LA MORT DU DUC DE LONGMEVILLE
qu'il communiquerait leur lettre aux dues de Guise et de Longueville. Il se passa quelque temps sans qu’on dort nët aucune réponse aux Bernoïs. C'est pourquoi, craignant que si l'affaire n'allait pas bien, il ne leur on are rivât beaucoup d'incommodité; et pour le bien de In paix, disaient-ils, ile éerivirent le 28 juillet à Messieurs do Guise, pour les prier de frire ensorie que le comté de Neuchâtel demeurât entre les mains du duc de Lon: gueville, leur remontrant, que cela serait Lrès avants geux ot à lui et à ses sujots ; et fort agréable à eux les Bernois ; mais au cas qu'ils fussent absolument résolhs de vendre celte lérre , ils les priaient de la leurwendre
à eux et non à aueun autre, offrant de payer surle champ 30 mille écus d'or d'abord après la conclusion du traité,
et de se charger du payement de 81, Mes de Longueville devait, e1 pour lesquels o Nouchitel était hypolhéqué , à la rente: du 5 pour 100; | et de donner bonne sûreté au due pourle resté du pete, de la vente, pour le payer dans un certain terme} el qu'ils hypothéqueraient ce comté jusqu'à. “entier paye | ment. *
Le même jour ile écrivirent aussi à François ( | léans, duc de Longueville, pour le même sujet. Enfin, “ils en écrivirent encore à De Prangins, gouverneur de, Neuchâtel, pour le prier de les favoriser dans celte st faire, lui promettant qu'ils reconontraio SES | fices. * |
Mais le duc François de Longueville, con 1ATE | châtel, étant mort sans enfans peu de temps après, cel événement inopiné rompit loute la négociation. Après
! Wei. Miss M p.276.
2 Ibid, p 27.
ROMPT LES NÉGOCIATIONS. ai sa mort il y eut un grand-procës antre ses héritiers, pour le comté de Neuchâtel. Le duc de Nemours, (Jaques de Savoie, fils de Philippe de Savoie et de Charlotte d'Orléans tante du duc François ot sœur de son père Louis), et la marquise de Rotbelin, (Jaquelino do Rohan, veuve de François frère du due Louis) au nom du marquis son fils, cnvoyèront leurs députée à Neuchâtel, pour demander aux États du pays, lamise on possession do ce comté. Ce tribunal ayant examiné leurs droits, les Irouva. les
plus habiles à succéder et leur adjugea leur demande ; cependant sans préjudicier aux droîts de chaque partie.
Environ co temps-là les Bernois écrivirent, le 9 d’octobre, au duc de Nemours uno lottro da condoléance sur la mort du due de Losgueville, l'assurant de la contiauation de leur amitié et bonne combourgevisie, le regardant, lui et le marquis de Rotholin, comme héritiers du défunt. Ils ajoutaïont, qu'ils espéraiont aussi. de ces deux Seigneurs, tous les offices de bons voisins et bourgeois. *
Après cela, le Seigneur de Marchefarrière, ambassadour do France, vint à Neachâtel comme : agent de la duchesse douairière de Longueville, * reine douairière d'Écosse, demandant la RAS ECS du comté, pour celte princesse comme mère du-duc défunt, Le dépoté de la marquise s’y opposa, et le Tribunal souverain des VIE États rejeta la demande de la reine, et donna gain de cause h la marquise. La reine évoqua le 19 novembre l'affaire aux requêtes du palais à Paris, et y ft
1 Wels, Miss. 058,
% Marie de Lorraine état vouve du due, Louis d'Orléans de Longueville, comte de Neuchtel, qui mourut en 1536, épours en secondes noces Jaqués V, l'Écosse, dont elle eut Marie, cotte reine si eblébre par sa beanté et par s04 aventures,
bunal pour le comté de Neuchâtel ; et l'appuyer dois ceute affaire, écrivirent | de 20 janvier 1552) au roi de France, '
lais; lui remontrant qu'il y avait plus d les comtes de Neuehätel possédaient cette
virent aussi, pour. le même sujet, au France. !
Le roi de France paraissait favoriser | contes /Egond en mars aux Boni
‘affaire. » Les Bernoi L « près du roi, lui écrivirent le 18 avril, p
res de ce comié, en vertu dés anciens gooisie que les comtes et les Neucbât
chez eux, et pour laquelle les comtes leur p nuellement un marc d'argent fin et les A sutro somme. Is ajoutaient, que par ces trailôs
1 Wels. Miss. 305, 554,
LOIX ECCLÉS. ET MATRENONIALES, ass le droit de protéger et les comtes et les Neuchâtclois, et même de jugor les différons qui survenaient outre le ‘comte et ses sujels, soil amisblement soit à rigucur do droit. Enfin ils représentaient su roi, le traité foit entre la Couronne de France e1 les Ligues suisses, dans lesquelles le comté de Neuchâtel était compris; et les réserves que les cantons-avaient faites, en restituant ce
canne de Hochborg, savoir, qu'elle le poséédele même pied que sos prédécesseurs, !,
Pour dire-eucore un mot des affaires de l'Egliso de Nouchâtel, on y donoa celle année 1550, une forme Bxe aux lois ecclésiastiques ot consistoriales. Lo congoil et la bourgeoisie assemblés lo mercrodi, 27 janvier, firent quelques réglemens de Réformation, entr'autres : 1° Que le mercredi, jour dé sermon au malin, les boutiques seraient formées pendant le service divin, 2° Défense de fréquenter les tavernes pendant le service divia; eLaux hôtes, de donner à boire eL à manger dans ce temps-là, si ce n'est aux étrangers qui veulent so meure en chemin, 3° Défense de jouer aux cartes et aux dés, sous la peine du payer 5 livres d'amende, el à ceux qui les reçoivent, autant. 4° Défense de porter les eulottes découpées, sous l'amende d'unélivre, ”
Dans une autre assemblée du 14 mars, on) régla de nombre des personnes qui devaient composer le consistoire, et on fit un recueil de loix pour Jes affaires. matrie moaiales, 1 fut ordonné, que le consistoire serait com
“posé de dix personnes, ÿ compris le Secrétaire et Lo Sautier de la Seigneurie ; savoir : le juge président, le nant le baton de justice, trois conseillers du prince,
À wVels, Miss, 361 à ss, Nouch. AA et save
su … naccmaret qui soient de la religion réformée, trois conseillers di conseil de ville, ou des XXIV, enfin un ministre. Ces personnes doivent être changées tous los ans. Il foi aussi ordonné que l'on élblirait un comsistoire dans chacune des quatre chätelainies du comté, sai au Handeron, Boudry, Vauk- Travers et Thièle. Ces conires doivent être composés décinqg juges outre l'ofministre et quatre jurés dé donne aussi aux Seigneurs vassaux, qui avaient le droit de haute justice, le pouvoir d'établir des consistoires dans leurs terres si bon leursemble, #2" = Les lois matrimoniales sont à peu prés lea mêmes celles de Berno; comme entr'autres en ecci, qu'il est défendu aux consistoires du pays, de prononcer divorce ou séparation entre des personnes promises ou mariées; mäis ils doivent renvoyer cos sor1os de décisions au cou sistoire de Neuchâtel. Ar Ces réglemens ayant 6lé approuvés par les! à nistraux # et les conseillers de Neuchâtel au gourerneur George de Rive, chevalier, Prangins ele, qui les approuva et les ralifia avec réserve d'y pouvoir njouler ou diminuer,
du prince François d'Orléans, duc de nn de Nouchôtel.
Vers la fn de celle année los Genevois quelque léger changement à leur culte publie, à des fétes. Au commencement de la Réformation aboli absolument toutes les fêtes de semaine, dé
jé Ms. Neueh. 4h4 et suiv.
cenbves Pères, LL qu'on ue chômait que le dimanche. Mais l'an 1558, lors du tumalte qui aboutit à faire chasser Farel et Cale vin, on ordonna la célébration du Nouvel-an, de l'Annouciation, de l'Ascension et de Noël, pour se confors mer aux Scigneurs de Berne, qui le souhaitaient, Cela iisit avec le temps quelque espèce de dissention les Genevois, les uns voulant fêter ces jours-là tout entiers, comme des jours sacrés ; et les autres se contentant d'aller au sermon le matin, ét relournant enile à leur travail comme les autres jours, Pour ôter cette différence de pratique et prévenir les désordres qui <n pourraient arriver, le conseil général assemblé le 16 de novembre, ordonna que cette célébration se ferait le dimanche le plus proche de chacune de ces fêtes. ! Mais en voulant prôvenie un inconvénient ils Lombèreot dans un autre; et l'abolition de ces quatre fêtes déplut beaucoup à leurs alliés et à leurs voisins réformés, elen particulier elle leur altira beaucoup d'aigreur et de chagrins de la part des Seigneurs de Berne comme on le verra dans la suite de celte histoire; el peu s'en fallut qu'on n'en vint à Ci ouverle avec eux, où à un schisme, Los Bernois se plsiraiten” vivement de cos innovaii dans une lettre qu'ils écrivirent à leurs alliés do au mois de février 1563. Les Genevois leur répondirent pour rendre raison de ce changement, et prosirent de conférer avec cux sur ce sujet pour établir quolque conformité. Mais cela n'ayant point été exécuté, colle divorsité d'usages et de pratiques donna lieu à dos disputes ot à dés aïgreurs entre les bourgeois et les su jets des deux villes, *
! Savion, Roset. Y 30, # Roset. V 64