ; puisqu'ils renonçaient jusqu'au baptême, le regardant ( au moins le baptéme des petits enfans) commeune invention de lan Lechrist, et non pas comme une institution du Seigneur. El ces pauvres gens s’imagindient qu'en sc faisant rebap- Liser, ils étaient remplis du Saint-Esprit, et Les autres hommes de même. Hs enseignaientaussi diverses erreurs sur la nature, l'usage ct lo but des socremens. Als niaicat la Sainte Frinité, l'élcetion gratuite, la satisfaction de Jésus-Christ et la vertu sanctifiante du Saint-Esprit, Ds vinient aussi quelques-unes des perfections de Dieu, (comme Socin qui a nié la prescionce divine, ele, ) et en obscarcissaïent quelques autres. *
L'un des premiers et des principaux docteurs de ce caractère fut Camille, dont j'ai déjà parlé ailleurs, qui ensigne quelque temps à Chiayenna, Al ÿ a bien de l'apparence que le nom de René, qu'il s'était donné, il l'avais pris en 60 faisant robaptiser. Dès celle annéc 1549 il fat regardé comme le chef et Le principal arc-boutant de l'ansbaptisme en slie, Cependant il no se déclarait ‘point ouvertement sur ce sujot ; mais voulait passer pour toat autre. Il est pourtant cortain qu'il rojeta le bap- 1ême, que lui ot d'autres avaient reçu dans l'Eglise romaine. Al n'est pa moins certain par une lettre qu'il écrivit à Bullinger, le 8 janvier 1547, qu'il doutait si l'on devait administrer le Baptéme au nom de Dicu, Père, Fils et Saint-Esprit. E| niait la résurrection de nos corps, et prétendait que Dieu en donnerait d'autres aux fidèles.
# Hoting 789, Ibid, ie %s
102 EAMIELE,
Hi ne dissit pas cruement que l'ame fût mortelles mais il ne voulait pas non plus reconnaitre son immortalité, Et d'antros erreurs de ceue nature, Il infecta bien des gens dans la Valteline de ces sentimens ji
qui donna liou à des gens bien sensés, de craindre que la Valteline ne doviat une rotraite de gons pardus. On tenta vainement dans les synodes et dehors, do ter
qui donna occasion à Maïnard de faira PRES Suisse, l'an 1548, pour consulior les
més, ot pour leur demander secours
tique opiniâtre. IL lour présenta sa
opposée gt-doux erreurs étranges, que cs noi Leurs ensoignniont dans son pays. Ces docteurs
vèrent bonne et lui promirent lo sceours!
tait. L'affaire fut portée devant les trois ligues, 6!
ordre l'an 1550, quatre commissaires allèrent
venna pour l'examiner. Camille leur présonta 125 ar
ticles hérétiques, qu'il accusait Jar
poyèrent, dont l'on s'appelait Raphaël Par
cha à se fourrer dans les écoles pour y en
mula quelque tempé ses sentimens, et em Van 1564, de grands ombarras aux Eglises dé
* Hotting. 789. 790.
Leu socix, 406
Le second docteur de ce genre fut Lelio Sociu, pa- Aricien de Sienne, dans la Toscane, fils do Mariano So: cin, célèbre jurisconsulte et premier professeur en droit dans l'université de Pologue, qui mourot l'an 1556. Les fo quitta l'Halie l'an 1548, et vint on Suisse, muni d'une bonne recommandation du chancelier du due de Wurtemberg, qui était alors en Halie pour les affaires de son maître, et qui le recommandait à Bullinger. Lil pa la plus grande partie de son temps à voyager. Il vit foutes les villes de la Suisse et Genève, De là il fut à Wittemborg, où il s'arrêta dès l'an 1550 jusqu'à Fan 1552; et on lui fit là beaucoup d'honneur à ceuse de son père. De là il royagea ea Pologne et puis en Jalic; ct partout il s0 faufilait ace Loutos los personnes les plus considérables de Lons les ordres ecclésiastiques et sécu Vicrs. On lui faisait beaucoup d'honnétoté parmi les pro+ Lestans; parcs qu'ils espéraiont qu'il travaillereit utiloment à la réformation de l'Eglise dans sa patric. Mais il
© n'en' fit rien. On prétend qu'il fut infecté par ce Camille, dont jo viens de parler, d'autant plus qu'il défandit opiniftrement la doctrine de cel homme sur es éncremens. Il était d'un esprit couvert'et caché; de sorie qu'il n'était point aisé de savoir s65 sentimens. JL s'ouvrit pourtant quelquefois ä ses amis, 04 daus le temps qu'il était à Genève, il no dissimula pas qu'il rejetaft la doctrine de la Sainte Trinité. De sorte que Calvin éerivoit de lai, le 23 novembre 1564; « après avoir longtemps caché son venin, il le vomire enfin, comme il avait fait parmi noas; j'ai toujours jugé que c'était nn esprit étrange; mais il l'est oncore plus que je ne croyais, » Ilse rendit suspect par des questions curieuses qu'il proposait aux savans. Aussi Bullinger écrivait de lai à Calvin, le 9 de septembre 1554. « Jeréprime au-